Cousolre est une commune française située dans l'Avesnois, dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Cousolreziens.

La commune fait partie du parc naturel régional de l'Avesnois.

Géographie Localisation vignette|gauche|Vue d'ensemble. La commune est située sur les contreforts des Ardennes, encerclée par le territoire du Hainaut belge. L'ancienne nationale permettait de joindre Valenciennes à Philippeville en passant par Maubeuge et Beaumont.

L'agglomération se trouve dans le fond de la vallée de la Thure entourée de nombreux bois sur les coteaux, une vaste plaine située à l'est rassemble les sols les plus productifs pour les cultures du blé, de l'orge, de la betterave et du maïs. Les pâturages pour l'élevage dominent sur les trois hameaux de Reugnies, Marsignies et les Haies. Le climat est océanique dégradé avec des hivers rigoureux et des étés parfois très chauds.

Communes limitrophes

Géologie et relief Cousolre à une superficie de 2098 ha et une altitude moyenne de 176 mètres.

Le sol est formé de terrains du Dévonien supérieur et moyen (420 à 350 millions d'années) carrières de Sainte-Anne et de marbre noir) avec de grands récifs coralliens (carrière de la Haie des Saules). On y trouve de nombreux fossiles (fougères, acervularia); l'ensemble a été relevé à l'ère tertiaire donnant aux plages du secondaire de la vallée de la Thure des plissements de 40 à 80° exploités par des carrières de grès.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le Hante, la Thure, le ruisseau de Grandireux, la Forge d'en Haut, la Scierie de Forêt, le Domaine de Waremmes, le ruisseau le Fourneau et divers autres petits cours d'eau.

La Hantes, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de L'Abergement-Clémenciat et se jette dans la Sambre canalisée à L'Abergement-Clémenciat, après avoir traversé .

La Thure est un cours d'eau qui prend sa source en Belgique, d'une longueur de , entre en France dans la commune de Hestrud et se jette dans la Sambre canalisée en Belgique, dans la commune d'Erquelinnes.

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Sambre ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Sambre. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis modifié le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du Parc naturel régional de l'Avesnois.

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Hilaire-sur-Helpe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Cousolre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Maubeuge (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (66,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (47,6 %), forêts (27,7 %), terres arables (17 %), zones urbanisées (5,7 %), zones agricoles hétérogènes (2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La commune est desservie, en 2024, par le service de transport à la demande du réseau Stibus..

Toponymie Le village était dénommé dans un polyptyque du , Curtis Solra, toponyme latin. Curtis désignant le siège administratif d'un pagus, secteur administratif, de la Solre. Il daterait de l'époque mérovingienne. Charlemagne serait venu à Cousolre en 798 à l'occasion de la translation des reliques de Sainte Aldegonde à Maubeuge. Alcuin rédigea pour l'abbaye Saint-Vaast d'Arras une épitaphe pour l'autel dédié à Aldegonde et pour l'abbaye impériale de Saint Riquier.

Histoire

Les informations de cette section sont tirées des travaux cités dans la bibliographie en fin d'article de Jean Heuclin, historien et professeur des universités.

Des trouvailles archéologiques gauloises permettent de supposer des implantations sur un oppidum au niveau de Saint-Roch et sur un autre site d'oppidum au niveau de l'ancienne gare.

Une villa impériale romaine fut édifiée du sur le site du Vigneux le long du diverticulum où des statuettes en bronze et un trésor monétaire du furent découverts. À la même époque, un village gaulois occupait le site du Mont séparé par un marais d'un castrum romain établi sur la grand-place du bourg actuel avec un cardo et un decumanus perceptibles. Une autre villa romaine était sise près du rie du Million. La plaine de la Couture porte la trace des agrimensores romains qui découpèrent le sol en centuriations de 50 ha chacune.

Au , le site de la villa fut occupé par un intendant du fisc royal, Walbert, dont les frères furent maires du palais de Clotaire II et de Dagobert. Sa position en frontière avec l'Austrasie l'amena à se rapprocher des Pippinides établis à Nivelles où il envoya sa fille Aldegonde se former auprès du moine irlandais Subne, et l'aînée Waudru fut mariée à un potentat local de Strepy, Madelgaire/Vincent. Walbert fonda une église en l'honneur de la Vierge, Mère de Dieu, dédicacée par saint Aubert de Cambraiet recélant la crypte avec la memoria familiale, veillée par 12 moniales venues de Maubeuge.

Ces biens passèrent par charte de donation dans la possession des Dames chanoinesses de Maubeuge qui les conservèrent jusqu'à leur vente comme Bien National en 1793. La dernière abbesse Florence De Lannoy vint se réfugier à la cense de la Cour avant de rejoindre son frère le prince-évêque de Liège au moment de la bataille de Wattignies (1793).

L'époque féodale manque de témoignages. Au , le comte Baudouin V de Hainaut cède des portions du village à divers vassaux comme Fulcuin ou Jace de Thirimont. Un autre Baudouin est vassal des seigneurs d'Avesnes, Le chapitre ne conservant que la cense de la Cour, Le Mont, Hurtebise et divers bois.

En 1185, le village est incendié par les troupes du duc de Brabant et l'archevêque de Cologne. Le vieux couvent des chanoinesses est abandonné.

En 1256 par le dit de Péronne, saint Louis réglant la querelle des d'Avesnes et des Dampierre, la terre de Cousolre relevant du chapitre de Maubeuge échoit à Baudouin d'Avesnes, qui en cède une partie à l'abbaye de Bonne-Espérance (1280). En 1294, Cousolre fait partie du douaire de Béatrice d'Avesnes qui a épousé le comte Henri III de Luxembourg.

Adam de Cousolre, abbé en 1270 de l'abbaye de Bonne-Espérance (Prémontrés) fit construire l'imposante église abbatiale. il meurt en 1286.

Aux , Cousolre relève des comtes de Flandres en accord avec l'abbesse Marguerite de Grave. En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, Louis XI tenta de s'emparer de ses États et ravagea la région, pillant et brûlant le village.

La première moitié du est marquée par la construction d'une nouvelle église (1503-1525) — dédiée à saint Martin avec transfert des reliques de Walbert et Bertille. L'essor du protestantisme, les guerres de Religion et la rivalité avec les Habsbourg d'Espagne rendent la sécurité incertaine. La population érige pour se défendre de la soldatesque, une tour-clocher accolée à l'église où il est possible de se réfugier au premier étage dans une grande salle. Le chœur et le cimetière sont détruits.

Après la paix de Vervins (1598), les archiducs Albert et Isabelle encouragent la reconstruction de l'église. Les chanoinesses de Maubeuge assistent à la reconnaissance des reliques de Walbert et Bertille tandis que la rédaction de plusieurs vitae d'Aldegonde érige la sainte en protectrice des Pays-Bas face à la menace d'occupation française.

De 1640 à 1715, le pays est régulièrement ravagé par les troupes de Louis XIV. Les forges, fenderies et moulins à tan — entre les mains des Polchet d'Eppe-Sauvage — fonctionnent irrégulièrement. Cousolre, devient un village frontalier avec une frontière mouvante entre les traités de 1659, 1678 et 1698. La communauté est ruinée par les impositions, les mauvaises récoltes, des conditions climatiques déplorables et des épidémies jusqu'en 1720. Un corps de cavalerie occupe le corps de garde en quête des fraudeurs sur les blés, des déserteurs et du trafic sur les bois et les fers.

En 1702, Philippe Renaut, entrepreneur de la machine de Marly rachète la fenderie des chanoinesses puis la Forge et s'établit avec sa famille au Vieux-Château. En 1719, son fils Philippe-François, séduit par la propagande de la Cie des Indes fondées par John Law part aux Illinois découvrir des mines de plomb. Glorieuse épopée dont il sort ruiné en 1743. Son fils François-Célestin a repris l'affaire familiale et l'a dotée d'une cuirasserie et objets de pionniers, il est actionnaire dans l'usine de Marly-les-Valenciennes qu'il fournit en fer pour produire des clous et des tôles. Après sa mort en 1769, l'affaire décline rapidement. Mais les forges se transforment en scierie pour le marbre avec l'ouverture de carrière de Sainte-Anne.