thumb|Pierre Dubois, créateur du terme « elficologie ».

Elficologie est un néologisme créé par l'écrivain français Pierre Dubois pour désigner l'étude des elfes et du petit peuple (lutins, nains...) issu des folklores, des contes et des mythologies. Il témoigne l'avoir employé pour la première fois vers 1967, afin de fournir une réponse aux journalistes qui lui demandaient sa profession. À l'origine simple blague, le terme d'« elficologie » s'est popularisé à travers les ouvrages, les contes, les conférences et surtout les interviews de Pierre Dubois, en particulier après son utilisation lors d'un Bouillon de culture de Bernard Pivot, le .

L'elficologie, dans sa définition d'étude du petit peuple, peut faire appel à la zoologie, à la botanique, mais aussi à une forme de « conscience magique » impliquant une vision enfantine du monde, et à un certain humour. Pierre Dubois en parle souvent comme d'une . Ce néologisme est désormais accepté et repris dans d'autres ouvrages, notamment ceux d'Édouard Brasey, et dans la série de bandes dessinées Souvenirs d'un Elficologue. Il a servi à baptiser le « Centre des légendes et d'elficologie en Ardenne », situé aux Hauts-Buttées.

Étymologie Ce néologisme est formé du mot français « elfe », et du grec ancien , logos, qui signifie « étude ». « Elficologie » désigne étymologiquement l'étude des elfes, et par extension de toutes les créatures de la mythologie nordique et du folklore païen, comprenant notamment les lutins, trolls, gnomes et assimilés.. L'elficologue est quant à lui le .. Le mot relève d'une construction néo-classique, s'agissant d'une invention récente qui s'appuie sur une racine linguistique ancienne..

Définition Pierre Dubois définit souvent l'elficologie comme étant l', c'est-à-dire une pratique permettant de retrouver une certaine harmonie avec la nature.. En réponse à une interview dans la Revue des Deux Mondes en , il déclare : . D'après lui, l'elficologue doit se montrer à la fois . Avant tout, il le décrit comme un aventurier qui accepte d'. Il en parle aussi comme d'une , une ..

Pierre Dubois déclare être plutôt , et commettre des oublis ou laisser dans ses textes, afin que ses lecteurs puissent . Il ne définit pas l'elficologie comme étant une « science ». Il insiste sur la pensée magique, citant en exemples les textes de Gaston Bachelard et Carl Gustav Jung : . Il cite le révérend Robert Kirk (auteur de La République mystérieuse) comme , et comme un exemple des dangers inhérents à l'étude des elfes : en effet, sa légende veut qu'il ait été emprisonné par les elfes pour avoir trop dévoilé leurs secrets. Par ailleurs, l'universitaire anglaise Katharine Briggs, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la féerie, est l'une de ses sources d'inspiration.

Les ouvrages de Dubois appuient l'importance d'une conscience magique enfantine dépourvue des notions de hiérarchisation ou de préférence, et incitent à conserver cette vision du monde. Ainsi, dans l'introduction de l'ouvrage Leçons d'elficologie (présenté comme un manuel scolaire), il encourage les enfants qui s'ennuient à l'école à laisser leur imagination s'exprimer dans la marge de leurs cahiers, comparant cette marge à . Ces Leçons d'elficologie comportent des informations relatives aux lieux mythologiques et légendaires (Niflheim, le Sidh, Agartha, Brocéliande...) ainsi qu'aux îles enchantées (Avalon...), aux moyens d'y entrer, et aux dates auxquelles les frontières de ces autres mondes sont réputées s'ouvrir. Il traite également des , notamment fées, elfes, nains et démons. Il détaille l'imaginaire attaché aux biotopes (eaux douces, mer, campagne). L'ouvrage contient ensuite une Histoire légendaire inspirée notamment de la légende arthurienne, et des informations sur des personnages légendaires célèbres (Obéron, Merlin...). Il se conclut par des leçons de choses détaillant plus particulièrement l'imaginaire et les croyances rattachées aux végétaux, aux animaux, à la magie, à l'alchimie et aux saisons.

D'après la docteure en littérature Noémie Budin, spécialiste de l'imaginaire féerique, dans cet ouvrage, Pierre Dubois . L'elficologue invite à . Ses ouvrages encyclopédiques traitant d'elficologie proposent . Cependant, la difficulté qu'a rencontré Pierre Dubois pour trouver une maison d'édition montre selon elle que . Elle qualifie les œuvres d'autres auteurs d'« elficologiques », dans la mesure où elles proposent d'expliquer , tels que la construction de la Tour Eiffel ou la rondeur de la Terre, par l'intervention de créatures du petit peuple.

Création

Pierre Dubois commence à rassembler des informations sur le petit peuple (ce qu'il appelle son ) en 1967, lorsque lui vient l'idée d'écrire des encyclopédies à ce sujet. Il effectue du collectage, notamment dans les campagnes, pour recueillir les témoignages de vieilles personnes sur les légendes locales. Il consulte des ouvrages sur le sujet des fées, des lutins et des elfes dans de nombreuses bibliothèques.. Lassé de répondre à la question de son métier, Pierre Dubois commence à se présenter comme un « elficologue ». Le néologisme étant de son invention, il est « elficologue auto-proclamé ».. Bien que la date évoquée soit 1967., l'époque des premières utilisations du néologisme n'est pas connue avec précision. Dans ses textes, il dit être inspiré par « un elficologue du nom de Petrus Barbygère », qui n'est autre que lui-même. Barbygère aurait écrit un ouvrage, les Chroniques alfiques, « un livre fictif comme le Necronomicon de Lovecraft ».

Pierre Dubois avoue plus tard qu'il s'agit d'une blague à laquelle ont cru les journalistes qui l'interrogeaient.. L'invention du terme « elficologie », qui sonne comme le nom d'une science, lui évite de répondre ou , lorsqu'on lui demande sa profession... « Elficologie » devient au fil des années un mot pour décrire l'étude du petit peuple, spécialité qui n'avait auparavant pas de dénomination précise en langue française.. D'après la thèse en littérature de Noémie Budin, il faut attendre le milieu des années 1980 pour que les premières œuvres de Pierre Dubois et René Hausman (notamment Laïyna) touchent le grand public, en particulier la jeunesse, mais . Toujours d'après elle, .

Popularisation vignette|gauche|La popularisation du mot « elficologie » provient vraisemblablement d'une interview de Pierre Dubois par Bernard Pivot. Pierre Dubois écrit une série d'ouvrages consacrée au petit peuple à partir de 1992, ses encyclopédies étant les premières du genre en français. Il joue un grand rôle dans .

La popularisation du mot « elficologie » provient vraisemblablement d'une blague lors d'une interview avec Bernard Pivot, au sujet de son ouvrage La Grande Encyclopédie des lutins. Il s'y présente comme étant un « elficologue ». Comme le souligne Noémie Budin, , ce qui témoigne de . Pierre Dubois est invité sur différentes conférences (y compris dans des universités, bien qu'il ne soit pas chercheur) pour parler de son sujet.

En 1998, Pierre Dubois apparaît dans le documentaire Il était une fée, diffusé sur France 2. Accompagné d'autres spécialistes du sujet, notamment le chercheur Claude Lecouteux, il s'y présente aussi comme un « elficologue »Édouard Brasey (auteur) et Bernard Jourdain (réalisateur), « Il était une fée », 52 minutes, France 2, 1998.. En l'an 2000, Édouard Brasey évoque dans un article de L'Express les parus au sujet des fées.. En 2003, Pierre Dubois est également présenté comme « L'Elficologue » dans un article de Livres Hebdo. Après que la définition de l'elficologie s'est fait connaître, Pierre Dubois reçoit des lettres d'enfants qui lui demandent « comment devenir elficologues », jusqu'à une centaine par an.. Il écrit à leur intention l'ouvrage Leçons d'elficologie, paru en 2006.. Le succès éditorial de ses trois encyclopédies (vendues chacune à plus de ) lui permet également de ..

Pierre Dubois étant le créateur du mot, c'est généralement à lui que se réfère le titre d'« elficologue ». Il est cité dans La Quinzaine littéraire en tant que créateur des « Sciences elficologiques ».. Le personnage de Petrus Barbygère (soit ) est cité comme un elficologue dans la bande dessinée homonyme, scénarisée par Pierre Dubois avec Joann SfarPierre Dubois et Joann Sfar, Petrus Barbygère, Delcourt, coll. Terres de Légendes, janvier 2004, , 104 p.. Ce néologisme gagne aussi la culture populaire grâce à d'autres artistes et auteurs qui le reprennent. Si l'étude du petit peuple est une spécialité rare en France, les pays scandinaves connaissent une situation différente. Une école islandaise existe depuis 1991 à Reykjavik pour promouvoir l'étude de ces créatures. Elle délivre un diplôme d'« études et recherches sur les elfes et autres peuples invisibles », ce qui correspondrait en français à un diplôme d'elficologie. En vingt ans, personnes l'ont décroché..

Réutilisation par d'autres auteurs et artistes D'autres personnes que Pierre Dubois se sont mises à utiliser le néologisme « elficologie ». Il a été mis en valeur pendant le festival du Printemps des Légendes de Monthermé. Non loin, aux Hauts-Buttées, existe un « centre des légendes et d'elficologie en Ardennes »Collectif, Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Champagne-Ardenne 2013-2014, Petit Futé, 2013, , p. 117 ., dont Pierre Dubois est le parrain« Le Centre des légendes et d'elficologie des Ardennes » dans le 19/20, France 3 Champagnes-Ardennes, 16 juillet 2012, 19h09.. Richard Ely et Amélie Tsaag Valren l'emploient dans le Bestiaire fantastique & créatures féeriques de France.. En théâtre, un spectacle intitulé « Une leçon d'elficologie » a été mis en scène par la compagnie Satara..

Par Édouard Brasey vignette|Édouard Brasey emploie beaucoup le néologisme « elficologie ». Édouard Brasey le ré-utilise abondamment dans ses ouvrages, ajoutant que Petrus Barbygère est un « illustre maître en elficologie »Édouard Brasey, Nains et Gnomes, Coll. L'univers féerique, Pygmalion, 1999, , p. 21.. Le Traité de Faërie, qu'il a supervisé, est d'ailleurs sous-titré « Suivi d'autres recueils fameux de Féerie et d'Elficologie ».. Les Chroniques Alfiques de l'elficologue Petrus Barbygère y sont citées comme lues, alors qu'il s'agit d'un livre fictif. Brasey qualifie certaines personnes d'elficologues à postériori, notamment Paracelse (pour son ouvrage consacré aux nymphes et aux sylphes), l'abbé Montfaucon de Villars, et Karl Grün (pour Les esprits élémentaires, paru en 1891).. Auteur de très nombreux ouvrages sur la féerie, Édouard Brasey est également qualifié d'elficologue. Il crédite Ismaël Mérindol comme étant l'auteur du Traité de Faërie, lui attribuant le titre de premier elficologue de l'histoire.. Ce prétendu changeling du est vraisemblablement un autre personnage fictif, inventé par Brasey..

En bande dessinée En 1998, l'ouvrage humoristique La Quête des réponses paru chez Delcourt contient des questions et réponses concernant les créatures légendaires, avec 16 leçons .. Thierry Gloris et Jean-Paul Bordier ont publié une série de bande dessinée intitulée Souvenirs d'un Elficologue, chez Soleil Productions, entre 2009 et 2012.. Le sixième tome de la série jeunesse Les Elfées, par Weissengel et Carrère chez Dargaud, comporte « un dossier pour tout savoir sur les « strygeurs » et les « elficologues » »..

Notes et références

Annexes Bibliographie Ouvrages de Pierre Dubois

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Articles connexes Elfe Petit peuple Vampirologie Dracologie

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