vignette|Les personnages du film sont des manchots empereurs (Aptenodytes forsteri).(Photo non extraite du film)
La Marche de l'empereur est un documentaire français réalisé par Luc Jacquet, sorti en 2005.
Premier long métrage cinématographique de Luc Jacquet, ce film a connu un grand succès mondial et obtenu de nombreuses distinctions dont l'Oscar du meilleur film documentaire en 2006. Tourné en Antarctique, La Marche de l'empereur traite des manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) et de leur mode de reproduction.
La narration originale utilise la méthode du récit à la première personne, qui imagine le point de vue interne d'un couple de manchots et de leur petit, lesquels racontent les obstacles de leur vie dans la région la plus rude et isolée du monde. Les trois voix sont interprétées par Romane Bohringer, Charles Berling et Jules Sitruk. Les versions internationales n'ont pas toujours respecté ce principe, telle la narration américaine, réécrite pour un seul narrateur, Morgan Freeman. Les distributeurs américains ont également remplacé la bande originale, créée par Émilie Simon, par une autre composition signée Alex Wurman.
Synopsis vignette|Le cycle de vie du manchot empereur a nécessité un an de tournage. Les manchots empereurs vivent en colonie en Antarctique. Au milieu de leurs congénères, chaque couple de manchots lutte contre les conditions extrêmes pour perpétuer l'espèce et protéger leur petit des nombreux obstacles et dangers qui les guettent. Chaque année est un cycle qui voit la naissance d'un seul petit manchot par couple, dont beaucoup n'atteindront pas l'âge adulte, voire n'auront pas la chance de naître. Outre le grand froid, le vent et les tempêtes, ils affrontent des prédateurs tels que le léopard de mer et le pétrel géant. Les parents alternent entre protection de l'œuf puis du petit dans l'intérieur des terres (plus stable et protégé que la banquise) et pêche sur le littoral. Des kilomètres de marche sont alors nécessaires pour utiliser les avantages de ces deux territoires alors que le manchot, bien plus à l'aise dans l'eau, est incapable de voler et se déplace avec difficulté sur le continent.
Fiche technique
vignette|Émilie Simon (ici lors d'un concert en 2009), compositrice de la bande originale. Titre original : La Marche de l'empereur Réalisation : Luc Jacquet Scénario : Luc Jacquet, adapté par Luc Jacquet et Michel Fessler Musique : Émilie Simon Photographie : Laurent Chalet et Jérôme Maison Photographie sous-marine : Patrick Marchand et François de Riberolles Son : Gérard Lamps, Laurent Quaglio Bruitage : Pascal Dedeye Montage : Sabine Emiliani Production : Yves Darondeau, Christophe Lioud et Emmanuel Priou Production déléguée : Ilann Girard Coproduction : Jean-Christophe Barret Sociétés de production . : Bonne Pioche, National Geographic Films, en coproduction avec Alliance de Production Cinématographique, en association avec Wild Bunch et l'Institut polaire français Paul-Émile-Victor, avec la participation de Buena Vista International Film Production France et Canal+ Sociétés de distribution. : Walt Disney Studios Motion Pictures International (France) ; Paradiso Entertainment (Belgique) ; Frenetic Films (Suisse romande) ; Christal Films / Lions Gate Films (Québec) ; Maple Pictures (Canada) Budget : . Pays de production : Langue originale : français (et anglais pour les paroles des chansons originales d'Émilie Simon) Format . : couleur - 35 mm - 1,85:1 (Panavision) - son DTS | Dolby Digital | SDDS Genre : documentaire Durée : (version américaine : ) Dates de sortie . : États-Unis : (Festival de Sundance), (sortie limitée), (sortie nationale) France : Belgique : ; . Suisse : (Suisse romande). ; (Suisse alémanique) Canada (dont Québec) : . Classification . : France : tous publics (conseillé à partir de ) .. Belgique : tous publics () Québec : tous publics () Suisse romande : tous publics.
Distribution vignette|Romane Bohringer (ici en 2009), l'une des narratrices de la version française. La narration de l'histoire en version originale fait appel à un récit à la première personne en point de vue interne, interprété par trois acteurs : Romane Bohringer : la mère manchot Charles Berling : le père manchot Jules Sitruk : le bébé manchot
vignette|Charles Berling (ici en 1998), l'un des narrateurs de la version française. À l'étranger, la traduction de la narration n'a pas toujours suivi le choix original de trois narrateurs. De nombreuses versions ont opté pour deux narrateurs voire une seule personne, avec une narration souvent plus classique en point de vue externe : allemand : Andrea-Kathrin Loewig, Torsten Michaelis et Adrian Kilian.. ; version alternative avec seulement Sky du Mont. anglais : Morgan Freeman. danois : Sofie Gråbøl espagnol : Maribel Verdú et José Coronado.. grec : Afroditi Simiti et Grigoris Arnaoutoglou hindi : Amitabh Bachchan hongrois : Ákos Kőszegi, Anna Kubik et Gábor Morvai. italien : Fiorello japonais : Hikari Ishida, Takao Ōsawa et Ryunosuke Kamiki néerlandais : Urbanus.. polonais : Marek Kondrat suédois : Gösta Ekman tagalog : Sharon Cuneta. . (traduit depuis la narration américaine)
Production Genèse vignette|gauche|La base Dumont-d'Urville, où s'est installée l'équipe du film pendant plus d'un an. En 1992, lors de ses études dans une faculté de Lyon, Luc Jacquet répond à une annonce cherchant quelqu'un pour aller en Antarctique étudier des manchots empereurs.. Ce sont alors ses premiers contacts avec ce continent et ces animaux. Il officie alors comme caméraman auprès du réalisateur suisse Hans-Ulrich Schlumpf pour le film documentaire Le Congrès des pingouins.. Luc Jacquet décide alors de se consacrer aux films documentaires.; il passe ainsi plusieurs années en Antarctique ou dans les îles australes comme chef opérateur ou comme réalisateur.
Luc Jacquet commence à écrire le scénario de La Marche de l'empereur quatre ans avant sa sortie. Il se base notamment sur sa collaboration avec le chercheur Christophe Barbaud, avec qui il travaille sur les manchots empereurs en 2000 pour faire le point sur les connaissances à propos de cet animal.. Il discute très tôt avec Jérôme Maison, biologiste marin, de son projet de documentaire animalier puis, au fil des discussions, le projet évolue et prend des aspects fictionnels : , selon Jérôme Maison.. Trois ans sont ensuite nécessaires à Jacquet pour trouver une société de production intéressée, Bonne Pioche, chez qui le projet suscite un . La production du film commence ainsi en et tout s'accélère. D'abord prévu pour la télévision, le projet prend progressivement de l'ampleur grâce à ce que Luc Jacquet appelle et .. Le projet convainc aussi Jean-François Camilleri, alors à la tête de Walt Disney Studios Motion Pictures France, qui s'associe à la production.. Le budget, qui dépasse à peine 2 millions d'euros, est plutôt limité pour un long métrage cinématographique, conduisant Luc Jacquet à affirmer, avec un peu d'exagérationMalgré ce budget modeste par rapport à la moyenne, de nombreux films ont coûté moins cher que La Marche de l'empereur, y compris parmi les documentaires sortis eu cinéma : par exemple, Tarnation (2003) a officiellement coûté 218,32 dollars et Super Size Me (2004) a eu un budget de production (hors promotion) de dollars. De nombreuses fictions à succès ont bénéficié d'un budget bien inférieur à celui de La Marche de l'empereur, y compris à la même période de l'histoire, comme Le Projet Blair Witch (1999), qui a coûté environ dollars, ou Paranormal Activity (2009), dont le budget est évalué à dollars., qu'il s'agit d'..
Tournage Les préparatifs du tournage commencent en et durent deux mois. Les caméras sont équipées spécialement par Aaton (modèle XTRprod.) pour résister à une température qui pouvait descendre jusqu'à . Laurent Chalet et Jérôme Maison passent des tests médicaux auprès de l'Institut polaire Paul-Émile-Victor. Le découpage et le scénario sont alors très précis et, selon Luc Jacquet, il fallait désormais .
vignette|Conditions d'un blanc dehors (ou en anglais, ici en Écosse), tel celui qui a piégé les chefs opérateurs lors d'un jour de tournage.
Luc Jacquet, Laurent Chalet et Jérôme Maison partent pour la Terre Adélie le et commencent par une période d'acclimatation. Jacquet les laisse en mars avec une consigne majeure : . Le , ils obtiennent l'autorisation de l'administrateur supérieur des TAAF d'accéder à la zone spécialement protégée de Pointe-Géologie.. Lors du tournage, 60 de matériel sont portés sur un traîneau et l'équipe ne se déplace qu'à pied dans des conditions physiquement très dures. Laurent Chalet et Jérôme Maison, qui ont ainsi filmé la majorité des images (et qui n'ont pas quitté l'Antarctique durant le tournage), ont évité le pire lorsqu'ils ont été piégés par un blanc dehors et une température chutant à ; ils ont eu besoin de six heures pour parcourir les 3 qui les séparaient alors de la base Dumont-d'Urville, se repérant grâce à un GPS et à leur radio qui a permis à cinq hommes de la station, avec qui ils avaient pu établir un contact, de venir les récupérer en cordée. Le tournage a été interrompu pendant un mois pour qu'ils se remettent de leurs importantes gelures et Jérôme Maison a gardé des problèmes d'insensibilité à une oreille et plusieurs doigts. Malgré tout, la météo n'était pas forcément la plus grande difficulté selon Laurent Chalet : . En l'absence de scripte et de possibilité de visionner les images filmées, Laurent Chalet et Jérôme Maison se sont essentiellement appuyés sur le séquencier fourni par Luc Jacquet pour assurer la continuité. Durant l'hivernage, ils envoient également des photographies au réalisateur pour que celui-ci suive l'avancée du projet. Jérôme Maison raconte que la scène où la femelle passe les œufs au mâle a été l'une des plus compliquées à filmer car il s'agit d'un acte discret que les animaux effectuent au sein d'un groupe d'environ manchots.
Pour sa part, Luc Jacquet est resté cinq mois sur place tout en supervisant l'ensemble du tournage et du montage. En , il revient en Antarctique pour filmer les images sous-marines avec le plongeur Patrick Marchand. En décembre, le tournage est interrompu par manque de pellicule, le stock ne pouvant être acheminé à cause de la glace.
Pour filmer l'entièreté du cycle de reproduction des manchots, le tournage a duré 13 mois pour 120 heures de rushes. 200 bobines de film ont été utilisées et seule une a posé des problèmes malgré les conditions extrêmes auxquelles le matériel a été soumis. L'ensemble des rushes arrivent en France en et la postproduction se termine en décembre de la même année.
À un moment du tournage, la société de production Bonne Pioche est au bord de la faillite., et n'est sauvée que par le succès du film, 2017..
Musiques Le film possède deux bandes originales distinctes : l'une composée par Émilie Simon dans la version française, l'autre par Alex Wurman pour la distribution américaine. Outre la version américaine, les versions étrangères ont conservé la musique d'Émilie SimonInterview d'Émilie Simon Le Grand Entretien, émission du jeudi 5 janvier 2012 sur France Inter, présentée par François Busnel (Écouter en ligne).
Musique originale d'Émilie Simon
vignette|Émilie Simon en 2012. La musique originale est composée par la musicienne électro-pop Émilie Simon qui n'a alors sorti qu'un album, récompensé par une Victoire de la musique en 2004. Luc Jacquet la contacte au moment où elle travaille sur la musicalité de l'eau et de la glace...
Pour la musique du film, Émilie Simon utilise notamment les ondes Martenot, le glockenspiel., le célesta et le vibraphone. De nombreux musiciens renommés, comme Thomas Bloch aux ondes Martenot. ou Maxime Rubens au violon., participent à l'enregistrement.