Loqueffret (prononcé ; nommée également Loquéffret non officiellement), en breton Lokeored (), est une commune du centre du Finistère, en région Bretagne, dans l'ouest de la France. Situé au sud des monts d'Arrée, dans la partie orientale du parc naturel régional d'Armorique, c'est un petit village rural, ancienne patrie des Pilhaouers.
Couvrant , la commune était peuplée en 2006 de . Servie par un réseau hydrographique dense, elle présente deux entités géographiques distinctes de part et d'autre des dômes gréseux des monts d'Arrée : au nord des pentes recouvertes de landes descendant vers le lac Saint-Michel, au sud des pentes en cultures ou boisées, aux sols plus propices à l'agriculture.
« L'église paroissiale, la chapelle de la Croix et le manoir du Rusquec demeurent des sites patrimoniaux importants, alors que la qualité et la variété des sites naturels, des chemins et des panoramas favorisent les activités liées au tourisme ruralDouard et Maillard (2008). »
Géographie
Un village des monts d'Arrée, au cœur du Finistère Loqueffret est situé au Centre du Finistère sur le versant Sud des monts d'Arrée, à l'immédiat Sud-Est du Yeun Elez et du réservoir de Saint-Michel, ancienne tourbière, et à mi-distance de Huelgoat et Pleyben, à environ au sud de Morlaix, et 45 au Nord-Est de QuimperPour cette partie IGN (2004) et Géoportail.. Ses communes limitrophes sont au Nord Brennilis, à l'Est Plouyé, au Sud Plonévez-du-Faou, au Sud-Ouest Lannédern et à l'Ouest Brasparts.
Loqueffret est situé au carrefour de deux axes départementaux secondaires : la D14, qui relie Morlaix à Pleyben via Huelgoat et la D36, qui traverse le centre Finistère du Nord (Morlaix) au Sud (Rosporden) dans le prolongement de la D785 (Morlaix-Quimper) dont elle se différencie au Nord de Brennilis, avant de traverser les monts. On trouve en outre deux grosses voies communales, dont l'une mène à Brasparts et l'autre au site nucléaire de Brennilis.
Un paysage mixte de landes et de bocage vignette|Le sommet plan du Menez Keryéven, point culminant de Loqueffret (). Loqueffret est situé au niveau de la ligne de crête Sud des monts d'Arrée, « vaste ensemble de collines de grès armoricain (Ménez), d'affleurements de schistes et quartzites de Plougastel (Roc'h), recouverts de landes (et localement de boisements de résineux), abritant sur les pentes, talwegs et fonds de vallée des complexes tourbeux exceptionnelsVoir la page Monts d'Arrée Centre et Est sur le site de Natura 2000. ». Cela permet à la commune d'être composée de trois entités géographiques distinctesSauf ajout complétaire, pour cette partie, IGN (2004) : au Nord-Ouest, la dépression du Yeun Elez, au Centre, les sommets des monts d'Arrée, ailleurs, leurs contreforts. On retrouve donc sur la commune tous les paysages traditionnels des monts d'Arrée.
Le Yeun Elez et les sommets Le Nord-Ouest de Loqueffret occupe le Sud-Est de la dépression Yeun Elez. Depuis les sommets, les monts d'Arrée descendent en pente d'abord assez marquée vers le Nord ( de dénivelé sur deux kilomètres) puis plus lentement vers le réservoir de Saint-Michel. Les pentes sont recouvertes de landes, tout comme la dépression elle-même, qui accueille également des tourbières (dont la principale au sud-est du lac) et quelques champs striés de haies (principalement autour de Forc'han et de Kerguéven). Plusieurs lacs et bassins témoignent de l'ancien passé marécageux de l'espace. Au Nord de la commune, l'Éllez la démarque de Brennilis, à l'Ouest la démarcation ne suit aucun tracé topographiquement remarquable.
Les sommets gréseux (un sommet de , le Ménez-Keryéven de et le Ménez-Du de ) bordent la dépression et sont les points culminants du Sud des monts d'Arrée. Ils sont uniquement recouverts de landes.
Les contreforts des monts d'Arrée Le reste de la commune prend pied sur les pentes Sud-Est des monts d'Arrée. L'orientation globale des sommets est Nord-Sud au Ménez-Keryéven, au Rusquec, à Leïnscoff, à l'extrême Sud de la commune. et Ouest-Est au Ménez-Du, près de la centrale hydro-électrique.. Le relief est très heurté, avec des dénivelés parfois supérieurs à sur (gorges du Run Du, Rusquec), causés par un très fort encaissement des nombreuses vallées : à l'ouest, un affluent de la Douffine qui sert de limite communale avec Brasparts ; au Centre, un ruisseau aujourd'hui temporaire, qui se jette dans des affluents de la Douffine qui servent de limite communale avec Lannédern et Plonévez-du-Faou ; au Sud-Est un sous-affluent du Stêr-Goann, qui sert de limite communale avec Plonévez-du-Faou ; à l'Est l'Elez qui, au sortir du Yeun Elez tombe de plus de au Rusquec. Ce réseau hydrographique dense est cependant composé majoritairement de petits ruisseaux, dont de nombreux sont temporaires.
Ce relief vallonné accueille deux paysages complémentaires : la forêt (bois de Rusquec et de Bodriec, bois au sud du Ménez-Du) et parfois quelques friches sur les pentes les plus fortes ; un bocage de densité variable, très altéré au Sud-Ouest, sur le reste du territoire.
La carrière du Rest représente une réserve d'eau potentielle de m³ qui pourrait alors, après la cessation d'exploitation prévue pour 2032, soutenir les débits de l'Aulne en période d'étiage..
L'Éllez et sa vallée vignette|gauche|Gué de Mardoul sur l'Éllez : cavités et rigoles, traces de rites sacrificiels d'une religion pré-chrétienne. vignette|Mardoul : l'ancien pont amont sur l'Éllez. L'Éllez, en aval du lac Réservoir de Saint-Michel, sert de limite communale entre Loqueffret et Brennilis. Ce cours d'eau et ses affluents ont permis l'installation de moulins à Keryeven, Kerrannou, Mardoul, Kerprouet, Rusquec. Le moulin de Mardoul a été construit tardivement (après 1813) mais il était encore en activité en 1907..
L'Éllez, célèbre par le passé pour sa cascade de Saint-Herbot désormais disparue en raison des aménagements hydroélectriques effectués dans la décennie 1920 (barrage et petit lac de retenue), passe ensuite par le village de Saint-Herbot avant de confluer avec l'Aulne plus en aval.
Le chaos de Mardoul sur l'Éllez a été longtemps un lieu de passage privilégié pour franchir la rivière : deux très anciens ponts subsistent, à de distance l'un de l'autre, et le gué de Mardoul est facile à franchir en raison des roches multiples qui parsèment le lit du cours d'eau (le « chaos de Mardoul »). Les particularités du lieu expliquent les traces de très anciennes cérémonies religieuses d'une religion pré-chrétienne qui s'y voient encore (cavités circulaires taillées dans la pierre, rigoles sacrificielles).
Un climat typique des montagnes bretonnes Le climat de Loqueffret est soumis à une double influencePour cette partie, sauf indication complémentaire, Climat du Finistère, sur le site de Météo-France.. Globalement, le Finistère, où se situe Loqueffret, « du fait de sa position péninsulaire sous une latitude moyenne, en façade occidentale de l'Europe, (...) jouit d'un climat tempéré, venté et humide, n'excluant pas des périodes de sécheresse et d'ensoleillement selon les années et les saisons. » La pluie tombe assez régulièrement, avec cependant des mois d'été plus secs, et la période allant d'octobre à mars la plus humide (65 % des précipitations).
Cependant, l'influence montagnarde tempère l'influence océanique, d'où des précipitations atteignant en moyenne annuelle (contre 700 pour les côtes) et des hivers parfois froids, particulièrement sur les hauteurs, comme en témoigne le proverbe local « E Loqueffret eo maro an diaoul gant an anouet » (« À Loqueffret le diable mourut de froid. »).
Occupation du territoire Si le bourg, situé sur une pente légère au sud du passage entre les Ménez Du et Kéryeven, concentre aujourd'hui la majeure partie de la populationCe qui n'a pas toujours été le cas : en 1846, huit lieux-dits comptaient entre 30 habitants et 50 habitants, et deux autour de 70, contre 80 pour le bourg. , Loqueffret compte de nombreux hameaux et lieux-dits encore habités, répartis d'une manière assez homogène sur les contreforts, mais inexistants sur les sommets (le dernier village qui y était situé, Norohou, a été déserté à la fin du ) et à proximité du lac (l'insalubrité de l'ancien marais rendait l'installation problématique). Les principaux regroupements de population hors du bourg sont Bilirit, Poulfoan, Couzanet et Kermarc.
Géologie
La "Société des Kaolins du Finistère" a exploité un gisement de kaolin (la kaolinisation affecte largement les bordures du pluton granitique du Huelgoat) à Menez-Molvé en Berrien, et désormais en exploite un au Rest en LoqueffretLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", éditions du Piat, 2014, ..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la rivière l'ellez, l'Ellez, le Stêr Goanez, le ruisseau de Roudoudour, le ruisseau hoaz-glaz et divers autres petits cours d'eau.
L'Ellez, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans l'Aulne à Landeleau, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ellez sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 395 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/1991 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
Le Ster Goanez, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Saint-Thois, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LoqueffretLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : la retenue de Saint-Herbot () et le lac Saint-Michel, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Loqueffret est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022..