Le troisième gouvernement Pierre Mauroy est le gouvernement de la République française.
Cet article présente la composition du gouvernement français sous le Premier ministre Pierre Mauroy du au , pendant la présidence de François Mitterrand (1981-1995).. Il s’agit du troisième et dernier gouvernement de Pierre Mauroy.
Contexte de formation
Contexte politique et économique
Le troisième gouvernement de Pierre Mauroy inaugure la politique de tournant de la rigueur voulue par le président Mitterrand. L'objectif est de freiner les dépenses publiques, et donc abaisser l'inflation, afin de rester dans le Système monétaire européen et assainir les finances publiques françaises, qui se sont dégradées entre 1981 et 1982 du fait de la relance keynésienne qui a vu les dépenses publiques augmenter de plus de 30 %.
Choix des ministres
Féminisation du gouvernement Le gouvernement compte six femmes ministres : Édith Cresson, Yvette Roudy, Edwige Avice, Catherine Lalumière, Georgina Dufoix et Huguette Bouchardeau.
Coalition Si le gouvernement est principalement composé de socialistes, quelques ministres communistes sont nommés à des postes, bien que subalternes, pour honorer l'accord entre Mitterrand et le Parti communiste.
Composition initiale Pierre Mauroy est nommé Premier ministre par un décret du Décret du 22 mars 1983 portant nomination du Premier ministre et les membres du Gouvernement par un décret en date du Décret du 22 mars 1983 portant nomination de membres du gouvernement (source gouvernement)Décret du 22 mars 1983 portant nomination de membres du gouvernement (source Légifrance, mais il manque la ) et du Décret du 24 mars 1983 relatif à la composition du gouvernement (source gouvernement)Décret du 24 mars 1983 relatif à la composition du gouvernement (source Légifrance). Contrairement aux deux premiers Gouvernements dirigés par Pierre Mauroy, il ne compte aucun ministre d'Etat.
Premier ministre Image Fonction Nom Parti 80px|Jacques Chirac Premier ministre Pierre Mauroy PS
Ministres Image Fonction Nom Parti 80px|Jacques Delors Ministre de l'Économie et des Finances Jacques Delors PS 80px|Pierre Bérégovoy Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale Pierre Bérégovoy PS 80px|Gaston Defferre Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Gaston Defferre PS 80px|Charles Fiterman Ministre des Transports Charles Fiterman PCF 80px|Robert Badinter Garde des Sceaux, ministre de la Justice Robert Badinter PS 80px|Claude Cheysson Ministre des Relations extérieures Claude Cheysson PS 80px|Charles Hernu Ministre de la Défense Charles Hernu PS 80px|Michel Rocard Ministre de l'Agriculture Michel Rocard PS Ministre de l'Industrie et de la Recherche Laurent Fabius PS Ministre de l'Éducation nationale Alain Savary PS 80px|Édith Cresson Ministre du Commerce extérieur et du Tourisme Édith Cresson PS80px Ministre de l'Urbanisme et du Logement Roger Quilliot PS80px Ministre du Commerce et de l’Artisanat Michel Crépeau MRG 80px Ministre de la Formation professionnelle Marcel Rigout PCF
Ministres délégués Image Fonction Nom Parti 80px|Jack LangMinistre délégué à la CultureJack Lang PS 80pxMinistre déléguée chargée de la Jeunesse et des SportsEdwige AvicePS 109x109px|Yvette Roudy Ministre déléguée chargée des Droits de la femme Yvette Roudy PS 80px|André LabarrèreMinistre délégué chargé des Relations avec le ParlementAndré LabarrèrePS 80px|André ChandernagorMinistre délégué chargé des Affaires européennesAndré ChandernagorPS 80pxMinistre délégué chargé de la Coopération et du DéveloppementChristian NucciPS 80px|Louis MexandeauMinistre délégué chargé des P.T.T. Louis Mexandeau PS 80px|Jack RaliteMinistre délégué chargé de l'Emploi Jack Ralite PCF
Secrétaires d'État Image Fonction Nom Parti 80px|Max GalloSecrétaire d'État, porte-parole du gouvernementMax Gallo PS 80px Secrétaire d'État Jean Le Garrec PS 80px|Anicet Le Pors Secrétaire d'État chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives Anicet Le Pors PCF 80px Secrétaire d'État chargé des Techniques de la Communication Georges Fillioud PS 80px|Henri EmmanuelliSecrétaire d'État chargé du BudgetHenri EmmanuelliPS 80px|Catherine LalumièreSecrétaire d'État chargée de la ConsomnationCatherine LalumièrePS 80px Secrétaire d'État chargé de la Sécurité publiqueJoseph FranceschiPS 80px Secrétaire d'État chargé des Départements et territoires d'outre-mer Georges Lemoine PS 80px Secrétaire d'État de la Défense François Autain PS 80px Secrétaire d'État chargé des Anciens combattants Jean Laurain PS 80px|Jean Auroux Secrétaire d'État chargé de l'Énergie Jean Auroux PS 80px|Edmond Hervé Secrétaire d'État chargé de la Santé Edmond Hervé PS 80px|Georgina Dufoix Secrétaire d'État chargée de la Famille, de la Population et des Travailleurs immigrés Georgina Dufoix PS 80px|Daniel Benoist Secrétaire d'État chargé des Personnes âgées Daniel Benoist PS 80px Secrétaire d'Etat chargé des Rapatriés Raymond Courrière PS 80px|Huguette Bouchardeau Secrétaire d'État chargée de l'Environnement et de la Qualité de vie Huguette Bouchardeau PSU 80px|Roger-Gérard Schwartzenberg Secrétaire d'État Roger-Gérard Schwartzenberg MRG 80px|René Souchon Secrétaire d'État chargé de l'Agriculture et de la Forêt René Souchon PS 80px Secrétaire d'État chargé du Tourisme Roland Carraz PS 80px Secrétaire d'État chargé de la Mer Guy Lengagne PS
Ajustements et remaniements Remaniement du 4 octobre 1983 Élus sénateurs le , Roger Quilliot et François Autain démissionnent.. Ce sont les raisons du remaniement du Décret du 4 octobre 1983 relatif à la composition du gouvernement : Paul Quilès (PS) remplace Roger Quilliot comme ministre de l’Urbanisme et du Logement ; Jean Gatel (PS) remplace François Autain comme secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense.
Remaniement du 7 décembre 1983 Nommé premier président de la Cour des comptesDécret du 7 décembre 1983 portant nomination du premier président de la Cour des comptes, André Chandernagor démissionneDécret du 7 décembre 1983 relatif à la composition du gouvernement.
Le poste de ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes est supprimé.
Remaniement du 18 décembre 1983 Roland Dumas (PS) devient ministre des Affaires européennesDécret du 18 décembre 1983 relatif à la composition du gouvernement.
Remaniement du 18 juin 1984 Max Gallo démissionne le . Il est remplacé comme porte-parole du gouvernement par Roland Dumas (PS), ministre des Affaires européennesDécret du 18 juin 1984 relatif à la composition du gouvernement.
Répartition partisane
Parti Premierministre Ministres Ministresdélégués Secrétairesd'État Total Répartition le 24 mars 1983 1 14 8 20 43 Parti socialiste 1 11 7 17 36 Parti communiste français 2 1 1 4 Mouvement des radicaux de gauche 1 1 2 Parti socialiste unifié 1 1 Répartition le 17 juillet 1984 1 15 7 19 43 Parti socialiste 1 12 6 16 36 Parti communiste français 2 1 1 4 Mouvement des radicaux de gauche 1 1 2 Parti socialiste unifié 1 1
Actions
Politique budgétaire Le tournant de la rigueur ayant été bâti sur la nécessité de lutter contre l'inflation, le gouvernement enclenche une baisse des dépenses et donc de la demande globale, qui atteint 60 milliards de francs. La ponction sur les ménages s'élève à 33 milliards de francs, ce qui contrecarre une grande partie des mesures de relance prises jusqu'alors.
Politique industrielle et de l'emploi Laurent Fabius, ministre de l'Industrie, mène une politique de modernisation des entreprises. Il annonce en mai 1983 les CODEVI (Comptes pour le développement industriel), qui sont lancés à la rentrée. Ils drainent 26 milliards de francs en un mois, et recueillent 54 milliards en six mois. Cette épargne alimente un Fonds industriel de modernisation (FIM), dont la mission est de prêter des capitaux aux entreprises industrielles pour financer le renouvellement de leurs technologies et de leurs équipements.
Le nombre annuel de faillites ayant doublé depuis le choc pétrolier de 1973, s'établissent à 25 000 par an en 1984, une loi sur le sauvetage juridique, économique et social des entreprises en difficulté est votée le mars 1984, et sera suivie d'une seconde loi sous le gouvernement suivant.
Seulement, devant le constat que la cause principale des faillites est le surendettement et le vieillissement des équipements, et qu'au moins un tiers des entreprises françaises doit être modernisé pour survivre, le gouvernement rompt avec la doctrine qui avait dominé jusque là du sauvetage par l’État des entreprises. Au mois de juin 1984, le gouvernement n'empêche pas la fermeture de l'entreprise sidérurgique Creusot-Loire, plus grand dépôt de bilan de l'histoire industrielle française.
Le gouvernement Mauroy s'attelle à ce que le Premier ministre appelle le « traitement social du chômage ». Ces efforts portent principalement sur les actifs en fin de carrière. À travers les dispositifs de préretraite mis en place par le gouvernement, 700 000 personnes en bénéficient lorsque Mauroy quitte Matignon.
Afin de s'attaquer au chômage des jeunes, qui sont les plus touchés par le chômage, est créé en 1983 le stage d’insertion à la vie professionnelle (SIVP). Rémunéré entre le tiers et la moitié du SMIC, l’entreprise qui embauche le jeune n'a pas à payer de cotisations sociales. Ne montrant pas de résultats positifs, le dispositif est supprimé en 1988.
Finances publiques La rigueur décidée en 1983 se module à travers trois priorités politiques : rétablir l'épargne, car c'est un excès de demande qui a causé le creusement de la balance commerciale, la réduction du déficit budgétaire, que la relance keynésienne a creusé, et le ralentissement du crédit. Pour ce faire, la rémunération des plans épargne logement est élevée d'un point (9 % à 10 %). Le gouvernement tente de combler le déficit budgétaire par un prélèvement de 1 % sur les revenus, qui rapporte 13 milliards, et une chute de 24 milliards des dépenses.
La loi de finances du budget de l'année 1985 vise à réduire l'inflation (avec un objectif de 5 % par an avant 1986), la pression fiscale, et à moderniser l'industrie. Les impôts et cotisations sociales baissent pour la première fois depuis 1971. La réduction de l'impôt de 5 % et la suppression de la cotisation sociale de 1 % permettent aux ménages de bénéficier d'un revenu disponible supplémentaire de 20 milliards de francs. La réduction de la taxe professionnelle fait économiser 10 milliards aux entreprises.
Afin de récupérer ce manque à gagner de 30 milliards de francs, 23 milliards sont récupérés en augmentant la fiscalité sur les carburants et en augmentant les tarifs sur les téléphones.
Afin de freiner l'inflation, la croissance de la masse monétaire est limitée à 9 %, afin de faire passer l'inflation de 11,6 % en 1982 à un objectif de 8 % fin 1983.
Sondages
Un sondage Sofres indique en mars 1984 que 54 % des Français approuvent la poursuite de la politique de rigueur du gouvernement et qu’ils sont . Le journal Le Monde écrit le mois même que cela ..
Démission Pierre Mauroy profite de la cérémonie du 14 juillet pour confier au Président Mitterrand que, si le projet de loi Savary est retiré, alors il démissionnera. François Mitterrand refuse qu'il quitte le navire. Le revoyant dans l'après-midi, il lui demande de rester avec lui le temps de mener le référendum. Se coordonnant avec Alain Savary dans la soirée, Mauroy téléphone le lendemain à Mitterrand pour lui annoncer sa décision finale de quitter le gouvernement si le projet de loi, qui a déjà été voté en première lecture, est retiré. Il rédige sa lettre de démission et l'envoie par télécopie le 15 juillet au Président.
Mauroy donne officiellement sa lettre de démission au Président le mardi 17 juillet, qui est publiée au Journal officiel de la République française le . Laurent Fabius est nommé dans la soirée par François Mitterrand comme nouveau Premier ministre et forme le gouvernement Fabius.