Louis-Joseph de Bourbon, duc de Vendôme, dit le Grand Vendôme, est né dans l'hôtel de Vendôme à Paris le et mort dans la ville de Vinaròs le . Il est un descendant d'Henri IV par la branche des bâtards légitimés de Bourbon-Vendôme. Il est duc de Vendôme, duc de Mercœur, duc d'Étampes, duc de Beaufort, duc de Penthièvre et comte de Dreux, prince d'Anet et de Martigues.

Il est un des généraux les plus importants et controversés de la fin du règne de , il sera remarqué lors de la ligue d'Ausbourg et lors de la guerre de Succession d'Espagne. Homosexuel affiché, il meurt sans descendance et son duché s'éteint avec lui. Ses exploits militaires lui valurent le surnom de Grand Vendôme.

Biographie Famille Il est le fils aîné de Louis de Vendôme, duc de Mercœur et de Laure Mancini, nièce du cardinal Mazarin. Il est de par son père le petit-fils de César de Vendôme et Françoise de Lorraine, ce qui fait de lui l'arrière-petit-fils du roi et de sa maîtresse Gabrielle d'Estrées. Il est également un cousin germain de la duchesse et régente de Savoie, Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie, ainsi que de la reine de Portugal, Marie-Françoise-Élisabeth de Savoie, épouse du roi .

Enfance et jeunesse vignette|gauche|250x250px|Louis-Joseph de Vendôme enfant, fond Boyer Louis-Joseph de Bourbon-Vendôme né à Paris dans l'hôtel de Vendôme le . Il a pour puîné Philippe de Vendôme, futur grand prieur, né un an après lui. Il est baptisé, avec son frère cadet, le par le cardinal archevêque de Reims, Antonio Barberini neveu du pape Urbain VIII à la Sainte-Chapelle du château de Vincennes (dont Mazarin est le gouverneur). Louis-Joseph est porté sur les fonts baptismaux par le jeune Louis XIV et sa mère Anne d'Autriche. Il est fait, à cette occasion, duc de Penthièvre.

Le jeune garçon perd sa mère à 3 ans, elle meurt en couches en en donnant naissance à un dernier fils, Jules-César (1657-1660) mort prématurément. Son père le duc de Mercœur, part vivre quant à lui loin de la capitale, dans son gouvernement de Provence. L'éducation du jeune garçon fut l'objet de toutes les attentions, il reçut une véritable éducation de prince. Il eut pour gouverneur Claude de Jussac d'Ambleville, homme réputé de grande qualité, la Grande Mademoiselle le qualifiant d'homme d'esprit, disant qu'il était savant, faisait joliment des vers, et écrivait bien, (ses qualités lui permirent d'ailleurs par la suite d'être le gouverneur du duc du Maine). Ses précepteurs furent Rillier (qui devint son intendant) et Foucault, fin connaisseur du grec et du latin. Ces maîtres furent choisis par sa grand-mère Françoise de Lorraine duchesse de Vendôme.. Louis-Joseph semble avoir eu un certain penchant pour l'Histoire, apprise avec les auteurs antiques. La figure de son arrière-grand-père Henri IV fut son principal modèle, notamment grâce aux souvenirs de son grand-père César de Vendôme. Cela forgea le jeune prince, lui rappelant ses origines royales, pour ainsi ne pas oublier les prétentions familiales.

Mais une véritable hécatombe familiale va interrompre cette éducation attentionnée. Tout d'abord la mort de son grand-père César de Vendôme en 1665, faisant ainsi de son père le nouveau duc de Vendôme. Mais c'est surtout en 1669 que les décès s'accumulèrent dans la famille de Bourbon-Vendôme : son oncle le duc de Beaufort est déclaré disparu au siège de Candie, le c'est son père le duc de Vendôme qui décède, faisant de Louis-Joseph le nouveau duc de Vendôme et gouverneur de Provence. Enfin la mort de sa grand-mère Françoise de Lorraine le acheva la dégringolade de la famille. Ainsi orphelin à l'âge de quinze ans, il hérite d'une immense fortune, malgré les dettes laissées par son grand-père. Cela réduisit donc la maison de Bourbon-Vendôme à deux jeunes garçons de quinze et quatorze ans, Louis-Joseph et Philippe.

Les deux orphelins quittèrent alors l'hôtel de Vendôme, qui petit à petit fut délaissé, pour l'hôtel de Bouillon où ils furent élevés par leur jeune tante, Marie-Anne Mancini duchesse de Bouillon, qui n'avait que vingt ans. La duchesse aimait les plaisirs frôlant la débauche, en véritable libertine. Elle réunissait autour d'elle une petite cour d'hommes libertins et lettrés parmi lesquels Jean de La Fontaine ou l'abbé de Chaulieu (celui-ci resta attaché par la suite au duc de Vendôme). Cet environnement influença les frères Vendôme sur l'intérêt profond qu'ils eurent pour les lettres, sans pour autant être de fins littéraires, ainsi qu'en y devenant des compagnons pour la débauche. Quant son frère Philippe marquait son penchant pour les femmes, des rumeurs l'accusant même de relations charnelles avec sa tante, Louis-Joseph montrait une préférence pour les hommes. Cette vie uniquement de plaisirs qui se forgeait pour Vendôme, ne lui donnait aucunement l'envie de s'impliquer dans son gouvernement en Provence, qui était géré en son nom par un lieutenant général, le comte de Grignan.

Le voyage d'Italie vignette|droite|200px|Portrait de Philippe de Vendôme, grand prieur du Temple, frère cadet de Louis-Joseph, par Jacob Ferdinand Voet. En 1671, Louis-Joseph et Philippe souhaitent se rendre en Italie pour parfaire leur éducation dans l'esprit des "Grands Tours" effectués par les jeunes aristocrates (la chose n'étant pas pratiquée, à l'accoutumée, par les princes). Ils souhaitent se rendre dans le duché de Savoie, à Rome puis Venise. Le roi, malgré ses réticences, accepta le voyage. Les frères Vendôme furent accueillis avec les plus grands égards par le duc Charles-Emmanuel II de Savoie. Lorsqu'ils arrivèrent à Suse ils furent escortés par un cortège envoyé par les souverains du duché. Le ils embarquèrent sur le Pô pour aller jusqu'à Venise. Le ils arrivaient à Rome. Le pape Clément X les reçut au palais Farnèse le où ils furent encore une fois magnifiquement accueillis, le pape y organisant un banquet en leur honneur. Les frères Vendôme furent également présents au banquet organisé pour , marquis d'Astorga. Mais le voyage, qui devait se poursuivre en Allemagne, fut interrompu sur ordre de Louis XIV, les frères Vendôme rentrant à Paris en . Le roi, se préparait à la guerre de Hollande, et il était alors plus prudent que personne de la noblesse ou de la famille royale, ne soit hors du royaume à ce moment-là.

Premières armes à la guerre de Hollande Il commence sa carrière militaire âgé de dix-huit ans, en se portant volontaire, avec son frère, dans l'armée du roi dès le printemps 1672, accompagnant ainsi son souverain à la campagne d'ouverture de la guerre de Hollande. Après un bref retour à la cour en même temps que le roi, ils rejoignent le Grand Condé en Hollande, en . Ils sont également présents au siège de Maastricht durant la campagne de 1673. Avec Condé, Louis-Joseph est nommé colonel d'un régiment d'infanterie, il découvrait ainsi auprès de lui les principes du commandement, il sut d'ailleurs être apprécié de lui, Condé prenant même sa défense auprès du roi et de Louvois, qui avait reçu un portrait de Vendôme peut flatteur.

En 1674 il est au côté du roi pour la conquête de la Franche-Comté, assistant aux prises de Besançon et de Dole. Mais c'est réellement à partir de 1675 que Vendôme commença à se distinguer. On lui confia la défense d'un pont pour la retraite, après la mort du Maréchal de Turenne, lors de la bataille d'Altenheim où il fut blessé,. Ce fait d'armes lui fit espérer une promotion pour l'année 1676, mais la chose ne se réalisa pas. Alors déçu, il demanda au roi, le , de pouvoir se rendre dans son gouvernement de Provence, hérité de son père. Mais Louis XIV le lui refusa, arguant : Monsieur, quand vous saurez bien gouverner vos affaires, je vous donnerai le soin des miennes.

Il est enfin fait brigadier d'infanterie le , en raison de sa participation au siège de Condé (1676). Il poursuit ses services militaires en Flandre pour l'année 1677, notamment lors du siège de Cambrai, lui permettant de faire son apprentissage de la mission d'un officier général, grade qu'il n'a pas. Il combattit sous les ordres du maréchal de Créquy et au côté du colonel de Villars, d'un an son aîné. Vendôme se distingua notamment au mois de juillet lors d'une attaque du camp de Créquy par les troupes de Charles V de Lorraine, sur la frontière de la Meuse. Il s'illustra également au siège de Fribourg en novembre. Ces actions réussi lui permirent d'être promu maréchal de camp le , il n'a alors pas vingt-quatre ans. Cette année marque également la fin de la guerre de Hollande, et donc une pause dans la jeune carrière militaire du duc de Vendôme.

La vie de Cour vignette|gauche|Portrait de Louis-Joseph de Vendôme attribué à Pedro Nunez de Villavicencio. Autant Vendôme se forgeait une réputation de bon militaire, autant sa réputation hors des camps laissait à désirer. Ses penchants homosexuels, ajoutés à son goût pour le tabac (apprécié de nombreux aristocrates mais pas par le roi), et sa passion pour les jeux d'argent comme la bassette, donnaient à sa vie un caractère très dissolu. Primi Visconti le décrit jouant à ce jeu à l'hôtel de Vendôme au côté de son frère le grand Prieur et de sa tante la comtesse de Soissons. Les courses de chevaux lui plaisaient également, ainsi que les paris d'argent. Louis-Joseph pariait des sommes astronomique aux jeux. Madame de Sévigné raconte même qu'au mois d' il « perdit dix mille écus au billard ». Ces pertes conséquentes d'argent retardèrent même son voyage dans son gouvernement de Provence. Vendôme s'était en effet décidé à s'y rendre au mois d'. Sur le chemin il s'arrêta pour des divertissements à Orléans et prévoyait de séjourner à Lyon. Mais la maladie le rattrapa à la Charité-sur-Loire, où il eut la petite vérole, fin 1680. Il choisit de passer l'hiver en convalescence dans son château d'Anet. Ayant réchappé miraculeusement à la maladie il se rendit enfin à Aix-en-Provence et Marseille en octobre et .

L'année 1679 vit également la convocation du duc par La Reynie, lieutenant général de police, pour l'affaire des poisons. Il avait déjà été voir La Voisin avec sa tante la duchesse de Bouillon, mais Vendôme prenait la chose comme un divertissement, il ne fut donc pas inquiété. Cependant au vu de l'ampleur que pris l'affaire, il se retira à Anet en . Deux ans plus tard, en un autre scandale le concerna, et là de beaucoup plus près. Il fut impliqué dans l'affaire des mœurs homosexuelles du comte de Vermandois, bâtard de Louis XIV, qui avait été séduit par le chevalier de Lorraine. Louis-Joseph choisit à nouveau de se retirer à Anet pour apaiser les tentions et retrouver grâce auprès du roi. À Anet, Vendôme s'entoura de nombreux artistes, La Fontaine, Chaulieu, Campistron, jouant le rôle de mécène auprès d'auteurs à la plume libre.

Morcellement de l'héritage familial Les difficultés financières de Vendôme dues à son penchant pour les jeux avaient creusé la dette laissée par son grand-père César. Comme le dit Primi Visconti "Le duc était un de ces grands seigneurs qui ne s'occupent de rien, si ce n'est d'avoir de l'argent pour jouer", déléguant ses affaires à son frère et à Chaulieu. Louis-Joseph dût se résoudre à vendre ainsi plusieurs de ses possessions et titres. En 1685 il vendit au roi pour 600 000 livres., son hôtel parisien à l'emplacement duquel fut construite la célèbre place Vendôme actuelle. En 1686 il vendit pour 500 000 écus son duché de Penthièvre à la princesse de Conti et celui de Beaufort en 1688 au fils du maréchal de Luxembourg pour 400 000 livres.

Rapprochement avec le Grand Dauphin thumb|Schéma de l'illumination pour le Grand Dauphin au château d'Anet, 1686, avec la pyramide au centre du parterre.