Alphonse Nudant né à Serrigny (Côte-d'Or) le et mort à Saint-Jacut-de-la-Mer (Côtes-d'Armor) le est un polytechnicien français, officier d'artillerie, général de division, dont les résultats marquants dès le début de la Première Guerre mondiale sont récompensés par une ascension hiérarchique rapide et la confiance du gouvernement et de l'état-major qui le désignent le pour présider la Commission interalliée permanente d’armistice (CIPA) La Commission internationale permanente d’armistice, créée par l'article XXXIV de la Convention d'armistice du pour en assurer la bonne exécution et aboutir à la signature du Traité de paix, fonctionne « sous la haute autorité du Commandement en chef militaire et naval des armées alliées », le maréchal Foch..

Biographie Famille Alphonse Pierre Nudant est né le à Serrigny (Côte-d’Or, arrondissement de Beaune), de Pierre Nudant, vigneron, et de Pauline Chaussenot. Son père élu maire de Serrigny lors des élections du Le Progrès de la Côte-d'Or, , p. 2, col. 5. et réélu en 1884, cède son mandat en . Alphonse Nudant épouse le à Nîmes, où il se trouve en garnison, Marguerite Hortense Marie Rattier, fille du directeur de la succursale de la Banque de France. Les deux filles aînées du couple, Guillemette (1894-1992) et Colette (1897-1995), se marient à de jeunes officiers. La cadette, Andrée (1899-1988), épouse un avocat parisien à Besançon le , en présence du maréchal Foch et du général HumbertL'Écho de Paris, , p. 2 ; Journal de Beaune, , p. 2..

Études Alphonse Nudant débute sa scolarité à l'école communale de Serrigny, entame ses études secondaires au collège Monge de Beaune, les poursuit au lycée de Dijon où il obtient le baccalauréat en 1879. Il est immédiatement admis dans ce même établissement en classe de Mathématiques spéciales pour préparer les concours des grandes écoles d'ingénieurLe Progrès de la Côte-d'Or, , p. 2, , p. 2.. Il est admis à l'École Polytechnique en , après deux ans de service militaire en tant qu'engagé volontaireRegistre matricule du département de la Côte-d’Or, Bureau d’Auxonne, Cl. 1881, matricule 703 ; Archives départementales de la Côte-d’Or, R 2181, vue 212/532.. Sous-lieutenant à la sortie de Polytechnique, il opte pour l'artillerie et rejoint le l'École d'application de Fontainebleau d'où il sort le promu lieutenant en second au 36e régiment d'artillerieJournal officiel, , p. 4062..

Retraite Dès son admission dans le cadre de réserve le , le général Nudant se retire au château de Saint-Riveul à Plénée-Jugon (Côtes-d'Armor) acquis en 1920 pour se rapprocher de sa belle-famille implantée à DinanVoir .. Pendant les étés, le couple retrouve ses filles et ses petits-enfants à Saint-Jacut-de-la-Mer dans une villa acquise dès 1921Le Gaulois, 13 juillet 1921, p. 4..

Dans les débuts de sa retraite, le général déploie une intense activité de chroniqueur militaire et ne compte pas son temps au service de nombreuses causes sociales, locales, régionales et nationales. Sa double résidence entre Plénée-Jugon et Saint-Jacut-de-la-Mer dure jusqu'en 1940, lorsque les troupes allemandes réquisitionnent le château. L'édifice, très abimé pendant l'occupation, quasiment détruit en 1944, ne peut plus accueillir ses propriétaires. Le général termine sa vie à Saint-Jacut-de-la-Mer dans sa villa « Marguerite », où il meurt le .

Dans l'armée en temps de paix (1881-1914) Alphonse Nudant intègre l'armée française à le en tant qu'engagé volontaire au régiment d'artillerie (RA). Après quatre ans d'études supérieures à l'École polytechnique puis à l’École d'application de l'Artillerie et du Génie de Fontainebleau il rejoint le 36e régiment d'artillerie à Clermont-Ferrand. Passé au régiment d'artillerie à Castres en , il y est promu lieutenant en premier en octobre. Le il rejoint à Valence le 38e régiment d'artillerie. En 1891, il est muté officiellement du 1er au au 19e régiment d'artillerie en garnison à Nîmes, et continue à y servir à partir de cette date tout en redevenant classé au RA. Le , il est définitivement affecté au RA pour faire fonction d’instructeur d’équitation et de conduite des voitures. C'est à ce régiment qu'il est promu capitaine le , désigné pour occuper l’emploi d’instructeur d’équitation et de conduite des voituresJournal officiel de la République française, , p. 4935..

Candidat à l'École supérieure de guerre (ESG) en 1896, il y est admis en avril troisième sur 83Journal officiel de la République française, , p. 2396 ; La France, , p. 2.. Sorti major de sa promotion, il bénéficie d'un stage de deux ans dans les bureaux de l’état-major général de l’arméeJournal officiel de la République française, 8 novembre 1898, p. 6824 ; Le Temps, , p. 3.. Il prend son grade de capitaine breveté d'état-major au 34e régiment d'artillerie fin 1900 avant de regagner début 1901 l'état-major général à Paris où il est affecté à un emploi de son grade au bureau (analyse du renseignement)Journal officiel de la République française, , p. 1170.. C'est à ce titre qu'il accompagne le général Debatisse, commandant l'École Polytechnique, aux grandes manœuvres suisses de début Le Gaulois, , p. 3..

À l'été 1902, le capitaine Nudant est nommé officier d’ordonnance du général de division Jean Pendézec (1842-1913) faisant fonction de chef d’état-major général de l’arméeJournal officiel de la République française, , p. 4913 ; Ministère de la Guerre, Annuaire de l’armée française pour l’année 1903, Paris, Berger-Levrault, février 1903, p. 4.. Après avoir été fait chevalier de la Légion d'honneur en , il repasse dans le cadre de son arme en pour prendre le commandement de la batterie du 13e régiment d'artillerie qui constitue l'artillerie de la 1ère division de cavalerie à Paris.

Promu chef d'escadron en 1905, il passe provisoirement à l’état-major de l’artillerie de la place et des forts de Paris avant de rejoindre le 40e régiment d’artillerie pour commander l’artillerie de la 4e division de cavalerie à Stenay (Meuse) à dater du Journal officiel de la République française, 26 mars 1905, p. 1948 ; 26 juin 1905, p. 3916 ; 2 juillet 1905, p. 4055.. Le déroulement des manœuvres conjointes de la division en liaison avec l'infanterie les 28 et le conduisent à réfléchir au rôle des groupes cyclistes dans l'appui offensif à la cavalerie. Il en tire plusieurs principes d'action dans un long article intitulé « Infanterie et cyclistes en liaison avec la division de cavalerie - Deux journées de manœuvres », dont l'écho se fait entendre encore quelques années plus tard.

thumb|120px|left|Cours ESG 1911. Deux ans plus tard, il devient en professeur-adjoint du cours du service d’état-major, aérostation et droit international à l'École supérieure de guerre. Sa promotion au grade de lieutenant-colonel en lui permet d'accéder à la fonction de professeur de ce même cours, position qu'il conserve jusqu'en Journal officiel de la République française, , p. 7086 ; , p. 10 634 ; , p. 5098 ; , p. 7792.. Parmi ses collègues professeurs il côtoie, entre autres, futurs généraux et maréchaux de la Grande Guerre, les chefs de bataillon de Maud'huy et Pétain, le chef d'escadron Fayolle, sans oublier le général Foch, directeur de l'ESG de 1908 à 1911.

Après six ans d'enseignement à l'École supérieure de guerre, le lieutenant-colonel Nudant retrouve un commandement le en prenant, par intérim, la tête du 4e régiment d'artillerie (RAC) à Besançon. Six mois plus tard, sa promotion au grade de colonel lui permet d'être confirmé dans ce poste à compter du Journal officiel de la République française, 25 décembre 1913, p. 11075 ; 25 juin 1914, p. 5507..

Campagne contre l'Allemagne

Commandant le régiment d'artillerie de campagne Dès le , le RAC, unité de la 41e division d'infanterie (DI), embarque à Besançon en direction de Lure et Luxeuil pour se diriger ensuite vers les cols vosgiens afin d'assurer une mission défensive. Le 8, le régiment doit se porter sur Mulhouse où il contribue temporairement à la conquête de la place alors allemande, avant de se replier le 22 sur Guebwiller. Le , le colonel Nudant doit quitter le régiment pour prendre l'intérim du commandement de la brigade d'infanterie, l'une des deux brigades de la DI. Cette position provisoire est la conséquence de la mort du général Bataille, commandant la DI, tué la veille au col du Bonhomme. Dès l'arrivée du successeur de celui-ci, le général Bolgertl, le colonel Nudant quitte l'unité trois jours plus tard afin de prendre ses nouvelles fonctions de chef d'état-major de la ArméeJournal des marches et opérations du 4e régiment d'artillerie de campagne, 1er cahier, août-29 septembre 1914 (Service historique de la défense, GR 26 N 909/1, vues 4-10/42)..

Hautes fonctions d'état-major Le colonel Nudant arrive à Souain (Marne), quartier-général de la Armée, le , pour se mettre aux ordres de son commandant, le général de Langle de Cary. Quatre jours plus tard il est nommé général de brigade à titre temporaireJournal officiel, 16 septembre 1914, p. 7932., grade qui doit cependant l'amener rapidement à occuper une autre fonction que celle de chef d'état-major normalement dévolue à un colonel. En cette mi-, les tentatives de rupture du front par la armée amènent le QG à se déplacer fréquemment en fonction des combats. Pendant l'automne, la armée voit son secteur de l'est de Reims étendu depuis la ferme des Marquises, à l'ouest, jusqu'à la rivière l'Aire, à l'est. C'est finalement depuis le QG d'armée de Châlons-sur-Marne, le suivant, que le nouveau général quitte ce poste.

Le lendemain en effet, il prend au Grand Quartier Général (alors à Romilly-sur-Seine avant de s'implanter à Chantilly) le poste de deuxième aide-major général du Théâtre des opérations du Nord et du Nord-Est auprès du général Pellé, qu'il remplace comme premier aide-major général le . Au total, après huit mois de hautes responsabilités au Grand quartier général, il est appelé à reprendre un commandement opérationnelLa reconnaissance du roi de Belgique pour « services rendus aux armées alliées » par le général Nudant, aide-major général, se manifeste par l'attribution, le , de la croix de grand officier dans l'ordre de Léopold (L’Ouest-Éclair, 16 mai 1915, p. 4 ; La France militaire, 17 mai 1915, p. 1, etc.)..

Commandant la division d'infanterie Le commandement de la division d'infanterie, composée des , , , et régiments d'infanterie et des et bataillons de chasseurs à pied, est confié au général Nudant le . À ce poste il remplace le général Fayolle, son ancien professeur d'artillerie et ancien collègue de l'École supérieure de guerre, promu commandant du corps d'armée, qui prend lui-même la suite du général Pétain. Le nouveau commandant de la division prend ses fonctions alors que l'unité, engagée dans la bataille d'Artois, participe aux attaques françaises sur Souchez (Pas-de-Calais). Il célèbre à l'automne, avec le commandant du CA, la mémoire des nombreux morts de ces combats en inaugurant un calvaire provisoire non loin de Souchez dans le cimetière de Gauchin-le-Gal.

Après l'été, la division est fortement engagée dans la bataille d'Artois jusqu'au . Entretemps, A. Nudant est confirmé à son grade de général de brigade par décret du Journal officiel, 27 novembre 1915, p. 8628.. Alors que la division est au repos à Saint-Pol-sur-Ternoise, il cède son commandement au général Galon le .

Commandant le corps d'armée thumb|Les généraux Nudant et Joffre dans la région de Verdun (15 mars 1916). Le général Fayolle passe à nouveau un commandement au général Nudant, cette fois celui du corps d'armée, le à Frévent (Pas-de-Calais), au début d'une semaine de repos qui précède le mouvement de la grande unité en direction de Verdun, gravement menacée. Dès le , le corps d'armée est engagé à Douaumont dans la Bataille de Verdun. Le , rive droite de la Meuse, une offensive allemande menace les positions françaises tenues par le CA :