La rue d’Anjou est une voie du de Paris.

Situation et accès Elle commence rue du Faubourg-Saint-Honoré et se termine rue de la Pépinière.

Le quartier est desservi par la , la et la du métro de Paris, à la station Madeleine.

Origine du nom vignette|gauche|redresse|Portrait équestre du roi , Chantilly, Musée Condé, . Cette rue a été nommée en l'honneur du duc d'Anjou (Fontainebleau, le – Saint-Cloud, le ), devenu roi de France en sous le nom d'.

Historique L'existence de la voie est attestée dès le . Elle s'appela d'abord « rue des Morfondus », nom qu'elle portait encore en lorsque le jeune marié Louis d'Ailleboust de Coulonge, futur gouverneur de la Nouvelle-France, vint emménager dans un immeuble de cette rue en compagnie de sa femme Barbe de BoullongneSylvie Ravet-Biton, Les Pionniers tonnerois de la Nouvelle-France, Tonnerre, Société d'Archéologie et d'Histoire du Tonnerois..

Elle prit plus tard, la dénomination de « rue d’Anjou ». Avant , le nom de « rue d'Anjou » était porté par l'extrémité est de la rue Pastourelle () dans l'ancien , quartier du Mont-de-Piété.

Elle faisait partie du bourg dénommé dès le « clos de la Ville l'Évêque » parce que l'évêque de Paris y possédait une maison de campagne. Ce fut longtemps un quartier champêtre, de fermes, de petites maisons et de jardins. La rue fut pavée en entre le faubourg Saint-Honoré et la rue de la Ville-l'Évêque et, avec l'aménagement des Champs-Élysées à partir de , des hôtels de financiers ou de grands seigneurs commencèrent d'y être élevés.

Un arrêt du Conseil du ordonna le prolongement de la rue jusqu'au canal du grand égout. Un arrêt du confirma le précédent en précisant que la nouvelle section aurait une largeur de quatre toises. La prolongation de la rue d'Anjou jusqu'à la rue Neuve-des-Mathurins (actuellement rue des Mathurins) fut effective peu après.

Le commencement du faubourg Saint-Honoré et la rue d'Anjou furent rattachés à la Ville de Paris par un arrêt du Conseil du roi du , bien qu'ils fussent alors situés à l'extérieur de l'enceinte de la capitale qui se trouvait à la porte Saint-Honoré près de l'église de l'Assomption.

À cette époque, sur le côté est de la rue d'Anjou, n'existaient encore que deux petites maisons, l'une à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré et l'autre à l'angle de la rue de Surène. Les terrains situés le long de la rue dépendaient de la censive de l'archevêché de Paris et appartenaient à une dame Bergerat, épouse non commune en biens d'un sieur Doye. Par acte passé devant , notaire à Paris le , celle-ci en fit donation à la dame Bodemegarre ainsi qu'au gendre et à la fille de celle-ci, Guillaume Choard, marquis de Buzenval, et dame Anne-Françoise Thuillier, son épouse. Le Contrat passé devant , notaire à Paris, ensaisiné le ., ceux-ci, restés seuls possesseurs après la mort de la dame Bodemegarre, vendirent la propriété à Charles de Salabéry, président à la Chambre des comptes, et à son épouse née Anne-Françoise de Barbon de Baloup. Ceux-ci les revendirent le Contrat passé devant , notaire à Paris, ensaisiné le . au profit d'Antoine Mazin (), ingénieur du roi , garde des plans des maisons royales et des fortifications de France, et de son épouse, née Claire-Rose Tartonne.

. Mazin divisa les terrains en quatre lots et fit construire sur chacun un bâtiment d'habitation. Les six immeubles qui se trouvaient ainsi sur le côté droit de la rue d'Anjou entre le faubourg Saint-Honoré et la rue de Surène furent donc numérotés de 1 à 6 au terrier de l'archevêché. À la mort de Mazin en , les immeubles numérotés 2 à 5 formèrent une indivision entre sa veuve et ses trois enfants. Ceux-ci vendirent le plus important, le , correspondant aux actuels , le Contrat passé devant , notaire à Paris, ensaisiné le . au profit de Pierre Oursin, seigneur d'Ygoville. L'immeuble , correspondant à l'actuel , fut vendu le Contrat passé devant le Jeune. à Marie-Anne Mercier, veuve de Maurice Marquet (voir « Famille Marquet »). Le lendemainContrat également passé devant le Jeune., cette dame faisait également l'acquisition du lot 3, qui tenait par derrière à une ruelle dite des Cordiers et qui avait été vendu auparavant par les consorts Mazin au marquis François-Camille de Polignac () et à sa femme, née Marie-Louise de La Garde (). 8. La veuve Marquet réunit les propriétés . À sa mort en , elles passèrent par héritageSentence de licitation du Châtelet de Paris du . à l'un de ses fils, Jacques Marquet de Bourgade, qui avait son hôtel au 8, place Vendôme. Le , celui-ci fit également l'acquisition auprès des consorts Mazin, qui en étaient restés propriétaires, du lot 2Contrat passé devant , notaire, ensaisiné le .. Les trois lots ainsi réunis constituèrent un seul immeuble de de superficie correspondant à l'actuel 8. 4. Cette propriété tenait au sud au lot 1 appartenant à Charles Millet (actuel 4). L'angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, qui portait le 24 de cette voie, était occupé par la maison du sieur Trézel, épicier. L'angle de la rue de Surène était une petite maison appartenant au sieur Riffe. La réunion par Marquet de Bourgade des lots entraîna une nouvelle numérotation du côté droit de la rue de 1 à 4 à la censive de l'archevêchéVoir le plan daté de reproduit dans ., le 1 correspondant à la propriété Millet, le 2 à la propriété Marquet de Bourgade, le 3 à la propriété Oursin d'Ygoville et le 4 à la maison Riffe. En , il ne reste plus aucun terrain à vendre (cinq ans plus tôt, l'interdiction de construire fut levé). En , sur la demande de plusieurs propriétaires, le roi ordonna la prolongation de la rue d'Anjou-Saint-Honoré jusqu'à la rue de la Roche (aujourd'hui rue du Rocher).. Il fut décidé que la nouvelle section, d'une largeur de , recevrait le nom de « rue Quatremère », en l'honneur de François Bernard Quatremère de l'Épine, échevin de Paris en . La prolongation ne fut toutefois effectuée que jusqu'à la rue de la Pépinière. Cette section prit également le nom de « rue d'Anjou-Saint-Honoré » en . 11. Juste avant la Révolution française, la rue d'Anjou se vit appliquer le système de numérotation en vigueur qui commençait sur le côté gauche puis revenait en sens inverse sur le côté droit, le premier et le dernier numéro se faisant vis-à-vis. L'hôtel de Contades, sur le côté gauche, occupait ainsi le 17Le provincial à Paris ou état actuel de Paris, Quartier du Louvre, Paris, Watin fils, 1787, p. 3-4. (actuel 11) tandis que l'immeuble situé à l'angle de la rue de Surène sur le côté droit portait le 130 (ancien 4 de la censive). Une décision ministérielle du () fixa la largeur minimale de la rue d'Anjou à entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et la rue de la Ville-l'Évêque et entre la rue de la Ville-l'Évêque et la rue de la Pépinière. Une ordonnance royale du prescrivit une largeur uniforme de . 35. Le marquis de La Fayette () habita le 35, rue d'Anjou sous la Restauration, entre et , à proximité de son fils Georges qui demeurait au 38 chez son beau-père, Destutt de Tracy. Réélu député en , il loua un appartement au 6 (actuel 8) où il habita jusqu'à sa mort. Le sculpteur Étienne Maurice Falconet () fut propriétaire dans la rue.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 4 (4 en , 133 en , 1 de la censive) : au , cette propriété avait appartenu à Augustin Blondel de Gagny, qui l'avait vendue le Contrat passé devant l'aîné, notaire. à dame Anne-Claude Le Tessier, veuve de François Millet, épouse en secondes noces, non commune en biens, d'Henry-Louis Eshallard, marquis de La Marck. Charles Millet, receveur général des finances à Moulins, en avait hérité de sa mère en Sentence de licitation du Châtelet de Paris du entre lui et sa sœur, Anne-Claire Millet, femme de Jean-Yves, vicomte de Cloeclosques.. Cette propriété tenait par l'arrière à la cour des Coches (voir « Cité du Retiro »). Avant la Révolution française, l'hôtel était loué au fermier général Pierre Paul, baron de Kolly (). Le Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris de Luc-Vincent Thiéry indique en . : En , on trouvait dans cet hôtel la légation de Lucques, le duc de San Carlos, ministre plénipotentiaire, et le comte René de La Tour du Pin-Chambly, propriétaireAlmanach parisien, .. La comtesse de Boigne () s'y établit en Dans ses Mémoires, elle rapporte que les travaux de décoration étaient encore en cours en juillet, au moment des Trois Glorieuses. et y demeura jusqu'à sa mort le . Sous le Second Empire, on y trouvait outre le propriétaire le comte de La Tour du Pin-Chambly, le vicomte de Nétumières, le comte et le vicomte de Poret, le marquis de Chauvelin, le comte Marquet de Montbreton. À partir de , Léopold Javal (), député de l'Yonne, son fils Émile Javal (), médecin ophtalmologiste, Adolphe Barrot (), sénateur, Sophie Wallerstein.

vignette|redresse|Attribué à Matthew Harris Jouett, d'après Ary Scheffer, Portrait du marquis de La Fayette (), National Portrait Gallery (Londres). vignette|redresse|Plaque au 8. 8 (6 en , 132 en , 2 de la censive) : hôtel Marquet de Bourgade. Hôtel construit en par Antoine Mazin (), ingénieur du roi , garde des plans des maisons royales et des fortifications de France ; il fut vendu en à la veuve Marquet. Il passe en à son fils, Jacques Marquet de Bourgade (), directeur général des vivres, qui agrandit la propriété. Sur la fin de sa vie, celui-ci va s'installer chez un neveuMarquet de Grèves, 332, rue Saint-Honoré (Almanach de Paris, ). et loue l'hôtel pour par an au comte d'Artois qui en utilise une partie pour y installer provisoirement ses écuries indique que l’ au 132, rue d'Anjou est . avant que celles-ci n'intègrent le nouveau bâtiment qu'il fait construire à cet effet. À la mort de Marquet de Bourgade en , ses biens sont recueillis par son frère, Daniel Marquet de Montbreton et les trois enfants survivants de Louis Marquet de Mont-Saint-PeyreMarie-Joseph, Maurice-Alexandre Marquet de Grèves et Henriette de La Guillaume.. Ceux-ci restent dans l'indivision jusqu'au , date à laquelle un partage, rendu définitif par acte du , attribue l'immeuble de la rue d'Anjou à Daniel Marquet de Montbreton (), receveur général des finances à RouenSa part dans l'héritage de son frère se montait à , au sein de laquelle l'hôtel de la rue d'Anjou entrait pour . L'acte de partage indique que l'hôtel occupait une superficie de , alors que le plan de la censive indiquait quelques années auparavant : cette différence peut indiquer que Marquet de Bourgade avait dû acquérir la partie de la ruelle des Cordiers située derrière leur immeuble pour agrandir la propriété ().. À sa mort, l'hôtel passe à ses quatre fils survivants dont trois habitent l'hôtel : David, baron de Villemoyenne ; Auguste () et Jacques, baron de Norvins (). Ils restent dans l'indivision jusqu'au Acte de partage dressé par , notaire à Paris. date après laquelle Louis Marquet, comte de Montbreton, reste seul propriétaire de l'hôtel moyennant le prix de . L'immeuble avait fait l'objet de divers aménagementsÉvalués à dans l'acte de partage de . afin d'y créer des appartements à louer.