Metropolis (titre original ) est un roman d'anticipation dystopique de la romancière Thea von Harbou publié en Allemagne en 1926. Ce roman éponyme du film Metropolis du réalisateur allemand Fritz Lang a servi de point de départ à son scénario.

Présentation de l'œuvre Metropolis de Thea von Harbou est un roman d'anticipation qui parait en Allemagne en 1926 aux éditions August Scherl.

Le récit, divisé en vingt-cinq chapitres, se présente comme l'illustration d'une simple phrase placée en exergue du texte : Le style est fortement marqué par l'expressionnisme allemand, avec ses personnages aux tempéraments exaltés, son style formulaire répétitif et ses métaphores saisissantes.

Thea von Harbou fait précéder son récit d'un préambule qui vise à désamorcer toute lecture marxiste du roman qui n'y trouverait qu'une nouvelle illustration futuriste de la lutte des classes :

Personnages principaux de l'œuvre Les personnages qui suivent sont cités dans l'ordre alphabétique de leurs patronymes :

Desertus, moine à la tête de la secte des Gothiques ; Freder Fredersen, personnage principal, fils de l'architecte de Metropolis ; Futura, être artificiel d'aspect féminin créé en verre et en métal par l'inventeur Rotwang ; Georgi ou 11811, ouvrier avec lequel Freder échange sa place dans la salle des machines ; Grot, ouvrier et gardien de la grande machine au cœur de Metropolis ; Joh Fredersen, architecte et créateur de Metropolis, père de Freder ; Jan, compagnon de Freder dans le Club des fils qui tombera éperdument amoureux de Futura ; Josaphat, ancien premier secrétaire de Joh Fredersen, ami de Freder ; Maria, jeune femme de la classe ouvrière qui annonce l'arrivée d'un sauveur ; Mère de Joh Fredersen, vieille femme paralysée qui s'est détournée de son fils ; Rotwang, inventeur, premier amour de Hel avant qu'elle ne rejoigne Joh Fredersen ; September, propriétaire du Yoshiwara, un estaminet où l'on fume le maohee, une drogue psychotrope asiatique ;

Résumé de l'œuvre Le résumé du récit est présenté chapitre après chapitre, afin de permettre une comparaison avec les différents plans du film.

Chapitre 1 : Installé dans l'une des pièces les plus hautes de Metropolis, le jeune Freder joue de l'orgue avec beaucoup d'exaltation, tout en repensant au visage angélique de la jeune femme qu'il a vue dans les jardins éternels du « Club des fils ». Il ne connaît pas son nom, il ne se souvient que de son visage virginal et de ses paroles, adressées aux enfants qui l'accompagnaient, « Regardez, ce sont vos frères ! » Freder demande son nom, mais personne ne la reconnaît. Au loin, la Nouvelle Tour de Babel, construite par son père, le cerveau de Metropolis, s'élève au-dessus de la ville. Le maître de Metropolis songe à étendre sa ville et à raser la cathédrale, un projet contre lequel s'élève le moine Desertus et la secte des Gothiques. Les cohortes de travailleurs sillonnent la ville au gré des hurlements des sirènes qui annoncent les changements d'équipes, mais Freder ne supporte plus ces hurlements mécaniques qui indiquent que les machines de Metropolis ont besoin d'être nourries.

Chapitre 2 : Joh Fredersen, entouré de ses secrétaires, est plongé dans les chiffres : il compare le cours des actions en bourse de Londres et New York. Lorsque Freder entre dans la pièce, Joh Fredersen découvre une erreur dans les relevés et licencie sur le champ Josaphat, son premier secrétaire. Freder engage alors un débat avec son père sur la nature de l'homme et l'essence de la machine. Freder considère les salles des machines comme les temples de la modernité et les machines elles-mêmes comme de nouvelles divinités cruelles et affamées auxquelles on sacrifie des êtres humains. Mais pour son père, l'homme n'est qu'un matériau, alors que la machine est la mesure de toute chose. Joh Fredersen aspire à une nouvelle humanité, celle de l'homme-machine. Inquiet pour son fils, Joh Fredersen demande à son homme-de-main de le suivre et de lui rendre compte de ses faits et gestes.

Chapitre 3 : Freder court à la rencontre de Josaphat, le premier secrétaire que son père vient de licencier et lui donne rendez-vous à son domicile, fier d'avoir pour la première fois volé au secours d'un autre homme. Tandis que l'espion de son père, der Schmale, fouille l'appartement de Freder, celui-ci descend dans les sous-sols de la Nouvelle Tour de Babel et se rend dans la salle des machines. Il interpelle l'ouvrier matricule 11811, Georgi, qui s'occupe du fonctionnement du paternoster. Les deux hommes échangent leurs rôles et leurs vêtements. Freder donne rendez-vous à l'ouvrier chez Josaphat. Freder s'enchaîne alors à sa machine et découvre bientôt dans la poche de sa veste une feuille de papier pliée : le plan de rendez-vous secrets des ouvriers. De son côté, Georgi s'enivre des lumières de la ville et de son activité frénétique avant de terminer son périple au Yoshiwara, un club de la ville.

Chapitre 4 : Mais la ville moderne de Metropolis cache une petite maison biscornue, habitée jadis par un magicien venu d'Orient. Aujourd'hui, elle est habitée par l'inventeur Rotwang qui reçoit la visite de Joh Fredersen. Rotwang lui reparle de son grand amour, Hel, qui le quitta pour épouser Joh Fredersen. Une plaque à sa mémoire a été posée dans l'une des pièces de la maison. Rotwang montre bientôt à Joh Fredersen ce qu'il lui avait commandé : Futura, incarnation du rêve d'une nouvelle génération d'êtres humains, un être-machine de verre et de métal, ayant l'apparence d'une femme, mais sans visage. Joh Fredersen montre ensuite à Rotwang le plan qui circule parmi les ouvriers et lui demande de l'aider à le déchiffrer. Rotwang lui apprend que le plan décrit les souterrains de la ville, un labyrinthe de catacombes où s'est perdu jadis le magicien d'Orient qui habitait la maison avant d'y trouver la mort. Rotwang et Joh Fredersen se donnent bientôt rendez-vous dans les catacombes, mais Rotwang demande au maître de Metropolis de lui indiquer quel visage devra avoir Futura.

Chapitre 5 : Après dix heures d'un travail répétitif et acharné, Freder termine son travail épuisé. Mais les autres ouvriers l'invitent à les suivre dans les catacombes où il retrouve la femme dont il est tombé amoureux. Maria raconte à l'assemblée l'histoire de la Tour de Babel dans la Bible et du fossé qui s'était creusé entre les mains et le cerveau du projet. Elle promet aux ouvriers l'arrivée imminente d'un médiateur. Entre les mains et le cerveau, c'est le cœur qui doit être le médiateur. Une fois le rassemblement dispersé, Freder rejoint Maria et lui révèle son amour. Cachés dans une anfractuosité, Rotwang et Joh Fredersen suivent les événements. Fredersen enjoint alors à Rotwang de donner à sa femme-machine les traits de Maria. Rotwang poursuit Maria dans les galeries des catacombes et finit par la faire prisonnière dans sa demeure.

Chapitre 6 : Après avoir mené son enquête, l'homme-de-main de Joh Fredersen, toujours à la recherche du fils de Joh Fredersen, fait son entrée au Yoshiwara. Le patron, September, lui indique qu'il a bien reçu un client habillé de soie, comme les fils des gens importants de Metropolis, et qu'il a consommé beaucoup de Maohee, un puissant psychotrope. Der Schmale trouve l'homme, entouré d'autres clients, dans une grande salle circulaire, en proie à un délire mystique dans lequel il se prend à la fois pour la trinité chrétienne et pour une machine déshumanisée. Der Schmale ne réussit à le faire sortir de son délire qu'en l'appelant par son matricule : 11811. Il dépose ensuite l'ouvrier en habits de soie chez un médecin. L'ouvrier a juste le temps de lui donner l'adresse du rendez-vous avec Freder avant de s'endormir profondément.

Chapitre 7 : Freder, qui a rejoint Josaphat chez lui, s'inquiète de l'absence prolongée de Georgi. Avant de repartir, Freder assure à Josaphat qu'il ira au bout de son nouveau chemin et se lie d'amitié avec Josaphat. Peu de temps après, l'homme-de-main de Joh Fredersen frappe chez le premier secrétaire. Après une discussion tendue, l'homme-de-main menace de priver Josaphat de son bel appartement et le presse de quitter Metropolis en lui offrant des chèques au porteur signés de la main du maître de Metropolis. Josaphat finit par accepter et s'en va.

Chapitre 8 : Freder se rend à la cathédrale où il rencontre Desertus, le chef de la secte des Gothiques. En sortant de l'église, il aperçoit le visage de Maria à la fenêtre de l'inventeur Rotwang et décide de pénétrer dans l'étrange demeure. À l'intérieur, il cherche Maria, mais ne rencontre que Futura et finit par s'évanouir. Pendant ce temps, dans une autre pièce, Rotwang tente de convaincre Maria d'oublier Freder. Le fils de Joh Fredersen sort de la demeure sans avoir retrouvé Maria et la cherche dans tout le quartier. Lorsqu'il arrive enfin dans la Nouvelle Tour de Babel, il découvre son père qui tient Futura avec les traits de Maria dans ses bras. Pris de folie, Freder se met à rire et s'effondre.

Chapitre 9 : Josaphat est à bord de l'appareil qui l'emmène loin de Metropolis avec l'argent de Joh Fredersen. En proie aux doutes et aux remords d'avoir abandonné un ami, il demande au pilote de faire demi-tour. Lorsque le pilote refuse, Josaphat l'assomme et saute en parachute. Il est recueilli par une jeune fille de ferme qui le veille toute la nuit.

Chapitre 10 : De retour à Metropolis, Josaphat tente de reprendre contact avec Freder, mais celui-ci est alité et strictement gardé. Il s'installe alors dans l'immeuble d'en face et projette des chiffres à l'attention de Freder : 99 - 7 -7. Il s'agit de l'adresse de leur rendez-vous, Bloc 99, septième immeuble, septième étage. En lisant ces chiffres, Freder se souvient du passé, échappe à la surveillance de l'homme-de-main de son père et se rend à l'adresse indiquée. Josaphat et Freder se racontent les derniers événements en date. Le fils de Joh Fredersen raconte également un rêve dans lequel s'entremêlent des visions de Metropolis, de la cathédrale, du moine Desertus et de la mort qui part sillonner la ville.

Chapitre 11 : Freder raconte également à Josaphat qu'il s'est ensuite rendu à la cathédrale. Le moine Desretus était en train de prêcher et de mettre en garde l'assemblée contre une jeune femme qu'il présentait comme une rose de l'enfer. Dans l'église, Freder reconnaît Jan adossé à un pilier, son compagnon du « Club des fils ». Ce dernier lui raconte que cette jeune femme a été présentée par le magicien Rotwang comme sa fille. Tous les jeunes hommes qui la voient en tombent amoureux, elle s'appelle « Maria ».

Chapitre 12 : Une heure après minuit, Joh Fredersen rend visite à sa mère dans sa ferme transportée sur le toit d'un immeuble de Metropolis. Joh Fredersen lui demande conseil à propos de Freder. Joh Fredersen lui avoue qu'il a peur aujourd'hui de perdre son fils comme il avait perdu sa femme, Hel. Mais sa mère lui répond, la main sur la Bible, que l'Homme ne fait que récolter ce qu'il a semé.

Chapitre 13 : Rotwang tente de gagner le cœur de Maria, mais la jeune femme reste sourde à ses avances. Rotwang lui dit qu'il lui a volé son âme et qu'il l'a recréée. Mas Joh Fredersen fait irruption dans la pièce et saute à la gorge de Rotwang.

Chapitre 14 : Dans la crypte, Futura, sous les traits de Maria, incite les foules de travailleurs à la vengeance. Freder, qui s'est glissé dans la foule, tente de la démasquer, en vain. La foule s'empare de lui et lorsqu'un travailleur tente de le poignarder, Georgi se jette sur lui pour le protéger et meurt. La foule sort des catacombes en martelant le slogan que leur a enseigné Futura : « Nous avons jugé les machines ! Nous avons condamné à mort les machines ! Les machines doivent mourir, - qu'elles aillent au diable. À mort ! - À mort ! - Mort aux machines ! » Freder court rejoindre le bureau de son père dans la Nouvelle Tour de Babel et actionne la sirène de Metropolis pour avertir la population du danger.