Le Beulay est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.

La commune autrefois appelée Beulay fait partie du canton de Provenchères-sur-Fave, relique du canton de Saales après la rectification de frontière franco-allemande de 1871, auquel elle a demandé à être rattachée en 1872. Géographie Localisation La commune du Beulay s'étend sur une fraction de la haute vallée de la Fave, des rives occidentales des anciens thalwegs jusqu'au contrebas du domaine de l'ancien château du Spitzemberg, qui forme une enclave rattachée à la commune de La Petite-Fosse. La section forestière de Saint-Boimont est ainsi bordée par cette dernière commune. Les territoires communaux de Provenchères-sur-Fave en amont et Frapelle en aval encadre Le Beulay sur les collines latérales et des portions d'anciennes prairies de la Fave. Enfin, des parcelles de prairies s'étendent au-delà de la Fave, associées à d'anciennes lanières de terres communales, parfois aujourd'hui boisées, qui dépassent même la voie ferrée sur Ferdimont, jouxtent ou s'imbriquent dans le territoire de Lusse.

La commune de s'appuie ainsi sur le Sud-Est du massif de l'Ormont, se clôturant en particulier sous la pointe du Spitzemberg d'où s'échappent deux ruisseaux, le Malpré et le Droit Lit, charriant les grains de sable et le liant ferrique, terreux, rosé ou rougeâtre, provenant de l'altération des roches gréseuses. Elle englobe les collines latérales et une zone de prairies autrefois irriguées par la Fave, détournée par canal à partir du pont noir à Provenchères. Les principaux îlots de maisons font face à la mairie construite au sur un rebord de la prairie, à d'altitude.

Géologie et relief Le modeste village est situé entre deux cônes d'accumulations de matériaux hétérogènes, sables, galets et blocs d'origine fluvio-glaciaire qui bordent la vallée de la Fave, recouverts d'alluvions plus récentes. L'essentiel du terroir agricole repose sur des couches de grès feldspathiques, de conglomérats et de brèches, dites couches de Frapelle, qui caractérisent la plus grande partie des abords du massif de l'Ormont. Ils sont surmontés en altitude des grès feldspathiques et des schistes argileux des couches de Champenay. Enfin, vers d'altitude n'apparaissent les grès vosgiens ou triasiques que sur le chapeau sommital du Spitzemberg.

Les failles marquantes sont en direction nord-est - sud-ouest. Elles encadrent les buttes-témoins du Voyemont et du Climont, marquent les fortes pentes des roches d'Ormont ou entre Ormont et Spitzemberg avant de s'évanouir dans le profond bassin permien sous Saint-Dié.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Fave, le ruisseau le Bleu, le ruisseau le Droit-Lit et le ruisseau le Malpre..

La Fave, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Lubine et se jette dans la Meurthe à Saint-Dié-des-Vosges, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier du Beulay.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ban-de-Sapt », sur la commune de Ban-de-Sapt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Le Beulay est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (71 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (71 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (71 %), prairies (22,2 %), zones agricoles hétérogènes (6,4 %), zones urbanisées (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communications et transports Transports en commun Fluo Grand Est.

Lignes SNCF Gare de Colroy - Lubine.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Bouloy (1335) ; Bouley (1341) ; Bolay (1347) ; Boulay (1399) ; Boulloy () ; Bullay (1440) ; « Au Boulay en la parosche dudit Provenchiere » (1485) ; Boullay (1515) ; Beullay (1558) ; Le Bouley (1656) ; Le Beulay (1711) ; Beuley (1768) ; Beaulay (1873)..

Du mot gaulois passé au latin betulla signifiant « bouleau », auquel s'ajoute le suffixe -eta servant à désigner une plantation.. Une étymologie populaire respectant une phonétique française en déduit aisément un lieu planté de bouleaux., de l'oil boloie, devenu le moderne « boulaie » (vu l'absence de nom de lieu du type *belaie, il faut supposer que partout le u avant l a été maintenu). L'historien reste sceptique devant ces appellatifs végétaux. Le linguiste confirme que Beulay ou Boullay dérive du gaulois Bola ou Bolla qui désigne une limite de territoire entre deux domaines différentsIl existe d'autres lieux-dits La Bolle (Saint-Dié) ou Bollviller (en Alsace). Il est peu probable que le toponyme dérive du vieux français bouline, qui désigne un bastion, une petite place fortifiée, un lieu de garde. En anglais, ce mot désigne la proue. Le néerlandais, bollwerk a donné en français boulevard, désignant à l'origine la zone des ouvrages techniques de fortification. Remarquez toutefois qu'il y subsiste le sens d'une limite ou de bout d'un espace.. Ce toponyme assez fréquent a donné naissance à des noms de famille, les Boulay ou BoullayL'orthographe a été fluctuante : Beulet, Beulay, Boulet.

Histoire Moyen Âge Au , il y a déjà plusieurs seigneurs à Beulay et la capitainerie du Spitzemberg semble aussi avoir des droits généraux sur une douzaine de maisons et deux moulins. Le chapitre de Saint-Dié possède d'abord une ménantille, puis intensifie sa présence avec deux ménanties et un moulin jusqu'en 1551Thibaut de Jussy a échangé des biens immobiliers en 1551 contre la terre fauquée de Sainte-Marguerite. Les références les plus accessibles pour la vallée de la Fave se retrouvent dans les bons ouvrages qui décrivent le Val de Saint-Dié et qui sont présentés en partie bibliographie de Saint-Dié. Il prélève deux chapons de cens.

La première ménantie appartenant au chapitre de Saint-Dié est une maison avec jardin et bois. Quatre prés et cinq champs constituent ses dépendances, soit environ 2 ha qui peuvent nourrir une petite famille et affourager une vachePrés, champs... sont des pièces de terres normalisées en jour, soit une superficie productive d'environ 20 ares.. Le , le sonrier de la ville l'a vend et en retire dix florins, deux florins pour le vin de sonrier et du maire. Un florin est réservé aux frais pour la constitution de l'acte.

L'autre ménantie de taille apparemment similaire est confiée par Thiébault d'Ogéviller, chantre et chanoine, au maire Georges de Beulay, homme du chapitre et ses hoirs. Il a fourni à la prise de possession trois francs, une fois donnés le et la promesse de maintenir le manse en bon état. Mais la fille du maire Georges n'a cure de la ménantille. Elle n'a ni fils ni fille et encore moins, tient-elle à préciser de vive voix aux vénérables chanoines, "de manans, ne servant dessous nousz". La ménantille vacante est ascensée à Jean le Broude le , qui s'engage pour douze gros d'argent annuels.

Le moulin est donné à bail pour vingt ans en 1400 à Jean de Braiban de Lusse. Le dernier preneur doit cinq sols de strasbourgeois au chapitre et remettre en état le dit moulin. Deux bichets de seigle devront être payés annuellement aux héritiers du moulins, à la Saint-Martin d'hiver. L'ascensement est concédé le pour cinq gros de Lorraine et une même obligation d'entretien. Le ce prix est relevé à huit gros.

La communauté de Beulay est longtemps partagée entre plusieurs seigneurs, dont malheureusement les archives et les comptes n'ont pas tous été aussi bien préservés que ceux du chapitre de Saint-Dié, mais elle apparaît bien organisée en une assemblée communautaire qui gère les prairies d'irrigation et quelques biens propres. Elle semble dépendre de la mairie de Bertrimoutier, qui possèdent une grande partie de la face méridionale de l'Ormont, de Vanifosse à Beulay. L'origine du pouvoir de Bertrimoutier est indéniablement religieux, car il s'agit d'un très vieux cimetière de la vallée de la Fave. Beulay en limite a été et sera disputé entre deux contrées aux forts caractères, la basse vallée centrée administrativement sur Bertrimoutier et la haute vallée dominée par Provenchères et Colroy. Beulay est néanmoins happé dans la paroisse de Provenchères dès sa formation au . Les faits ethnologiques et la vie économique les rapprochent de Provenchères et de son haut pays comprenant les hameaux ou bourgs longtemps prospères de la Grande Fosse, Ban-de-Sapt et Saales, sur la voie des Saulniers.

Temps modernes En 1710, la communauté, village du bailliage de Saint-Dié, reprend le chemin de la croissance économique, longtemps appauvrie au par la guerre de Trente Ans et l'incertitude sociale et politique en Lorraine. Elle compte treize foyers fiscaux théoriques, mais probablement une centaine d'habitants si on compte les nombreux exemptés temporaires. L'essor des cultures, notamment la pomme de terre, apporte un développement de son terroir agraire vers les hauts après 1750.

Révolution française et Empire A la Révolution, ses habitants se soudent avec vigueur pour former une petite commune du canton de Bertrimoutier. La commune de 128 habitants subit les affres économiques des mauvaises années 1780 et les tourments de la Révolution. En l'an XII, elle vieillit. Mais sa croissance démographique après la Restauration est vigoureuse. Sa population rajeunie atteint 153 habitants en 1830, 148 habitant en 1840 sous le maire Colin et culmine à 157 habitants en 1847Population de 147 habitants en 1859, 185 habitants en 1863, 154 habitants en 1867, 187 habitants en 1880.