Le chaoui (en berbère : ou ⵜⴰⵛⴰⵡⵉⵜ. ou tacawit) est une langue afro-asiatique, de la famille des langues berbères, parlée en Algérie par les Chaouis habitant les Aurès et régions attenantes.

Le chaoui appartient au groupe des langues berbères zénètesDIELEMAN F. 1994 – Esquisse de description de la langue berbère chaouïa : variations lexicales et phonétiques et investigation sociolinguistiqueGUEDJIBA A.2000 – Description morphosyntaxique du parler des At Bouslimane du Zalatou..

Selon un sondage datant de 2011, le Chaoui est parlé par environ trois millions de personnes en Algérie, principalement dans les Aurès et les régions avoisinantes (le massif du Boutaleb (Talbi), le Belezma et les monts des Nemencha) ainsi que dans les hautes plaines constantinoises, qui sur la base du découpage administratif actuel correspond totalement ou partiellement aux wilayas de Sétif, Batna, Mila, Biskra, Oum-el-Bouaghi, Khenchela, Tébessa, Souk Ahras, Guelma., .

Histoire et origine du chaoui vignette|Medracen {Imedghacen}, la sépulture des rois NumidesJules René Bourguignat, Souvenirs d'une exploration scientifique dans le nord de l'Afrique. et patriarche des AmazighsIbn Khaldoun, Histoire des Berbères.. Le chaoui, aussi appelé laurésien (en tamazight : tawrasit), est une langue nord-africaine d'origine libyque, appartenant à la famille des langues berbères zénètes, au même titre que le mzab.

Le chaoui appartient plus précisément au groupe des langues zénètesINALCO.

La langue chaoui vignette|Carte des aires linguistiques du nord-est algérien, montrant l'espace berbérophone chaoui. vignette|Carte des aires dialectales du chaoui.

Plusieurs dictionnaires et études sur la langue chaoui ont été édités à partir de la fin du siècle. L'Anzar Éditions édite en langue chaoui.

En littérature, le chaoui est illustré à travers plusieurs genres littéraires, tels la poésie, le roman, le conte, les proverbes, la chanson, le théâtre, le cinéma et les études. En poésie, une des premières poétesses en langue chaoui fut lalla Khoukha Aït Boudjenit (1914-1963)Anthologie de la littérature algérienne d'expression amazigh, Abderrahmane Lounès, éditions ANEP, 2002, , livre en ligne.

Abdellah Khelfa écrit un roman, Moumna, en 2002 et un recueil de poésie en chaoui contenant 1600 vers, dont le titre est Lmumen, en 2014.

Une étude a été faite par Naziha Hamouda dont le titre est Les femmes rurales de l’Aurès et la production poétique..

Plusieurs femmes poètes participent lors des éditions de la journée de la poésie amazighe féminine à Khenchela comme Yemmas n-wewras, Zerfa Sahraoui, Faïza Aïchi, Fatma Bey, Yemmas n-Hamz, Djamila Fellah, Nawel Ghanmi, Hanane Khenneb, Rabia Drid et Saïda Abouba.

Média La Tamazight TV 4 et la radio algérienne diffusent des contenus en langue chaoui. Ainsi, plusieurs animateurs présentent dans des émissions de la Radio Aurès ou à la télévision en chaoui comme Salah Bezzala, Noureddine Bergadi, Salima Sakri Plusieurs poètes diffusent dans des émissions de la radio locale en chaoui comme Bachir Adjroud, Aghilas Mazigh, Salah Bezzala, Adel Solatni, Djamel Samir Chemlal, Dhifallah Khalef

Dictionnaire et étude du chaoui Au , plusieurs livres ou dictionnaires de la langue ont été publiés comme une étude du français Émile Masqueray et le livre de Gustave Mercier, Le Chaouia de l'Aurès, en 1896.

Au , le dictionnaire chaouia-arabe-français-kabyle de P.G. Huyche est publié en 1906. Le livre d'André Basset, Le parlé des Ait Frah, en 1961 et La grammaire chaoui de M. Torchon sont édités.

Après l'indépendance de l'Algérie, Mohamed Salah Ounissi publie plusieurs livres, dont un dictionnaire chaoui-arabe-français en 2003. Suit Fakihani Tibermacine, avec son livre Parler chaoui en 2009, puis un essai de conjugaison par Ferhaoui Laid.

En 2013, Khadidja Saâd publie un dictionnaire chaoui-arabe., Bengasmia Laâmri a écrit son livre sur la phonétique chaoui.

De plus, le département de Tamazight de l’université de Batna Hadj Lakhder a été ouvert pour compléter les études de la langue chaoui.

L'étude de la langue a été entreprise par de jeunes chercheurs à l'instar de Salim Lounissi., Abdenacer Guedjiba. à l'Université de de Tizi-Ouzou et Malek Boudjellal au Centre de recherche berbère et à l’Institut national des langues et civilisations orientales. Le chercheur Abdenacer Guedjiba est également un spécialiste chaoui de la question linguistique....

El Hadi Meziani publie en premier Tirawal, un guide d’apprentissage du chaoui... Ensuite, il édite le deuxième dont le titre est Comment apprendre la langue tamazight, un dictionnaire de poche pour le chaoui..

Grammaire vignette|Mohamed Merdaci publie Timuqqan, les accords dans la langue chaoui, édition Tira en 2017. Mohamed Merdaci, chercheur et historien., publie Timuqqan, les accords dans la langue chaoui, édition Tira en 2017.

La phonétique comparative avec les autres régions de l'Afrique du Nord

Le Haut commissariat à l'amazighité a publié un ouvrage sur la phonétique chaoui de Lâamri Bengasmia en 2013. Salem Chaker a fait une étude du chaoui pour rédiger l'Encyclopédie berbère. La phonétique chaouie est décrite dans son ouvrage :

Salem Chaker, Encyclopédie berbère, fascicule VIII, 1990

L'écriture

Le berbère a historiquement d'abord été écrit en alphabet tifinagh, avant que cette écriture disparaisse au profit de l'alphabet latin au milieu du .

Le chaoui au sens propre est longtemps demeurée exclusivement orale. La langue berbère "standard" enseignée dans les Aurès de nos jours est le chaoui (lui-même différent du kabyle), désigné dans l'étymologie algérienne officielle sous le nom de tamazight, terme générique assez critiqué par les linguistes mais globalement répandu et accepté au sein de la population, et tend à s'imposer comme la langue écrite standard, et les différentes langues parlées en seraient le pendant oralSalem Chaker, L'encyclopédie Berbère..

L'écriture usitée de nos jours est donc l'alphabet berbère latin (à base latine). La langue chaoui dans sa variante propre, est parfois usitée au sein du mouvement associatif, écrite dans cet alphabet.

On peut aussi trouver un peu partout dans la région chaouiphone, des panneaux et autres noms de lieux écrits en tifinagh, surtout dans les lieux touristiques.

Caractère tifinagh

De nos jours l'alphabet tifinagh, bien que d'usage folklorique, reste un symbole culturel fort pour la plupart des Chaouis. La première version de néo-tifinagh (car, somme toute, différente des tifinaghs historiques antiques) a été développée par l'académie berbère dans les années 1960. Il est à noter que le tifinagh a été conservé par les Touaregs chez qui il est toujours d'usage, avant d'être réintroduit chez les communautés berberophones d'Algérie et puis dans celles du Maroc.

Étude du lexique Les emprunts aux autres langues vignette|Relief du Nord de l'Afrique Le chaoui étant une langue berbère, il a subi l'influence des autres langues méditerranéennes : punique, grec, latin, germanique du fait des Vandales, arabe, turc et français. Il a été aussi en contact avec l'hébreu du fait de la présence de communautés juives depuis l'Antiquité, et l'ancien égyptien, ainsi qu'avec les langues romanes des rives de la Méditerranée, comme le catalan, les dialectes italiens et l’occitan. Plusieurs mots ont été empruntés comme café, thé Néanmoins, contrairement à une première impression, le chaoui a été moins influencé par l'arabe que le kabyle.

Enseignement En 2014, le Mouvement culturel amazigh (Aurès) et l'Association de l'identité du patrimoine culturel et de la créativité artistique de la wilaya de Batna, lors de la célébration des évènements du Printemps berbère et du Printemps noir à la Maison de la Culture de Batna, ont élaboré des réflexions en ce qui concerne l'enseignement de langue berbère comme langue maternelle..

Littérature chaoui vignette|Portrait d'Apulée de Madaure.

Le terroir chaoui existe depuis des siècles. Gustave Mercier rassemble cinq contes racontés par des conteurs chaouis et découvre un corpus important de la narration chaoui. Gustave Mercier, le fils d'Ernest Mercier, a écrit Cinq textes berbères en dialecte chaouïa en 1900.Gustave Mercier publiera Le Chaouïa des Aurès en 1896. La famille Mercier s'est intéressée profondément à l'origine des Chaouis et à leur langue, le chaoui. Mena Lafkioui et Daniela Merolla publieront Contes berbères chaouis de l’Aurès d’après Gustave Mercier.

Mohamed Salah Ounissi publie Inzan d timseâreg Proverbes et de devinettes chaouis en 2002.

Maisons d'édition vignette|Enseignant de langue chaoui orale au QuébecAssociation Culturelle Chaouie du Québec Zerfa. L’Anzar Éditions et le Haut-commissariat à l'amazighité publient les livres en lange chaoui, et lors du salon du livre d’Alger de l’année 2015, quatre livres sont présentés : Ini-iya ("il dit" en chaoui) d’Aghilas Mazigh, un livre de poésie ; Tilelli (Liberté), de Smaïl Aggoune, qui traite du conte ; Tamawalt n takrura, de Saad Saad, lexique chaoui ; Imunnan-nneɣ, de Bachir Ajroud, collection de proverbes en chaoui ; Tirawal d’El Hadi Meziani, guide d’apprentissage du chaoui ; Kesma d kesmana, d’Osmane Kassa, livre sur le conte chaoui.

Le réseau Awal (Association des auteurs auressiens) regroupe les écrivains en expression amzighophone et publie également chez Anzar Éditions..

Le roman et le théâtre vignette|gauche|redresse=.7|Kateb Yacine. vignette|redresse=.7|Mur d'une rue d'Alger, affiche de M'hamed Issiakhem pour un spectacle de Kateb Yacine, 1978.

Kateb Yacine est l'un des premiers romanciers chaouis à écrire sur son origine berbère et à exposer sa vision du monde. Il a écrit en français et en arabe. Cependant, plusieurs écrivains de la région des Aurès ont écrit en français et en arabe. Des écrivains européens, en majorité des Français, ont aussi décrit dans leurs romans l'histoire et la tradition des Chaouis. Un roman de Abdellah Khelfa, Moumna, a paru en 2002 .

Plusieurs pièces en chaoui sont joués chaque année au Théâtre régional de Batna lors du Festival du Théâtre amazigh Batna.. Samia Bounab de Batna a gagné le prix de la meilleure interprétation féminine, et un hommage a été rendu à la chanteuse Dihya en 2014..

Saïda Abouba a publié des poèmes et un roman en tamazight...

Poésie

Après l'indépendance de l'Algérie, un des premiers recueils de poèmes a été édité par Mohamed Salah Ouniisi dont le titre est Tametna n umenzu: isefra en 2008.. Il s'ensuit des ouvrages de Abdellah Khelfa, un roman, Moumna, en 2002 et un recueil de poésie en chaoui contenant 1600 vers, dont le titre est Lmumen en 2014..

Une étude a été faite par Naziha Hamouda, dont le titre est Les femmes rurales de l’Aurès et la production poétique.

Plusieurs poètes diffusent dans des émissions de la radio locale en chaoui comme Bachir Adjroud, Aghilas Mazigh, Salah Bezzala, Adel Solatni, Djamel Samir Chemlal, Dhifallah Khalef, Messaoud Nedjahi

Plusieurs femmes poètes participent lors de la journée de la poésie amazighe féminine à Khenchela comme Yemmas n-wewras, Zerfa Sahraoui, Faïza Aïchi, Fatma Bey, Yemmas n-Hamz, Djamila Fellah, Nawel Ghanmi, Hanane Khenneb, Rabia Drid, etc.

Proverbes

Une longue série de proverbes chaoui a été rassemblée par Mohamed Salah Ounissi, dontMohamed Salah Ounissi, Inzan d timseâreq. Proverbes et devinettes chaouis, Recueil - Éditions ENAG, Alger, 2004 : Am userdun, nnan -as « mand wa d baba -k ɣ » yenna - sen : « xali d yiss ! » (On a dit au mulet, « qui est ton père ? », Il a répondu : « mon oncle maternel, c'est le cheval ! ») wa I âefsen f we âlaw nnes, ad yadu f yexf nnes. (Celui qui piétine son burnous tombera sur la tête.) wi -t- ikersen s ufus, at yefdek s teɣmas. (À celui qui a noué les fils avec ses mains, de les dénouer avec ses dents.) deg mi (di mi) nnek a fi ɣer, ula deg mi n tamza. (Je préfère être dévoré par le serpent plutôt que par l’ogresse.) (Du conte « behdidan »)