Plouisy (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.) est une commune bretonne du département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. Son nom signifie paroisse de Saint Izi (Plou = paroisse) en breton.

Ses habitants s'appellent les Plouisyens et les Plouisyennes.

Géographie Situation thumb|left|Carte de Plouisy et des communes avoisinantes.

Plouisy est situé dans la partie ouest du département des Côtes-d'Armor et au nord-ouest de la ville de Guingamp. Plouisy dépendait historiquement du Trégor et la commune est membre de l'arrondissement de Guingamp, de la communauté de communes Guingamp-Paimpol Agglomération depuis sa création en 2017, après avoir été membre précédemment de Guingamp Communauté jusqu'à sa suppression fin 2016.

Relief Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Trieux, le Théoulas, le ruisseau de Prat-an-lan., le Trégonneau., le Poirier. et le ruisseau de Kerprigent...

Le Trieux, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Kerpert et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec, après avoir traversé ..

Le Théoulas, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Jaudy à Coatascorn, après avoir traversé huit communes..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlouisyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Plouisy est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Guingamp, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Guingamp, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (82,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (59,9 %), terres arables (17,4 %), forêts (11,1 %), zones urbanisées (10,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploegi vers 1330, Ploeizi en 1369, Ploeyzy à la fin du , Ploizy en 1461, Ploeizy en 1481, Plouisy en 1581..

Le nom de Plouisy viendrait de l'ancien breton ploe (paroisse) et de Saint Issey (noté Sanctus Ydi en 1195 et Seynt Isy en 1358).

« Bien que Plouisy soit une ancienne paroisse bretonne primitive, en vieux-breton ploe, son nom n'apparaît qu'assez tardivement dans les documents et sous une forme très voisine de la graphie actuelle. Son éponyme a été rapproché de celui de Saint Issey, paroisse du Cornwall, notée Sanctus Ydi en 1195, Seynt Isy en 1538. Mais ce saint, qui est également en Cornwall associé à saint Meva, à l'origine de la paroisse de Mevagissey, dite Lammorech vers 1210, figure dans une liste du de saints bretons noté Iti, forme qui, en breton, aurait dû aboutir à *Idi. C'est sous cette forme qu'on le rencontre, associé au vieux-breton lann (ermitage), dans Lannidy, villages de Lannéanou et de Plouigneau (Finistère). Néanmoins, l'existence du nom de famille breton Plouidy paraît plaider en faveur d'une évolution de Idi en Izi »Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. 1992.

Histoire Moyen Âge Maurice Gicquel, seigneur de Kerguzien, est cité plusieurs fois lors de la réformation de 1427 comme noble de Plouisy. Selon Jean-Baptiste Ogée au « on voyait dans ce territoire les maisons nobles de Kerybo à Yvon le Rougé ; les Salles, à N... de Mondragon ; le Guerlan, à l'Abbaye de Begar ; Kerefort, à N. Merien ; Creusugit, à Bertrand Fleuriot, sieur de Kernabat, et Kerurien, à François Emery. L'an , la Reine Anne fit bâtir la Chapelle Notre-Dame de Grâce en cette paroisse ».

« Les Cordeliers de Guingamp dont le couvent avait été ruiné, s'adressèrent au Duc de Mercœur, qui leur donna la chapelle de Notre-Dame de Grâce, où ils s'établirent en 1633. Le corps de Charles de Blois, qui avait été inhumé à Guingamp dans l'ancien couvent des Cordeliers, fut transporté dans ce nouveau monastère avec une grande pompe »..

Temps modernes thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Plouisy et de ses environs (1790). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plouisy en 1778 :

Grâces faisait partie de la paroisse de Plouisy avant la Révolution française sous le nom de trève de Saint-Michel : « Cette paroisse, dont l'église s'élevait au faubourg [de Guingamp] du même nom, sur une petite place aujourd'hui traversée par la grande route de Brest, était une trève de Plouisy, trève fort riche et fort considérable, comprenant une grande étendue de campagne, tout ce qui forme la commune de Grâces, et les faubourgs habités par la noblesse de Guingamp. Aussi le recteur de Plouisy résidait-il habituellement à Saint-Michel, et faisait desservir sa paroisse par un vicaire. L'église, construite par Charles de Blois, était tombée en ruine avant la Révolution française. On remarque sur une maison du , au nord de l'emplacement de l'église, l'inscription suivante, en énormes majuscules : SKOL MICHEL, c'est-à-dire "École de Saint-Michel". C'était l'école ecclésiastique attachée à la paroisse, sous la direction gratuite et paternelle du recteur » écrit Sigismond Ropartz en 1851..

La commune de Saint-Michel-de-Plouisy, créée en 1790, fut en partie réunie à Guingamp en 1793 (faubourg Saint-Michel), tandis que sa partie rurale, seule limitrophe avec Coadout, formait la nouvelle commune de Grâces..

Révolution française Dans leur cahier de doléances rédigé le « au lieu ordinaire des délibérations par devant nous maître Yves Marie Talpin, substitut ordinaire de monsieur le procureur fiscal ». les paroissiens de Plouisy demandent notamment l'abolition de la tenure convenancière, de toutes corvées en espèces [en nature, c'est-à-dire en travail], la suppression des dîmes seigneuriales et des banalités des moulins ; le texte est signé par 14 paroissiens..

Les prêtres de Plouisy en 1791-1792 signèrent tous le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtres assermentés : le recteur de Plouisy et Saint-Michel (Ollivier), le curé (Y. Callédan), le vicaire de Plouisy (R.Souvestre), le vicaire de Saint-Michel (Le Bourhis), un autre prêtre (Mathieu Jan), prêtre habituéUn prêtre habitué est un prêtre vivant dans la paroisse, mais sans fonction officielle.. Y. Godest, vicaire de Plouisy en 1790, puis de Tréglamus en 1791-1792, prêtre assermenté, fut pris par des royalistes et allait être fusillé, mais le chef local des royalistes, Taupin, le fit s'échapper.

Par contre un prêtre né dans la trève de Saint-Michel, René Joseph UrvoyRené Joseph Urvoy, né le , trève de Saint-Michel., prêtre réfractaire fut guillotiné pendant la Terreur.

Le thumb|Plouisy ː plan cadastral datant de 1823 (tableau d'assemblage). A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plouisy en 1853 :

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Plouisy possède une école de garçons ayant et une de filles en ayant 55, que son territoire est « peu boisé, très accidenté à l'est, généralement platet uni dans les autres parties. Les cultures sont assez soignées dans cette commune dont les terres, légères et médiocres dans l'est, sont fertiles dans le sud » ; il indique aussi que l'église paroissiale, a pour saints patrons saint Paul et saint Pierre et saint Paul et « porte les dates de 1566, de 1640 et de 1660 » et qu'« une chapelle, dédiée à saint Antoine, est située près des ruines du vieux manoir de Kerisac », que « le château de Carnaba est remarquable par sa construction et par ses jardins dessinés par le célèbre Le Nôtre » et que « les manoirs de Goas Hamon et de Kernilien sont devenus de simples fermes »..

Le un accident de chemin de fer dû à la rupture d'un essieu d'un wagon d'un train de marchandises venant de Brest provoqua un déraillement endommageant gravement sept wagons ainsi que la voie ferrée à hauteur de la commune de Plouisy. Un autre déraillement d'un train de marchandises se produisit le à hauteur du pont de Saint-Antoine, entraînant la mort du chef du train tandis que le chauffeur et le mécanicien étaient grièvement blessés..