Les réformes de la société par Mahomet ont été engagées à la suite des victoires des troupes qu'il dirigeait. Celles-ci ont eu des conséquences notables sur le mode de vie des Arabes dans la région et ensuite dans les terres conquises par les musulmans.

Vu la rareté des sources écrites pour cette période, certaines difficultés à reconstituer la situation en Arabie avant Mahomet persistent. Les chroniqueurs et historiens médiévaux dont les ouvrages traitant de cette tranche de temps pour la région concernée n'ayant pas les mêmes critères d'historicité que ceux exigés à notre époque, il faut tenir à l'esprit qu'une telle étude est particulièrement complexe à traiter.

Sur l'infanticide des filles Le docteur en démographie Sofiane Bouhdiba explique dans un de ses ouvragesSofiane Boudhiba Le waad, phénomène spécifique sociodémographique au monde arabe : un Mythe ? Université de Tunis. qu'en remontant aux raisons sociales, culturelles, économiques et historiques de l'infanticide féminin dans la société arabe préislamique, il apparaît en quoi Bouhdiba étudie les nouvelles raisons socioéconomiques avancées par Mahomet pour l'interdiction de cette pratique. Il traite également dans son ouvrage de la façon dont la représentation négative à l'égard des nouveau-nés de sexe féminin est restée tout de même profondément ancrée dans certaines sociétés arabes modernes.

Le docteur en histoire, Maxime Rodinson écritMaxime Rodinson, Mahomet, édition du Seuil, 1994 ; p.263,

Cependant l'historien Hassan Ibrahim Hassan dit, au sujet l'infanticide des enfants de sexe féminin en Arabie à l'époque, que L'historien arabe Hassan Ibrahim Hassan, "Islam Tarihi", 14 tomes, Kayihan yayinlari (1964); traduction au turc par Dr. Ismail Yigit. t.1 87 Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. XVI, Les abilles : 58-59)Tabarî rapporte dans le Chroniques que chez certaines tribus, sous ordre du père, c’est la mère qui subit la tâche de tuer sa fillette. Il écrit : Tabârânî explique que le grand-père de Farazdak, Sa'sa bin Najiyah al-Mujasi, vint un jour chez Mahomet lui demander "Ô Messager ! J'avais réalisé certaines bonnes œuvres au temps de l'ignorance. Dont le fait de sauver 360 fillettes d'être enterrées vivantes et ai payé pour cela en donnant deux chameaux pour chaque fillette. Serai-je récompensé pour ces choses ?", à quoi Mahomet répondit par l'affirmativeat-Tabarani (m.310)'al Mu'jam ar-Rusul wa'l mulûk, Leyde, 1897. 100

Sur le mariage

Choix du mari par les femmes Mahomet dit à propos du mariage des filles célibataires et des veuves : . De même, ibn Hajar rapporte : . La fille reçut ainsi le droit légal de choisir son mari, autrement le mariage est nul Kitab ul Nikâh, de Sahih Muslim Bulûgh'ul Marâm, ibn Hajar ; Ahmet Davudoğlu, Büluğ’ül-Meram Tercümesi ve Şerhi, Selamet Yolları, Sönmez Yayınları: 3/256.. Choisir son mari, ce qui se fait généralement dans la mentalité islamique, avec arrangement et acceptation des jeunes.

Mahomet interdit le mariage shigar qui était l’échange d’une fille avec une autre fille de sorte que les époux ne donnent pas de dots Bulûgh'ul Marâm, ibn Hajar ; Ahmet Davudoğlu, Büluğ’ül-Meram Tercümesi ve Şerhi, Selamet Yolları, Sönmez Yayınları: p.387

Maxime Rodinson, après avoir précisé que la théorie du passage du système matriarcal au système patriarcal à l'époque de Mahomet, et avoir précisé qu'il est plutôt de l'avis de J. Henniger selon lequel cette thèse est douteuse, écritMaxime Rodinson, Mahomet; édition du Seuil, (1994) p.265 : « W. M. Watt pense, après Robinson Smith, qu'il y a eu extension à la parenté paternelle de principes applicables à la parenté maternelle (matriarcat). Mais il existe aussi des stipulations qu'il interprète comme des concessions aux groupes matrilinéaires. En tout cas il est sûr que la réglementation coranique vise à déraciner les coutumes qui ne traitaient pas les individus, les femmes en particulier, comme des sujets indépendants ». Il est communément admis par plusieurs érudits que la femme musulmane ne peut épouser un non-musulmanIbn Hichâm (m.218) Sîrat Rasûlillâh Göttingen, 1858-1860 ; trad; anglais. p464-470, mais ceci est très discutable. De plus, rien dans le Coran ou la Sunna n'interdit un mariage entre une musulmane et les gens du livre. Dès lors ceci relève du domaine de l'Ijtihad, et donc de la réflexion et du consensus des juristes.

Le mariage de jouissance

Il y a débat sur la réforme du mariage de jouissance ou le mariage temporaire (zawâj al mut'a), qui serait faite ou non par Mahomet. Le mariage de jouissance consistait en ce qu'un homme pouvait proposer à une femme de contracter un mariage pour une durée de son choix. C'est l'homme qui fixe la durée de la période lors du mariage mut'a. Il existe une justification juridique provenant du Coran, selon l'exégèse chiite et quelques savants sunnites, et selon un groupe de disciples de MahometMan lâ yahduruhu al-fiqh, Tompe III, p. 366 - Tafsir Minhaj al-Sâdiqin, tome II, p. 495</ref> ; Sourate 4 : Les femmes (An-Nisa') 24. et parmi les femmes (vous sont interdites), les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété. Prescription de Dieu sur vous ! À part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d'elles, donnez-leur leur mahr, comme une chose due. Il n'y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr. Car Dieu est, certes, Omniscient et Sage İmam Kurtubi, el-Camiu li-Ahkami’l-Kur’an, Buruç Yayınları: 5/107-109 Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. IV, Les Femmes : 24) Selon l'exégèse sunnite, le verset parle d'un mariage normal, la dot étant le droit de la femme pour que le mari ait le droit légal d'avoir une relation sexuelle avec elle.. Avant Mahomet, les Arabes pratiquaient aussi le mariage temporaire. Parmi les disciples de Mahomet : ibn Abbas, Ubay ibn Ka'b, Suddî et Said ibn Jubayr ont interprété ce verset comme lié au mariage mut'a. Les autres disciples de Mahomet ont interprété ce verset comme lié au mariage normal, non au mut'a.

Sunnites et chiites sont d'accords que le mariage mut'a a été autorisé par Mahomet à Khaybar. Cependant il existe donc des controverses sur son abrogation ou pas, les chiites et quelques rares savants sunnites le reconnaissent comme toujours autorisé. Mais les quatre écoles sunnites interdisent le mariage mut'a(ar)/(tr) Şeyh Abdurrahmân El-Cezîrî, Dört Mezhebin Fıkıh Kitabı (Kitâb'ul Fiqh alâ al Mazhâhib'ul arba'a), Traduction : Hasan Ege, Bahar yayınları. Cilt : V, Sh : 9 à 100. Ahmad Ibn Hanbal autorise selon un courant de l'école hanbalite sunnite le mariage mut'a en cas de manque important. Les oulémas chiites affirment que Mahomet, lui-même, n'a jamais interdit le mariage temporaire, et qu'aucun homme ne peut donc l’interdire. Ce à quoi des exégètes sunnites répondent en rapportant que le prophète a interdit le mariage temporaire après la prise de Khaybar, se basant notamment sur le hadith d'al Bukhari, où Mahomet interdit le mariage temporaire.

Sur la polygamie La polygamie, illimitée auparavant L'historien arabe Hassan Ibrahim Hassan, "Islam Tarihi", Kayihan yayinlari (1964); traduction au turc par Ismail Yigit. 14 tomes, t.1, p.242Le chroniqueur médiéval Tabari explique dans l'exégèse du verset (Cor.IV, les Femmes : 3) comment les musulmans se sont séparés d'un nombre de femmes nécessaire pour n'en garder que quatre après cette intervention de Mahomet. / ibn Sa'd (m.230) Tabaqat, Leyde, 1904-1912 ; VIII, 141-142 / 'alMuhabbar' de Muhammad ibn Habib al-Baghdadi '(H.245) Haderabad ; p.92 Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor.IV, Les Femmes : 3), fut limitée à quatre femmes libres au maximum. Le nombre d'esclaves (avec lesquelles le maître peut entretenir des relations sexuelles) n'est lui pas limité Sosial bilimler ansiklopedisi, Risale yayinlari ; rubrique evlilik, poligami (Hüseyin Peker).. Voir le paragraphe concernant l'esclavage. L'approche islamique va ainsi se différencier de l'approche chrétienne de mariage exclusivement monogame.

La répudiation et le divorce féminin par Khul Mahomet arrêta à trois formulations maximum le désir de répudiation de l'épouse au mari, alors qu'auparavant l'homme pouvait formuler la répudiation et revenir sur sa décision indéfiniment. Le mari pouvait désormais toujours divorcer de sa femme quand il voulait. Désormais, Si le mariage avait été consommé, son ex-conjointe ne devait pas quitter le domicile conjugal durant trois mois. Le mari pouvait revenir sur sa décision durant ces trois mois en ayant des relations sexuelles avec son ex-conjointe. Si la femme était enceinte, l’ex-conjointe ne devait pas quitter le domicile conjugal jusqu’à ce qu’elle accouche. À l’expiration de ce délai, le couple était officiellement séparé, la période de veuvage a également été raccourcie et allégée par MahometMinistère des affaires religieuses de l’Arabie saoudite..

Mahomet élabora de même une forme de divorce pour les femmes qui n'existait pas avant lui. Car seule la répudiation existait avant lui. La femme qui désire que son mari la divorce (Khul) pouvait désormais avoir l’approbation de son mari, si approbation il y a, la femme doit rembourser la dot payée par le mari, en entièreté ou en partie pour annuler l'acte de mariage.

Sous certaines conditions (femmes battues, mari non pratiquant ou grand pécheur, etc.), la femme peut demander au juge de déclarer le divorce entre le couple, celui-ci doit casser le mariage par Khul'. Comme le fit Mahomet.

Si un homme divorce de sa femme en trois fois, il ne peut plus se marier avec elle sauf si elle se remarie avec un autre homme puis divorce. Cela parce que des époux jouaient à les répudier et les reprendre en mariage pour leur faire de la peine Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. II, La Vache : 230).

Les réformes de Mahomet en matière de divorce concernent surtout la pratique des Arabes à son époque, et ne constituent pas une réelle innovation.

Sur l'héritage La femme qui était parfois auparavant elle-même héritée Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. IV, Les Femmes : 18)'Tafsir' du chroniqueur médiéval Tabari IV, 171'alMuhabbar' de Muhammad ibn Habib al-Baghdadi '(H.245) Haderabad 1361; pp.324-325. a bénéficié du droit systématique d'hériter même si elle a des frères, selon le chroniqueur Tabari<ref> Tabari Tafsir (Cor. IV, Les Femmes : 7) : Ce verset a apporté un droit d'héritage aux femmes, alors qu'au temps de l'ignorance, seuls les mâles héritaient à l'exclusion des femmes. Sosial bilimler ansiklopedisi, Risale yayinlari ; rubrique Miras, (Nurettin Yildiz). le verset 7 du chapitre sur les femmes du Coran a apporté un droit d'héritage même partiel aux femmes, qui selon l'historien n'héritaient pas, puisque ne portant pas d'armes. Sauf dans des cas exceptionnels, car aucune société n'est parfaitement monolithiqueCela en Arabie, comparer avec la situation en Europe au Moyen Âge : . Selon le professeur Hamidullah : Le Prophète de l'islam, Sa vie, Son œuvre"(en 2 tomes), Éditions Association des Étudiants Islamiques en France, : tome II : §1590..

Or, selon l'historien Hassan Ibrahim Hassan, cette pratique de ne pas faire hériter les filles était amplement en vigueur même en dehors de l'Arabie à cette époque L'historien arabe Hassan Ibrahim Hassan, "Islam Tarihi", Kayihan yayinlari (1964); traduction au turc par Ismail Yigit. 14 tomes. t.1, p.238 : Comparer avec les droits d'héritage au Bas Moyen Âge en Europe. Anne-Marie Dubler décrit (à titre de comparaison avec le degré de fiabilité des sources arabo-musulmanes sur les droits d'héritage de l'époque en Arabie) la situation des droits d'héritage similaires en Europe du Moyen Âge.

Sur l'esclavage