Présentation chronologique des principaux événements historiques survenus à Rennes, dans le département d'Ille-et-Vilaine, dans la région Bretagne.right|60px Formes écrites anciennes
nom gaulois : Condate Civitas Riedonum au Civitas Redonum au Ecclesia Redonensis au Redonicum oppidum en 830 Redonas oppidum en 850 Urbe Redonensis, Urbs Redonis et Redhonis au Renes et Rennes au
Antiquité
Le peuple armoricain des Riedones fonde Condate ou Condatum en latin (nom qui signifie « confluent » en gaulois), au confluent de l'Ille et de la Vilaine et en fait sa capitale.
Époque romaine
À l’époque romaine Condate devint Condate Riedonum, capitale de la civitas riedonum (cité des Riedones, du nom du peuple gaulois dont elle est le chef-lieu). La position stratégique de la ville contribue à en faire une ville d'importance. Vers l'ouest la principale voie romaine conduit de Condate à Vorgium (l'actuelle Carhaix) chez les Osismes.
Le plus ancien Rennais connu est Titus Flavius Postuminus, dont le nom figure sur des stèles retrouvées à Rennes en 1968, quai Duguay-Trouin. Comme ses prénoms l'indiquent, il aurait obtenu la citoyenneté romaine sous la dynastie des Flaviens et sous le règne de Titus, c'est-à-dire entre 79 et 81 L'une des stèles nous dit, en latin, qu'il exerça toutes les charges publiques dans sa patrie, la Civitas Riedonum. Il fut deux fois duumvir et flamine à vie du dieu Mars Mullo.
L’anarchie militaire et particulièrement la menace des bagaudes en 275 amène la cité à s'entourer d'une robuste muraille de briques, Rennes devient « la ville rouge » et réduit sa surface de 90 à 10 hectares.
497, Melaine, l’évêque de Rennes, joue un rôle important au traité de paix entre les Francs et les Armoricains. Il déclare : « Il faut faire la paix entre chrétiens ».
Moyen Âge
Haut Moyen Âge
À partir du , les Bretons occupent la partie occidentale de la péninsule armoricaine que l'on commence à appeler petite Bretagne, puis Bretagne tout court, tandis que les Francs prennent le reste de l'Armorique. Pour contenir la pression et éviter les incursions bretonnes, les Carolingiens instituent une marche de Bretagne comprenant les comtés de Rennes, de Nantes et de Vannes et dont le plus célèbre préfet est Roland de Roncevaux.
850, Nominoë et Lambert II de Nantes forcent les portes de Rennes. La garnison franque laissée dans les murs de la ville par Charles II le Chauve, fait sa reddition.
22 août 851, la bataille de Jengland oppose les troupes franques de Charles II le Chauve aux Bretons d’Erispoë. La victoire bretonne déboucha sur le traité d'Angers signé en septembre 851.
Royaume de Bretagne
Politiquement franc sous le règne de son patron et bienfaiteur Louis le Pieux, Nominoë devient politiquement breton sous le règne de Charles II le Chauve. Les descendants de Nominoë et de son fils Erispoë font de Rennes leur fief et parviennent aussi à en faire la ville ducale et capitale de la Bretagne en dépit de quelques évènements contraires. Gurwant (?), Judicaël, Juhel, Conan I, sont les comtes de Rennes successifs au .
Vingt cinq ans après l'arrivée musclée de Lambert et Nominoë à Rennes, c'est Gurwant gendre d'Erispoë, qui en l'an 875, bien que malade et moribond, inflige deux défaites successives au comte de Vannes Pascweten, grâce à sa cavalerie.
En 875, après 25 ans, Gurwant n’a pas fait réparer les portes de Rennes. Pascweten est au courant. Les combats ont lieu un peu au sud de Rennes entre Gurwant et la grande armée de Pascweten. Sachant qu'ils étaient moins de 1 000 hommes contre nettement plus de 3 000 dans l'armée de Pascweten, les pessimistes qui avaient lâché Gurvant et rejoint Pascweten avaient accentué encore un peu plus ce déséquilibre. Gurwant dit à ses fidèles : « Ce n'est pas le nombre mais Dieu qui donne la victoire ! ». La bande viking d'Hasting en profita pour investir Rennes pendant la bataille comme convenu avec Pascweten. En 875, ils entrèrent facilement dans Rennes, mais ils ne s'attendaient pas à un retour victorieux de Gurwant dans sa ville. Comme à Brissarthe en 866, les Vikings d'Hasting dans une église, l'église Saint-Melaine. Mais ils n'ont en sortent au milieu de la nuit. Au petit matin, il n'y avait plus personne dans l'église.
En dépit de sa première défaite, Pascweten reprit bientôt la route de Rennes, après avoir appris que le moribond Gurwant était à l'agonie. Cette fois, le moribond infligea à Pascweten une défaite encore plus sévère que la précédente. Gurwant avait encore gagné, mais épuisé par tant d'efforts, il rendit son dernier soupir en rentrant chez lui à Rennes. Pascweten ne vint pas à son enterrement. Quelques mois plus tard, on apprit que Pascweten s'était fait tuer par ses mercenaires vikings qui avaient sans doute avec lui un différend financier.
À Rennes, Judicaël qui avait pris la relève de Gurwant, son père, devint bientôt un adversaire redoutable et redouté des Vikings. À Vannes, Alain, qui avait succédé à son frère Pascweten, décida de se mettre d'accord avec Judicaël pour chasser les Vikings. Toutefois, Alain laissa le fougueux Judicaël s'en charger. Judicaël se fit tuer en poursuivant des Vikings, ce qui permit à Alain de devenir Alain le Grand en achevant le travail, les enfants de Judicaël n'ayant vraisemblablement pas l'âge de prendre le relais de leur père sur le terrain.
Après la mort d'Alain I, les Vikings revinrent en force, forçant les descendants de la maison vannetaise de Pascweten à chercher refuge dans l'île de Bretagne, chez les rois saxons.
Rennes ne conserve pas par hasard le meilleur souvenir de son évêque Sylvestre de la Guerche, fondateur du quartier « Bourg l'Évêque », en fonction de 1078 à sa mort en 1093. Entre ces deux dates, il y eut en théorie une brève interruption de ses fonctions, puisqu'il fut temporairement déposé par le concile de Poitiers. Sylvestre Mainguené était le baron de La Guerche, père de famille aussi, mais veuf. Sa situation était tout à fait conforme aux usages dans l'Église bretonne, qui n'avait pas jusque-là l'habitude du célibat et du vœu de chasteté. S'il reprit sa place après que le concile de Poitiers l'eut déposé, c'est seulement parce que la population rennaise s'était soulevée pour le garder comme évêque. À contrario, son successeur, le prélat angevin Marbode, auteur dans sa jeunesse d'un vilain poème en latin sur Rennes, rejeté par les Rennais attendit trois ans pour venir prendre ses fonctions à Rennes, par la volonté du pape qui l'imposa aux Rennais.
1182 Henri II d’Angleterre assiège et s’empare de la ville.
La Bretagne ducale
Guerre de succession de Bretagne
1356 - 1357, pendant la guerre de Succession de Bretagne, la cité est assiégée par l'armée du duc de Lancastre, frère du roi d'Angleterre. Mais Bertrand Du Guesclin fait discrètement son entrée dans la ville prend la direction de sa résistance, laquelle est victorieuse. Appelé ailleurs, Lancastre renonce en 1357 à l'issue de près d'un an de siège anglais.
Anne de Bretagne (1477-1514)
1491, l’armée du roi de France Charles , dirigée par son généralissime Louis II de La Trémoille assiège Rennes. La jeune duchesse Anne de Bretagne choisit sagement de capituler mais pas sans condition. Rennes n'est pas prise et l'armée royale reste hors des murs, Charles VIII ayant accepté de se contenter de sauf-conduits pour lui-même et sa petite délégation, vient y rencontrer la jeune duchesse Anne mais sans sa soldatesque.
Au , Rennes est une ville florissante.
1402 Sacre du Duc Jean V à la Cathédrale de Rennes.
1430-1448 Le développement urbain de Rennes se concrétise par le renforcement de la muraille primitive et l’édification d’une autre enceinte à l’Est de la première. Il subsiste aujourd’hui les portes mordelaises auxquelles est encore accolée une portion de muraille et du boulevard de défense avec ses casemates ; la tour Duchesne et un vestige bas de muraille (place de la Mission). Dans la cour entre la rue Motte-Fablet et derrière les maisons à pans de bois de la place Sainte-Anne est visible le fossé de la porte aux Foulons le long duquel ont été construites les maisons du faubourg Saint-Aubin - la Place Ste-Anne actuelle.
1463 Épidémie de peste.
1449-1476 La troisième enceinte complète les deux premières au Sud.
1467-1471 Construction d’un beffroi municipal, tour avec horloge publique, une grosse cloche aux armes de la ville fut fondue.
1489 Anne de Bretagne est couronnée duchesse, devant la Porte Mordelaise, elle a 11 ans.
1491 Siège de la cité par Charles (Roi de France). Anne de Bretagne finit par se fiancer avec lui à Rennes en la chapelle Notre Dame de Bonne-Nouvelle dans le couvent des Jacobins. (Place Sainte-Anne).
Époque moderne
e siècle, la ville est administrée par un procureur des bourgeois, renouvelé chaque année et qui prend le titre de procureur-syndic à partir de 1568. Le titre de maire apparaît au e siècle.
La ville dispose d’un bon réseau d’hôpitaux : léproserie de la Madeleine, fondée par le Duc, hôpital Saint-Jacques, dépendant du couvent des Cordeliers, hôpital Saint-Anne, créée en 1320, rue Saint-Malo et surtout l’hôpital Saint-Yves, fondé en 1358, le plus important de la ville.
1532 La Bretagne est définitivement rattachée à la France par l'Acte d’union de Vannes mis en œuvre et signé par François er, marié à Claude de France, (fille d’Anne de Bretagne et de Louis son second mari).
1536 fondation par la ville d’un collège, rue Saint-Thomas, confié aux Jésuites en 1603, il compta au plus fort de sa renommée 3000 élèves.
1551 création du Présidial de Rennes.
En 1554, le roi Henri , dernier duc de Bretagne en titre, décide de remplacer « les Grands jours » (les deux sessions annuelles tenues à Vannes jusqu’en 1550) par un « Parlement et siège de justice souveraine au duché de Bretagne ». Un bras de fer de 7 ans a lieu entre Rennais et Nantais pour l’obtention de son siège. Dans un premier temps, les séances du Parlement se tiennent tous les 6 mois alternativement à Rennes et à Nantes. Sur la supplique des Nantais, le roi Henri accorde le siège à la ville de Nantes en juin 1557, ce qui provoque un tollé à Rennes. En 1561, Charles , la régente étant Catherine de Médicis, ordonne que « la séance ordinaire dudit Parlement sera et demeurera toujours ci-après en ladite ville de Rennes, sans que pour quelque cause et occasion que ce soit, elle en puisse à l’advenir estre ostée et transférée en ladite ville de Nantes, ni ailleurs. »
1598 Henri IV, roi de France, entre dans Rennes après être allé à Nantes signer l’Édit. Il loge au château de la Prévalaye. (Détruit par les Allemands en 1945, il en subsiste aujourd’hui le pigeonnier).
1618 Début de la construction du palais du Parlement de Bretagne, d'après les plans de Germain Gaultier (architecte de la Ville de Rennes) revus et corrigés par Salomon de Brosse (architecte de Marie de Médicis).
1624-1632 Épidémies de peste.
1655 Inauguration du palais du Parlement.
Au , conséquence du rôle économique de la Bretagne au centre des trafics économiques maritimes entre l’Europe du Sud et celle du Nord, Rennes est la seconde place monétaire du royaume après Paris.
1675 Création de la promenade du mail, par le duc de Chaulme.
En 1675, la révolte du papier timbré débute en Bretagne à Rennes le 3 avril. Le gouverneur de Bretagne, le duc de Chaulnes, ne dispose que de maigres troupes, l’armée étant occupée aux frontières par la guerre de Hollande. Mais à l’été, les régiments rendus disponibles ramènent l’ordre dans toute la péninsule, et pillent la ville en octobre-novembre. Rennes doit encore héberger d’autres régiments tout l’hiver, et perd le Parlement durant 15 ans, au profit de Vannes. La ville, qui vivait essentiellement de la présence du Parlement, voit sa population baisser durant cette périodeOlivier Chaline, Le Règne de Louis XIV, Paris : Flammarion, 2005, p. 323-325.