Paul Rebeyrolle, né le à Eymoutiers (Haute-Vienne) et mort le à Boudreville (Côte-d'Or), est un peintre, lithographe et sculpteur françaisCf. notice d'autorité du catalogue général de la Bibliothèque nationale de France..
Artiste expressionniste et matiériste, il est rattaché au courant de la nouvelle figuration.
Biographie Né du mariage de Jean Rebeyrolle et de Marie Ensergueix, instituteurs, Paul Rebeyrolle voit son enfance marquée par le mal de Pott, tuberculose osseuse l'obligeant à de longs moments d'immobilitéEspace Rebeyrolle, Eymoutiers, Paul Rebeyrolle, biographie.. Il effectue ses études secondaires jusqu'à l'obtention du baccalauréat de philosophie au lycée Gay-Lussac de Limoges avant de rejoindre Paris en . Il découvre alors les peintres contemporains ainsi que la peinture classique au musée du Louvre et, restitue Bernard Dorival, c'est rapidement qu'il est remarqué Bernard Dorival, Les Peintres du du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Paris, Éditions Pierre Tisné, 1957, ..
Il est acteur engagé du Manifeste de l'homme témoin qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, prône autour du critique d'art Jean Bouret un retour au réalisme contre les tendances de l'art contemporainRené Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'Art et le monde moderne, Larousse, 1970, vol. 2, .. Il participe ainsi le à la galerie du Bac à l'exposition de « L'homme témoin » avec Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, Michel Thompson, Michel de Gallard et Gaston Sébire. Ce groupe de « L'homme témoin », que rejoindront bientôt Bernard Buffet, Jean Couty, Simone Dat et André Minaux, sera fondateur du mouvement de la Jeune Peinture. En la même année 1948, il exécute pour les abattoirs de la Villette une fresque murale précisément intitulée Les Abattoirs de la Villette.
Ainsi, en 1949 (année où il épouse Simone Dat), Rebeyrolle est à l'origine du Salon de la Jeune Peinture avec Denys Chevalier, Pierre Descargues, Philippe Cara Costea et Gaëtan de Rosnay, dont la première édition intitulée Premier Salon des Jeunes Peintres se tient du au à la galerie des beaux-artsPierre Descargues (préface), Premier Salon des Jeunes Peintres - Catalogue, édition de la Galerie des Beaux-Arts, janvier 1950.. C'est à la fin du quatrième salon, soit le , que le comité fonde l'Association de la Jeune Peinture dont les statuts, rédigés par l'avocat Jean Guillemot Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, Éditions Jeune Peinture/Imprimeurs libres, 1983, . sont déposés en préfecture le revêtus de la signature de l'artiste.
Membre du parti communiste français à partir de 1953, Rebeyrolle rompt avec ce dernier en 1956 lors de l'invasion russe en Hongrie et du fait de la duplicité du parti face à la guerre d'AlgérieJean-Paul Sartre, « Coexistences », Derrière le miroir, , Éditions Maeght, .. À cette occasion, il peint un grand tableau intitulé À bientôt j'espèreDominique Widemann, « Les travaux et les jours de Paul Rebeyrolle », L'Humanité, ..
En 1959 à Eymoutiers, il exécute un grand tableau intitulé Planchemouton (nom d'une rivière et d'une grange), commandé par le comité de la première Biennale de Paris, pour orner l'escalier du palais des Beaux-Arts. En 1963, il quitte Paris et s'installe à la campagne pour y vivre et travailler, d'abord dans le département de l'Aube puis en Côte-d'Or.
À partir de 1968, il commence un cycle de séries souvent définies par le terme de « politique », que l'on peut énumérer par leurs titresRebeyrolle, publication de l'Espace Paul-Rebeyrolle, avec le concours du ministère de la Culture, délégation aux arts plastiques, texte de Jacques Kerchache, 1995 . :
Son œuvre, immense, toujours figurative, est marquée par la violence, la rage, la révolte face à l'oppression ou l'engagement politique. Elle est ponctuée de tableaux animaliers et paysagers, ainsi que de tableaux employant des matières collées sur la toile (terre, crin, ferraille…). Jean-Louis Prat, « Les corps à corps de Rebeyrolle », Rebeyrolle, coédition domaine national de Chambord/Somogy éditions d'art, 2012, ..
Peu médiatisée de son vivant, méconnue du grand public ainsi que de certaines institutions, cette œuvre a néanmoins été appréciée par les philosophes Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault ainsi que par certains collectionneurs, tel François Pinault. Il meurt le dans sa maison de BoudrevilleSabine Gignoux, « Paul Rebeyrolle, la mort d'un peintre enragé », La Croix, .Hervé Gauville, « Rebeyrolle le rebelle se fait la belle », Libération, .« Le peintre Paul Rebeyrolle est mort », L'Obs, .Lydia Harambourg, « Disparition : Paul Rebeyrolle », La Gazette de l'Hôtel Drouot, , , .. Ses cendres ont été dispersées dans la rivière Planchemouton à EymoutiersLieux-dits, D'Eymoutiers à Chambord, Paul Rebeyrolle..
Œuvres Collections publiques France Espace RebeyrolleSite de l'Espace Rebeyrolle. à Eymoutiers (Haute-Vienne)Kaas Prod, Musée Paul-Rebeyrolle à Eymoutiers, reportage, durée 9 min 21 s.. Fonds régional d'art contemporain de Franche-Comté, Besançon, Pieds et poings liés, technique mixte sur toile , 1981 Fonds régional d'art contemporain d'Aquitaine, Bordeaux, Le dernier sommeil, huile, sable et collage sur toile Fonds régional d'art contemporain Basse-Normandie, Caen, Grand poisson et tas de sel, technique mixte sur toile , 1986 Musée des Beaux-Arts de Caen, Suicide , huile sur toile , 1982, dépôt du Fonds national d'art contemporainMusée des Beaux-Arts de Caen, Paul Rebeyrolle dans les collections Conseil général de Champagne, Chooz, Figure de Prométhée, sculptureConseil général de Champagne, "Figure de Prométhée", ville de ChoozVille de Chooz, Rebeyrolle - Sculptures. Musée d'art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand : Le Canard mort, huile sur toile , 1952 La Cour de ferme, huile sur panneau , 1953 Enfant à la casquette, huile sur toile , 1956 Musée des Beaux-Arts de Dijon, Nu allongé, 1971Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, pages 1050-1051.. Fonds régional d'art contemporain du Limousin, Limoges, La liberté perdue, huile sur toile Musée de l'Évêché de Limoges, Les chèvres, huile sur toile Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, tome II : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010, « Paul Rebeyrolle » . Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, huit estampes dont Manipulation, lithographie, Éditions Maeght, 1979 Musée d'art moderne de la ville de Paris : Deux femmes nues, huile sur toile , vers 1950 Collage, collage sur papier , 1963 Conditionnement, technique mixte sur toile Musée national d'Art moderne, Centre Beaubourg, Paris : La Truite, 1955 Sac de poudre bleue, huile sur toile , vers 1967Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.11, pages 490-492. Nu aux morceaux de bois, 1970Martial Codet-Boisse, « Des tableaux du peintre limousin Paul Rebeyrolle au Centre Pompidou », France-TV Info, 13 mars 2018 Paysage, 1978 Chien hurlant, 1984-1985 Clonage, 2001 Autophage, 2003 Petit Palais, Paris, Deux femmes nues, huile sur toile (donation Maurice Girardin) André Chamson, Collection Girardin, Éditions du Petit Palais, 1954, . Musée Sainte-Croix, Poitiers, Panier au poulet, 1950 Fonds national d'art contemporain, Puteaux, Dépouilles pendues , huile et collage sur toile Musée de l'Abbaye, Saint-ClaudeMusée de l'Abbaye, Paul Rebeyrolle dans les collections : L'Atelier, les palettes du peintre, huile sur toile, , 1954 Tête de femme, huile et pastel sur bois, , 1957 La Grande Truite, huile sur toile, , 2001 Musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence Artothèque de l'Aisne, Tergnier, Cloué au sol, lithographie, 1982Artothèque de l'Aisne, Paul Rebeyrolle dans les collections.
Canada Musée national des Beaux-Arts du Québec.
Cuba Musée national des Beaux-Arts, La Havane, Sol de Cuba
États-Unis Mission permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations-Unies, New York, Paysage, huile sur toile
Collections privées référencées , Londres. Philippe-GérardLes Muses, encyclopédie des arts, Grange Batelière, 1973, vol.12, pages 3853-3854. Collection LGR (Laurence Climbeau, Gaëtane et Roland Botrel)Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice, Paul Rebeyrolle dans la collection LGR Fondation Maeght, Saint-Paul de VenceFondation Maeght, Paul Rebeyrolle François Pinault
Publications illustrées par l'auteur . . . . .
Récompenses Prix Paillard du jury du prix Drouant-David de la Jeune Peinture, 1949. Prix de la Jeune peinture, 1950, pour La femme au gant (portrait de Simone Dat). Prix Fénéon, 1951, pour Portrait de Jean Rebeyrolle. Prix de la Biennale de Paris, 1959, pour Planchemouton, panneau de titré du nom de la grange du Limousin dans laquelle il a été peint. Premier prix de la section française à la John Moores Exhibition, Liverpool, 1959. Grand prix de la Ville de Paris, .
Expositions (Liste non exhaustive, classée par année de publications ou de réalisations). Catalogues d'expositions . .
Expositions personnelles
Peindre, Galerie Julio Gonzalez, Arcueil, 2022« Une exposition exceptionnelle de Paul Rebeyrolle », cultureaarcueil, 2 mars 2022.
Expositions collectives
Réception critique
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Ouvrages dédiés Pierre Descargues, Rebeyrolle, Paris, Presses littéraires de France, 1951. George Besson, Paul Rebeyrolle, Éditions de la Maison de la pensée française, 1956. Robert Anselme, Rebeyrolle - La pluie et le beau temps, Paris, Galerie Saint-Germain, 1958. Yvon Taillandier, Rebeyrolle, Paris, Éditions Galerie Creuzevault, 1959. Herbert Read, Recent paintings by Rebeyrolle, Londres, Marlborough Fine Arts, 1961. Pierre Descargues, Rebeyrolle, Paris, Maeght, 1969. Serge Sautreau et André Velter, Conte rouge pour Paloma, lithographies de Paul Rebeyrolle, Maeght, 1975 Samir Amin, Éloge du socialisme - Une utopie concrète, 15 lithographies de Paul Rebeyrolle (atelier Fernand Mourlot), 175 exemplaires numérotés, Éditions Maeght, 1976 André Velter, Rebeyrolle : bronzes et céramiques, galerie Lelong, 1988 . Bernard Sordet et Jacques Dupin, Paul Rebeyrolle, École nationale supérieure des beaux-arts, 1988. Antonio del Guercio, Paul Rebeyrolle, Aoste, Éditions du Centre Saint-Bénin, 1989. Carlos Franqui, Michel Foucault, Jean-Paul Sartre et Anne Dopffer, Rebeyrolle, peintures 1963-1980, collection « Carnets de voyages », Éditions Maeght, 1991. Jean-Baptiste Para, Les Panthéons de Paul Rebeyrolle, Éditions Galerie Daniel Templon, 1992. Hubert de Blomac, Jacques Kerchache et Michel Troche, Espace Paul-Rebeyrolle, Eymoutiers, Éditions de l'espace Paul-Rebeyrolle, 1995. Catherine Flohic, Paul Rebeyrolle, Éditions de l'École supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole, 1996. Alain Tourneux, Rebeyrolle, Reims, Éditions du Paysage/Charleville-Mézières, Musée Rimbaud, 1998. Gérard Rondeau, Rebeyrolle ou le journal d'un peintre, collection « Photogalerie », Neuchâtel, Éditions Ides & Calendes, 2000 ; rééd. Éditions des Équateurs, 2006 . Marine Degli, Paul Rebeyrolle, 1926-2005, Panama. Jean-François Bizot, Rebeyrolle - Plongeons dans la peinture, Éditions de l'Espace Paul-Rebeyrolle, 2005. Lionel Bourg, L'Œuvre de chair : Paul Rebeyrolle, la peinture et la vie, éditions Urdla, 2006 (présentation en ligne). Michel C. Thomas, Rebeyrolle ou l'obstination de la peinture - Biographie imaginaire, collection « L'un et l'autre », Gallimard, 2009. Francis Marmande, Jean-Louis Prat, Yannick Mercoyrol et Jean d'Haussonville, Rebeyrolle, coédition domaine national de Chambord/Somogy éditions d'art, 2012 (présentation en ligne). Paul Audi, Francis Marmande, Rebeyrolle vivant ! - 60 ans d'une œuvre essentielle, catalogue de l'exposition à l'occasion du de l'Espace Rebeyrolle, 2015. Pierre Basset, Valérie Pugin et Stéphane Vacquier, Paul Rebeyrolle et la Jeune Peinture - Héritage de Courbet, Silvana Editoriale, 2016.