Pierre Alechinsky , né le à Saint-Gilles, à Bruxelles (Belgique), est un peintre et graveur belge naturalisé français..
Membre fondateur du groupe Cobra, son œuvre mêle l'expressionnisme au surréalisme.
Il est le père du poète Ivan Alechine (né en 1952) et du sculpteur Nicolas Alquin (né en 1958).
Il est le premier Belge à recevoir au Japon le Praemium Imperiale en 2018.
Biographie Le père de Pierre Alechinsky est russe, avec des origines juives, et sa mère est belge, d'origine wallonne. Tous deux sont médecins. Dans les années 1930, Alechinsky étudie à l'école Decroly à Bruxelles. On oblige l’enfant gaucher à écrire de la main droite. La gauche, sa meilleure main, les éducateurs la lui laissent pour les travaux : le dessin..
De 1944 à 1948, il étudie l'illustration du livre, la typographie, les techniques de l'imprimerie et la photographie à l'École nationale supérieure d'Architecture et des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. C'est pendant cette période qu'il découvre l'œuvre d'Henri Michaux, de Jean Dubuffet et des surréalistes. Il rencontre et se lie d'amitié avec le critique d'art Jacques Putman, qui consacre de nombreux écrits à son œuvre. Il commence à peindre en 1947 et fait alors partie du groupe Jeune Peinture belge, qui réunit notamment Louis Van Lint, Jan Cox, et Marc Mendelson.
CoBrA Pierre Alechinsky devient très rapidement l'un des acteurs majeurs du monde artistique belge de l'après-guerre. Il fonde avec Olivier Strebelle et Michel Olyff dans une maison communautaire, les Ateliers du Marais. Après sa rencontre avec le poète Christian Dotremont, l'un des fondateurs du groupe CobraMouvement créé en 1948, regroupant des artistes issus de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam (d'où son acronyme), qui préconise un retour à un art plus provocant, agressif et audacieux., il adhère en 1949 à ce mouvement d'avant-garde artistique, rejoignant Karel Appel, Constant,Corneille, Jan Nieuwenhuys et Asger Jorn. Il participe aussitôt à la première exposition internationale de Cobra au Stedelijk Museum.
Pendant la brève existence du groupe, il s'y implique très fortement, organisant des expositions, comme la deuxième exposition internationale d'art expérimental Cobra au palais des beaux-arts de Bruxelles en 1951 et contribuant à la réalisation de la revue Cobra. Le rôle capital que joue pour lui le mouvement Cobra tient autant aux personnes qu'aux idées défendues : spontanéité sans frein dans l'art, d'où rejet de l'abstraction pure et du « réalisme socialiste », refus de la spécialisation.
Après la dissolution du groupe Cobra, dont il perpétue l'esprit (, a-t-il pu dire), Pierre Alechinsky s'installe à Paris, où il côtoie les surréalistes. Il complète sa formation de graveur et s'initie à de nouvelles techniques à l'Atelier 17, dirigé par Stanley Hayter. C'est l'époque, à partir de 1952, où il se lie d'amitié avec Alberto Giacometti, Bram van Velde, Victor Brauner et où il commence une correspondance régulière avec le calligraphe japonais Morita Shiryū de Kyōto.
La consécration vignette|redresse|[Titre ?] (1978), lithographie en couleur, Apeldoorn, musée CODA. En 1954, il fait la connaissance du peintre chinois Walasse Ting, qui a une grande influence dans l'évolution de son œuvre.
Alechinsky présente, cette même année, sa première exposition personnelle à la galerie Nina Dausset, à Paris. Sa première grande exposition est organisée en 1955 au palais des beaux-arts de Bruxelles. En 1958, l’Institute of Contemporary Arts de Londres accueille ses œuvres (Alechinsky : encres). En 1960, lors de la , il expose au pavillon belge.
Il abandonne progressivement l'huile pour des matériaux plus rapides et plus souples comme l'encre, qui lui permet de donner libre cours à un style fluide et sensible. Fasciné par la calligraphie orientale, dont la spontanéité l'attire, il effectue plusieurs voyages en Extrême-Orient et tourne en 1955 à Kyōto un film documentaire sur la calligraphie japonaise. Même si La Nuit (1952, Kurashiki, Ohara Museum of art) contient déjà cette inspiration de l'Extrême-Orient par la rencontre entre signe et écriture hors du champ de la couleur, le film Calligraphie japonaise, monté en 1958, témoigne de l'impact de cette découverte sur sa propre technique. Christian Dotremont en a écrit le commentaire et André Souris la musique.
Soutenu par la galerie de France, il effectue, à partir des années 1960, de fréquents séjours à New York, où il découvre en 1965 une technique qui lui convient bien, la peinture acrylique, à laquelle l'initie Walasse Ting. Cette même année, il crée son œuvre la plus célèbre Central Park, avec laquelle il inaugure la peinture , inspirée de la bande dessinéeOu des polyptyques de la Renaissance, des icônes byzantines…, où l'image centrale est entourée, sur les quatre côtés, d'une série de vignettes destinées à compléter le sens du tableau. L'interaction entre les deux zones est à la fois énigmatique et fascinante.
Toujours en 1965, André Breton, un an avant sa mort, invite Pierre Alechinsky à participer à la internationale du Surréalisme, L'Écart Absolu.
Il illustre le Traité des excitants modernes d'Honoré de Balzac en 1989. Le livre, accompagné d'une postface de Michel Butor est publié par Yves Rivière.
En 1975, le ministère de la Culture lui commande un service de table qu'il a réalisé en collaboration avec la Manufacture de Sèvres. Il sera complété l'année suivante par un service à café au chiffre de Michel Guy. Entre 2000 et 2004, il revient régulièrement dans les ateliers de la manufacture pour peindre des décors sur le service Diane, une forme de service de table issue du répertoire de Sèvres - Cité de la céramique.
En 1980, Alberto Gironella réalise au Mexique 12 en collaboration avec Pierre Alechinsky. En 1996, les éditions Actes Sud publient un livre sur cette amitié créatrice Deux pinceaux dans le sable..
En 1998, dans le cadre d'une commande publique, il a réalisé pour la Chalcographie du Louvre une gravure à l'eau-forte et à l'aquatinte intitulée Le Pinceau voyageur..
En 1998, la galerie nationale du Jeu de Paume lui consacre une exposition. En 2004, nouvelle exposition au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris.
En 1992, on lui confie la décoration de la rotonde d'accès de l'hôtel de Lassay à l'Assemblée nationaleDécor de la rotonde de l'hôtel de Lassay, Assemblée nationale..
En , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
En 2006, dans la revue Trou , paraît le travail « Main courante » qu'il a créé spécialement pour cette revue et dont l'édition de tête contient une eau-forte intitulée Temps passé tirée sur des feuilles d'un ancien registre des douanes françaises.
De à , à l'occasion des 80 ans d'Alechinsky, les Musées royaux des beaux-arts de Belgique de Bruxelles lui rendent hommage à travers une exposition rétrospective de l'ensemble de la carrière de l'artiste et .
La galerie Lelong à Paris représente et expose régulièrement l'œuvre de Pierre Alechinsky depuis 1979.
Il a fait partie du jury du prix Godecharle.
Œuvres
1965 : Central Park, acrylique sur marouflé sur toile, , collection de l'artiste.. 1968 : Coupe sombre, acrylique, parchemin sur toile, , Cologne, musée Ludwig. 1969 : Bœuf Gros Sel, Infeuilletable 1 et 2, Nuit Blanche, lithographies. 1970 : Loup, encre sur papier (manuscrit d'archive), signée et datée à l'encre rouge en bas au centre, , musée d'Évreux. 1976 : Action privilégiée, aquarelle et dessin sur papier, signée et datée à l'encre rouge en haut à gauche, . musée d'Évreux. 1980-1983 : Al alimón, série d'aquarelles, dessins et acrylique, peinture acrylique, encre de Chine, 12 œuvres réalisées en collaboration avec le peintre mexicain Alberto Gironella, format moyen entre , collection particulière. 1981 : Le Passé inaperçu, acrylique et encre de Chine, musée national d'Art moderne à Paris. 1983 : Le Chien roi, suite de huit eaux-fortes en noir avec aquarelle marginale en couleurs appliquée au pochoir tirée en 35 exemplaires sur Chine 1985 : Album et Bleu, 48 dalles de lave émaillées sur un socle en bétonPierre Alechinsky, Album et bleu, fiche dans DONum Dépôt d'Objets Numérisés, ULiège, Belgique, au Musée d'art contemporain en plein air du Sart Tilman (université de Liège). Paysage calciné, huile sur toile, 50 ans de peinture en Wallonie et à Bruxelles, C.A.C.E.F. Centre d'Action Culturelle de la Communauté d'expression française, . 1992 : les fresques de la rotonde reliant le Palais- Bourbon et la galerie des Fêtes à l'Assemblée nationale, s’articulant autour du thème défini par l’inscription du poète Jean Tardieu : Les hommes cherchent la lumière dans un jardin fragile où frissonnent les couleurs. 1991 : Petite Falaise illustrée, plaques de lave émaillée. Décor mural extérieur réalisé pour le musée Pierre-André-Benoit à Alès, qui conserve une vingtaine d'œuvres de l'artiste. Non daté : Votre dévoué serviteur, aquarelle sur vélin, , Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. ; Rendez-vous, encre de Chine sur vergé, , Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. ; Par Porteur, encre de Chine sur papier vergé, , Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.. Ces trois dessins ont été exécutés sur des courriers adressés à un monsieur Stock, au 15 du quai Malaquais à Paris, où il résidait comme secrétaire personnel du duc Prosper Louis d’Arenberg, jusqu’à la vente de son hôtel en 1823. Mettant en œuvre cette dialectique de l’écrit et du dessin, Alechinsky conçoit avec son pinceau une figure masculine fortement structurée, représentée à mi-corps ou réduite à une tête monumentale. Il utilise les caractéristiques de la lettre, l’adresse, les mots, les cachets, les chiffres qui couvrent le papier pour leur donner un rôle et une place dans la composition qu’il invente..
Expositions Alechinsky, musée d'Art moderne de la ville de Paris, -. Catalogue, texte Jacques Lassaigne. Trente créateurs, Pierre Alechinsky, Olivier Debré, Hans Hartung, François Heaulmé, Roberto Matta, Zoran Mušič, Edouard Pignon, Pierre Soulages…, exposition itinérante en France organisée par André Parinaud, 1975-1976. Alechinsky à l'Arte Fiera de Bologne du 22 au . Alechinsky, 50 ans d'imprimerie, exposition produite par le Centre de la gravure et de l'image imprimée à La Louvière (Belgique) du au . Alechinsky. 50 ans d'imprimerie, Riom, musée Mandet, du au . Alechinsky et les Éditions Fata Morgana, Musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, du au .. Alechinsky, Paris, musée national de la Marine, du au . Genève, galerie Sonia Zannettacci, Alechinsky — Au fil de l’encre, -. Catalogue, texte de Daniel Abadie. Cobra & Cie… dans les collections du Centre de la Gravure, exposition produite par le Centre de la gravure et de l'image imprimée à La Louvière, du au . Alechinsky. Sorties de presse, au Botanique à Bruxelles, du au , exposition produite par le Centre de la gravure et de l'image imprimée. Pierre Alechinsky. Flora Danica, Silkeborg, Museum Jorn, -. Bédarieux, espace d'art contemporain, Alechinsky – les affiches. –. Peter et Pierre. Alechinsky, 40 ans de lithographies avec Peter Bramsen, musée de la Cohue, Vannes, du au .. Alechinsky : ronds, Galerie Lelong, Paris, du au .. Alechinsky, les affiches, musée de Gajac, Villeneuve-sur-Lot, du au .. Alechinsky : les ateliers du Midi, musée Granet, Aix-en-Provence, du au .. Alechinsky : L’œuvre gravée, galerie Pascal Lainé, Ménerbes, du au Galerie Pascal Lainé.. Pierre Alechinsky, Svendborg (Danemark), Villa Tarnborg et Galleri DGV, . Catalogue, texte de Lars Morell. À contre-vent, Paris, Galerie Lelong, –. Catalogue, texte d'Hélène Cixous. Alechinsky. Les affiches, Guyancourt, salle d'exposition, –. Exposition P. Alechinsky, galerie Grand’Rue, Poitiers, 2012. Noir et blanc, collège Marcelin Berthelot, Nogent-sur-Oise, 2012. Alechinsky et le traité des excitants modernes, Saché, château de Saché, -. Centre d’art graphique de la Métairie Bruyère, Parly, 2013.