La rue de Charonne est une voie du de Paris, qui conduisait au village de Charonne. Elle existe déjà au début du et est, avec la rue du Faubourg-Saint-Antoine, l'une des rues les plus animées du faubourg. De nombreux artisans y ont leur atelier ainsi que leur logement.
Situation et accès Elle commence rue du Faubourg-Saint-Antoine et se termine au boulevard de Charonne. Elle comprend de nombreux restaurants et galeries d'art à son commencement, entre la rue du Faubourg-Saint-Antoine et l'avenue Ledru-Rollin, et devient plus populaire autour du boulevard Voltaire avec de très nombreux commerçants.
La rue de Charonne conserve des immeubles remontant au XVIIe siècle. La section entre la rue Léon Frot et l'avenue Philippe-Auguste présente encore quelques édifices d'Ancien Régime, implantés à l'alignement ancien. Cependant cette séquence ancienne a été modifiée au cours des , à la suite de la réserve d'alignement frappant les deux côtés de la rueCommission du Vieux Paris - Verbal de la séance plénière du 16 février 2010.. Dans les années 1990, la ville de Paris a préempté de nombreux immeubles vétustes dans la partie de la rue allant du boulevard Voltaire au boulevard de Charonne, afin de procéder à l'élargissement de la rue. De nombreux élus du quartier se sont opposés à ces travaux et ont demandé à la ville de restaurer les immeubles qu'elle avait acquis afin d'en faire des logements sociauxPatrick Bloche, ; avant sa nomination en tant que maire du arrondissement ; juin 1996 ; consulté le 13 octobre 2009.. En , tout projet d'alignement a été abandonnéDélibération DAUC 98 - Approbation, après enquête publique, de la modification du Plan d'occupation des sols général de Paris ayant pour objet la suppression de réserves de voirie sur les rues de Charonne (aux nos 116, 120 à 128, 138, 140, 151, 155, 167) et Léon-Frot (aux nos 31, 33, 41, 43) et la suppression de servitudes d'alignement sur la rue Léon-Frot (aux nos 12 à 16, 30, 32) (11e). et depuis lors certains de ces immeubles, restés longtemps à l'abandon, ont été restaurés.
Ce site est desservi par la ligne 8 à la station de métro Ledru-Rollin, par la ligne 9 à la station Charonne et par la ligne 2 à la station Alexandre Dumas.
Origine du nom Cette voie conduisait à la commune de Charonne dont elle a pris le nom.
Historique Le chemin qui menait de Paris au village de Charonne existe depuis le début du « Rue de Charonne », nomenclature officielle des voies de Paris, paris.fr.. Charonne n'était qu'un village lorsque, en 1230, vint s'y établir une « devineresse » qu'on venait consulter de tous les coins de Paris. En 1643, plusieurs établissements religieux y furent fondés, mais tous disparurent en 1790.
Avant cette époque, ce village n'était rempli que de couvents et de riches maisons de campagne qui portaient alors le nom de folies. C'est là que se trouvait l'Orangerie du château de Bagnolet, appartenant aux ducs d'Orléans. Au-delà, la route continuait vers Bagnolet puis Noisy-le-Sec en longeant le fort de NoisyVoir par exemple le plan d'Augustus Peterman..
Le lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine qui oppose l'armée royale commandée par Turenne et les troupes de la Fronde commandées par Condé, le régiment de l'armée royale La Marine est écrasé en attaquant les barricades de la rue de Charonne ou il pénètre malgré le feu qu'on faisait des maisons. Paul Jules Mancini, colonel-lieutenant du régiment de La Marine et neveu du cardinal, y est tué ainsi qu'un grand nombre d'officiersLouis Susane : Histoire de l'ancienne infanterie française, t. 3, 1851, p. 264.
L'urbanisation des faubourgs de Paris a abouti à la jonction des deux agglomérations au avec l'annexion de la commune de Charonne en 1860. Le prolongement de la rue de Charonne au-delà de l'ancien mur, qui était la « grand rue » de l'ancien village de Charonne, a pris le nom de « rue de Bagnolet », qui est désormais la commune limitrophe de Paris dans la direction de cette route.
Le , se déroule une manifestation organisée par les partis de gauche en faveur de l'indépendance algérienne. Poursuivis par la police, plusieurs centaines de manifestants se réfugient dans la station de métro Charonne, située à l'intersection entre la rue de Charonne et le boulevard Voltaire, provoquant une bousculade au cours de laquelle neuf personnes perdent la vie. Le , quarante-cinq ans après les faits, le carrefour à l'intersection de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire a été nommé place du 8-Février-1962, par Bertrand Delanoë, maire de Paris.
Une partie de la voie délimitait la ZAC Dorian.
Le à 21 h 36, deux terroristes font feu sur la terrasse du restaurant La Belle Équipe, situé au de la rue. Le bilan est de 19 personnes tuées et 14 blessés en urgence absolue. Cette attaque s’inscrit dans la série de fusillades et d’attentats-suicides, revendiquée par l’organisation terroriste État islamique, entraînant la mort de 130 personnes à Paris et à Saint-Denis au cours de la soirée.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire C'est dans cette rue que l'ébéniste d'art Yvon Palamour (né en 1932) ouvrit en 1959 son premier atelier, qu'il fermera une dizaine d'années plus tard.
Numéro 8, rue de Charonne Plaque murale sur laquelle on peut lire . Elle rappelle la crue de la Seine de 1740.
Au-dessous, une plaque en métal marque la crue de 1910.
Cour Saint-Joseph et cour Jacques-Viguès Ces deux cours sont situées respectivement aux 3-5, rue de Charonne. Caractéristiques des ateliers d'ébénisterie du faubourg Saint-Antoine au , et début du , elles ont été inscrites comme bâtiments protégés au titre du PLU (plan local d'urbanisme) de la ville de Paris« Plan d'urbanisme et de protection du patrimoine de la ville de Paris », www.v2asp.paris.fr..
La cour Saint-Joseph, initialement dénommée « cul-de-sac Saint-Joseph », et dont le nom semble provenir d'une ancienne enseigne, est créée au et ne dessert initialement qu'une seule propriété. On pénètre dans la cour à partir de la rue de Charonne, par un porche situé sous une maison à neuf travées, en pierres de taille au rez-de-chaussée, puis moellons de calcaire et pan de bois en étage, construite entre 1764 et 1794. Les bâtiments sur cour sont à cette période utilisés pour un usage mixte, atelier et habitation. En 1834, Jacques Viguès, marchand de bois des îles, achète les bâtiments existants et les fait reconstruire entre 1834 et 1852. Puis il construit de nouveaux ateliers entre 1853 et 1855 sur l'emplacement du jardin, autour d'une cour qui prendra le nom de « cour Jacques-Viguès ». Les bâtiments situés au sud de la cour Saint-Joseph sont surélevés de trois étages plus un étage de comble au début du .
On pénètre dans la cour Jacques-Viguès, anciennement « cour Saint-Jacques », par un porche reliant les deux cours. La seconde se démarque complètement de la première par son homogénéité. Les bâtiments de trois étages plus combles sont en pierres de taille au rez-de-chaussée et en briques rouges en étage. Ces constructions à usage d'ateliers ont été construites vers 1860. Deux passerelles en métal riveté sur poutres métalliques, réalisées vers 1900, relient les premiers étages des deux côtés opposés de la cour..
Jusqu'à la fin des années 1980 et la construction de l'opéra Bastille, le faubourg Saint-Antoine reste un quartier fortement voué à la fabrication de meubles et sièges. Des petits artisans en ébénisterie, restauration de meubles, fabricants d'accessoires, occupent les ateliers des deux cours qui servent aussi de lieu de stockage et d'exposition pour les commerçants en meuble de la rue du Faubourg-Saint-Antoine. Depuis, l'occupation des locaux s'est beaucoup diversifiée. On trouve encore quelques rares ateliers de meubles, mais aussi des sociétés de design, de photographie, d'édition, de mode, d'électronique, un cabinet d'architecture, ainsi que l'Académie Grandes Terres, une école privée d'enseignement des métiers artistiques.
Maisons anciennes Aux , bâtiments anciens ; la porte du ouvre sur une voie privée, la cour Delépine.
Le Bistrot du peintre Situé au rez-de-chaussée de l'immeuble construit par l'architecte Jules Galopin, en 1902, au 116, avenue Ledru-Rollin et faisant angle avec la rue de Charonne (à hauteur du 50), cet établissement existe déjà en 1905, sous l'enseigne originale À Jean Pierre, vins, liqueurs, bières, café, billard, encore visible sous la verrière. Dénommé successivement Le Carrefour puis La Palette Bastille, il s'appelle Le Bistrot du Peintre depuis 1997. Cette brasserie à l'ancienne possède une devanture en bois vernis de style Art nouveau et un décor intérieur en staff et céramique, dont deux figures de femmes en céramique.
L'ensemble est inscrit aux monuments historiques en date du ..
Esplanade Gilles-Jacquier L'esplanade située entre le 50 et le 56 de la rue de Charonne est nommée Esplanade Gilles-Jacquier en 2016, en hommage au journaliste Gilles Jacquier, qui habitait dans le quartier.. Hôtel de Mortagne L'hôtel de Mortagne, situé aux 51-53, rue de Charonne, a été construit en 1661 par l'architecte Pierre Delisle-Mansart, neveu de François Mansart, pour Jacques Nourry, chancelier du duc d'Orléans, et a tout d'abord porté le nom de folie Nourry. En 1711, cet hôtel particulier est la propriété du comte Antoine de Mortagne, premier écuyer de la duchesse d'Orléans.
Jacques de Vaucanson, inventeur et mécanicien célèbre, y réside de 1746 jusqu'à sa mort en 1782. C'est dans cet hôtel qu'il y construit une grande partie de ses automates, ainsi que de nombreux métiers à tisser la soie. À sa mort, il lègue au roi l'ensemble de ses machines. En 1783, Louis XVI achète l'hôtel de Mortagne pour y établir le Cabinet des mécaniques du roi, un musée industriel ouvert au public, l'ancêtre du musée des arts et métiers. Alexandre-Théophile Vandermonde, membre de l'Académie des sciences, conservateur de ce musée industriel de 1785 à 1792, l'enrichit de plus de cinq cents machines. Après transfert du musée en 1800 dans les bâtiments de l'ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs, son site actuel, l'hôtel de Mortagne est mis en 1814 gracieusement à la disposition de Grégoire, inventeur d'une machine à tisser le velours, qui y installe sa manufactureHistorique de la chaire de Chimie Industriell du Conservatoire national des arts et métiers..
L'hôtel est par la suite vendu par l'État, et connaitra de nombreux propriétaires avant de se retrouver fortement délabré dans les années 1960.
Sa restauration est entreprise à la suite de la vente de la partie du terrain donnant sur la rue de Charonne, où sera construit un immeuble d'habitation de six étages, obstruant totalement la vue de l'hôtel de la rue. Il reste cependant visible à partir du passage Charles-Dallery.
Les façades avant et arrière de l'hôtel de Mortagne sont inscrites aux monuments historiques en date du .. Un panneau Histoire de Paris rappelle l'histoire de cet hôtel aux numéros 51 et 53 de la rue de Charonne.
Diderot aurait situé une partie de son roman La Religieuse (1754) dans le cadre de l'hôtel de Mortagne.
Numéro 78, rue de Charonne thumb|redresse|Maison du 78, rue de Charonne. La maison du , située au 78, rue de Charonne, à l'angle avec la rue Saint-Bernard est décrite dans un document datant de 1642. À pignon et pans de bois, elle est typique des constructions de l'époque dans le faubourg Saint-Antoine. De deux étages sur rez-de-chaussée, elle a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du , publiée au JORF du .. Avec la maison du milieu du qui lui fait pendant en face, au 69, rue de Charonne, à l'angle avec la rue Basfroi, elle constitue un ensemble urbain important caractéristique du faubourg d'autrefois.
Le palais de la Femme