Joëlle Écormier est une femme de lettres française née le au Tampon à La Réunion. Auteure de textes qu'elle écrit pour elle-même durant sa jeunesse, elle est mère au foyer sur son île natale lorsqu'elle participe à une expérience littéraire lancée par France Loisirs en 1998, la rédaction d'un roman dont les premières pages sont signées par Yann Queffélec, les suivantes étant choisies parmi les envois d'internautes. La sélection de sa proposition pour le deuxième chapitre de cette fiction collaborative qui paraît en 1999 sous le titre 30 jours à tuer conduit la jeune femme à se lancer dans le métier d'écrivain.

Publié par l'éditeur réunionnais Azalées Éditions en 2000, le premier roman qu'elle écrit seule, Le Grand Tamarinier, met en scène un enfant et amorce un glissement vers la littérature pour la jeunesse qu'elle poursuit avec son deuxième titre, un conte illustré par les dessins de sa fille. De fait, après 2003 et la parution de son second roman, Plus léger que l'air, Joëlle Écormier, désormais publiée par Océan Éditions, se consacre aux ouvrages pour les plus petits, qu'elle tente de moderniser en évitant les motifs folklorisants de la culture réunionnaise. Ce n'est qu'en 2009 qu'elle revient à des titres sans images en publiant un recueil de nouvelles pour adolescents, Je t'écris du pont, et surtout son troisième roman, Le Petit Désordre de la mer, primé la même année au Festival du livre et de la bande dessinée, à Saint-Denis.

Biographie Jeunesse et parcours avant de publier Joëlle Écormier naît en 1967 au Tampon« Joëlle Écormier », site Internet de Livranoo., une commune du sud de l'île française de La Réunion. Très jeune, elle écrit pour elle-même des textes qu'elle ne publie pas Thierry Caro, « Comment publie-t-on un livre pour enfants ? », 2512, n°4, décembre-, pp. 32-35. et passe un baccalauréat littéraire au terme de sa scolarité.

Voulant parler anglais au quotidien, elle s'inscrit, à l'université, en première année de DEUG anglo-américain mais, déçue, abandonne rapidement ses études. Elle obtient néanmoins un diplôme de guide-interprète qui lui permet de pratiquer la langue auprès de touristes anglophones. Le parcours de Joëlle Écormier, qui écrit toujours de façon confidentielle, l'amène alors à vivre à Cherbourg puis Toulouse. Elle devient par ailleurs mère de deux enfants qu'elle élève pendant dix ans avant de réintégrer le monde du travail comme vendeuse dans une grande librairie.

30 jours à tuer vignette|Vue de Saint-Denis avec au second plan le rempart de La Montagne, quartier où Joëlle Écormier a écrit le deuxième chapitre de 30 jours à tuer. Revenue à La Réunion, et habitant désormais La Montagne, un quartier du chef-lieu, Saint-Denis, elle est à nouveau femme au foyer lorsqu'elle participe à un projet littéraire original lancé par France Loisirs dans le courant de l'année 1998; la rédaction d'un roman dont le chapitre liminaire est signé par l'écrivain Yann Queffélec, les suivants étant choisis parmi les envois faits par des internautes anonymes. Dans leur proposition, ces derniers doivent développer l'intrigue telle qu'elle a été initiée par l'auteur des Noces barbares, lauréat du prix Goncourt en 1985 « 30 jours à tuer - Le premier roman interactif francophone », site Internet de Joëlle Écormier.. Or, Queffélec, qui s'est inspiré d'une actualité récente aux États-Unis, a imaginé l'histoire de Clara Turner, une jeune Américaine qui, condamnée à mort pour avoir tué son professeur de violon, se voit accorder par le gouverneur de l'État un sursis de trente jours. Ce qu'elle va faire de ces trente jours doit être le sujet du roman, dont le premier chapitre est diffusé sur le site Internet de France Loisirs.

Joëlle Écormier, dans le texte qu'elle soumet pour le deuxième chapitre, choisit de donner corps au personnage de l'avocat de Clara, M. Hopeking. En outre, elle imagine la stratégie que la jeune femme met en place pour échapper à sa mort, programmée dans un mois plus tardLe Quotidien de La Réunion, .. Séduit, le jury adopte le texte de la Réunionnaise, qui devient dès lors la version officielle à partir de laquelle doivent composer les internautes proposant un troisième chapitre. Après elle, il retient la proposition de Marceline Breton, rédactrice et maquettiste free-lance travaillant à Hanovre pour des éditeurs allemands de matériel pédagogique en français, puis celles de Patrice Sickersen, responsable technique chez France Télécom vivant en France métropolitaine à Verrières-le-Buisson, de Christophe Tissier, créateur de sites Internet habitant Antony, de Louis-Olivier Dupin, un Grenoblois travaillant comme agent de maîtrise dans une entreprise de transports, et enfin de Christophe Sancy, publicitaire à Tervuren, en Belgique« 30 jours à tuer - La contribution de Joëlle Écormier en version originale », site Internet de Joëlle Écormier.. Trente jours à tuer, qualifié de « premier roman créé sur Internet » paraît en 1999 après que quelques modifications ont été apportées aux différents chapitres en vue d'augmenter la cohérence entre les écrits des sept auteurs« 30 jours à tuer - Les co-auteurs », site Internet de Joëlle Écormier.. La diffusion est assurée, en exclusivité, par France Loisirs. Encouragée par cette expérience, Joëlle Écormier se lance dans le métier d'écrivain.

Premiers romans écrits seule vignette|Un spécimen réunionnais de tamarinier, l'arbre qui donne son titre au Grand Tamarinier, paru en 2000. Après avoir été rejeté par plusieurs éditeurs, qui estiment qu'il ne correspond pas au format de leurs collections, le premier roman écrit par Joëlle Écormier seule paraît en 2000 aux Éditions Azalées, une maison d'édition réunionnaise. Intitulé Le Grand Tamarinier, il traite de l'histoire d'un petit garçon appelé Louis qui, battu par son père alcoolique, trouve la force de se révolter pour entamer un voyage aux frontières de l'imaginaire. Empruntant au conte, et lisible par tous les publics Eva Baquey, « La littérature d'enfance et de jeunesse réunionnaise d'expression française », thèse de doctorat de Lettres sous la direction de Mathieu-Job, Bordeaux, Université Bordeaux III, 2008., l'intrigue le met au contact d'un arbre, un tamarinier, auprès duquel il se reconstruit. Guidé par les conseils de celui-ci, le héros part à la recherche du secret qui lui permettra de trouver enfin la sérénité de l'enfance« Le grand tamarinier », site Internet de Livranoo.. Entre-temps, il rencontre de nombreux animaux du bestiaire réunionnais, entre autres une tortue, un caméléon, une papangue, un rat, un dauphin ou un paille-en-queue qui lui apprend à voler. D'après Eva Baquey, auteur d'une thèse de doctorat sur la littérature d'enfance et de jeunesse réunionnaise, ce fait est relativement important car Békali permet au héros, d'un point de vue métaphorique, de passer du monde de l'enfance à l'âge adulte. L'ouvrage est illustré de photographies mettant en scène le fils de Joëlle Écormier dans le rôle du héros. Elles ont été prises par son mari Gilles.

La même année, toujours chez le même éditeur, la femme de lettres publie un conte pour enfants, La Petite Fleur et le soleil, qu'elle illustre cette fois avec des dessins de sa fille de dix ans, Marie. Une question de cette dernière formulée alors qu'elle n'est âgée que de quatre ans est à l'origine de l'ouvrage : « Et si un jour le soleil ne se levait pas ? »« La petite fleur et le soleil - L'illustratrice », site Internet de Joëlle Écormier.. Aussi, l'histoire, qui se déroule à La Réunion, et qui est racontée par un vieux tournesol, traite des aventures d'une petite fleur pure qui cherche à faire sortir de son lit le Soleil, lequel a décidé, un matin, de ne plus se lever« La petite fleur et le soleil », site Internet de Livranoo.. L'ouvrage n'est distribué, en vente directe, qu'à l'île de La Réunion« La petite fleur et le soleil », site Internet de Joëlle Écormier.. De fait, l'auteur s'est sentie obligée d'écrire la fin en créole réunionnais pour pouvoir être publiée. L'histoire est adaptée, l'année de sa sortie, en une comédie musicale par l'auteur du conte et Michèle Millasseau, qui écrivent ensemble sept chansons originales. Le spectacle est joué à l'école Philippe-Vinson de La Montagne le « La petite fleur et le soleil - La comédie musicale », site Internet de Joëlle Écormier..

Le deuxième roman de Joëlle Écormier paraît en 2003, année à partir de laquelle elle est chargée de la promotion de l'écriture à la médiathèque de Saint-Denis, la Maison de la Communication François-Mitterrand, ce qui l'amène à animer des ateliers d'écriture en milieu scolaire ou . Plus léger que l'air a pour personnage principal Joséphine, une jolie publicitaire sur le point de se marier lorsqu'une lettre provenant de La Réunion la contraint à rentrer sur son île natale pour régler une succession. Ce voyage la confronte à des personnages de son enfance « Plus léger que l'air », site Internet de Livranoo.. Pour Livranoo, librairie en ligne qui commercialise l'ouvrage, « Joëlle Écormier signe un roman vif, rythmé, qui se lit d'une traite », le parcours de l'héroïne étant « une belle leçon de vie dont on ressort plus léger ». De fait, l'ouvrage fait partie des quelques rares titres de la littérature réunionnaise cités sous la rubrique correspondante des guides touristiques en langue anglaise que Lonely Planet consacre à La Réunion, à Maurice et aux Seychelles en 2004 Jan Dodd, Mauritius, Réunion & Seychelles, Lonely Planet, 2004. et 2007 Tom Masters et Jean-Bernard Carbillet, Mauritius, Réunion & Seychelles, Lonely Planet, 2007.. Il a bénéficié de la participation d'Andy Le Sauce, un apnéiste auteur de plusieurs records du monde installé dans l'île depuis plusieurs années « Plus léger que l'air - La participation d'Andy Le Sauce », site Internet de Joëlle Écormier..

Inauguration d'une collection jeunesse vignette|Portrait d'Yves Manglou présentant un ouvrage de jeunesse sur Grand-mère Kalle, personnage de la culture réunionnaise que Joëlle Écormier met en scène dans Mais que fait grand-mère Kalle ? et Sur les Terres de Grand-mère Kalle. Admiratrice du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry « Interview saugrenue », site Internet de Joëlle Écormier., Joëlle Écormier entame en 2006 une période de trois années durant laquelle elle publie une quinzaine de titres relevant de la littérature enfantine. Passée chez Océan Éditions, autre éditeur réunionnais, elle fait d'abord paraître N'oublie pas que je m'appelle Octavie. Illustré par Modeste Madoré, l'album, qui s'adresse aux enfants à partir de six ans, raconte l'histoire d'un couple de pieuvres, Octavie et Octébo, qui ont des aspirations contradictoires, Octavie voulant devenir une grande « pieuvrologue » et Octébo ne pensant qu'à fonder une grande famille « N'oublie pas que je m'appelle Octavie ! », site Internet d'Océan Éditions..