L'église Saint-Michel de Caderousse, de style romano-gothique, se compose d'une nef, de quatre travées et d'une abside semi-circulaire romane. Extérieurement, celle-ci, est un des rares témoins du gothique flamboyant provençal. À l'intérieur de l'église, une chapelle latérale placée sous le vocable de saint Claude, édifiée au , est d'une grande richesse architecturale et ornementaleRobert Bailly, , ..

Histoire

L'église paroissiale et sa chapelle Saint-Claude, appelée entre le et le , Chapelle de MonsieurMoussu en provençal sont deux monuments construits par étapes. C'étaient des édifices privés qui appartenaient aux seigneurs de Caderousse, dont le plus ancien représentants fut Robert de Caderousse connu en l’an 1060Robert Bailly, , ..

L’église fut transférée au clergé en 1464 et la Chapelle fut rendue à la communauté de la ville en 1802. Classée monument historique, elle forme un ensemble de l’Art Roman et de l’Art Gothique. Quant à la chapelle Saint-Claude (dite de Moussu) elle est de style gothique flamboyant, unique en Provence.

Description Extérieur Il est parfaitement visible de la place de l’Église. Il y a ans cette place était déserte ; rien au sud à l’est et à l’ouest. À cette date, les clunisiens dominent le monde monastique et l’Église s’est approprié tous les droits d’enregistrement.

En 1800, sur le vu des archives communales (aujourd’hui disparues) l’abbé Berbiguier, curé de Caderousse, écrit dans ses Mémoires :

Le clocher à arcade Reconstruit entre 1509 et 1511, il s’élève au-dessus de l’arc du chœur, il comprend six baies réparties sur trois étages. Ces baies sont dotées de cloches de taille et de sons différents.

Le clocher à arcades de Saint-Michel de Caderousse est classé au titre des monuments historiques depuis le

L’église Saint-Michel Construite vers le sur les piliers d’un ancien temple dédié à Apollon. D’abord chapelle privée, elle devient paroissiale en 1464, après les menaces des « routiers » contre les moines de Cluny.

L’abside est formée de 5 arcatures en plein cintre retombant sur des colonnettes. La nef a été remaniée, les chapelles latérales ont été rajoutées par la suite, c’est pourquoi il n’y a pas de continuité architecturale. L’église a été entièrement rénovée sous la mandature de Pierre Cuer et bénie par l’archevêque d’Avignon le .

L'église Saint-Michel de Caderousse fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .

La chapelle d’Ancézune Achevée en l’an 1527, elle était la propriété de la maison d’Ancézune jusqu’en 1792. L’édifice comprend deux travées couvertes de voûtes à multiples nervures, disposition courante en Angleterre mais très rare en France, elle est considérée comme la plus belle œuvre de Provence. Le chœur est couvert de deux voûtes en étoile avec d’élégants lièrnes et tiercerons, il est éclairé par 4 fenêtres qui supportent les blasons, de Provence, de l’archevêque d’Avignon, du Comtat Venaissin, de Caderousse et d’Orange

Les armoiries ont été placées en 1945 par l’abbé Miral, curé de la paroisse.

Au milieu de la chapelle se trouve un petit oratoire avec quatre clefs pendantes en son milieu supportant les écus de la famille d’Ancezune. La chapelle possède une tribune qui communique avec la nef. La balustrade est d’une richesse et finesse architecturale de premier ordre (elle était réservée au seigneur). Sur les mûrs, des indices des tâcherons et des dates sur les hauteurs des inondations.

La chapelle d’Ancézune de Caderousse fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .

Intérieur Face à l'autel, les deux figures représentent les ruines du temple d’Apollon qui a été démoli au . La ruine matérialisée en constitue l’assise des cinq arcatures. La ruine forme le pilier de droite. Il sépare le Chœur de la Chapelle Saint-Claude, il sert aussi d’embase droit du campanile et ces deux éléments forment le socle de l’édifice religieux.

Cursus de l’église Petite chapelle à une travée, sa construction remonte fin du . Sa dimension représentait le 1/3 de l'église actuelle dont on aperçoit la nef

Par vétusté, la nef s’écroula vers le ou .

L'église de Saint-Michel ()

Ce plan configure l'identité réelle de la première église de Caderousse. Elle n’est pas en forme de croix latine (ce qui n’était pas obligatoire), légèrement plus petite, elle n’a pas de chapelles latérales. Les anciens arcs paraissent en décalés. L’ensemble est de structure simple et de chaque côté des travées des orifices d’ouverture laissent passer la lumière. L’autel se trouve près des arcatures, il était en marbre. Le clocher se situe au-dessus du chœur. L'abbé Blanc note au sujet de cet édifice, qu’il a été détruit par un incendie au . Elle fut dédiée à Saint-Michel l'Archange.

Quant aux cimetières, celui intra-muros se trouvant à l’est de l'église, les transferts des ossements et plaques mortuaires furent entrepris entre 1862 et 1863 vers le second situé près de la chapelle Saint-Martin extra-muros. D'autres ossements ont été retrouvés en 1984-1985, lors de la rénovation de ce lieu de culte et réunis dans un carré dans le second cimetière.

L'église reconstruite et la chapelle d'Ancezune

Elle fut rebâtie fin - début . Les archives du musée Calvet révèlent :

- un legs pieux pour l’œuvre du clocher le ,

- un emprunt de 25 florins pour achever la construction du clocher le ,

- la réfection de la nef par Imbert Point, lapicide (maître-maçon) entre 1436 et 1446.

Les travées sont plus larges, on aperçoit les anciens arceaux reconstitués sur ce schéma par un trait. Cet agrandissement a été fondé sur une étude pour épanouir son acoustique, par rapport au dôme qui est plus haut et le toit en forme de « V » renversé. L’autel toujours placé au fond du chœur, était couronné d’un retable de haute valeur, il représentait : - Notre dame de la pitié avec les apôtres et sur fond d’or le Saint-Père entouré d’étoiles.

Les archives de Paris signalent la présence d’un autre retable qui existait en 1452. Ces deux œuvres ont disparu. Le style de cette construction est Roman par ses arcatures et gothique par son arc triomphal soutenant la calotte romane. Cette église fut entièrement rénovée sur les conseils des architectes des Beaux-Arts et des Monuments de France ainsi que du responsable d’Art Sacré du Diocèse d’Avignon en 1985. Auparavant elle fut l’objet de modifications intérieures multiples ! Par exemple : - La première tribune était construite au-dessus de l’Autel et fut détruite pour être édifiée près de l’entrée principale avec un accès situé près de la petite porte. La chaire se trouvait sur votre gauche accolée sur le second pilier.

- Le , le clocher actuel est rebâti

- Le , les six baies sont aménagées pour recevoir les cloches

- Le , les cloches, enfin fondues, sont installées

- À partir de 1606, Monseigneur de TULLES s’installe à Caderousse après sa démission d’Evêque d’Orange et monte chaque jour au clocher de Saint Michel et en se tournant au Nord dira pendant 17 ans, « per visu » en parlant de son église abandonnée

- Au les cloches vétustes sont démontées et le , la grosse cloche et son battant tombe au pied de Simon, le sonneur sans le blesser

- le , les six cloches offertes par l’archevêché et la communauté des paroissiens se sont mises à tinter sous les mains expertes de Jean-Bernard Lemoine. Elles reçurent la bénédiction de Monseigneur Bouchex, le .

Inscrite sur la liste du patrimoine ce clocher est un des plus beaux de la contrée, et les cloches symbolisent « la vertu pour la vie ». Pour terminer ce chapitre, la chapelle qui apparaît sur le plan, ci-dessus, est celle du puissant Seigneur Anthoine d’Ancezune qui la fit élever entre 1448 et 1458 pour y recevoir sa sépulture et celle des membres de sa famille. Pour la bâtir, il a fallu ouvrir le mur latéral droit, l’Arc est de cette date et le pilier secondaire porte les hauteurs des inondations :

- aqua 1471

- aqua 1530

- aqua 1538

- 30 nov 1735

Elle n’avait qu’une simple travée d’origine, elle est la réplique (hauteur – largeur – profondeur et croisée) de celle qui se trouve en vis-à-vis (Chassenatico et Maréchal). Elle fut démolie par son fils (voir chapitre Chapelle Saint Claude)

La Chapelle de Chassenatico et Maréchal

Cette chapelle se trouve à gauche sur ce plan. C’est le que ces deux propriétaires ordonnent à « prix fait » de 400 florins sa construction. Ses caractéristiques étaient celles de la Chapelle Saint-Claude avec une croisée d’ogives. Le mur nord de l’Église fut ouvert par les maîtres maçons François Moselli, Guillaume Poys, du pays d’Orange. La quittance fut payée le . Elle a abrité les dépouilles.mortelles de ces deux seigneurs. Lors des travaux de rénovation entrepris sous la mandature de Pierre Cuer en 1985 des corps ont été retrouvés dans cette partie du bâtiment.

La chapelle du curé André Fayssat

Cette chapelle se trouve au sud après Saint-Claude. C’est en 1489, le que ce prêtre de Caderousse, fit élever cette chapelle pour y être enseveli. Elle est dédiée à Notre-Dame-de-Consolation et aux Saints Blaise et Maximin. En 1931, elle était appelée Chapelle de Sainte-Anne et on y célébrait des offices pour la communauté de l’Abbé Fayssat. Ce prêtre a été inhumé en bordure de l’Autel qui était en marbre blanc. (Le testament d’André Fayssat, se trouve à la Bibliothèque du musée Calvet d’Avignon, ) folio 70. Sur le mur, face à Saint-Claude est fixé un relief représentant Saint-Antoine de Padoue. Cette sculpture date du . Cette œuvre est inscrite sur la liste des monuments historiques, elle est propriété de la commune. Comme pour tout agrandissement, le mur latéral a été démoli et un arc a été réalisé. Elle ne possède qu’une travée d’ogives.

Les chapelles du Prieur et des Syndics

Le , le prieur de Caderousse fait construire conjointement avec les syndics du bourg deux chapelles qui se situeront au nord de l’Édifice central. Les prix s’établissent à 170 florins par construction et les demandeurs fournissent tous les matériaux. La première chapelle a une croisée d’ogives avec au sommet des armoiries avec fleur de lis. La Chapelle est dédiée à Saint-Eloi. La seconde, toujours avec une travée d’ogives dédiée à Saint-Roch était destinée à la confrérie de Saint-Sébastien. Le bâtisseur est Robert de JAY originaire du FOREZ.

La seconde chapelle des Syndics

C’est le que sa construction est commencée, elle est située au sud près de la Chapelle de Fayssat. (Sur le plan, il n’apparaît plus la chapelle Saint-Claude, elle est démolie en 1517). C’est Jean de Paris qui se voit confier la tâche de construction de la . Cette chapelle est plus grande et comporte deux travées d’ogives et deux ouvertures en arcade sur la nef, le prix fait est de 240 florins et les arcades sont du même modèle que les autres ouvertures de la chapelle. Elle est bâtie en l’honneur du corps du Christ de Sainte-Anne et de Saint-Eloi.

Guillaume d’Ancezune, propriétaire du château jouxtant l’Église, permet aux syndics de la commune d’appuyer deux arcs-boutants par-dessus la rue des Courtines. Elle n’abritait pas d’autel. La vocation de cette construction avait un but de cohérence architecturale. Cet ajout fut terminé le .

Avec la nouvelle chapelle d’Ancezune (St Claude) terminée en 1527, l’Église comportera 6 chapelles latérales.

La chapelle Saint-Claude (anciennement d'Ancezune)

Anthoine d’Ancezune meurt le et est enseveli dans sa chapelle. Son fils et successeur, Guillaume IV -conseiller du Roi François I-gouverneur de Roquemaure- la trouve trop petite et indigne de son rang, la fait démolir le , pour en construire une beaucoup plus grande et plus belle. Il donne en « prix fait » cette nouvelle construction au lapicide, Dominique de Saint-Pierre, qui en fait le projet et le devis en latin. (Pacta pro construenda capella nobilium deAnceduna dominorum Caderossie).

Cette œuvre coûta :

- 300 livres tournois (valeur la plus élevée en monnaie d’époque),

- 8 Saumées de blé,

- 3 porcs salés