vignette|150px|Blason des Yvelines. Le nouveau département a conservé le blason de l'ancienne Seine-et-Oise dans lequel les deux bandes ondées d'argent symbolisent la Seine et l'OiseSource : Connaître les Yvelines, 1er semestre 1992, p. 4, revue éditée par le conseil général des Yvelines.. L'histoire des Yvelines comprend d'une part l'histoire d'une région antique et médiévale appelée Yveline, et d'autre part l'histoire du département des Yvelines, qui est le résultat du démembrement en 1968 du département de Seine-et-Oise en application de la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne.

Ce département se trouve sur une terre très anciennement peuplée, riche en monuments de différentes époques. Elle a été marquée par sa position géographique, à cheval sur la vallée de la Seine, voie privilégiée de développement grâce aux échanges commerciaux mais aussi voie d'invasion, entre Paris à l'est et la Normandie à l'ouest, ce qui en a fait longtemps un terrain d'affrontement. La proximité de la capitale a permis que plusieurs cités des Yvelines devinssent tour à tour des résidences royales : Rambouillet, Poissy, Saint-Germain-en-Laye, Versailles.

Histoire générale du territoire des Yvelines Préhistoire

vignette|La « Pierre-Drette » à Guitrancourt. vignette|L'allée de la Justice à Élisabethville (Épône), allée couverte du Néolithique.

Le territoire actuel des Yvelines est peuplé depuis les temps préhistoriques, en particulier sur les rives de la Seine où la présence de l'homme remonte à l'Elstérien supérieur (deuxième époque glaciaire du Pléistocène), il y a environ Les Yvelines de la préhistoire au Moyen Âge, Association des Amis du musée des Yvelines, Les Mesnuls, 1986 (catalogue de l'exposition du même nom), p. 12.. De nombreux vestiges ont été retrouvés dans plus de ayant fait l'objet de fouilles archéologiques dans l'ensemble du département et témoignent des différentes civilisations qui se sont succédé jusqu'à l'âge du fer.

On a retrouvé dans les alluvions de la Seine (boucles de Moisson et de Guernes) et dans les limons des plateaux de nombreux vestiges lithiques des civilisations acheuléennes (paléolithique inférieur), attribués à Homo erectus, moustériennes (paléolithique moyen), attribués à l'homme de Néandertal. D'autres sites attestent de l'implantation dHomo sapiens dans la région depuis le paléolithique supérieur jusqu'à l'âge du fer.

Plusieurs monuments mégalithiques. datant de la fin du Néolithique (environ 2500 ans ) peuvent encore se voir en place dans leurs sites originels, pour la plupart dans la vallée de la Seine ou non loin de celle-ci. Ce sont notamment des sépultures collectives, allées couvertes ou dolmens, notamment l'« Allée de la Justice » à Élisabethville (Épône), la Cave aux Fées à Brueil-en-Vexin, l'« allée des Gros-Murs » aux Mureaux, le « Cher arpent » à L'Étang-la-Ville et la « Pierre-Ardoue » à Saint-Léger-en-Yvelines ainsi que trois menhirs subsistant, la « Pierre-Levée » à Drocourt, la « Pierre-Drette » à Guitrancourt et la « Pierre-Grise » à Neauphlette. Deux allées couvertes, celle de Conflans-Sainte-Honorine et celle d'Aubergenville (le « Trou-aux-AnglaisLe « Trou-aux-Anglais » sur le site du service archéologique des Yvelines »), ont été déplacées par mesure de sauvegarde et remontées dans les douves du château de Saint-Germain-en-Laye.

Période gauloise et gallo-romaine vignette|gauche|Le territoire des Yvelines à l'époque gauloise

À l'époque gauloise, le territoire actuel des Yvelines se trouvait principalement dans le domaine de la tribu des Carnutes qui s'étendait vers le sud jusqu'à Cenabum (Orléans) et englobait la vaste forêt d'Yveline. Au nord, la Seine séparait les Carnutes des Véliocasses, qui ont laissé leur nom au « Vexin », au nord-ouest se trouvaient les Aulerques Éburovices et vers l'est le territoire des Parisii englobait une partie des Yvelines du confluent de l'Oise au nord jusqu'au plateau de Trappes au sud. Avant le Moyen Âge l'essentiel du plateau de Trappes est couvert par la forêt et faisait partie de l'ensemble forestier de l'Yveline qui protégeait les mystères religieux des druides. Jules César rendit hommage au caractère belliqueux de ces habitants de la Gaule celtique.. À partir du , des grands défrichements sont initiés par des ordres monastiques ou des grands seigneurs. La forêt cède alors progressivement la place aux champs labourés. À cette période également, le mode de regroupement des populations, qui se développe, est le "village". Cette limite imprécise a perduré plus ou moins dans la délimitation des anciens diocèses jusqu'à la Révolution.

La période gauloise a laissé peu de vestiges, le site le plus remarquable étant le sanctuaire celtique (fanum) de Bennecourt qui se trouvait à la frontière entre les cités des Carnutes, des Aulerques et des Véliocasses. et qui a subsisté jusqu'à l'époque gallo-romaine..

De l'époque gallo-romaine on a pu reconnaître plusieurs sites, dont celui de Diodurum. (près de Jouars-Pontchartrain), vicus des Carnutes qui se trouvait au croisement de deux importantes voies romaines et qui est mentionné sur l'itinéraire d'Antonin à 15 lieues de Lutèce. Les traces de plusieurs villae, ont également été découvertes, notamment à Richebourg, Limetz-Villez et aux Mesnuls (La Millière), et un sanctuaire (mithraeum) dédié au dieu Mithra à Septeuil.

Un réseau de voies romaines assez développé quadrillait le territoire. Reconnu par diverses méthodes alliant les observations sur le terrain à la prospection aérienne, il comportait de grands axes est-ouest et nord-sud reliant Paris à la Normandie et Beauvais à Chartres, et trois points de franchissement de la Seine à Mantes, Meulan et Poissy.

Du Moyen Âge à la veille de la Révolution Selon une légende, la fleur de lys, emblème des rois de France, aurait son origine dans la forêt de Cruye (forêt de Marly), près de Saint-Germain-en-LayeFrançois Boulet, Leçon d'histoire de France - Saint-Germain-en-Laye, des antiquités nationales à une ville internationale, Les presses franciliennes, 2006, , p. 22.. Près du château de Montjoie où selon la tradition le roi Clovis venait séjourner, vivait près d'une fontaine un ermite que la très chrétienne reine Clotilde avait l'habitude de venir consulter. Un jour qu'elle était en prière avec le saint homme, un ange leur serait apparu et lui aurait demandé de remplacer l'écusson de son mari, portant trois croissants ou trois crapauds, par trois fleurs de lys qui brillaient d'une couleur d'or sur la plaine de l'actuel Joye-en-Val.

De l'époque mérovingienne, on a retrouvé de nombreuses nécropoles, dont la plus importante se trouve à Vicq au centre du département. La présence de croix dans les sépultures atteste de la christianisation du territoire entre le .

Au cours du , les Vikings remontent la Seine pour attaquer Paris et ravagent les régions traversées, massacrant par exemple les pêcheurs de Croissy en 845. et établissant un camp d'hivernage dans une île à Jeufosse vers 855..

Les raids ne prennent fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu le 11 juillet 911. Il fixe sur le cours de l'Epte la frontière entre le royaume de France et le futur duché de Normandie. Cette limite hydrographique est encore celle du territoire des Yvelines (et de l'Île-de-France) à l'ouest, face à la Haute-Normandie.

À l'époque des rois capétiens, le territoire des Yvelines entre progressivement dans le domaine royalHistoire et patrimoine des Yvelines de Hugues Capet à Philippe Auguste, Connaître les Yvelines, conseil général des Yvelines, 1988.. En 987, à l'avènement d'Hugues Capet, seule la châtellenie de Poissy, qui couvre le pays du Pincerais, en fait partie. De nombreux seigneurs locaux sont les vassaux du roi de France, mais certaines familles puissantes contestent sa suzeraineté : les comtes de Meulan, les comtes de Vexin au nord, les comtes de Montfort, les seigneurs de Rochefort au sud.

vignette|La reddition de Mantes en 1449 par les soldats anglais à Jean de Dunois. Miniature issue du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, vers 1484, BNF.

Au , des chartes communales sont accordées à trois villes riveraines de la Seine, Mantes, Poissy et Meulan, par le roi pour les deux premières, par le seigneur local, le comte Robert III pour la dernière. Ces communes sont des personnes morales qui se gèrent librement, mais Meulan renoncera à ce statut en 1320, la communauté communale ne pouvant assumer ses charges. En 1188, la ville de Chevreuse obtient aussi le droit d'élire un prévôt et des échevins.

La guerre de Cent Ans éprouve durement le territoire. Après avoir pris la Normandie, les Anglais occupent les villes de la vallée de la Seine, Mantes, Meulan et Poissy, où le roi d'Angleterre Édouard III s'installe dès août 1346Marcel Delafosse, Des Carolingiens à la guerre de Cent Ans in Les Yvelines, Projet Éditions, 1988, p. 61. et juste avant la bataille de Crécy. Du 13 au 16 août 1346, c'est la chevauchée du prince de Galles, Édouard de Woodstock, fils aîné d'Édouard III d'Angleterre, dit le Prince noir, âgé de seize ans, qui partant de Poissy incendie l'abbaye de Joyenval, le château de Saint-Germain, mène ses troupes au pillage de Trappes (déjà fortement ravagé par Bouchard IV de Montmorency) et poursuit ses dévastations vers l'est jusqu'à Bourg-la-ReineFrançois Boulet, op. cit., p. 38.. Mantes-la-Jolie n'est définitivement libérée qu'en 1449.

En 1561, du 9 au 26 septembre, se tient le colloque dit de PoissyColloque de Poissy, à l'initiative de Catherine de Médicis qui réunit réunit 46 prélats catholiques, 12 ministres du culte protestant et une quarantaine de théologiens afin de maintenir la paix religieuse en France. Mais l'assemblée, prolongée au château de Saint-Germain-en-Laye se termine sur un échec.

Le 17 janvier 1562, Catherine de Médicis fait signer au roi Charles IX, alors âgé de douze ans, l'édit de Saint-Germain, un édit de tolérance qui autorise les réformés à pratiquer leur religion dans certaines conditions mais qui n'empêche pas le déclenchement des guerres de religion. Celles-ci frappent la région, Poissy est prise et pillée par les Huguenots en 1567Marcel Delafosse, op. cit., p.66..

En 1631, le roi Louis XIII fit construire le premier château de Versailles sur l'emplacement d'un pavillon de chasse acquis en 1624, et en 1632 acquiert les droits seigneuriaux de Versailles.

En 1682, Louis XIV décide de transférer la Cour à Versailles.

En 1760, Christophe-Philippe Oberkampf crée à Jouy-en-Josas la manufacture de toiles imprimées (connues sous le nom de toile de Jouy), qui deviendra « manufacture royale en 1783.

De la Révolution à la Grande Guerre Versailles, ville du roi et siège du gouvernement, fut aussi le théâtre d'événements de portée nationale qui marquèrent la première phase de la Révolution au cours de l'été 1789.

vignette|Le Serment du Jeu de paume par Jacques-Louis David (musée du château de Versailles). Le , les États généraux s'ouvrent dans la salle de l'assemblée des Notables à Versailles. Le 17 juin, les États généraux, sur proposition de l’abbé Sieyès, prennent le titre d’« Assemblée nationale ». Le 20 juin, les députés du tiers état réunis dans la salle du Jeu de paume prêtent le serment du Jeu de paume et s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France. Le 9 juillet, l'Assemblée se proclame Assemblée constituante.

Dès l'automne 1789, Versailles est désertée par le roi, l'Assemblée et les administrations, partis à Paris, et perd rapidement la moitié de sa population qui tombera à moins de habitants en 1806.