La bibliothèque Huntington (en anglais The Huntington Library, Art Collections and Botanical Gardens ou The Huntington) est un centre d'enseignement et de recherche créé par Henry E. Huntington (1850-1927) et Arabella Huntington (1851-1924) à San Marino, en Californie, aux États-Unis. En plus de la bibliothèque, le site abrite une importante collection de portraits anglais et de meubles français du . Les jardins botaniques disposent de la plus grande collection de cycas d'Amérique du Nord.
Histoire Henry Edwards Huntington achète une propriété près de Pasadena. Le bâtiment Beaux-Arts est édifié entre 1909 et 1911 Beverly Lowry, Gardens of Earthly Delight, www.nytimes.com, 16 May 1993 (consulté le 6 novembre 2019). L'intérêt d'Huntington pour l'art est influencé en grande partie par sa seconde épouse, Arabella Huntington. Avant sa mort en 1927, Huntington avait amassé une vaste collection de portraits britanniques. Conformément à son testament, la collection, qui valait alors 50 millions de dollars, est ouverte au public en 1928 sous le nom Henry E. Huntington Library and Art Gallery.
Henry Huntington préfère les espaces naturels aux grandes villes. Pour expliquer son choix de bâtir sa riche propriété dans ce qui est encore perçu comme le far west, Huntington se présente comme un visionnaire qui comprend que Los Angeles est voué à devenir l'une des grandes capitales de ce monde. Il figure parmi les principaux développeurs des environs de Los Angeles, apportant le train, l'électricité, les routes et les logements pour urbaniser la région autour de son terrain. À la fin de sa vie, il refuse de publier sa biographie, affirmant que sa vie pourra se lire comme un livre ouvert dans la bibliothèque Huntington J. M. Fenster, The Huntington's Triple Treasures, Nytimes.com, 25 novembre 1999 (consulté le 6 novembre 2019).
En 1993, l'établissement bénéficie alors d'un budget annuel de $11 millions pour 210 employés, 650 volontaires, et un demi-million de visiteurs par an. La librairie renferme 357 000 livres rares et 3 millions de manuscrits, et ses jardins répertorient 14 000 espèces florales.
Bibliothèque Histoire En 1911, Henry Huntington dépense $1 million de dollars dans l'acquisitions de livres rares (dont l'une des 48 Bibles de Gutenberg imprimées circa 1455 et achetée $50 000 par Huntington, un record à l'époque). En 1920, il relocalise sa collection de livres rares, alors hébergée à New York, vers sa nouvelle propriété de la côte ouest.
En , un feu se déclare dans l'enceinte de la bibliothèque. Le feu provient d'un ascenseur pourtant en règle vis-à-vis des codes de sécurité. La porte de l'ascenseur a explosé quand les pompiers ont pénétré les lieux. Une peinture de 208 ans (portrait de Mme Edwin Lascelles par Samuel William Reynolds) et 4 pièces antiques sont perdues Fire Damages Collection At California Library, www.nytimes.com, 21 octobre 1985 (consulté le novembre 2019) Jim Greaves, Fire at the Huntington Gallery: A Preliminary Report, www.conservation-us.org, janvier 1986 (consulté le novembre 2019). Le site rouvre l'année suivante après d'importantes rénovations.
En 1991, une controverse enfle au sujet des manuscrits de la mer Morte, plusieurs équipes de scientifiques et journalistes travaillant en concurrence sur leurs reconstitutions et leurs diffusions. Peu avant la diffusion du documentaire les secrets de la mer Morte sur la chaîne américaine PBS (13 millions de téléspectateurs), la bibliothèque Huntington rend public de nombreux négatifs de photographies de manuscrits que l'institution conservait précieusement dans ses coffres-fortsLawrence H. Schiffman, Les manuscrits de la mer Morte et le judaïsme: l'apport de l'ancienne bibliothèque de Qumrân à l'histoire du judaïsme, Les éditions Fides, 2003 . p. 30-31. La bibliothèque choisit de rendre public ces manuscrits après 40 ans de recherche non achevée par les académiciens ayant le monopole sur l'accès aux manuscrits le temps de leurs recherches Russell Chandler, Library Lifts Veil on Dead Sea Scrolls : Antiquities: The Huntington breaks four decades of secrecy surrounding biblical texts, www.latimes.com, 22 septembre 1991 (consulté le novembre 2019).
En 1996, l'accès à la bibliothèque devient payant (le paiement étant auparavant optionnel) Huntington Library to Charge Admission, www.latimes.com, 18 février 1996 (consulté le novembre 2019).
En , l'établissement révèle détenir un des textes des Lois de Nuremberg (documents dissimulés pendant 54 ans) lorsqu'il annonce en faire don au centre culturel juif Skirball Cultural Center de la ville de Los Angeles. Beaucoup d'historiens et de chercheurs se demandent alors pourquoi la bibliothèque Huntington aurait dissimulé ce document historique pendant tant d'années Sharon Waxman, Judgment At Pasadena, www.washingtonpost.com, 16 March 2000 (consulté le 6 novembre 2019).
En 2017, le Picasso Nu au plateau de sculpteur bat le record mondial pour une œuvre d'art vendue aux enchères après avoir été adjugé pour 80 millions de dollars. Les produits de cette vente sont pour partie donnés à la bibliothèque HuntingtonRecord d'enchères pour un tableau de Picasso, www.rts.ch, 16 novembre 2017 (consulté le novembre 2019).
Description La bibliothèque contient une vaste collection de livres rares et manuscrits, dont une bible de Gutenberg, le manuscrit Ellesmere des Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer et des milliers de documents historiques sur Abraham Lincoln, y compris les papiers de son garde du corps, Ward Hill Lamon. Les livres et manuscrits rares de la bibliothèque sont parmi les plus largement consultés aux États-Unis. La bibliothèque comporte quelque 6,5 millions de manuscrits et plus d'un million de livres rares. C'est la seule bibliothèque au monde ayant les deux premiers quartos de Hamlet. Elle détient le manuscrit de l'autobiographie de Benjamin Franklin, les premiers brouillons de Walden de Henry David Thoreau, Les Oiseaux d'Amérique de John James Audubon, une collection de manuscrits et de premières éditions des œuvres de Charles Bukowski, les albums photos de l'écrivaine voyageuse Anna Brassey et bien d'autres trésors.
Parmi les pièces plus cocasses, la bibliothèque expose une liste de courses écrite par George Washington et datée de 1759.
La bibliothèque met souvent ces objets en vue à l'intention du grand public. L'utilisation de la collection est extrêmement restreinte, nécessitant généralement un diplôme de doctorat ou au moins une préparation au doctorat et deux lettres de recommandation d'universitaires connus, en raison de la nature délicate et rare des matériaux. La division de recherche de la Huntington accorde chaque année un certain nombre de bourses à court et à long terme à des chercheurs désireux de travailler sur les collections.
Œuvres d'art La collection d'art comprend des œuvres d'artistes français et britanniques du et du siècle, des artistes américains des , et début du siècle ainsi que des expositions temporaires. Les plus connues des œuvres d'art britannique sont L'Enfant bleu (acquis par Henry Huntington en 1922) de Thomas Gainsborough et Sarah Barrett Moulton: "Pinkie" par Thomas Lawrence. L'art européen est présenté dans l'ancienne résidence d'Henry et Arabella Huntington.
Dans l'art américain, la collection comprend des chefs-d'œuvre tels que Chimborazo (1864) de Frederic Edwin Church et la sculpture monumentale Zenobia in Chains (1859) d'Harriet Hosmer. La collection est présentée dans le pavillon Scott.
En 1984, la bibliothèque ouvre la galerie Virginia Steele Scott Gallery of American art. En 1999, la bibliothèque Huntington a acquis la collection de documents se rapportant à l'artiste préraphaélite et décorateur William Morris amassée par Sanford et Helen Berger, dont les vitraux, papiers peints, textiles, broderies, dessins, céramiques, plus de et les archives complètes des arts décoratifs des entreprises Morris, Marshall, Faulkner & Co puis Morris & Co. Ces documents ont servi de base à l'exposition William Morris 2002 : Création de l'Utile et du Beau.
Jardins botaniques Histoire Le ranch San Marino, acquis et choisi par Henry Huntington parmi ses vastes propriétés comme lieu de résidence en 1903, est un domaine d'environ 222,5 hectares (ultérieurement réduit à 83,7 hectares en 1931), situé en partie à Pasadena, à environ dix-huit kilomètres de Los Angeles. La même année, Huntington entreprend la réorganisation et l'amélioration de son domaine, qui est déjà célèbre et reconnu pour sa beauté dans tout le comté. Amoureux de la campagne, le ranch exerce sur lui une attraction puissante. Il aime vraiment cette terre, il entreprend de la développer et de l'améliorer pour qu'elle puisse accroître toute sa potentialité. Huntington prend un réel plaisir à résoudre des problèmes liés à son domaine. Il décide d'entreprendre une expérience sur celui-ci afin de déterminer quelles plantes allochtones peuvent prospérer en Californie du Sud, que ce soit pour des raisons économiques ou des questions purement esthétiques et ornementales.
Dès 1904, Huntington engage le botaniste William Hertrich pour développer les jardins botaniques sur sa propriété, lui qui restera au service des jardins jusqu’à sa retraite en 1949. Dans cette optique, des spécimens sont acquis sur tous les continents, et Hertrich, le surintendant, voyage intensivement aux États-Unis et au Mexique afin constituer des collections complémentaires aux achats locaux et rassemble un groupe de plantes largement inconnues ou méconnues au début du XXe siècle. Des tests sont alors réalisés afin de démontrer leurs possibilités d’utilisation à des fins ornementales ainsi que pour leur valeur agricole ajoutée.
Le projet du jardin japonais est lancé en 1913. Henry Huntington lance également la première ferme de culture d'avocats en Californie sur les terres des jardins. Tous les ans, le weekend de mai, les jardins mettaient en vente des plantes issues de ses cultures.
En , avec le soutien de la Southern California Camellia Society, ouvre au public un jardin contenant plus de deux mille variétés de camélias, principalement des Japonicas.
En 1959, sur une zone d'approximativement 2020 m2 située juste à côté du coin nord-ouest de la galerie d'art est aménagé un magnifique jardin Shakespeare. La même année, douze hectares de terrains bordant ont été ouverts au public. La zone située au-delà de la porte Torii du côté sud de la propriété devient un jardin australien incluant de nombreuses variétés d'eucalyptus et d'arbustes à fleurs. Le développement des jardins botaniques est poursuivi par les successeurs de M. Hertrich, et entre 1951 et 1966, les zones d'exposition sont agrandies de 20 à 40 hectares. Comme l’affirme John E. Pomfret, alors directeur de la bibliothèque Henri Huntington durant cette période, tellement de nouvelles zones d'exposition ont été ajoutées au lieu qu'il n'est plus possible pour un visiteur se déplaçant à pied de voir la totalité des jardins botaniques en un seul après-midi de visite.
Le Huntington Botanical Garden Herbarium (HNT) est fondé en 1963 par Myron Kimnach, directeur des jardins botaniques de 1962 à 1986. Il s'agit d'un dépôt principalement constitué d'échantillons de plantes exotiques utilisés pour la recherche et l'enseignement. Ces spécimens servent de documentation pour les projets de recherche et de ressources pour l'identification des plantes. Avec plus de 10 000 spécimens aujourd'hui, il s'agit d'un fonds d’archives de plantes vasculaires imposant qui met une emphase particulière sur les plantes du Mexique, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. Les familles de plantes qui y sont représentées comprennent les Arecaceae, les Cactaceae, les Crassulaceae, les Euphorbiaceae et les plantes désertiques du monde entier. De plus, l'herbier reçoit et prête des spécimens de plantes utilisés dans des recherches systématiques actives.
Un vaste Quercus engelmannii de 200 ans, alors le plus vieil arbre de la propriété, meurt en .