Saint-Thonan est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Proche des centres urbains ( de Brest, de Landerneau), en bordure de voie express, la commune de Saint-Thonan a su se développer en préservant la qualité de vie rurale.
Le finage communal est formé par une partie du plateau du Léon dont l'altitude est d'une centaine de mètres (le point le plus haut est à près de Guichegu à la limite communale avec Ploudaniel, le bourg est vers d'altitude) ; la partie nord du finage communal s'abaisse jusqu'à dans la vallée d'un ruisseau qui est un modeste affluent de rive gauche de l'Aber Wrac'h, au nord-ouest de Pentraon.
Le paysage agraire traditionnel est le bocage avec un habitat dispersé en de nombreux hameaux, dénommés localement villages.
Répartie sur , la commune est divisée en deux par la RN 12, qui ne peut être franchie, grâce à un pont qu'en un point à Pen ar Prat ; la commune est desservie par l'échangeur de Pen ar Prat, qui a permis la création d'une zone industrielle et artisanale à proximité. La voie communale 1 la relie à Landerneau au sud. Le bourg est traversé par la route départementale 25 vers Ploudaniel au nord ; il s'est grossi ces dernières décennies de plusieurs lotissements, principalement vers le sud-ouest le long de la D 25 en direction de Guipavas et vers le sud-est (Kerilis, Kerjegu) le long de la voie communale qui mène à l'échangeur de Pen ar Prat.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-ThonanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudaniel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Thonan est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Thonan, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (86,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (90,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (42,1 %), zones agricoles hétérogènes (37,8 %), zones urbanisées (8,9 %), prairies (6,4 %), forêts (3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,9 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l'évolution dans le temps de l'occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Honanus en 1467. et 1487, Sainct Honan en 1516., Sainctonan et Santonan en 1618.
Le nom de Saint-Thonan proviendrait peut-être de saint Donan, un moine irlandais qui, avec ses compagnons, aurait été martyrisé en 614 dans l'île d'Eigg, située en Écosse., noté Sanctus Donnanus au . Mais une autre hypothèse beaucoup plus crédible fait provenir le nom de saint Ténénan, qui vécut notamment dans la forêt de Beuzit, située dans l'ancienne paroisse de Beuzit-Conogan, dont une partie du territoire fait désormais partie de la commune de Saint-Thonan.
Histoire Origines et Antiquité Au carrefour de voies romaines, la trève de Saint-Thonan se détache au de la paroisse de Plabennec elle-même issue de la paroisse de l'Armorique primitive de Ploebevoaz (Guipavas) qui s'étendait de Landerneau à Brest et la trève dépend du prieuré de la paroisse de La Forest-Landerneau. Des briques romaines ont été trouvées dans plusieurs champs à Kerprigent.. En 1792, la commune de Saint-Thonan s'agrandit au détriment de l'ancienne paroisse de Beuzit-Conogan, qui disparaît, un autre partie de son territoire étant rattachée à Landerneau.
Saint Thénénan, protecteur de l'actuelle paroisse de Plabennec, est très probablement l'éponyme de la commune. Selon la légende, saint Thénénan aurait accosté sur les bords de l'Élorn à La Forest-Landerneau (dont l'église est aussi placée sous l'invocation de saint Thénénan) avant de traverser la forêt dite de « Beuzec » et s'installer au lieudit « Lesquelen » en Plabennec.
Une autre théorie voudrait que le nom de Saint-Thonan provienne de saint Donan, moine irlandais, mais cette hypothèse semble à rejeter, ce saint étant un disciple de Brieuc avec Fragan (Saint Brieuc, Saint Donan et Ploufragan dans les Côtes-d'Armor).
Moyen Âge Saint-Thonan était initialement jusqu'au une trève dépendant de La Forest-Landerneau.. La paroisse faisait partie de l'archidiaconé d'Ac'h relevant du diocèse de Léon et était sous le vocable de saint Nicolas. Cette invocation pourrait dater de la construction de l'église actuelle au , l'église précédente étant probablement sous l'invocation de saint Thonan, c'est-à-dire saint Ténénan. Plusieurs églises contemporaines ont été placées sous sa protection en Bretagne (Nantes, Saint-Nicolas-du-Pélem). Mais elle pourrait tout autant l'avoir été au , lorsque Vincent de ParscauVincent du Parcsau, né le à Botiguéry en Saint-Thonan, alors seigneur de Botiguéry, fit construire la première église.
Aux alentours du , la seigneurie de Botiguéry s'est constituée ; elle est citée pour la première fois lors de la réformation de 1443 dans l'évêché de Léon où est présent Yaouancq, seigneur de Botiguéry ; le premier membre connu de la famille Parcsau ajoutant à son nom "Botiguéry" étant Vincent Parcsau, né en 1527, décédé en , en raison de son mariage vers 1555 avec Jeanne Le Jeune (Youancq en breton) de Botiguéry, qui sont les grands-parents de Vincent du Parcsau, le constructeur de l'église. Une pierre d'angle retrouvée en 1966 dans la cour du presbytère et portant les armes de la famille Parscau-Le Jeune en témoignehttps://www.saint-thonan.fr/tourisme/patrimoine.html.
La chapelle de Botiguéry, le manoir de Pen-ar-Quinquis et l'église datent du . Cette dernière est construite en 1586, dotée d'un clocher en 1609, d'un bénitier en 1747 et d'une sacristie en 1785.
Époque moderne Si l'on n'a pas retrouvé de traces de la culture du lin à Saint-Thonan, par contre les inventaires après décès attestent de la culture du chanvre, par exemple à Keransaos en 1728 et en 1767 ou encore en 1788 à Kerescar. Sept kanndi ont été recensés à Saint-Thonan et 59,8 % des inventaires après décès de la paroisse à l'époque font état de métiers à tisser..
En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Saint-Thonan de fournir 7 hommes et de payer 45 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2.
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Saint-Thonan en 1778 :
La cure de Saint-Thonan était en 1786 l'une des plus pauvres du diocèse de Léon avec moins de 300 livres de revenu, pas plus que la portion congrue à cette date..
Révolution française En 1786, Monseigneur de la Marche envisage de modifier les limites de la paroisse de Saint-Thonan, trop pauvre, soit en la supprimant, soit en l'agrandissant. C'est la deuxième solution qui a été envisagée. En 1793, Saint-Thonan devient une commune sous le nom de Saint-Thomas, nom qui apparaît encore en 1801, avant de reprendre ensuite sa dénomination Saint-Thonan. L'année suivante, elle est agrandie par l'annexion d'une partie de l'ancienne paroisse de Beuzit-Conogan (de Guichégu à Pen-Bouillen).
En 1834, le conseil municipal souhaite une école, mais les ressources sont modestes. En 1835, un presbytère est construit près de l'église.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Saint-Thonan en 1853 :
Après 1870, la commune s'équipe d'une place du bourg, d'une école et d'une nouvelle église, dédiée à saint Nicolas et consacrée le par Anselme Nouvel de La Flèche, évêque de Quimper et de Léon.
L'école est ouverte en 1878 (à la place de l'actuelle mairie), sa construction ayant étant décidée en 1874Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère, 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55647045/f617.image.r=thonan?rk=85837;2. Mixte, l'enseignement est assuré par une religieuse. La nouvelle église est construite sur l'emplacement de l'ancienne, mais en sens inverse. Le montant des travaux de reconstruction est estimé en à de l'époque et une subvention de est votée par le Conseil général du FinistèreRapports et délibérations / Conseil général du Finistère, avril 1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562884x/f213.image.r=thonan. Son clocher est élevé entre 1890 et 1892.
Les pressions des notables sur les électeurs étaient alors fortes comme en témoigne cet extrait d'un article du journal Le Temps en date du :
La Belle Époque
L'école est laïcisée en 1902.
Le maire de Saint-Thonan, Paul Villiers, écrit le cette lettre au sous-préfet de Brest :