Tréflévénez est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie Tréflévénez est une commune située dans le centre-nord du département du Finistère, à l'ouest des monts d'Arrée. Bordée au sud par le petit fleuve côtier la Mignonne, son finage est très vallonné, les altitudes s'échelonnant entre 163 mètres (au nord du bourg, à l'est du hameau d'Elléouet) et 36 mètres au sud-ouest du finage communal, dans la partie aval de la vallée de la Mignonne ; le bourg est vers 150 mètres d'altitude.
Le terroir de Tréflévénez est bocager et l'habitat est dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et fermes isolées.
Proche de Landerneau, la commune a vu ces dernières décennies des lotissements se construire au sud du bourg.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Mignonne, la Boissière et divers autres petits cours d'eau.
La Mignonne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Eloy et se jette dans la Mer Celtique à Daoulas, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Mignonne sont données par la station hydrologique située sur la commune d'Irvillac. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 577 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/1971 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TréflévénezLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sizun à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Tréflévénez est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (79,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,1 %), zones agricoles hétérogènes (32,4 %), forêts (11,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (7,7 %), prairies (5,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Attesté sous la forme Trelevenez en 1394 et 1630.
Ce toponyme dérive de Tref- désignant une trève ou entité administrative bretonne et -levenez, qui signifie en breton "village de la Joie"D'autres anciennes paroisses bretonnes portent le même suffixe : Merlevenez et Brélévenez.) faisant probablement à "Montjoie" » (un panneau de bois peint exposé dans l'église Saint-Pierre évoque une scène de rachat de prisonniers aux Turcs), laissant penser que le nom remonterait aux Croisades. Une autre hypothèse, moins probable, serait que le nom fasse référence à sainte Levenez, épouse du comte Romélius et mère de saint Gwenaël, qui vécut au http://www.treflevenez.fr/assets/files/pdf-bulletin-municipal/avril-2012-n73-2.pdf.
Trelevenez en breton.
Histoire
Tréflévénez provient du démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Ploudiry..
Tréflévénez était une trève du Tréhou, faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de Saint-Pierre.
Du au
Tréflévénez était au au cœur de la zone toilière du Léon consacrée à la culture et à la transformation du lin et du chanvre : 17 kanndi y ont été dénombrés à ce jour ; selon les inventaires après décès la fréquence des métiers à tisser y était de 120 pour 100 inventaires, même si le lin n'y était apparemment assez peu cultivé et devait être souvent acheté ailleurs. Parmi les paysans-marchands, Olivier Le Roux, de Tromelin, dont la fortune s'élève lors de son décès en 1728 à 23 738 livres dont 77 % sont constituées par des produits textiles, des toiles de lin principalement, selon son inventaire après décèsAndrée Le Gall-Sanquer, Jean-Luc Richard, Marie-Louise Richard, "L'or bleu (An aour glaz) : le lin au pays de Landerneau-Daoulas", Association Dourdon, Cloître Imprimeurs, 2005, [].
Le manoir de Kerézellec est jusqu'en 1772 la propriété de la famille Huon de Kerézellec dont le membre le plus connu fut le chevalier Allain Huon de Kerézellec (1606-1676), époux de Louise de Kerret. Par un mariage célébré le , à Saint-Pol-de-Léon, Jean de L'Estang du RusquecJean de L'Estang du Rusquec, comte du Rusquec, né le au château du Rusquec en Plouvorn, décédé le à Cologne (Allemagne) épouse Marie Gabrielle Huon de LesguernMarie Gabrielle Huon de Lesguern, née le à Tréflévénez. Lesguern est en Saint-Frégant. et Kerézellec, et le château passe aux mains de la famille de L'Estang du Rusquec., originaire de Plouvorn.La chapelle domestique du manoir, construite, ou peut-être reconstruite, en 1645, se voit accorder les indulgences d'une confrérie du Sacré-Cœur en 1757..
La Révolution française
Les deux députés représentant les paroisses et trèves de Le Tréhou, Tréflévenez et Trévéreur lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le étaient Yves Macquerle et François TouruellecJ. Madival et E. Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises" , imprimé par ordre du Corps législatif. série, 1787-1799, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k480097g/f495.image.r=Locquenole.langFR.
Jean de l'Estang du Rusquec émigre à Cologne où il est assassiné le .
Le
Lors du Concordat de 1801, Tréflévénez est érigée en paroisse indépendante du Tréhou.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Tréflévénez en 1853 :
Plusieurs membres de la famille de L'Estang du Rusquec furent maire de Tréflévénez durant le et les premières décennies du . François-Louis de L'Estang du Rusquec (1818-1902), petit-fils de Jean de L'Estang du Rusquec, fut longtemps aussi conseiller général du Finistère, et son fils Hilarion de L'Estang du Rusquec (1848-1907), qui fut zouave pontifical, lui succéda.
Le
La Belle Époque
Des petits gisements de kaolin furent exploités avant la Première Guerre mondiale à Tréflévénez, Irvillac et Daoulas pour le compte d'une usine de sulfate d'alumine située à Landerneau afin de fabriquer de la porcelaine..
En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par Mgr Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d'Émile Combes contre l'utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Tréflévénez écrit : « Trois personnes seulement, l'instituteur, sa femme et l'institutrice, sont à même, en dehors de la famille de M. le maire, de suivre avec fruit des instructions [religieuses] faites en français ».
Le , Madec, curé de Tréflévénez, fait partie des 31 prêtres du diocèse de Quimper dont les traitementsEn vertu du Concordat, les prêtres étaient alors payés par l'État sont retenus par décision du gouvernement Combes « tant qu'ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l'enseignement du catéchisme » car ils utilisaient le bretonJournal La Croix n° 6064 du 18 et 19 janvier 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2199243/f1.image.r=Pouldreuzic.langFR.
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Tréflévénez porte les noms de 25 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.. Une fratrie locale, les de l'Estang du Rusquec, perdit 5 de ses membres (AdrienAdrien De L'Estang du Rusquec, né le à Tréflénévez, caporal fourrier au 118e régiment d'infanterie, disparu le dans les combats de Maissin (Belgique)., CharlesCharles de L'Estang du Rusquec, né le à Tréflénévez, sous-lieutenant au 355e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Braine (Aisne), décoré à titre posthume de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre., JacquesJacques de L'Estang du Rusquec, né le à Tréflévénez, brigadier au 50e régiment d'artillerie de campagne, tué à l'ennemi le à Verdun (Meuse, décoré à titre posthume de la Croix de guerre et de la Médaille militaire., JulienJulien de l'Estang du Rusquec, né le à Tréflévénez, sergent au 219e régiment d'infanterie, blessé et fait prisonnier le , mort le alors qu'il était interné en Suisse après avoir été prisonnier en Allemagne. et RenéRené de L'Estang du Rusquec, né le à Tréflévénez, avocat, décédé le à Quimper. de L'Estang du Rusquec), tués au front ou morts pendant la Première Guerre mondiale. Seule une autre fratrie française, les frères Ruellan de Paramé (aujourd'hui Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine) en perdit plus (6). Deux autres familles - Les Jardot, d'Evette-Salbert (Territoire de Belfort) et les Falcon de Longevialle des Côtes-d'Arey (Isère) - perdirent également 5 de leurs membres.
Tous les autres soldats morts pendant la Première Guerre mondiale et originaires de Tréflévénez sont morts sur le sol français, à l'exception de Louis Orcil, marsouin au 2e régiment d'infanterie coloniale, tué à l'ennemi le à Rossignol (Belgique).
La Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Tréflévénez porte les noms de 3 personnes (Pierre Bideau, résistant mort lors des combats d'Irvillac le ., Jean Roignant et Jean Salaun) mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
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