thumb|right|upright=1.5|Étapes successives d'un vêlage chez une vache.

Le vêlage est la mise bas chez les vaches.

Les semaines précédant le vêlage sont marquées par une préparation progressive de la vache à cette étape, que l’on peut observer par le gonflement du pis, le relâchement de certains ligaments, des variations de la température corporelle. Le vêlage se déclenche à la suite d'une activité hormonale, dont le fœtus est à l’origine.

Parfois, le vêlage ne se déroule pas dans des conditions optimales. On parle alors de dystocie. Les dystocies peuvent être liées à la vache (ouverture pelvienne insuffisante, torsion de matrice) ou au veau (trop gros). En élevage, on remédie à ces problèmes par l’intervention humaine pour tirer le veau, voire dans des cas plus extrêmes réaliser une césarienne ou même une embryotomie.

À la suite du vêlage s’instaure rapidement une relation entre la mère et le jeune. Celui-ci tête le colostrum qui lui permet de développer ses défenses immunitaires.

La gestation Chez la vache, la gestation dure généralement entre 280 et 284 jours.

Le contrôle endocrinien de la gestation La production de progestérone par le corps jaune est indispensable pour permettre la gestation. Le corps jaune, formé lors de l’ovulation ayant conduit à la fécondation, est donc présent tout au long de la gestation, empêchant le début d’un nouveau cycle sexuel. C’est pourquoi la période de la gestation se caractérise par une absence de chaleurs chez la vache . Afin de maintenir le corps jaune et ainsi la gestation, l'embryon produit un signal spécifique qui empêche la lutéolyse, qui, sans celui-ci, serait déclenchée à la fin du cycle œstral. Les embryons bovins produisent et libèrent très précocement une protéine spécifique de la gestation, l'interféron-tau. Celui-ci agit en inhibant les récepteurs à l’ocytocine situés dans l’épithélium de l’utérus et en inhibant la synthèse de prostaglandines, sans lesquelles le corps jaune ne peut être détruit.

Le fœtus durant la gestation +Développement du fœtus durant la gestationMois de gestationPoids du fœtus (kg)Taille du fœtus (cm)Poids de l'utérus gravide (kg)Stade de développement0,1 à 0,26 à 71,3Ébauche des membres0,8 à 114 à 286,5Apparition des organes génitaux externes3 à 825 à 5020Poils sur les oreilles, le front et la queue8 à 1540 à 6040 à 45Poils sur les membres20 à 5065 à 8545 à 80Poils sur tout le corps

Vêlages avant terme : les avortements Les avortements sont très rares chez les bovins. Ils sont bien souvent précédés par la mort du fœtus, touché directement ou par le biais d’une affection du placenta. L’avortement peut être lié à un traumatisme rencontré par l’animal, à l’utilisation abusive d’un traitement ou par une alimentation déséquilibrée ou contenant des toxines susceptibles d’atteindre la bonne santé du fœtus, mais la cause la plus fréquente est la contamination par un agent infectieux. La brucellose a longtemps constitué la première cause d’avortement, mais la lutte approfondie contre cette maladie qui pouvait se transmettre à l’homme a permis de l’éradiquer dans certains pays comme en France. La salmonellose ne provoque pas forcément l’avortement, et si c’est le cas il se tient généralement lors du de gestation. L’aspergillose est due à un champignon que l’on rencontre dans les moisissures du foin ou des pulpes de betteraves. Via la circulation sanguine, il arrive au placenta qu’il traverse parfois pour atteindre directement le fœtus et provoquer sa mort. La listériose provoque l’avortement 3 à 4 semaines après contamination de l’animal. Certaines maladies vénériennes comme la trichomonose et la campylobactériose peuvent être responsables d’avortements. La leptospirose peut elle aussi écourter la gestation, tout comme la diarrhée virale bovine (BVD), la chlamydiose ou la fièvre Q. On peut également ajouter à cette liste une maladie parasitaire, la néosporose, dont on connaît encore mal la prévalence chez les bovins. Cette maladie est due à un protozoaire et a longtemps été méconnue en élevage. Aujourd’hui, on considère que c’est une des explications les plus courantes des avortements chez les bovins.

Préparation de la vache avant le vêlage Chez la vache en fin de gestation, on commence par observer un développement de la mamelle. Il est précoce chez les primipares (environ un mois avant la parturition) et plus tardif chez les multipares (une semaine avant la parturition). La mamelle apparaît congestionnée, parfois même œdémateuse. Sous l’action des hormones, et notamment de la relaxine, les ligaments se ramollissent. Ainsi, on observe généralement un relâchement des ligaments sacro-sciatiques, situés à la base de la queue, et un affaissement de la mamelle dans les 24 heures qui précèdent la mise bas

On observe également une variation de la température chez les femelles prêtes à vêler. Les semaines précédents la mise bas, la température des animaux est anormalement élevée et atteint généralement 39 contre en conditions normales. Environ 24 heures avant le vêlage, on observe une diminution brutale de la température d’au moins pour s’abaisser à . Cette caractéristique est couramment employée chez les éleveurs comme outil de prévision des vêlages.

Dans les instants qui précèdent le vêlage, la vache montre un comportement particulier. Elle est agitée, toujours en déplacement, et recherche l’isolement et un endroit pour mettre bas.

Mécanismes de déclenchement du vêlage Le déclenchement de la mise bas est induit par un mécanisme hormonal complexe. C’est le fœtus qui déclenche lui-même la cascade hormonale qui aboutira à son expulsion par la production par son hypothalamus d’ACTH. Celle-ci entraîne une production de corticoïdes par les surrénales fœtales, ces corticoïdes agissant directement sur le placenta de la vache en lui faisant produire des œstrogènes à la place de la progestérone. Les œstrogènes stimulent à leur tour la synthèse de relaxine, une hormone produite par le corps jaune et qui va permettre l’ouverture progressive du col utérin et le relâchement des ligaments sacro-sciatiques. Les œstrogènes stimulent également la synthèse de prostaglandines de type E, qui jouent un rôle dans le ramollissement du col, et de type F, qui vont lyser le corps jaune et donc stopper sa production de progestérone, puis provoquer les premières contractions myométriales une fois que la progestérone aura cessé de bloquer la parturition. La chute brutale du taux de progestérone explique la chute de température précédant le vêlage. Les contractions du myomètre permettent l’avancée progressive du fœtus dans la filière pelvienne. Cette avancée stimule la dilatation du col, ainsi que la production d’ocytocine qui va amplifier les contractions myométriales, jusqu’à expulsion du fœtus.

Moment du vêlage

Contractions Ce sont les contractions du muscle utérin ou myomètre qui permettent au veau d’avancer dans la filière pelvienne lors du vêlage. Les contractions, appelées « coliques » débutent environ 6 heures avant la mise bas. Au début, elles sont peu rapprochées (toutes les 7 minutes) et ne durent que quelques secondes. Au fur et à mesure de l’avancée du vêlage, elles se rapprochent et s'allongent. À proximité du moment fatidique, elles durent une minute et sont espacées de ce même temps. À la suite de ces contractions répétées, le veau avance progressivement dans la filière pelvienne, franchit le col de l’utérus et arrive au niveau de la vulve. La tension interne fait alors rompre la poche allantoïdienne, ce qui entraîne l’écoulement des « premières eaux ».

Expulsion du fœtus Peu après l’éclatement de la poche allantoïde, la poche amniotique apparaît au niveau de l’ouverture vulvaire. Cette poche se déchire à son tour sous l’effet des efforts expulsifs de la vacheIl arrive que l’amnios ne se rompe pas, ce qui provoque à terme la mort du veau, emprisonné dans cette poche et ne pouvant pas respirer. La tête et les pattes de devant se présentent rapidement au niveau de l’ouverture vulvaire, qui se dilate lentement pour permettre son passage. Cette phase du vêlage est la plus douloureuse pour la vache, et demande des efforts expulsifs importants. Une fois que la poitrine a franchi la filière pelvienne, il ne faut plus que quelques contractions avant que le veau entier ne soit expulsé, suivi du restant des eaux contenues dans les poches amniotique et allantoïdienne .

Ce n’est que lorsque le fœtus a complètement franchi l’ouverture vulvaire que son cordon ombilical se rompt.

La parturition est assez lente chez la vache, notamment chez les primipares. Sa durée peut varier entre 30 minutes et 3 heures. La séparation des cotylédons maternels d'avec les cotylédons fœtaux s'opère assez lentement, ce qui permet aux échanges circulatoires entre la mère et le veau de se poursuivre tardivement, jusqu’à l’expulsion du fœtus. C’est ce qui explique qu’un accouchement plus long chez cette espèce interfère moins avec les chances de survie du veau.

Présentation du veau En règle générale, le veau se présente en position dite « dorso-sacrée », avec les pattes antérieures et la tête qui parviennent les premiers à l’ouverture pelvienne. Toutefois, dans 5 % des cas, ce sont les pattes postérieures qui se présentent les premières. La parturition est alors légèrement plus lente, et les chances de survie du veau un peu inférieures car le cordon ombilical peut se rompre prématurément et provoquer ainsi l’asphyxie du veau.

Naissances gémellaires thumb|left|Veaux charolais jumeaux Les naissances multiples sont relativement peu fréquentes chez les bovins, et on estime à 3 % la gémellité naturelle dans cette espèce. Elle s’accompagne généralement d’une réduction de 3 à 6 jours de la durée de gestation. Les gestations gémellaires peuvent également avoir certaines conséquences sur le déroulement du vêlage. Si le risque de disproportion entre le fœtus et le bassin de la mère est moins important, il y a une plus grande probabilité de malposition et de présentation simultanée des deux fœtus. De plus, la dilatation excessive de l’utérus qui porte des jumeaux peut conduire à une inertie utérine et des contractions insuffisantes. On observe que lors d’une gestation gémellaire, un des fœtus est souvent en présentation antérieure et l'autre en présentation postérieure. Les veaux jumeaux sont souvent plus faibles et souffrent plus fréquemment de maladies néonatales comme l’anoxie. Le nombre de veaux mort-nés est aussi plus important.

Dans les cas de faux jumeaux de sexes différents, la production de testostérone du fœtus mâle peut entraver le développement normal des appareils reproducteurs du fœtus femelle, entrainant une augmentation des cas de stérilité chez les génisses issues de telles gestations, en particulier lorsque les deux fœtus se développent dans la même corne utérine, ce qui augmente les risques de connexion des deux placentas. L’occurrence du free-martinisme est estimée de 90 à 95 % des cas lors des gestations gémellaires où les deux fœtus sont de sexes différents, qui représentent elles-mêmes de 42 à 46 % des cas de gémellitéReproduction des animaux d'élevage, par Educagri.

Dystocies Le terme dystocie désigne tout vêlage se déroulant avec difficulté, et nécessitant généralement une intervention humaine plus ou moins importante, de la simple traction à la césarienne ou l’embryotomie. Les dystocies peuvent être imputables au veau dans 60 % des cas ou à la mère dans 30 % des cas, 10 % de ces vêlages difficiles ne pouvant être attribués uniquement à l'un ou l'autre.

Dystocies d’origine maternelle