Dans la mythologie grecque, Elpis (en grec ancien / elpís) est la personnification de l'espoir.
Son équivalent romain est Spes.
Famille Elpis serait la fille de Nyx, déesse de la nuit et la mère de Pheme, déesse de la réputation, de la renommée et de la rumeur.
Mythe et sens Dans Les Travaux et les jours d'Hésiode, Pandore laisse s'échapper tous les maux de la jarre d'où ils étaient enfermés ; seule Elpis reste au fond, Pandore ayant replacé le couvercle par la volonté de Zeus, 96-99.. Ce passage a suscité l'interrogation dès l'Antiquité : on s'est demandé pourquoi l'espoir était considéré comme un mal et pourquoi il était censé rester dans la jarre, alors que les humains sont bel et bien capables d'espérerW. J. Verdenius, « A 'Hopeless' Line in Hesiod: Works and Days 96 », Mnemosyne, , 24, fasc. 3 (1971), 225 [225-231]..
Pour certains, la jarre de Pandore contient non seulement les maux, mais aussi les biens. Chez BabriusBabrius, 58., un fabuliste de l'époque romaine impériale, les maux se répandent sur Terre quand Pandore soulève le couvercle, tandis que les biens gagnent le ciel. On a objecté que cette version était conforme à la conception stoïcienne de la divine Providence, mais non à la vision pessimiste de l'époque archaïque, pour laquelle l'homme est intrinsèquement mauvais. Il est également possible que Babrius ait combiné le mythe de Pandore avec le récit de Théognis de Mégare, selon lequel les dieux, qui vivent initialement sur la Terre, finissent par regagner le ciel devant la méchanceté humaineThéognis, frag. 1, 1135 et suivants.
Pour d'autres encore, le fait qu'Elpis reste enfermée dans la jarre signifie que la condition humaine est sans espoir, désespérée. Toutefois, cela n'explique pas pourquoi Elpis est considérée comme un mal.
On a suggéré qu'« elpis » ne devait pas être traduit par « espoir », mais par « attente », au sens d'attendre ce qui va advenir. Zeus aurait initialement prévu que les hommes non seulement souffrent des différents maux, mais qu'ils s'attendent à souffrir en permanenceVerdenius, 229-231. Suivi par , 157.. Eschyle y fait peut-être allusion dans son Prométhée enchaîné, quand Prométhée déclare : « J'ai guéri les hommes d'être hantés par la prévision de leur mort (…). J'ai logé en eux des espérances qui les aveuglent, 248 et 250. Extrait de la traduction de Victor-Henry Debidour.. » De même, Platon indique dans le Gorgias qu'il faut « ôter aux hommes la prescience de leur dernière heure ; car maintenant ils la connaissent d'avance. Aussi déjà l'ordre est donné à Prométhée qu'il change cela, 523d-e. Extrait de la traduction de Victor Cousin .. »
Dans La Cuisine du sacrifice en pays grecavec Marcel Detienne, La Cuisine du sacrifice en pays grec, Paris, Gallimard, 1979, chap. 10., Jean-Pierre Vernant livre une riche et complexe interprétation de Elpis : de son point de vue, elle n'est ni bonne, ni mauvaise, mais ambiguë :
Sophocle présente l'oracle, la voix prophétique () comme la « fille de l'Espérance d'or », 511..
Description Elpis est dépeinte comme une jeune femme portant généralement des fleurs ou une corne d'abondance dans ses mains.
Notes et références
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