L’Association canadienne d’éducation de langue française (ou ACELF) est un réseau pancanadien d’expertise-conseil en construction identitaire. Elle accompagne les intervenantes et les intervenants en éducation de langue française, partout au Canada, pour renforcer leur pouvoir d’action et leur leadership dans le but d’aider les jeunes à faire une place significative à la langue française et à la culture francophone dans leur vie. L’ACELF est un organisme à but non lucratif.
L’ACELF existe depuis 1947 et est composée d’un réseau pancanadien de membres qui adhèrent à sa mission, ainsi que de bénévoles qui s’y investissent par le partage de leur expertise et d’une équipe d'employés qui assurent la mise en œuvre de ses activités.
L’ensemble des activités de l’association vise à soutenir les intervenants du réseau éducatif de langue française du Canada dans leur mission en construction identitaire francophone auprès des jeunes. L’association organise annuellement un congrès pancanadien, des stages de perfectionnement, une semaine nationale de la francophonie et des stages en enseignement. Elle produit et diffuse également des ressources et du matériel pédagogique pour outiller les intervenants dans leurs actions et dans leur réflexion.
L’ACELF est appuyée financièrement par les gouvernements fédéral et provinciaux. Elle travaille aussi régulièrement en partenariat avec d’autres organismes du réseau associatif francophone. Elle est notamment étroitement engagée dans les travaux du Plan d’action national en éducation, adopté lors du Sommet des intervenants en éducation dans la mise en œuvre de l'article 23 en milieu francophone minoritaire tenu à Ottawa en .
Histoire
Fondation
L'Association canadienne des éducateurs de langue française est fondée le par un comité mis sur pied par le Comité permanent de la survivance française en Amérique (lequel prendra le nom de Conseil de la vie française en Amérique en 1956) en réponse à un appel de l’épiscopat catholique canadien lancé en 1944 pour organiser une association canadienne d’éducateurs catholiques. L'ACELF est ainsi le premier organisme à réunir de façon pancanadienne les intervenants de langue française du milieu de l'éducation. Les lettres patentes de l'ACELF indiquent que ses buts, au moment de sa fondation, sont de :
Le président du Comité permanent de la survivance française en Amérique, Ernest Désormeaux, a été le premier président de l’ACELF. En 1968, l'organisme change son nom pour adopter celui de l'Association canadienne d'éducation de langue française. Le siège social de l'ACELF est initialement situé à Ottawa, mais se déplace dans la ville de Québec dès 1949.
Évolution Dans les années 1960, l'ACELF encourage les différentes communautés francophones qu'elle regroupe dans leurs projets éducatifs respectifs tout en favorisant une identité commune et un projet collectif, soit celui canadien-français. Une redirection s'opère dans la foulée de la Révolution tranquille et, au tournant des années 1980, l'ACEF accorde une importance croissante aux particularités régionales des milieux scolaires francophones à travers le pays ainsi qu'au pluralisme culturel. À partir des années 2000, l'ACELF concentre ses efforts dans « l'amélioration de la qualité du système éducatif de langue française et elle s'engage davantage dans le domaine de la construction identitaire [...] ses initiatives, ses activités de réflexion et de concertation stimulent l'émergence, puis le développement d'une identité culturelle francophone dynamique et un sentiment d'appartenance à la francophonie canadienne chez les élèves, les enseignantes et enseignants, les parents et les directions des écoles francophones ».
Les archives de l'ACELF sont conservées par le Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa (CRCCF). En 2022, le CRCCF et l'ACELF collaborent pour souligner les 75 ans d'activité de l'ACELF et lancent ainsi une exposition virtuelle disponible intégralement en ligne intitulée L'ACELF, 75 ans à la promotion de l'éducation en français (1947-2022).
Quelques réalisations historiques Pour informer régulièrement ses membres, l'ACELF publie à partir de 1955 Le Bulletin, qui deviendra en 1982 Au fil des jours, puis L'ACELF en action (cette fois en format électronique) en 2005. Lors de son congrès annuel de 1970, l'ACELF lance une nouvelle publication, la Revue de l'ACELF, qui prendra le titre Éducation et francophonie à compter de 1989. L'ACELF soumet aussi de nombreux mémoires, plans d'action, et bilans portant sur la francophonie canadienne aux gouvernements provinciaux et fédéral. Dans ces documents, l'organisme émet ses recommandations et ses revendications quant à la culture et l'éducation françaises et aux enjeux touchant la francophonie canadienne. Elle dépose notamment des mémoires à la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (en 1964), à la Commission canadienne sur l'unité nationale (en 1978) et au Comité mixte permanent du Sénat (en 1986).
L'ACELF organise diverses activités dans les milieux francophones minoritaires, comme des Salons du livres pour promouvoir et rendre accessible les livres de langue française produits au Canada: 102 de ces salons du livre ont lieu entre 1977 et 1989. En 1989, l'ACELF démarre un programme de voyages-échanges permettant à des élèves francophones de séjourner, d'apprendre et de tisser des liens dans une autre communauté francophone du pays. En 1990, l'ACELF instaure la Table nationale de concertation sur la programmation scolaire de langue française. Celle-ci, qui vise à coordonner l'action et le contenu pédagogiques des différentes provinces qu'elle regroupe, se veut un forum national d'échange d'informations et de mise en commun des ressources scolaires francophones.
Tout au long de son histoire, l'ACELF s'implique et collabore à la mise sur pied et au développement de diverses associations. Elle contribue notamment à la formation des entités suivantes : l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (en 1961), le Comité de télévision éducative (en 1962), la Commission permanente de l'enseignement par la radio et par la télévision (en 1964), l'Association québécoise des professeurs de français (en 1965), la Fédération des jeunes canadiens-français (en 1974), la Fédération des francophones hors-Québec (en 1975), la Commission nationale des parents francophones (en 1979), le Réseau francophone d'enseignement postsecondaire à distance du Canada (en 1988) et l'Alliance canadienne des responsables et des enseignantes et enseignants en français de langue maternelle (en 1989).
Orientation idéologique contemporaine
Vision
En 2021, l'ACELF cherche à favoriser un rapport positif à la langue française, à faire une place accrue à la relève et à augmenter le rayonnement de ses ressources en construction identitaire.
Mission
La mission de l’ACELF est d’offrir aux intervenants en éducation francophone, par des actions efficaces et novatrices, une vision, du perfectionnement et des ressources en construction identitaire francophone. Par la réflexion et l'action de son réseau pancanadien, l'ACELF exerce son leadership en éducation pour renforcer la vitalité des communautés francophones.
Principes directeurs
L’ACELF possède huit principes directeurs qui orientent ses interventions éducatives en construction identitaire et qui en assurent la cohérence.
En effet, ses interventions en construction identitaire doivent :
s’inscrire dans la francophonie contemporaine; miser sur la créativité et l’innovation; valoriser la diversité; favoriser l’action concertée de la famille, de la communauté et de l’école; développer un rapport positif à la langue française; créer des liens au sein de la francophonie; encourager la mobilisation; viser des effets durables.
Clientèle
L'ACELF privilégie deux clientèles sur lesquelles elle cherche à avoir une incidence positive dans le but de favoriser la construction identitaire francophone des jeunes : les institutions éducatives francophones œuvrant de la petite enfance au postsecondaire ainsi que les intervenants en éducation francophone du primaire au secondaire.
Structure organisationnelle
L’ACELF est constituée d’un réseau pancanadien de membres, d’un conseil d’administration, d’un conseil des gouverneurs, de divers comités d’orientation et d’une équipe d’employés.
Membres
Les membres de l’ACELF sont des personnes ou des individus qui adhèrent à la mission de l’association et qui l’appuient par leur soutien financier. L'association comprend cinq catégories de membres : les membres individuels, les membres collectifs, les membres désignés, les membres honoraires et les membres gouverneurs.
Conseil d’administration
Le conseil d’administration assure la gestion de l’association. Il est formé de huit personnes : un président élu, quatre vice-présidents élus représentant quatre parties du territoire canadien (Atlantique, Québec, Ontario, Ouest et territoires) et trois administrateurs nommés par le conseil des gouverneurs. Le conseil d’administration a le pouvoir décisionnel sur l’ensemble des opérations, orientations et activités de l’association.
Comité d'orientation stratégique
Le comité d'orientation stratégique est un groupe consultatif pancanadien créé par le conseil d'administration de l'ACELF pour élaborer, mettre en œuvre et suivre la réalisation de son plan stratégique ainsi que pour le conseiller sur les enjeux régionaux et pancanadiens en éducation. Il est composé des membres du conseil d'administration, de membres nommés et de membres représentant les 13 ministères de l'Éducation des provinces et territoires.
Comités d’orientation
Les comités d’orientation orientent le développement et la mise en œuvre des programmes et des ressources de l'association en lien avec sa mission en construction identitaire. Ils sont formés de personnes-ressources expérimentées venant du milieu éducatif et de diverses régions du Canada, qui mettent leur savoir et leur expertise au service de l’association.
Employés
L’ACELF possède une équipe d'employés qui ont la responsabilité de mener à terme les diverses activités de l’association. Le bureau des employés est localisé dans la ville de Québec.
Programmes et ressources
Congrès pancanadien
Le congrès pancanadien est un lieu de concertation où tous les intervenants des milieux éducatifs francophones du Canada sont conviés pour faire le point sur les défis et les enjeux de l’heure en éducation de langue française. Tenu en alternance en Atlantique, au Québec, en Ontario et dans l’Ouest, l’événement réunit des participants de toutes les régions du pays, de tous les ordres d'enseignement (du préscolaire à l'université) et de tous les types d'intervenants (enseignants, conseillers et commissaires scolaires, directeurs, parents, étudiants, personnel des ministères). Il a lieu chaque automne et se déroule sur une période de trois jours consécutifs. Selon l’année et l’endroit, le congrès rassemble entre 300 et 850 personnes.
Stages de perfectionnement
Le programme de Stages de perfectionnement consiste en une session de perfectionnement offerte aux professionnels de l’éducation qui travaillent en milieu francophone au Canada dans une autre province que le Québec. L’ACELF définit cette session comme un lieu de formation, d’échange et de réflexion centré sur la construction identitaire en milieu éducatif francophone. Quatre stages sont offerts, soit un s’adressant aux intervenants de la petite enfance, un à ceux du primaire, un à ceux du secondaire, et un au personnel de direction d'école.