Saint-Jean-Trolimon est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Description vignette|gauche|La plage de Tronoen vue de la Pointe de la Torche. Saint-Jean-Trolimon est située à la pointe de la Bretagne dans le Finistère-sud, en pays Bigouden. La commune dispose d'une façade littorale donnant sur la baie d'Audierne, une partie de la plage de Tronoan (Tronoën) et des dunes la bordant lui appartenant.
Saint-Jean-Trolimon est implantée au sud-ouest du Finistère dans le canton de Plonéour-Lanvern. Elle est située et à au sud-ouest de Quimper, son chef-lieu d'arrondissement, à à l'ouest de Pont-l'Abbé et à au sud de la vaste commune de Plonéour-Lanvern, dont une langue de terre qui s'avance jusqu'à la mer au niveau de l'étang de Saint-Vio sépare le finage communal en deux parties ; la partie sud, où se trouve le bourg, est aussi au sud et au sud-est limitrophe de Plomeur, et contient comme principaux hameaux Tréganné, Kerfilin, Kérioret, Ouernel, Tronoan et Stand ; tandis que la partie nord, plus petite en superficie, est totalement enclavée dans la commune de Plonéour-Lanvern et contient comme principaux hameaux Kerstrad, Kersine, Kergonan, Kerbascol et Saint-Ivy ; elle correspond à l'ancienne trève de Gorré-Beuzec..
La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 0 et Institut national de l'information géographique et forestière, Répertoire géographique des communes, ..
Linguistiquement, Saint-Jean-Trolimon se situe dans la zone du breton cornouaillais.
Lieux-dits et écarts Les hameaux de Gorré Beuzec, Kerbascol, Kerlaoudec, etc.. forment une exclave de la commune de Saint-Jean-Trolimon entre les territoires des communes de Tréguennec et Ploneour-Lanvern.
Le lieu-dit de Tronoën, à l'ouest de la commune, donne accès au littoral de la Baie d'Audierne.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Saint-Jean et divers autres petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Jean-TrolimonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : Loch ar Stang, d'une superficie totale de ( sur la commune) et Loc'h Sant Vïo, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Plomelin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Jean-Trolimon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Penmarch, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (42,9 %), terres arables (27,1 %), prairies (13,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (9,4 %), zones urbanisées (3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,8 %), zones humides côtières (1,5 %), forêts (0,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Logement En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 568, alors qu'il était de 473 en 1999LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie..
Parmi ces logements, 71,7 % étaient des résidences principales, 25,8 % des résidences secondaires et 2,5 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 97,3 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 1,9 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements..
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 83,2 %, en hausse par rapport à 1999 (74,6 %)LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation..
Projets d'aménagements
Toponymie La paroisse de Saint-Jean-Trolimon est notée « Treffrumon » dans des actes de 1389 et 1395, « Trolymon » en 1536, « Saint-Jean-Rumon » en 1690 et « Saint-Jean » en 1815. Les formes anciennes montrent que Trolimon est composé de deux éléments bretons : treff devenu tro, qui signifie « village », ici avec le sens de trèveAvant 1790, Saint-Jean-Trolimon était une trève de la paroisse de Beuzec-Cap-Caval., et d'un nom de saint, Rumon, également honoré à AudierneL' église Saint-Raymond d'Audierne était initialement dédiée à Saint Rumon et dans la Cornouailles britanniqueTrois paroisses de la Cornouaille anglaise se nomment "Ruan Major", "Ruan minor" et "Ruan Langhorne".. Rumon est l'ancien saint patron de la trève avant qu'il ne soit remplacé par saint Jean (-Baptiste) dans le courant du Le remplacement d'un saint autochtone par un saint officiel de l'église catholique fêté le même jour est courant en Basse-Bretagne. En Grande-Bretagne, saint Rumon est fêté le 30 août, tandis que la décollation de saint Jean-Baptiste est fêtée le 29...
En breton, la commune se nomme Sant-Yann-Drolimon.
Histoire Préhistoire Le sable venu de la Baie d'Audierne, déposé par le vent, a recouvert et conservé intacts sur l'ensemble de la commune une allée couverte et d'importants sites archéologiques de l'âge du fer.
La nécropole gauloise de Kerviltré () se situe dans un champ dénommé Parc-an-Menhir, en forme de monticule, où s'élevaient autrefois cinq menhirs dont quatre ont été renversés, brisés et leurs pierres en partie utilisées pour des constructions, un seul subsistant avec des traces de six cupules sur l'une de ses faces. Vingt et une urnes cinéraires furent trouvées par le propriétaire qui les brisa, espérant y trouver un trésor caché ; elles contenaient des restes d'os humains calcinés et des bracelets en bronze. Deux autres urnes trouvées en 1874 par le propriétaire contenaient des objets archéologiques qui furent vendus à vil prix à un orfèvre, mais quelques objets conservés furent sauvés par Paul du Chatellier, alors informé de ces découvertes et qui entreprit une campagne de fouille en 1875 qui permit de découvrir d'autres urnes, des squelettes et de nombreux objets archéologiques, ainsi qu'une cachette de fondeur située à proximité. Deux cents mètres plus au nord, un terrain tout couvert de monticules, au nombre d'environ 150, sont les restes des habitationsPaul du Chatellier, Exploration du cimetière gaulois de Kerviltré en Saint-Jean-Trolimon, "Bulletins et mémoires / Société d'émulation des Côtes-du-Nord", 1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2078185/f334.image.r=Treffiagat.
La stèle cannelée de Kerveltré, brisée en quatre morceaux, a été réparée au ciment blanc et redressée à une centaine de mètres de son site d'origine.
L de Tronoën, fouillé par Paul du ChatellierPaul du Chatellier, "L'oppidum de Tronoën", 1877 (une statuette en bronze d'Osiris y fut alors découverteLouis Richard, Statuette en bronze d'Osiris provenant de Tronoën (Finistère), revue "Annales de Bretagne", 1969, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1969_num_76_1_2517) ; le site fut réutilisé par la suite par les Romains : des statuettes votives indiquent qu'il existait à cet endroit un temple consacré à Vénus anadyomène.
D'autres sites préhistoriques existent sur le territoire communal : la cachette de fondeur de Rugaoudal ; la galerie souterraine de Castellou-PeronP.-L. Gouletquer, Le souterrain de Castellou-Péron en Saint-Jean-Trolimon (Finistère), revue "Annales de Bretagne", 1968, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1968_num_75_1_2438 ; les stèle de Kerbonnevez (qui présente trois cupules à son sommet), de Castellou-Braz et celle située devant l'église datent de l'âge du fer et sont en leucogranite de Pont-l'Abbé.
Époque moderne
Le calvaire de Kerfilin, dit aussi de Kerfilha, ou Croas an Istilli, ou Croas an Esquidi ("Croix des Abcès), avec ses bubons répartis sur le fût qui évoquent la peste, aurait été érigé en 1505 pour remercier le ciel d'avoir mis fin à l'épidémie..
Cette commune est connue pour son rôle lors de la révolte des bonnets rouges survenue en Bretagne en 1675. C'est sur son territoire, à la chapelle de Notre-Dame de Tréminou, que fut discuté et voté l'un des codes paysans.
La chapelle Saint-Evy desservait, pour les baptêmes et les mariages seulement, l'enclave de Gorré-Beuzec, séparée du bourg par une langue de terre de Plonéour-Lanvern qui s'avance vers la mer, les enterrements se célébrant au bourg de Saint-Jean-Trolimon où se trouvait le cimetière.
Révolution française