Adelbert von Chamisso est un poète, écrivain et botaniste franco-prussien, également connu sous le prénom dAdalbert (notamment dans les éditions anciennes).
Né le au château de Boncourt à Ante, près de Châlons-en-Champagne, et mort le à Berlin, émigré en Prusse avec sa famille en 1790, il s'engage dans l'armée prussienne à adopte le prénom Adelbert à l'âge de vingt ans, choisit d'écrire, non dans sa langue maternelle, le français, mais en allemand, tout en conservant la nationalité française..
Biographie En 1790, pour échapper à la Révolution française, Louis-Marie comte de Chamisso et son épouse Anne Marie, née Gargam, quittent la France avec leurs sept enfants pour aller successivement à Liège, à La Haye, en Allemagne du Sud (à Wurtzbourg, à Bayreuth), puis à Berlin. Tournant décisif qui marque la vie du puîné des enfants, Louis-Charles-Adélaïde.
En 1796, la reine de Prusse, Frédérique-Louise de Hesse-Darmstadt, l'admet à son service comme page. En 1798, il entre dans l'armée prussienne obtenant, le , un brevet d'aspirant au régiment de Gœtze, en garnison à Berlin.. Le ., il est promu lieutenant. C'est à cette époque qu'il adopte le prénom Adelbert, plus viril..
Bien que sa famille soit autorisée à revenir en France, Chamisso préfère rester en Allemagne pour y continuer sa carrière militaire. Comme il n'a reçu qu'une modeste éducation, il consacre ses moments de liberté à s'instruire. Avec Karl August Varnhagen von Ense (1785-1858), il fonde en 1803 le (« Almanach des Muses berlinois »), dans lequel il fait paraître ses premiers poèmes. Cependant l'entreprise fait bientôt faillite et s'interrompt à cause de la guerre de 1806. Cela lui a tout de même permis de se faire connaître comme jeune poète auprès des cercles littéraires.
Comme lieutenant, Chamisso accompagne, en 1805, son régiment à Hamelin. Il voit la capitulation de l'armée prussienne l'année suivante. Libéré sur parole, il se rend en France, mais ses deux parents sont morts. Il retourne alors à Berlin à l'automne 1807. Il quitte l'armée au début de l'année suivante. Sans logement et sans emploi, désillusionné et découragé, il vit à Berlin jusqu'en 1810, quand, grâce à l'intervention d'un vieil ami de la famille (Louis de la Foye), il revient en France après la paix de Tilsitt, et obtient un poste de professeur au lycée de La Roche-sur-Yon (alors appelée Napoléon-Vendée).
Il fréquente le cercle de Madame de Staël et la suit lors de son exil à Coppet en Suisse. Là, il se consacre à la botanique et y reste près de deux ans. En 1812, il retourne à Berlin où il continue ses recherches scientifiques. Durant l'été de l'année mouvementée 1813, il écrit son roman, un livre original, Peter Schlemihl, l'histoire d'un homme qui a vendu son ombre et qui court le monde pour la retrouver, son œuvre la plus célèbre. Ce roman est bientôt traduit dans de nombreuses langues.
En 1815, Chamisso embarque comme botaniste sur le vaisseau russe Rurik, commandé par Otto von Kotzebue (1787-1846) le fils de l'écrivain August von Kotzebue (1761-1819). Le Rurik entame alors un voyage scientifique autour du mondeJules Rouch, Époque contemporaine, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, .. Il rédige la partie scientifique de ce voyage et publie son journal de voyage en 1821 sous le titre . L'expédition découvre le golfe de Kotzebue en Alaska où le commandant nomme l' en l'honneur de son botaniste..
À son retour, en 1818, il obtient le poste de conservateur au jardin botanique et musée botanique de Berlin-Dahlem et est fait membre de l'Académie des sciences de la ville. Il se marie en 1820.
Chamisso renoue avec la poésie à 48 ans. En 1829, en collaboration avec Gustav Schwab (1792-1850) puis, à partir de 1832, avec (1800-1840), il ressuscite le Deutsche Musenalmanach (« Almanach des Muses allemand »), dans lequel ses poèmes seront publiés.
Ses Œuvres, la plupart en allemand, se composent d'écrits des genres les plus divers, botanique, linguistique, romans, poésies ; elles ont eu un grand succès en Allemagne. Il règne dans ses poésies un sentiment de tristesse qui semble naître de l'éloignement où il était du sol natal..
Œuvre vignette|Buste de Chamisso à Berlin, dans le parc de Monbijou. Science Si l'œuvre scientifique de Chamisso semble peu importante (il codécouvre cependant avec Cuvier le changement de génération chez les tuniciers), il faut pourtant citer , qui paraît incomplet dans l’ d'Otto von Kotzebue (Weimar, 1821) puis dans la version intégrale dans de Chamisso (1836).
(1829) est une œuvre de bonne réputation pour la qualité de son traitement. Son œuvre la plus importante, en collaboration avec Diederich Franz Leonhard von Schlechtendal (1794-1866), est la description des principaux arbres du Mexique (1830-1831).
Littérature C'est sans aucun doute son œuvre poétique qui vaut la gloire à Chamisso. Son cycle de poèmes de 1830 (L'Amour et la Vie d'une femme) a été mis en musique par Robert Schumann sous la forme d'un cycle de lieder pour une voix et piano (opus 42). Cette mise en musique est particulièrement célèbre. Quatre ans avant Schumann, Carl Loewe en avait également fait un cycle pour soprano et piano (), choisissant pour poème final (Rêve de mes propres jours) qu'omettra Schumann.
Il faut aussi signaler et Salas y Gomez. Lorsqu'on considère son œuvre, il faut se souvenir que l'allemand n'était pas sa langue maternelle.
Les sujets qu'il choisit sont, le plus souvent, sombres. Même dans ses œuvres les plus gaies et les plus légères, la tristesse ou la satire sont toujours présentes. peut être pris en exemple pour illustrer sa puissance et son étrangeté ou pour l'extrême précision de son écriture. Il écrivit également le poème (« Printemps et Automne »).
La première édition complète des œuvres de Chamisso a été réalisée par Julius Eduard Hitzig (1780-1849) (6 volumes en 1836). Sa biographie est également signée par J. E. Hitzig, (1881).
Hommage La collection de la Monnaie de Paris conserve une médaille bronze et argent créée en hommage à Adelbert von Chamisso en 1980 par Roland IrollaClaude Hérique, À la découverte de Roland Irolla, Imprimerie Leducq, Fagnières, 2007, ..
Le prix Adelbert von Chamisso, décerné par la fondation Robert Bosch, récompense chaque année des écrivains d'expression allemande pour lesquels l'allemand n'est pas la langue maternelle. Depuis sa création en 1985, ce prix a été attribué à quarante-cinq auteurs de vingt pays différents. Le prix est décerné par l'Académie bavaroise des beaux-arts.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Histoire merveilleuse de Pierre Schlémihl, ou L'homme qui a vendu son ombre, [traduction suivie d'un choix de poésies et précédée d'une étude par Auguste Dietrich, avec 106 dessins de Henri Pille], L. Westhausser (Paris), 1888, . Marc Farchi: Adalbert de Chamisso, sa vie, ses œuvres, ses amis et la poésie allemande de 1800 à 1838, Lahure (Paris), 1877, (), in-8°, . Linda Lê : « Chamisso ou la passion de l’intranquillité », in: Le Quotidien de Paris, , Texte intégral. Frédéric Tortorat: « Adelbert von Chamisso, d'une nation à l'autre », Université de Nice Sophia-Antipolis, Texte intégral. René-Marc Pille: Adelbert von Chamisso vu de France. 1805-1840. Genèse et réception d'une image, éditions du CNRS (Paris), 1993. Daniel Casanave et David Vandermeulen: Chamisso, L'homme qui a perdu son ombre (Romantica ), éd. Lombard 2014 : Ich (ohne Schatten) konnte die Kluft nicht überspringen«. Zu Adelbert von Chamissos wundersamer Geschichte des Peter Schlemihl. In: Ders., »Es kenne mich die Welt, auf dass sie mir verzeihe. Aufsätze zu Adelbert von Chamisso (1781–1838), Paul Ernst (1866–1933) und Hubert Fichte (1935–1986). Berlin: Weidler 2015, S. 7–32. (= Beiträge zur transkulturellen Wissenschaft. Band 1.) Agnes Derjanecz: Das Motiv des Doppelgängers in der deutschen Romantik und im russischen Realismus: E.T.A. Hoffmann, Chamisso, Dostojewskij. Tectum, Marburg 2003. (= Diplomica; 7) . Elisabeth Ehrlich: Das französische Element in der Lyrik Chamissos. Ebering, Berlin 1932 (= Germanische Studien; 118).
: Es kommt alles zurück, das Gute, das Schlechte, das Pech und das Glück. Über den ausstehenden Dialog zwischen Adelbert von Chamisso und Jacques Derrida. In: Ders., »Es kenne mich die Welt, auf dass sie mir verzeihe«. Aufsätze zu Adelbert von Chamisso (1781–1838), Paul Ernst (1866–1933) und Hubert Fichte (1935–1986). Berlin: Weidler 2015, S. 33–50. (= Beiträge zur transkulturellen Wissenschaft. Band 1.) : Adelbert von Chamisso. Weltbürger, Naturforscher und Dichter. Klopp, Berlin 1990 . Gesellschaft für interregionalen Kulturaustausch e. V., Hg.: Mit den Augen des Fremden. Adelbert von Chamisso – Dichter, Naturwissenschaftler, Weltreisender. Kreuzberg-Museum, Berlin 2004 . , Nils Seethaler, Barbara Teßmann, & Katrin Koel-Abt, 2013. The potential of biohistory: Re-discovering Adelbert von Chamisso’s skull of an Aleut collected during the “Rurik” Expedition 1815–1818, in: Alaska. Zoosystematics and Evolution 89 (2): 317–336. Kej Hielscher u. Renate Hücking: Pflanzenjäger. In fernen Welten auf der Suche nach dem Paradies. Piper, München 2002 . Herbert Hopfgartner: Adelbert Chamisso: Revolutionär oder Biedermann? Der Liederkreis „Frauenliebe und -leben“ im soziokulturellen Diskurs. Universität Warschau, Studien zur Deutschkunde (XXXVII. Band, hrsg. v. Lech Kolago) Warschau 2008 . Peter Lahnstein: Adelbert von Chamisso. Der Preuße aus Frankreich. List, München 1984 . Beatrix Langner: Der wilde Europäer. Adelbert von Chamisso. , Berlin 2008 .
Gisela Menza: Adelbert von Chamissos „Reise um die Welt mit der Romanzoffischen Entdeckungs-Expedition in den Jahren 1815–1818“. Versuch einer Bestimmung des Werkes als Dokument des Überganges von der Spätromantik zur vorrealistischen Biedermeierzeit. Lang, Frankfurt am Main u. a. 1978 . René-Marc Pille: Adelbert von Chamisso vu de France. 1805–1840. Genèse et réception d’une image. CNRS Ed., Paris 1993 . Kurt Schleucher: Adelbert von Chamisso. Stapp, Berlin 1988 (= Preußische Köpfe, 23; Literatur) . Jürgen Schwann: Vom „Faust“ zum „Peter Schlemihl“. Kohärenz und Kontinuität im Werk Adelbert von Chamissos. Narr, Tübingen 1984 (= Mannheimer Beiträge zur Sprach- und Literaturwissenschaft; 5) . Karl Siegen: Adelbert von Chamisso. Biographische Einleitung in A. v. Ch.s sämtliche Werke. 4 Bände in 1 Buch. , Leipzig 1900. Karl Siegen: Adelbert von Chamisso. Biographische Einleitung in A. v. Ch.s sämtliche Dichtungen. 2 Bände in 1 Buch. Max Hesse, Leipzig o. J. (ca. 1903), S. 5–22. Harald Weinrich: Chamisso, die Chamisso-Autoren und die Globalisierung. Viele Kulturen – eine Sprache. , Stuttgart 2002 . : Chamisso. Viele Kulturen – eine Sprache. Oktober 2013, Nr. 9, 35 S. Chamisso. Viele Kulturen – eine Sprache. Oktober 2013, Nr. 9, 35 S. 9 Robert-Bosch-Stiftung, Oktober 2013, abgerufen am 18. Juli 2015 Michael Ewert: „Aber man fährt wie eine abgeschossene Kanonenkugel über die Erde dahin …“ – Raumerfahrung und -darstellung in Adelbert von Chamissos „Reise um die Welt“. In: Georg-Forster-Studien, XX (2015), S. 113–127. : Chamissimo. Marix Verlag, Wiesbaden 2022, (Roman)
Articles connexes L’étrange Histoire de Peter Schlemihl ou l’homme qui a vendu son ombre Le taro géant des marais (un des noms scientifiques synonyme, Cyrtosperma chamissonis, est un hommage) Dans Les Romantiques allemands, Desclée de Brouwer, 1956 et 1963, rééd. Phébus, 2004, Armel Guerne présente une traduction de La Fable adalbertine et de Le vrai barbier Prix Chamisso/Hellerau
Liens externes Dans l'ombre de Chamisso/In Chamissos Schatten, un film de sur DVD et un site d'accompagnement édités par le CRDP de l'académie de Créteil pour un travail interdisciplinaire en français et en allemand
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