La généralité de Nancy est une circonscription administrative de la Lorraine créée en 1737, son ressort concernant la Lorraine et le Barrois.
Elle se composait de 36 bailliages, 29 subdélégations, soit 15 subdélégations correspondant à leurs bailliages.
Intendance de Lorraine et Barrois
Selon Bernard Barbiche, l'intendance de Lorraine et Barrois était, en 1789, l'une des cinq « intendances qui n'étaient pas en même temps généralités », les quatre autres étant l'intendance de Hainaut et Cambrésis (siège : Valenciennes), l'intendance d'Alsace (siège : Strasbourg), l'intendance du Roussillon (siège : Perpignan) et l'intendance de Corse (siège : Bastia)Bernard Barbiche, art. « Généralité », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l'Ancien Régime, Paris, 2005, Éditeur : P.U.F., Collection : Quadrige, Série : Dicos Poche (réimpression de la édition), p. 601 et 602, citation p. 602.b. . Selon Michel Antoine, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, l'intendance de Lorraine et Barrois était, en 1789, l'une des sept intendances qui n'étaient situées ni en pays d'élections ni en pays d'états, les six autres étant, outre les quatre intendances de Hainaut et Cambrésis, d'Alsace, du Roussillon et de Corse dont nous venons de parler, l'intendance des Trois-Évêchés (siège : Metz) et l'intendance de Franche-Comté (siège : Besançon)Michel Antoine, art. « Intendants », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l'Ancien Régime, Paris, 2005, Éditeur : P.U.F., Collection : Quadrige, Série : Dicos Poche (réimpression de la édition), p. 667 à 671..
Histoire
Les archives départementales des Vosges nous enseignent que « les duchés de Lorraine et de Bar furent administrés par un intendant au cours des deux occupations françaises qu'ils eurent à subir au cours du XVIIe siècle » : L'une, d' à ; L'autre, de à fin 1697.
Au , les duchés de Lorraine et de Bar furent administrés par un intendant français dès 1737 et jusqu'en 1790.>
Première intendance (1633-1663)
Le premier intendant français, Louis Chantereau Le Febvre, prit ses fonctions le .
Les intendants français qui se succédèrent, de 1633 à 1663, sont les suivants : Louis Chantereau Le Febvre ( - ) ; Anne Mangot de Villarceaux ( - ) ; Nicolas Vignier de Ricey ( - ) ; Jacques Hector de Marie de Beaubourg ( - ) ; Charles Lejay (fin 1651-milieu 1657) ; Jean-Baptiste Colbert de Saint-Pouange ( - fin 1661) ; Charles Colbert de Croissy (1662 - 1663); Jean-Paul de Choisy de Beaumont ().
Le siège de l’intendance était à l’hôtel de Mouy, place de l’Arsenal, à Nancy.
En , l’intendance de Lorraine et Barrois s’accrut des Trois-Évêchés.
Elle demeura en cet état jusqu’en , fin de la première occupation française.
Deuxième intendance (1670-1697)
Les intendants français qui se succédèrent, de 1670 à 1697, sont les suivants : Jean-Paul de Choisy de Beaumont ( - ) ; Jacques Charuel ( - ) ; Jean-Baptiste Desmaretz de Vaubourg (fin 1691 - fin 1697).
Le siège de l’intendance était à l’hôtel de Mouy, place de l’Arsenal, à Nancy.
Troisième intendance (1737-1790)
Les duchés de Lorraine et de Bar demeurèrent indépendants jusqu’en 1737.
À cette date, ils furent remis au roi Stanislas Leszczynski, mais des intendants français en assurèrent désormais l’administration.
Les intendants qui se succédèrent, de 1737 à 1790, sont les suivants : Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, chancelier de Lorraine (1737 - 1758) ; Antoine Chaumont de La Galaizière ( - ) ; Jean-Baptiste-François Moulins de La Porte de Meslay ( - 1790).
Le siège de l'intendance, initialement fixé à Lunéville, fut transféré à Nancy où les bureaux de l'intendance occupèrent successivement : La partie nord du Palais ducal (Vieille intendance) jusqu’en 1755 ; Le palais situé au fond de l’hémicycle de la Carrière (Nouvelle intendance, aujourd’hui palais du Gouvernement) jusqu’en 1766 ; Le pavillon Alliot sur la place Royale (aujourd’hui Grand Hôtel de la Reine) jusqu’en 1790.
Subdivisions judiciaires
Subdivisions judiciaires de 1710 à 1751
En 1710, les duchés de Lorraine et de Bar réunis était divisés en dix-sept bailliages ou juridictions principales, subdivisés eux-mêmes en soixante-seize prévôtés ou juridictions subalternes.
Quatorze de ces bailliages ou juridictions principales ressortissaient à la cour souveraine de Nancy ; les trois autres, au parlement de Paris.
Bailliages ressortissant à la Cour souveraine de Nancy
Bailliages lorrains
En 1710, le duché de Lorraine était divisé en : Grands bailliages ou bailliages principaux, au nombre de quatre ; Petits bailliages ou bailliages particuliers, au nombre de quatre ; Sièges bailliagers, au nombre de trois.
Grands bailliages Le duché de Lorraine ne fut initialement divisé qu'en trois grands bailliages : Le bailliage français, séant à Nancy ; Le bailliage des Vosges, séant à Mirecourt ; Le bailliage allemand, dont le siège fut successivement établi à Vaudrevange, à Sarreguemines et à Dieuze.
En , un édit de Léopold érigea le bailliage particulier de Lunéville en grand bailliage ; et le bailliage français prit le nom de grand bailliage de Nancy.
Grand bailliage de Nancy
Le douze prévôtés suivantes ressortissaient au grand bailliage et haut conduit de Nancy : Prévôté de Nancy ; Prévôté de d'Amance ; Prévôté et office de l'Avant-Garde ou de Pompey ; Prévôté et comté de Chaligny ; Prévôté de Château-Salins ; Prévôté de Gondreville ; Prévôté et office de d'Einville ; Prévôté et office de Marsal ; Prévôté et office de Preny ; Prévôté et office de Rosières ; Prévôté et office de Saint-Nicolas ; Prévôté et office du Val-des-Faulx ou de Condé.
Grand bailliage de Lunéville
Jusqu'en 1669, les deux prévôtés suivantes ressortissaient au bailliage particulier de Lunéville : Prévôté de Lunéville ; Prévôté d'Einville.
En , un édit de Léopold érigea le bailliage particulier de Lunéville en grand bailliage ou bailliage principal.
La prévôté d'Einville ressortit alors au grand bailliage français, qui prit le nom de grand bailliage de Nancy ; et les quatre prévôtés suivantes, à celui de Lunéville : Prévôté de Lunéville ; Prévôté et office d'Azerailles ; Prévôté et office de Blâmont ; Prévôté et office de Deneuvre.
À ces quatre prévôtés, s'ajoutait la prévôté du comté et principauté de Salm, sous le nom prévôté et office de Badonviller.
Grand bailliage des Vosges ou de Mirecourt
Les huit prévôtés suivantes ressortissaient au grand bailliage des Vosges ou de Mirecourt : Prévôté de Mirecourt ; Prévôté d'Arches ; Prévôté de Châtenoy ; Prévôté de Charmes ; Prévôté de Darney ; Prévôté de Dompaire ; Prévôté de Remoncourt ; Prévôté de Valfroicourt ;
Grand bailliage d'Allemagne ou de Dieuze
Les seize prévôtés suivantes ressortissaient au grand bailliage d'Allemagne ou de Dieuze : Prévôté et office de Dieuze ; Prévôté d'Amange ou d'Insming ; Prévôté de Bitche ; Prévôté de Boulay ; Prévôté de Bouquenom ; Prévôté de Bouzonville ; Seigneurie de Fénétrange ; Prévôté et principauté de Lixheim, du département du Barrois non mouvant et du haut-conduit de salins-l'Étape ; Prévôté et office du comté de Morhange ; Prévôté de Saint-Avold ; Prévôté de Saralbe ; Terre et office de Sareick ; Prévôté de Sarreguemines ; Prévôté de Sarverden ; Prévôté de Schombourg ; Prévôté de Siersberg.
Petits bailliages
Les petits bailliages ou bailliages particuliers étaient des juridictions dont les ressorts ne comprenaient que les lieux dépendant de leurs prévôtés respectives.
Avant 1698, ils étaient au nombre de cinq : Bailliage particulier de Lunéville ; Bailliage particulier de Châtel ; Bailliage particulier et prévôté de Nomeny ; Bailliage particulier de Vaudémont ; Bailliage particulier d'Épinal.
En 1698, le bailliage particulier de Lunéville fut érigé en grand bailliage ou bailliage principal.
Sièges bailliagers
Les sièges bailliagers étaient des juridictions dont les ressorts ne comprenaient que les lieux dépendant de leurs prévôtés respectives.
Ils étaient au nombre de trois : Siège bailliager de Saint-Diez (Saint-Dié) ; Siège bailliager de Neufchâteau ; Siège bailliager de Bruyères.
Bailliages du Barrois non mouvant
Contrairement au Barrois mouvant, le Barrois non mouvant ne ressortissait pas au parlement de Paris. Son territoire correspondait au ressort du bailliage de Saint-Mihiel. Il y eut longtemps une cour souveraine pour ce bailliage, mais elle fut réunie à celle de Nancy, qui servit alors de cour souveraine pour tous les états non mouvants du duc de Lorraine et de Bar.
Bailliage de Saint-Mihiel
En 1670, les seize prévôtés suivantes ressortissaient au bailliage de Saint-Mihiel : Arrancy ; Bournonville ; Bruy ou Briey ; La Chaussée ; Conflans en Jarsy ; Estain ; Foug ; Longuion ; Longwy ; Mandres ; La Mothe et Bourmont ; Noroy-le-Sec ; Pont-à-Mousson ; Rambercourt-aux-Pots ; Sancy ; Saint-Mihiel.
En 1710, les dix prévôtés suivantes ressortissaient du bailliage de Saint-Mihiel : Prévôté de Saint-Mihiel ; Prévôté et office du comté d'Apremont ; Prévôté et office de Bouconville ; Prévôté de Briey ; Prévôté de Conflans-en-Jarnisy ; Prévôté et office de Foug ; Prévôté de Hattonchâtel ; Prévôté de Norroy-le-Sec ; Prévôté de Rembercourt-aux-Pots ; Prévôté de Sancy.
Bailliage d'Étain
Bailliage de Pont-à-Mousson
Les trois prévôtés suivantes ressortissaient du bailliage de Pont-à-Mousson : Prévôté et office de Pont-à-Mousson ; Prévôté et office de Thiaucourt ; Prévôté et office de Mandres-aux-Quatre-Tours.
Bailliage de Saint-Thiébaut
Bailliages du Barrois mouvant ressortissant au parlement de Paris
Contrairement au Barrois non mouvant, le Barrois mouvant ressortissait au parlement de Paris. Il releva longtemps du bailliage de Sens puis de Châlons (Châlons-en-Champagne). Il ne fut déclarer relever nûment du parlement de Paris que par Louis XII, en faveur de René II, duc de Lorraine et de Bar. François I confirma la même grâce au duc Antoine, en 1541. Il était divisé en deux bailliages, subdivisés en six prévôtés et un comtés.
Bailliage de Bar Les deux prévôtés et le comté suivants ressortissaient au bailliage de Bar, séant à Bar-le-Duc : Prévôté de Bar ; Prévôté de Soullières ; Comté de Ligny.
Bailliage de Bassigny
Les quatre prévôtés suivantes ressortissaient du bailliage de Bassigny, dit du Bassigny barrois ou barrisien : Prévôté de Châtillon (Câtillon-sur-Saône) ; Prévôté de Conflans-en-Bassigny ; Prévôté de Gondrecourt ; Prévôté de La Marche.
Bailliage de Gondrecourt
Subdivisions judiciaires de 1751 à 1790
Par l'édit du mois de juin 1751, Stanislas supprima les bailliages et prévôtés alors existants, et leur substitua trente-cinq bailliages royaux et sept prévôtés royales.
Dix-huit des trente-cinq bailliages royaux comprirent les officiers suivants : un bailli d'épée, un lieutenant-général civil et criminel, un lieutenant-particulier civil et criminel, un assesseur civil et criminel, six conseillers, un avocat et un procureur du roi, un greffier, des huissiers, des procureurs et des notaires, dont la quantité variait selon l'importance des sièges. Il s'agissait des bailliages royaux suivants : Nancy, Bar, Saint-Mihiel, Lunéville, Mirecourt, Pont-à-Mousson, Neufchâteau, Sarreguemines, Saint-Dié, Briey, Vézelise, Étain, Épinal, Commercy, Bouzonville, Dieuze, Boulaye et Bruyères. Les quatre bailliages royaux de Saint-Mihiel, Pont-à-Mousson, Briey et Étain, relevant du Barrois non-mouvant, ressortirent à la Cour souveraine de Nancy. Il en fut de même des treize bailliages royaux de Nancy, Lunéville, Mirecourt, Neufchâteau, Sarreguemines, Saint-Dié, Vézelise, Épinal, Commercy, Bouzonville, Dieuze, Boulaye et Bruyères, qui relevaient du duché de Lorraine. En revanche, le bailliage royal de Bar, relevant du Barrois mouvant, ressortit au parlement de Paris.