L, en français « Armée de terre des États-Unis »Une traduction littérale vers le français du terme anglais « » ne convient pas car, dans les armées de langue anglaise, « » correspond en fait à l'« armée de terre » (selon l'acception habituelle en France), ce qui est par exemple également constaté dans l'appellation « British Army » . Ce type d'appellation est dû à une conservation du terme historique « » qui correspondait à l'ensemble des forces armées d'une nation à une époque où l'armée de l'air n'existait pas en tant qu'armée indépendante dans la nation en question : voir à ce propos l'exemple de l'United States Air Force qui faisait partie de l'Armée de terre (l') pendant la Seconde Guerre mondiale, en se faisant encore appeler au début de celle-ci, puis de 1941 à 1947, date à laquelle elle est devenue une « armée » indépendante de l'US Army., souvent abrégée en « US Army » (abréviation écrite en anglais « »Comme on peut le lire sur le logotype de l'United States Army, visible ci-contre.), est l'armée de terre des États-Unis. Elle est l'une des six branches des Forces armées des États-Unis.
Historique
Le Congrès continental crée l'armée continentale (la « Continental Army ») le avant la création officielle des États-Unis pour s'opposer à la métropole britannique durant la guerre d'indépendance des États-Unis. Après la guerre et la dissolution de l'armée continentale, le Congrès des États-Unis crée l'Armée des États-Unis (« United States Army ») le , armée qui sera sous le contrôle du département de la Guerre. En 1947, avec le National Security Act est créé le département de la Défense des États-Unis qui fait passer sous son autorité le département de la Guerre devenu département de l'Armée qui passera, comme le département de la Marine et le tout juste créé département de la Force aérienne sous la direction du département de la Défense.
L'Armée de terre des États-Unis ne doit pas être confondue avec le Corps des Marines qui, aux États-Unis, constitue une force armée à part entière.
Les effectifs de l'US Army en temps de paix seront très modestes par rapport à la population du pays jusqu'au milieu du . Trois ans après la guerre de 1812 contre l'Empire britannique, l'US Army ne comptait que . En 1860, elle était composée de d'active. Durant la guerre de Sécession, les effectifs vont jusqu'à un million d'hommes en 1865.
En 1882, à l'époque de la conquête de l'Ouest et des guerres indiennes, on compte répartis entre vingt-cinq régiments d'infanterie (dont deux composés d'Afro-Américains, les Buffalo Soldiers), dix de cavalerie, cinq d'artillerie et les services annexes. L'US Army recrute au moyen d'engagements volontaires, contractés pour cinq ansNouveau Dictionnaire encyclopédique universel illustré, Jules Trousset, 1886-1891..
Lors de la guerre hispano-américaine de 1898, la mobilisation et la mise sur pied de guerre des forces sont chaotiques et malgré le courage des volontaires qui affrontent l'armée espagnole, c’est en fait l'US Navy qui est déterminante dans la victoire, en coulant la flotte adverse, coupant ainsi les lignes de ravitaillement espagnols. À la suite de ce conflit, l'US Army et l'US Marine Corps sont confrontés durant la guerre américano-philippine à une dure guérilla aux Philippines jusqu'en 1902, mais des escarmouches se poursuivent jusqu'en 1913. Les pertes humaines seront de américains (dont à au combat) et philippins de la nouvelle administration, contre à et guérilleros, auxquels il faut ajouter de à , victimes directes ou indirectes de ce conflit.
Première Guerre mondiale
vignette|gauche|upright=0.8|Le général John Pershing. vignette|upright=1|Premier tir américain sur le front lorrain, le près de Beaumont (France). La douille éjectée est encore en l'air qu'un nouvel obus est déjà introduit dans le canon. Ce canon de 75 pouvait tirer 6 à par minute. Chaque obus à balles contenait de plomb. vignette|upright=1|Troupes américaines sur des chars FT allant sur l'Argonne en 1918. vignette|upright=1|Unité de la gun Battalion, durant la bataille de Saint Mihiel.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914 en Europe, l'armée ne dispose que de 3 divisions d'infanterie, une de cavalerie auxquelles il faut rajouter une brigade d'infanterie stationnée à Hawaï, soit .
En 1916, le National Defense Act prévoit une augmentation des effectifs jusqu'à assortie de la création de supplémentaires.
Cette armée n'a toutefois rien d'un corps d'élite bien équipé. Les dotations en matériel moderne sont timides et tardives. Ainsi, entre 1896 et 1916, le Congrès n'octroie qu'une ligne de crédit annuelle de pour l'achat de mitrailleuses. Ce chiffre passera du jour au lendemain à fin 1916 quand la guerre fut inévitable. D'ailleurs peu habituée à de tels moyens, l'armée se donnera une dizaine de mois pour choisir son matériel. En matière d'aviation également, avec une enveloppe budgétaire de américains, les qui précédèrent l'entrée en guerre virent un effort dérisoire en ce domaine par rapport aux armées européennes qui en France et Allemagne consacrèrent plus d'effort en ce domaine.
En , l'armée américaine ne disposait que de , et d'artillerie de campagne.. Au niveau motorisation, l'US Army disposait en d'un peu plus de , en avait fin 1918 et plus de devaient entrer en service d'ici . Des véhicules furent fournis en nombre aux Alliés par l'industrie automobile américaine de loin alors plus puissante du monde, ainsi le Corps expéditionnaire britannique avait à la fin de cette guerre et camions dérivés de la Ford T..
Lorsque l'Empire allemand reprend sa guerre sous-marine à outrance au début de 1917 et commence à couler des navires américains, les États-Unis entrent dans le conflit le par une déclaration de guerre du Congrès des États-Unis. La guerre est votée par contre 50. Le président Wilson proclame alors : « L'Amérique doit donner son sang pour les principes qui l'ont fait naître ».
Leur engagement tardif et laborieux fut cependant massif. La participation américaine à la guerre devient effective avec l'arrivée le du général John Pershing et de son état-major qui vont commander l'American Expeditionary Force, le Corps expéditionnaire américain envoyé en Europe qui préfigure déjà l'immense capacité de mobilisation dont dispose le pays, pour peu qu'il se décide à la mettre en œuvre et qu'on lui laisse le temps de se préparer.
Afin de renforcer le moral allié, un petit contingent symbolique fut envoyé en France qui débarqua le à Saint-Nazaire. Les chefs militaires français et anglais souhaitaient amalgamer les soldats américains dans les différentes armées existantes mais le général Pershing insista vigoureusement pour que le corps expéditionnaire demeurât une entité indépendante et dès le , les de la d'infanterie américaine furent affectés à un secteur relativement calme du front, près de Toul.
Les premiers enterrements de soldats américains tombés sur le sol de France eurent lieu le Photographie des enterrements à Bathelmont..
Les résultats obtenus dans les transports de troupes américaines assurés par la Cruiser and Transport Force, depuis l'entrée en guerre des États-Unis jusqu'en , avaient été faibles. Au , à la veille de la première offensive allemande, ces troupes ne comptaient en France que dont . Au début de mai, l'appui que l'armée américaine est à même de donner aux armées de l'Entente reste encore très limité. Une seule de ses divisions (la ), en ligne sur le front de Picardie est considérée comme apte à participer à une grande bataille; trois autres (les , et ) tiennent des secteurs calmes en Lorraine où elles complètent leur instruction d'une durée de cinq mois. À ces quatre unités s'ajoutent : la , dont les régiments sont dispersés au long des voies de communication, et les et , en cours de débarquement. Ces trois divisions, partiellement instruites aux États-Unis, doivent achever leur formation sur des fronts calmes et dans des camps. Enfin, quatre régiments d'infanterie noire, en cours de transport, seront, au fur et à mesure de leur arrivée, mis à la disposition du général Pétain, pour être rattachés à de grandes unités françaises. Le , le général Pétain a fait connaître au général Foch qu'il estimait les , et américaines suffisamment instruites pour pouvoir participer à la "noria" générale, comme la . Il a demandé, d'autre part, que l'envoi sur le front des , et fût hâté le plus possible. Grâce à l'appoint du tonnage britannique, la situation des transports américains va rapidement s'améliorer, dès le mois de mai. Alors que les effectifs transportés en mars et en avril avaient été respectivement de et , ils s'élèvent en mai à , dont , parmi lesquels appartiennent à l'infanterie.
D'autre part, les progrès réalisés dans l'instruction des troupes aux États-Unis laissent espérer qu'on pourra bientôt tabler sur des délais moins longs entre le débarquement des unités et leur emploi sur le front. Pour aider à cette évolution, le gouvernement français décide, le , d'envoyer aux États-Unis le général Berthelot avec mission d'examiner les conditions dans lesquelles pourraient être augmentés les moyens d'instruction mis par la France à la disposition du gouvernement fédéral.
À la fin du mois de mai, la situation des forces américaines en France est la suivante : deux divisions ( et ), aptes à participer à des batailles, sont en Picardie, à la disposition du commandement français ; trois divisions (, et ) sont dans les secteurs calmes sur le front du groupe d'armées de l'Est ; deux divisions ( et ) ont achevé leurs débarquements ; cinq divisions (, , , et ) sont en cours de débarquement ; quatre divisions (, , et ) sont en cours de transport ; une division de dépôt () est débarquée ; enfin, les quatre régiments d'infanterie noire ont été mis à la disposition du commandement français et complètent leur instructionSituation en mai 1918, Front Français..
Lors de la grande offensive de l'armée allemande en , la gravité de la situation militaire aboutit à confier au général Ferdinand Foch le « la direction stratégique des opérations militaires » puis, le , le titre de « général en chef des armées alliées ».
Pershing mit donc à sa disposition les quatre divisions alors présentes et la première participation active de celles-ci eut lieu le quand le de la fut engagé près de la petite ville de Cantigny au sud-est d'Amiens.
Cette unité prit la ville et la défendit contre sept contre-attaques allemandes, cette action contribua à montrer aux Allemands qu'ils avaient tort de voir dans ces civils en uniformes « une simple troupe d'amateurs ».
Le , lors de la seconde bataille de la Marne, la d'infanterie et des régiments de Marines renforcèrent les troupes coloniales françaises dans le secteur de Château-Thierry, elles repoussèrent les Allemands de l'autre côté de la Marne et chassèrent l'ennemi du bois Belleau entre les 6 et .
Le , le généralissime allemand Erich Ludendorff tenta une fois encore d'arracher la victoire, cette fois en Champagne, entre Reims et l'Argonne. participèrent à la contre-offensive déclenchée dès le qui obligea les forces allemandes à se replier jusqu'à la Vesle.
Le , Foch autorisa la constitution de la américaine forte de qui se virent assigner la partie du front correspondant au saillant allemand de Saint-Mihiel, au sud-est de Verdun.