Georges Henri Journois est un résistant et général de brigade français, né le à Bosc-Bordel (Seine-Maritime) et mort en déportation le à Wilhelmshaven (Allemagne).
Origines familiales et jeunesse Fils de Pierre Hyppolite Journois, né le à Mathonville (Seine-Maritime) et décédé le à Buchy (Seine-Maritime) et de Henriette Grillière, née le à Bosc-Bordel (Seine-Maritime). Il a une sœur Georgette et un frère Roger, jumeaux nés le . Roger décédera très jeune le .
Il vit à Bosc-Bordel et fréquente l’école communale de ce village jusqu’en 1906 date à laquelle ses parents s’installent à Buchy. Il perd sa mère le avant d’avoir 10 ans. Son père se remarie le à Saint-Germain-sur-Eaulne (Seine-Maritime) avec Marie Anne Anastasie Grébeauval.
Il va à l’école communale de Buchy puis est envoyé comme pensionnaire à l’école professionnelle d’Armentières (Nord). Il y fait de très bonnes études et est admis à l’école des Arts et Métiers de cette ville où il se prépare à passer le concours de l’École Centrale car il espère faire des études d’ingénieur.
Carrière militaire Première Guerre mondiale La guerre de 1914 éclate. Georges Journois est de la classe 1916, donc trop jeune pour être mobilisé dès le début et reste donc à l’école. Il est appelé et incorporé le et affecté comme sapeur-mineur au du génie. Il y reste peu de temps et il est muté au régiment d’Infanterie le et est envoyé le même jour à Saint-Cyr afin de suivre les cours pour devenir officier. Il y reste jusqu’au et alors nommé aspirant. Il est affecté au d’infanterie le puis quelques jours après, le , au d’infanterie et part au front le . Il combat avec le du R.I. jusqu’au . À cette date, il est dirigé vers le d’infanterie où il arrive le . En avril, son bataillon (le ) () est en Champagne au camp des Boyaux. Le , il participe à l’enlèvement de la Cote 304 près de Verdun et est nommé sous-lieutenant à titre temporaire le . Il obtient sa première citation à l’ordre du corps d’armée le qui lui vaut la Croix de guerre.
Il reste dans le secteur de Verdun : Moulin Brûlé, rive droite de la Meuse, Bois des Bouleaux, Côte du Poivre jusqu’en mai 1917. Il y est légèrement blessé au visage. Au mois de mai, le R.I. se trouve toujours en opérations dans la région de Verdun et son bataillon prend position successivement au ravin du Helly, près du village de Fleury-devant-Douaumont puis au Bois des Caurrières. Dans ce bois, dans les tranchées qui y avaient été creusées, il fut fait prisonnier quelques instants et cette action lui a valu sa à l’ordre de l’armée du et donc la Croix de guerre avec palme.
Peu auparavant, le , il avait été nommé sous-lieutenant à titre définitif.
Au cours du 1917, il participe à des actions au Fort de Vaux, au fort de Souiville, aux ravins de la Caillette puis du Bazil en juillet, en août il participe à l’attaque et à l’enlèvement de la Cote 344 avec des périodes de repos à Vaucouleurs fin juillet au cours de laquelle sa Croix de guerre avec palme lui sera remise, et à Andernay en septembre.
En janvier 1918, le R.I. passe par Domrémy-la-Pucelle. En février et mars il est dans le secteur de Nomeny. En mai, on le trouve dans la région de Croix-en-Ternois et de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais). En juin et juillet, il est dans la région de Verzy (Aisne) où il participe à une grande attaque au cours de laquelle il est blessé à la jambe.
Il est promu lieutenant le .
Le sous-lieutenant Journois obtient une à l’ordre de la division du soit une étoile d’argent de plus sur sa Croix de guerre.
Il obtient une , à l’ordre du Corps d’Armée en date du avec étoile de vermeil.
En août et septembre 1918, le lieutenant Journois est soigné à l’hôpital d’Argentan dans l’Orne.
À son retour dans son régiment en octobre 1918, il participe à une offensive qui lui permet d’obtenir à nouveau une , à l’ordre du corps d’armée (étoile de vermeil) du .
La Première Guerre mondiale est terminée quand le colonel commandant le d’infanterie lui décerne une , à l’ordre du régiment (étoile de bronze) en date du .
Campagne de Cilicie Après la capitulation allemande, le lieutenant Journois choisit de rester dans l’armée et est maintenu au service au régiment d’Infanterie Celui-ci séjourne dans la région de Laon (Aisne) jusqu’au mois de , puis rejoint Sorgues (Vaucluse) afin d’y préparer son départ pour le Levant. En effet, après la guerre, un mouvement de résistance nationale contre les alliés se développe dans l’Empire ottoman. La Turquie était alliée à l’Allemagne. La conférence de la Paix cherche à appliquer les principes de l’autodétermination aux minorités arabes et arméniennes, ce qui entérinerait la division de l’empire entre la France, l’Italie et la Grèce. Bien que le sultan ait accepté les propositions alliées, l’arrivée de vingt mille soldats grecs suffit à enflammer dans l’opinion turque la volonté de revanche et à rallier de nombreux partisans au mouvement national de Mustapha Kemal Pacha. Le débute le soulèvement militaire dirigé par celui-ci.
Des troupes françaises sous les ordres du général Gouraud sont envoyées au Levant pour relever les troupes britanniques de Syrie et de Cilicie.
Une compagnie de ce régiment commandée par le commandant Mesnil est désignée pour aller prendre position à Bozanti. Le lieutenant Journois, officier adjoint du commandant Mesnil en fait partie. Il participe à la préparation du point d’appui pour s’apprêter à résister aux assauts et repousser les attaques des Turcs. Il prend part à la défense et aux contre-attaques. Il subit le siège et participe à l’attaque décidée pour rejoindre les lignes françaises, les renforts attendus n’ayant pu arriver. Il participe à la marche de nuit pour éviter les Turcs et tombe avec ce qui reste du bataillon dans une embuscade et tout le monde se retrouve prisonnier des Turcs. Cette captivité durera un an et quatre mois, du au .
Pendant le temps de cette captivité, le il est nommé chevalier de la Légion d’honneur et à sa libération, le , il est cité à l’ordre de l’armée du Levant et reçoit la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec palme.
Guerre du Rif À son retour en France, il bénéficie d’un congé de fin de campagne et à l’issue de celui-ci, il est affecté au régiment de tirailleurs algériens en occupation en Allemagne à Wiesbaden. Il y sert du au . Il est d’abord affecté dans une compagnie puis il devient officier adjoint au chef de bataillon. En 1923, il est employé à la compagnie d’instruction et aux pelotons d’élèves gradés. Il sert aussi de professeur de mathématiques aux candidats à Saint-Maixent. Le , il est détaché à Versailles pour y suivre le cours technique des liaisons et transmissions. Il rejoint son unité le et reste en Allemagne avec le R.T.A. jusqu’au , détaché dès son retour au service des transmissions de l’armée du Rhin.
Son régiment est désigné pour servir au Maroc où il débarque le . Il est détaché dès le à l’état major de la de marche du Maroc où il reste jusqu’au . Pendant cette période, il prend part à toutes les opérations de la brigade en septembre et (Bab Mezraoua, Sof Azeroual, Messaoud…). Ces opérations lui valent une nouvelle citation à l’ordre de la Brigade du et la Croix de guerre des T.O.E. avec étoile de bronze.
Le , il rentre en France en congé de fin de séjour et mis à la disposition du général commandant supérieur des territoires d’outre-mer. Dès le , il se porte à nouveau volontaire pour effectuer un nouveau séjour au Maroc. Il est affecté au R.T.A. et arrive au corps le . Il est détaché dès le à l’état-major du groupement de Fès. Il y sert comme officier du . Au mois d’août, il est proposé à titre exceptionnel au grade de capitaine. Il remplit de nombreuses missions de liaison sur le front nord et les opérations de la tâche de Taza. Elles lui valent une nouvelle citation à l’ordre du Corps d’Armée avec une étoile de Vermeil sur sa Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs en date du .
Il obtient également la Médaille coloniale avec agrafe en vermeil « Maroc 1925-1926 ».
Retour en France En 1927, il est détaché auprès du chef de corps comme officier chargé des transmissions, puis il est chargé de l’instruction de la compagnie européenne et du peloton . À la fin du mois de juin, il est détaché comme officier d’ordonnance auprès du général Pétin (aucun lien avec le général Pétain de Verdun). Tout en assurant son service, il prépare le concours d’entrée à l’École de guerre. Il reste auprès du Général Pétin jusqu’au mois de . Il est promu au choix au grade de capitaine le . Il quitte alors le Maroc et à l’issue de son congé de fin de campagne, il est affecté au régiment d’infanterie à Colmar qu’il rejoint le . Il prend le commandement de la qu’il assure brillamment jusqu’au . Il a passé pendant ce temps le concours d’entrée à l’école de guerre. Pendant son séjour à Colmar au R.I. ; un de ses camarades (son futur beau frère) l’emmène passer une permission à Bonnal, petit village du Doubs où il fait la connaissance de sa future épouse.
Il est admis à l’École de guerre à Paris au concours de 1930. Il quitte le R.I. et entre à l’École de guerre le ; il y effectue de brillantes études.
Il se marie à Besançon le .
Études et stages se succèdent pendant deux ans et il sort de l’École de guerre brillamment noté dans les premiers de sa promotion le .
Entre-temps, le , il a le grand bonheur d’avoir son premier fils, Jean Claude, né à Paris.
Il est affecté, comme stagiaire à l’état-major de la militaire à Besançon où il est annoncé par l’École supérieure de Guerre comme un sujet de choix. Comme stagiaire, il passe par tous les bureaux de l’état-major où il donne pleine satisfaction. À la fin de son stage, il reste affecté à l’état-major de la région militaire et à la mi- il est affecté au Bureau. Il y sert en 1935 et 1936 s’occupant des questions intéressant la « couverture » et de la préparation des manœuvres exécutées par les divisions du corps d’armée.
Pendant ce temps naissaient à Besançon le son deuxième fils Jacques et le son troisième fils Pierre.
Il quitte l’état-major de la militaire et est affecté au régiment d’infanterie le pour y effectuer son temps de commandement. Il commande le C.A.2., compagnie de mitrailleuses dont il fait une unité remarquable. Il est rayé des contrôles du R.I. le et est inscrit au tableau de concours pour être nommé officier de la Légion d’honneur.
Il est affecté au commandement du de chasseurs à pied à Bruyères (Vosges) le avec mission de le reconstituer et d’en faire une unité combattante. Il y parvient en quelques mois malgré des difficultés dues à la dispersion de ses compagnies et à un casernement insuffisant.
Il est promu au grade de chef de bataillon (commandant) le et est nommé officier de la Légion d'honneur le .
Son bataillon est entièrement regroupé à Bruyères au milieu de l’année 1937. En 1938 et 1939, il en assure la mise au point définitive et le Bataillon se présente à la mobilisation de comme une unité prête à remplir sa mission dans une unité cuirassée.
La Bataille de France Après la déclaration de guerre, il a le regret et le chagrin de ne pouvoir commander son bataillon au feu. Compte tenu de sa valeur et de ses notes brillantes, il est affecté le au Grand Quartier général du territoire d’opérations du Nord-Est au bureau.
Le , il est affecté à l’état-major du général commandant en chef sur le front Nord-Est, bureau. Lors de la phase active des opérations, il se distingue particulièrement par des missions auprès de la armée en Belgique (Armée Corap) et de la armée (général Huntziger) pendant la bataille des Ardennes. Il y obtint une citation à l’ordre de l’armée (Croix de guerre 1939-1945 avec palme).