Giovanni da VerrazzanoOu Verrazano., en français Je(h)an de Verrazane ou (rarement) Jean VerazaniManuel Ballesteros Gaibrois, Découverte de l'Amérique, Vrin, 1968, 339 pages, (Lire en ligne)., en latin (selon sa signature) Janus Verrazanus, né le en Toscane et mort en 1528 aux Antilles, est un homme d'affaires et explorateur italien d'origine florentine., au service de lors de ses trois voyages de 1524 à 1528.

En 1524, il est le premier Européen à explorer, au nom de la France, la côte atlantique de l'Amérique du Nord, prélude à la colonisation française des Amériques ; c'est lui qui donne à ces nouveaux territoires le nom de (Nouvelle-France)., ainsi que le site de l’actuelle New York qu’il nomme La Nouvelle-Angoulême.

Ses deux autres voyages (1526-1527 et 1528) sont de moindre intérêt ; il meurt dans des conditions mal connues au cours du troisième, peut-être victime d'indigènes anthropophages.

Controverses historiographiques Concernant son lieu de naissance Trois hypothèses ont été formulées en ce qui concerne son lieu de naissance. : une hypothèse italienne le fait naître à Greve in Chianti, ville qui l'honore d'une statue sur la place Matteotti et où se trouve le château familial, le . Son père s'appelait Frosino di Lodovico di Cece da Verrazzano et sa mère Lisabetta di Leonardo Daffi. C'est l'option favorisée par les recherches les plus récentes. Une autre hypothèse italienne situe sa naissance vers 1485, dans une riche famille florentine formée par Piero Andrea Bernardo da Verrazzano et Fiammetta Capelli ; cette hypothèse ; une hypothèse lyonnaise, soutenue par l'historien Jacques Habert (1919-2012), le fait naître à Lyon, bien qu'aucun acte de naissance n'ait été retrouvé, les registres de naissance n'existant pas à la fin du . Il serait né de deux Italiens installés à Lyon, Alessandro di Bartolomeo et Alessandra Guadagni, mariés en 1480 dans cette villeJacques Habert, La Vie et les Voyages de Jean de Verrazane, Montréal, Cercle du livre de France, 1964, .Alain Bouchet, professeur honoraire à l’université Claude-Bernard Lyon-I, Jean de Verrazane : un Lyonnais découvre le site de New-York, 2006.Commentaire sur la fresque à Lyon.. Dans ce cas, sa mère serait la fille d'un célèbre banquier florentin émigré en France. Peu d'historiens soutiennent aujourd’hui cette hypothèse.

Concernant sa mort : confusion avec celle de Jean Fleury On raconte qu'il est mort victime du cannibalisme aux Caraïbes durant un de ses voyages. Cette idée a été réfutée par l'analyse des archives, mais des recherches sont encore en cours pour obtenir une confirmation définitive des causes de son décès.

Jeunesse et formation Quel que soit son lieu de naissance, il est issu d'une famille florentine installée à Lyon, ville où se trouvait une colonie importante de négociants italiens, notamment la famille des Guadagni, dont le nom a été francisé en « Gadagne ». Lui-même passe une partie au moins de sa jeunesse à Lyon.

Il a un frère : Jérôme (Hieronimo en espagnol, Girolamo en italien).

Jusqu'au début des années 1520, il vit principalement à Lyon et à Paris, où il est présenté à la Cour.

Les voyages Contexte Les voyages de Verrazzano se situent dans le contexte des grandes découvertes : exploration de la côte africaine par les Portugais (1420-1498) et voyage de Vasco de Gama vers l'Inde (1498) ; voyages de Christophe Colomb et découverte d'un nouveau monde ; voyage de circumnavigation de Fernand de Magellan (1520).

Tandis que le traité de Tordesillas (1494) a réparti le nouveau monde entre les Espagnols et les Portugais (selon le méridien situé à 100 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert), d'autres États commencent à s'y intéresser, en premier lieu la France (et par la suite, les Anglais, puis les Néerlandais des Provinces-Unies).

En 1522, après la publication des récits de Maximilianus Transylvanus et d'Antonio Pigafetta, compagnon de Magellan, les élites françaises se passionnent pour cette grande expédition. La mère de François , Louise de Savoie, fait traduire en français le journal d'Antonio Pigafetta.

Préparatifs du premier voyage vignette|Maquette de 1963 de La Dauphine L. 35 m. (musée du Château de Dieppe) En , Verrazzano réunit à Lyon des fonds en provenance d'Italie destinés à .

Il forme une société avec huit autres marchands : cinq Italiens qui fournissent la plus grande partie du financement : Antonio Gondi, commanditaire, Giuliano Bonaccorsi, Tommaso Guadagni, Guglielmo Nasi, Roberto Albizzi ; trois Français : Jehan et François Le Buatier, Anthoine de Martigny.

À la fin de l'année, Verrazane est missionné par l'armateur Jean Ango, de Dieppe, pour explorer la zone comprise entre la Floride espagnole et Terre-Neuve, afin d'y découvrir un accès donnant sur l'océan Pacifique et l'Asie.

L'armement du navire La Dauphine a lieu au Havre.

Le voyage de 1524 vers l'Amérique du Nord Après avoir reporté son départ à deux reprises, il part le pour la traversée de l'Atlantique. Il arrive près du cap Fear, le ..

vignette|Voyage de Verrazzano en 1524.

Après un bref mouillage, il met cap au nord et longe la côte de ce qui est maintenant la Caroline du Nord. Il pense apercevoir l'océan Pacifique derrière une étroite bande de terre. Mais il ne s'agit en réalité que du lagon de la baie de Pamlico, long de , et dont la largeur atteint parfois , séparé de l'Atlantique par les Outer Banks, une barrière d'îles sablonneuses. Cette erreur conduit les cartographes d'alors, à commencer par Vesconte Maggiolo en 1527, et le frère de Giovanni, Girolamo da Verrazzano en 1529, à représenter l'Amérique du Nord quasiment coupée en deux parties reliées par un isthme, erreur qui n'a été corrigée que plusieurs décennies plus tard.

En poursuivant sa route vers le nord-est, il sonde chaque ouverture importante du littoral, notamment la baie de Chesapeake et les estuaires des fleuves Delaware et Hudson.

Il poursuit sa route en longeant le Maine, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve, jusqu’au Labrador.

Il rentre sans avoir trouvé de passage vers l'océan Pacifique.

Suites du premier voyage Le rapport de Verrazzano, daté du jour de son retour, est envoyé au roi qui se trouve à Lyon (il prépare l'expédition en Italie qui va aboutir au désastre de Pavie). Le rapport rend compte d'un vaste territoire revendiqué comme Francescane ou Nova-Gallia (Nouvelle-France).

Verrazzane a en effet donné à ces nouvelles terres des toponymes français . La carte de 1529, dressée par son frère, ., à l'encontre du traité de Tordesillas. En particulier, il donne à la baie de New York, découverte le , le nom de « La Nouvelle-Angoulême »Mickaël Augeron, Dominique Guillemet, Champlain ou les portes du nouveau-monde : cinq siècles d'échanges entre le Centre-Ouest français et l'Amérique du Nord, , Geste éditions, 2004, 414 , ., en hommage à François , comte d'Angoulême.

Les années 1525-1526 Très vite, Verrazzano commence à préparer un nouveau voyage en vue de trouver un passage vers l'Asie autre que le détroit de Magellan. Mais ses navires sont réquisitionnés pour la guerre et la capture de François à Pavie met fin à ce projetWroth, ..

Pendant la captivité du roi de France, Verrazzano fréquente les cours des rois Jean III du Portugal et Henri VIII d'Angleterre.

En , l'Espagne envoie Sébastien Cabot pour trouver un autre chemin vers le Pacifique.

Au printemps 1526, Verrazzano est de retour en France où un nouveau projet est envisagé par l'amiral Philippe Chabot et l'armateur Jean AngoWroth, , et suiv..

Le voyage de 1526-1527

En , Verrazzano quitte l'Europe avec son frère Girolamo, à la tête de trois navires pour tenter de passer le cap de Bonne-Espérance. Une tempête et une mutinerie empêchent les frères Verrazzano de progresser, tandis que le troisième navire atteint l'océan Indien. Prenant trop au sud, le bateau double Madagascar sans l'apercevoir et traverse tout l'océan Indien pour arriver à Sumatra. De là, il repart pour les Maldives, puis met cap au sud pour rejoindre Madagascar où l'équipage fait naufrage. Seuls quelques survivants atteignent le Mozambique.

Pendant ce temps, les frères Verrazzano ont mis cap à l'ouest et atteignent le Brésil où ils prennent une cargaison de pernambouc. En , ils sont de retour en FranceWroth, , ..

Le voyage de 1528 et la mort de Verrazzano Un dernier voyage en 1528, raconté par Girolamo da Verrazano, les mène aux Antilles, peut-être en GuadeloupeMichel Mollat, Giovanni et Girolamo Varrazano, navigateurs de François , Paris, 1982, . où Giovanni aurait été tué par des indigènes anthropophages .

Pour ce dernier voyage, Verrazzano partit de Fécamp comme le précise une communication citée par Albert Anthiaume : Verrazzano, capitaine du navire la Flamengue de Fécamp, contracta le des engagements avec un certain nombre de gens qui acceptaient de l'aider à monter son projetLes Annales du patrimoine de Fécamp - Giovanni Verrazzano (1485-1528) A son dernier voyage il partit de Fécamp - Robert Devaux - Association Fécamp Terre Neuve - 2001..

Postérité Un continent dans l'Atlantique vignette|Carte de la Nouvelle-France, de 1529.|350x350pxLes explorations faites par Verrazzano en 1524 aboutissent à la célèbre carte de 1529 dressée par son frère Girolamo :

Cette carte nomme pour la première fois des lieux le long de la côte nord-américaine, au nord de la Floride.

Nova Gallia : la Nouvelle-France En 1529, son frère Girolamo da Verrazzano trace une carte aujourd'hui conservée à la Bibliothèque apostolique vaticane qui représente l'embouchure du fleuve Saint-Laurent et nomme l'ensemble du territoire dont Verrazzano a exploré la côte (du nord de la Floride à la Nouvelle-Écosse) Nova Gallia. Il s'agit de la première évocation connue de la Nouvelle-France, plusieurs années avant Jacques Cartier et Samuel de Champlain.

Hommages

Monuments Le monument Giovanni da Verrazzano par Ximenes, au de New YorkLittéralement Le Parc de la Batterie, au sens militaire.. Monuments dus à Bino Bini (1916-2007) dans les jardins de l'Hôtel-de-Ville de Dieppe (1966)Jehan Ango, navigation et Renaissance à Dieppe, Direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie, 1992 . et à Providence (Rhode Island).

Ponts Ponte Giovanni da Verrazzano à Florence Pont Verrazzano-Narrows à New York Jamestown-Verrazano Bridge au Rhode Island

Autres lieux Le collège Jean-de-Verrazane, dans le quartier de Vaise, à Lyon () (Jean de Verrazane a vécu une partie de son enfance à Lyon et des banquiers lyonnais ont financé ses voyages). Place Giovanni-da-Verrazzano, à Lyon, Quartier de Vaise Industrie où se situent de nombreuses industries tertiaires (principalement dans le domaine de l'informatique). Sur cette place se situe le campus Verrazzano, ensemble de bâtiments de bureaux en forme de péniches, construit au début des années 2000 et ancien siège social de la société Infogrames. Rond-point Giovanni-da-Verrazano au Havre Fresque des Lyonnais (Lyon - ) où est peint le portrait nommé de Jean de Verrazane.

Divers Le navire de guerre italien Giovanni da Verrazzano, lancé en 1928 Le vin Castello Verrazzano

L'orthographe de son nom Un ou deux « z » ? Dans un autographe de Giovanni, qui figure dans le , ainsi sur la carte dessinée par son frère Hieronimo da Verrazano, le nom est écrit avec un seul «Z» dont la taille ou le signe terminal pourrait évoquer deux "Z". centre|vignette|Signature de Verrazano : Janus Verrazanus. Les Espagnols et les Portugais écrivent Verazano, Verrazano, Verozan ou Veramsan ; on trouve aussi en portugais Joâo VerezanoLettre de l'ambassadeur du Portugal en France, Joâo da Silveira, 25 avril 1523..