Dans l’ancien Tibet, selon la Mission permanente de la République populaire de Chine auprès de l'ONU, l’industrie était quasi inexistante , : ., tout métal devait être importé Slavoj Žižek, , sur le site mondediplo.com (édition anglaise du Monde diplomatique), mai 2008 : .. Au contraire la tibétologue Katia Buffetrille indique que les Tibétains exploitaient des mines.
Le tibétologue Andrew Martin Fischer indique que, selon un recensement chinois de 2000, les Tibétains restent massivement ruraux car le taux général de résidents tibétains en zone rurale est de 87,2 % avec 91,4 % dans le Qinghai, 90,9 % dans le Gansu, 89,5 % dans le Sichuan, 84,8 % dans la Région autonome du Tibet et 80 % dans le YunnanAndrew Martin Fischer, L’économie politique de l’« aide boomerang » dans la Région autonome du Tibet, suivi de Débats sur la population au Tibet , traduit par Laure Courret, Perspectives chinoises, 3, 2009.. En raison de la limitation des terres arables, l’élevage du bétail est l’occupation principale sur le Plateau tibétain.
Selon le Livre blanc illustré publié par le gouvernement central en 2009 à l’occasion du Cinquantenaire de la Réforme démocratique au Tibet, une industrie moderne aux couleurs tibétaines s’est développée avec pour piliers l’extraction minière, les matériaux de construction, l’artisanat et la médecine tibétaine, et comme auxiliaires la production d’électricité, la transformation des produits de l’agriculture et de l’élevage et la production alimentaire. Le commerce moderne, le tourisme, la restauration, les loisirs et autres industries, inconnues sous l’ancien régime, sont en plein essor et constituent les industries premières de la région. De 2001 à 2009, Pékin a dépensé de dollars au développement économique de la région autonome du Tibet. Cela a eu des effets bénéfiques sur la croissance économique, le niveau de vie, les infrastructures , , sur le site chinahumanrights.org : .
Andrew Martin Fischer indique que le discours sur la croissance ne mentionne pas le « contexte de privation continue du pouvoir politique des Tibétains » où les stratégies de subventions massives servent directement le gouvernement ou des entreprises chinoises dont le siège se situe à l’extérieur des secteurs tibétains. Cette situation permet une appropriation de l’économie locale par les populations non tibétaines et ce malgré l’importance des subventions. Fischer note ainsi que la majorité des constructions sont confiées à des entreprises extérieures au Tibet et qui emploient essentiellement des travailleurs d’origine Han. Ces entreprises réinvestissent les bénéfices dans leur province d’origine plutôt que dans l’économie du Tibet. Le sinologue Jean-Luc Domenach considère que Sur la crise tibétaine par Jean-Luc Domenach (2008)..
Géographie thumb|right|300px|Les subdivision administrative autonome tibétaine de la République populaire de Chine.
Le Tibet est un pays historique d’Asie, consitué de trois provinces tibétaines du Kham, de l’Ü-Tsang et de l’Amdo, il comprend aujourd’hui essentiellement les subdivisions administratives autonomes tibétaines de la République populaire de Chine dont la région autonome du Tibet.
Le Tibet est principalement constitué d’un haut plateau, le plateau Tibétain, entouré de trois côtés par les plus hauts massifs du monde, l’Himalaya au sud, le Karakoram à l’ouest et le massif du Kunlun au nord. Souvent appelé , le Tibet a une altitude moyenne de et son plus haut sommet, l’Everest culmine à Présentation géographique.. Sa superficie est de de kmNote : soit cinq fois la superficie de la France..
La région autonome du Tibet couvre km2. Le plateau nord (Changthang) comprend les régions de haute altitude, le plateau central autour de Lhassa comprend les régions agricoles majeures, et le plateau sud-est (pays des gorges) comporte des ressources forestières importantes, la zone de biomasse forestière de la Chine. Dans les zones agricoles représentant 2 % de la superficie vivent la majorité des Tibétains. Il y a environ pasteurs nomades au TibetGoldstein et Beall 1989, cité par .. La région autonome du Tibet est riche en minéraux, dont certains rares dans d'autres régions de Chine. Les gisements de chrome et de cuivre sont les plus importants à l'échelon national. Au Tibet se trouvent les gisements de borax et d'uranium les plus importants du monde, et la moitié de la réserve mondiale de lithium. Dans le but d'augmenter les activités minières au nord-est et à l'ouest de la région autonome du Tibet, cette dernière a été classée zone économique spéciale. Le potentiel hydroélectrique de la région autonome du Tibet est le plus important de l'Asie. L'héritage culturel et écologique tibétain est riche et des parcs nationaux ont été créés dont la Changthang Wildlife Reserve en 1992.
Historique et Monnaie thumb|Pièce de monnaie au . Comme les Népalais et les Chinois, les Tibétains n’utilisent pas l’or pour leur monnaie contrairement aux Européens. En 1650, le dalaï-lama signe un traité avec le roi de Patan, Siddhi Narasimha Malla, autorisant le Népal à frapper la monnaie avec des lingots d’argent fournis par les Tibétains. Les rois Malla touchent alors une commission de 12 %. Cette monnaie a cours au Tibet, jusqu’en 1792, quand le gouvernement tibétain frappe sa propre monnaie.
Agriculture
Les champs se trouvent dans les vallées et les premières pentes des montagnes. L’orge qui se cultive jusqu’à est la culture première. Le blé, le sarrasin, le maïs, le navet, le radis, les fèves mais aussi le riz se cultivent dans les vallées. Compte tenu du climat, une seule récolte par an est possible. Les agriculteurs possèdent souvent quelques animaux comme le dzo. Des missionnaires rapportent que des vignes de raisins blancs, situées au Kham, au sud de Lhassa, et à Bathang, leur permettent d’obtenir le vin des messes.
Élevage
Les pasteurs nomades élèvent notamment des chevaux, des chèvres, des yaks, des moutons, des dri et des dzo. Ils utilisent un campement en été et un autre en altitude l’hiver. Les moutons fournissent une viande appréciée des Tibétains. Les élevages de porcs sont associés à ceux des poules. Les abattages des animaux sont faits à l’automne quand ceux-ci sont les plus gras. Quand c’est possible les éleveurs font tuer les bêtes par une autre personne pour éviter le démérite d’avoir à tuer un être vivant. L’Amdo et le Kongpo sont réputés pour les élevages de chevaux.
Commerce Le commerce est une des principales activités avec l’agriculture et l’élevage. À l’époque le Tibet est largement ouvert sur l’extérieur sauf lors de périodes troubles.
Le Tibet exporte de nombreux produits. Possédant des lacs salés utilisés pour récolter du sel, le Tibet exporte du sel vers l’Inde et la Chine. Il vend à la Chine des animaux, des chevaux, de l’or, de la laine, des tapis, de l’encens et du musc, des peaux d’animaux. Vers l’Inde et le Népal c’est le fer de la région de Kutti, le papier de Dakpo ou du quartz de Yarlung qui sont exportés.
Le pays importe du thé en grande quantité, des instruments de musique, de la porcelaine, des grains depuis la Chine. Bien que lui-même producteur de soie, le Tibet importe aussi de la soie pour la fabrication de vêtements et des khatas.
Exploitations minières
thumb|left|Pont suspendu de Chaksam en fer construit en 1430 par Thang Tong Gyalpo. Les Tibétains développent des mines malgré les préceptes religieux qui freinent cette exploitation. Ainsi, au , Thang Tong Gyalpo se fournit en fer dans les mines du Kongpo, lui permettant la construction de ponts suspendus avec des chaines d'acier (les Tibétains construisent des ponts à chaînes dès le sixième siècleMichel Virlogeux Ponts métalliques Encyclopædia Universalis). De même en 1445, Chokyi Dronma, princesse de Gungthang, se déplace dans cette région pour chercher une grande quantité de fer. Des mines de cuivre, de borax, d’acide sulfurique, de sel gemme, de fer et d’or sont cités par le missionnaire Francesco della Penna. Ces mines se situent dans le Tibet central, du Dakpo, du Kham et du Kongpo. L’explorateur Samuel Turner mentionne des mines d’or, de plomb, de cinabre. Le Tibet est alors réputé pour sa richesse en or celui-ci vient de l’orpaillage et des mines. Les autorités tibétaines autorisent l’exportation de l’orPoudre d'or et monnaies d'argent au Tibet (principalement au ).
Chasse
Malgré les préceptes bouddhiques les Tibétains chassent pour des raisons économiques. Ils préfèrent tuer des gros animaux plutôt que des petits pour éviter un mauvais karma. Ils chassent pour la viande des yaks sauvages et pour la fourrure les léopards des neiges, les loups, les renards, les loutres… Quand c'est nécessaire il tuent les prédateurs de leurs troupeaux, cela permet aussi de vendre la fourrure et la peau des bêtes ou le musc. Dans l'Amdo des chasses rituelles aux cerfs et aux moutons sauvages sont organisées. Ces chasses n'ont pas d'impact sur la conservation de la faune compte tenu de l'immensité du territoire tibétain, de la très faible densité de la population et des armes rudimentaires utilisées (arc, lances, couteaux…).
aux années 1950 thumb|200px|Un billet de banque tibétain de (recto).
À la fin du , le visiteur japonais Ekai Kawaguchi indique que le commerce à Lhassa est actif. Sur les marchés se vendent des articles provenant de Chine et de l’Inde. Les paiements s’effectuent en or, qui est alors pesé ou en roupie indienne ou en utilisant la monnaie tibétaine. Les moines ont le monopole du commerce du thé et des images pieuses. Des Chinois tiennent de nombreux restaurantsChronologie de l’histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde par Jean Dif..
Heinrich Harrer, qui résida à Lhassa de 1946 à 1951, indique dans son livre Sept Ans d'aventures au Tibet que les pièces sont en or, en argent ou en cuivre. Elles portent les emblèmes du Tibet : lion des neiges et montagne, reproduits aussi sur le drapeau national, à côté du soleil levantSept Ans d'aventures au Tibet, Arthaud, 1953, ..
Selon le gouvernement chinois, en dehors d’une centrale électrique de à Lhassa, d’une petite usine d’armements et d’un petit hôtel de la monnaie créés par le dalaï-lama, il n’y avait pas, d’industrie dans l’ancien Tibet. Selon le journal marxiste-léniniste Lalkar, l’arriération du pays était telle qu’on n’utilisait même pas la roue , sur le site Lalkaronline : .
Heinrich Harrer se plaignait de la gêne publique causée par les mendiants qui exploitaient leurs difformités en les exhibant sous le nez des passants : .. Selon Li Sha, de l’université de Shenyang, il y avait à Lhassa, au sud du temple de Jokhang, un village de mendiants appelé Lu Bu Band Cang, et ces derniers se réunissaient aux alentours du temple de Ramoche. En 1951, il y avait de à , soit un dixième de la population de la ville Li Sha, , , , : ..