Cet article présente un résumé de l'histoire de la république démocratique du Congo.

Le pays qui porte aujourd’hui le nom de république démocratique du Congo est peuplé depuis au moins environ.

Il y eut des grands États centralisés sur ce territoire comme les Kongo, les Basongyes de la province de Lomami Kuba, Garengaze, Lunda et l'Empire luba.

Les Européens ne reconnaissent la région qu'en 1482-1483 avec la découverte de l'embouchure du fleuve Congo par le marin portugais Diogo Cão (1450-1490). Le royaume du Kongo est alors à son apogée.

À partir de 1879, l'explorateur Henry Morton Stanley (1841-1904) explore l'intérieur du futur pays pour le compte du roi des Belges Léopold II. Au cours de la conférence de Berlin (1884-1885), ce dernier parvient à faire reconnaître aux autres puissances européennes sa prise de possession du Congo. C'est le début de la colonisation. Le secteur contrôlé prend le nom d'État indépendant du Congo bien qu'il soit en fait la propriété personnelle de Léopold. En 1908, le Parlement belge reprend, par legs du roi Léopold II, la tutelle sur le territoire, nouvellement dénommé Congo belge.

Le le Congo arrache son indépendance à la Belgique. Patrice Lumumba (1925-1961) joue un rôle capital dans cette émancipation. Chargée d'espoir, l'indépendance bascule le pays dans le chaos : le Katanga puis le Kasaï font sécession. Craignant pour leur vie, les Belges s'enfuient ; la Belgique puis les Nations unies envoient des troupes ; les gouvernements congolais se succèdent après l'assassinat de Lumumba le .

En 1965, Joseph-Désiré Mobutu (1930-1997), chef d'état major de l'armée, renverse par un coup d’État le président Joseph Kasa-Vubu. Le Congo retrouve une certaine stabilité au prix d'un régime autoritaire. Mobutu, qui a renommé le pays en Zaïre en 1971, se maintient au pouvoir pendant trente deux ans. En 1997, durant la première guerre du Congo, l'avancée de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une force armée rebelle soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, l'oblige à fuir Kinshasa. Le régime tombe, affaibli par la crise économique, discrédité par la corruption, et abandonné par les puissances occidentales. Le porte-parole de l'AFDL, Laurent-Désiré Kabila, se proclame chef d'État en , et renomme le pays en république démocratique du Congo (RDC). Kabila conduit le pays d'une manière aussi autocratique que son prédécesseur et en 1998 le pays plonge dans une nouvelle guerre (deuxième guerre du Congo) à la suite de tensions entre Kabila et ses anciens alliés (Rwanda et Ouganda). Après l'assassinat de Kabila en 2001, Joseph Kabila lui succède. Depuis la fin du conflit en 2003, le Congo est entré dans une phase de démocratisation, marquée notamment par la tenue d'élections libres en 2006, 2011, 2018. En , Félix Tshisekedi, succède à Joseph Kabila à la présidence de la république démocratique du Congo, cette succession représente la première alternance pacifique dans l'histoire politique de la RDC. Lors des élections de 2023, dans un contexte de recrudescence de violence dans l'est du pays, Félix Tshisekedi est réélu comme président.

Préhistoire

vignette|À la recherche de la nourriture (tableau de Patrick Kaluta Kalpone)

La zone qui porte aujourd’hui le nom de république démocratique du Congo est peuplée depuis au moins environ d'après les découvertes de pierres taillées sur les sites de Mulundwa (Katanga), Katanda et Senga (Kivu)Bernard Clist, Découvertes archéologiques en république démocratique du Congo . Des vestiges archéologiques de l'Homo sapiens (os, pointes de harpons, outils en quartz) ont été découverts à Ishango (une localité située à proximité de l’Ouganda, au sud-est du pays et au nord du lac Édouard) dans le parc national des Virunga et datées entre et . Les os découverts à Ishango sont restés notoires par les encoches qu’ils comportent. Ces encoches ont donné lieu à des interprétations controversées. Des peuples bantous venus d'une zone comprise entre l'est du Nigeria et les Grassfields du Cameroun viennent s'installer dès .

La culture Urewe désigne l'âge du fer ancien, dans la région des Grands Lacs, dont le Kivu.

Royaumes africains

Liste de civilisations de l'Afrique précoloniale Esclavage en Afrique Bantous, Expansion bantoue (depuis -2000 AEC) Royaume de Ndongo (1350c-1657), vassal du Kongo, dans l'actuel Angola Royaume Bushi (1380c-1880c), au Sud-Kivu Royaume du Kongo (1390c-1914), capitale Mbanza-Kongo, partiellement christianisé dès 1600, Manikongo, liste des manikongos Royaume de Cacongo (1450c-1885), longtemps vassal du Kongo Royaume de Loango (1550-1883), Ancien port d'embarquement des esclaves de Loango Empire luba (1585–1889) Royaume Lunda (1600c-1887), peuple Lunda, (Fédération des empires Lundas) Royaume Kuba (1625-1900), bantou, au Kasaï-Occidental Royaume Tio (1630c-1892) ou Anziku, Batéké, Makoko)

Les grands royaumes (Luba, Lunda, Kongo) se forment entre les premiers siècles après Jésus-Christ et avant le , époque de l'arrivée des premiers portugais sur le littoral atlantique. Mais de nombreuses populations vivent alors dans des chefferies, de petites principautés plus ou moins autosuffisantes. À partir de cette époque, on voit ces royaumes éclater sous l’impulsion de la traite et l’émergence de nouveaux rapports de force qui déboucheront sur la colonisation. Des jésuites portugais christianisent les rois et les peuples du Kongo.

Arrivée des Européens (1482)

L' exploration européenne de l'Afrique subsaharienne est tardive. Les mappemondes anciennes attestent de l'ignorance générale, sauf pour ce qui serait à l'est la côte swahili. Le commerce transsaharien reste méconnu. L'École majorquine de cartographie accompagne les efforts de navigation exploratoire des puissances maritimes. La circumnavigation du continent africain s'amorce au .

L'arrivée des Portugais (navigateurs, commerçants, militaires, missionnaires), à commencer par Diogo Cão (1450-1490) ouvre les populations de la partie occidentale à d'autres formes de commerce international, concernant principalement l'or, l'ivoire et les esclaves. Le commerce triangulaire, portugais, néerlandais, français, britannique, ou autre, vient compléter et amplifier des réalités d'esclavage en Afrique, la traite orientale concernant uniquement les sultanats des régions orientales.

Expéditions préludes à la fondation de l'État indépendant du Congo (1874)

L'idée de partage de l'Afrique se propage dans les années 1850-1880, bien avant la conférence de Berlin (1884-1885). L'exploration intérieure de l'Afrique reste en 1800 limitée aux grands fleuves : source du Nil.

Entre 1874 et 1877, Henry Morton Stanley (1841-1904), explorateur britannique, pénètre l'Afrique équatoriale, jusqu'alors terra incognita pour les Européens. Sur son bateau à vapeur, il descend le fleuve Congo, principale voie de pénétration, et cartographie la zone, pour un journal. Entre 1879 et 1884, l'explorateur effectue un deuxième voyage à travers le Congo, mais cette fois en remontant le fleuve. Sa mission est de créer des postes pour le compte de l'Association Internationale Africaine (AIA), que préside le roi des Belges Léopold II. L'Association a officiellement un objectif scientifique et philanthropique : il s'agit de continuer à cartographier la région et à lutter contre l'esclavage, en rachetant notamment les esclaves aux marchands afro-arabes. Elle s'avère surtout un moyen d'expansion et d'acquisition d'un nouveau territoire pour le roi de Belges. Stanley et ses compagnons négocient avec les chefs locaux pour s'approprier les terres et exploiter les richesses du pays. Des missionnaires protestants débarquent.

En 1884-1885, au cours de la Conférence de Berlin, les grandes puissances européennes reconnaissent l'Association Internationale du Congo (AIC succédant à l'AIA). Derrière celle-ci, opère en fait Léopold II qui se voit en fait reconnaître son autorité sur un gigantesque territoire en Afrique centrale. Ce territoire, découpé par Stanley, et encore en grande partie inexploré, est nommé État indépendant du Congo (1885). Derrière la façade de l'AIC, cet État est en fait la propriété personnelle du roi.

Colonisation belge du Congo (1885-1890)

vignette|Enfants congolais mutilés La colonisation du Congo se réfère à la période comprise entre la prise de possession par le roi Léopold II de Belgique en 1885 et l'indépendance en 1960. État indépendant du Congo, propriété du roi Léopold II (1885-1908)

Le roi Léopold II prend possession du territoire en son nom propre sous le nom d’État Indépendant du Congo. Des expéditions d'exploration sont lancées, et les voies de communication développées. La maîtrise du territoire s'achève en 1894 pour l'essentiel avec la fin de la guerre contre les Arabo-Swahilis.

L'exploitation intensive du territoire commence alors, où se côtoient tant les missionnaires que les aventuriers à la recherche de fortune facile par tous les moyens. La population locale doit notamment récolter par le travail forcé pour le compte du Domaine royal ou de compagnies privées du caoutchouc. Le marché de ce matériau est alors en pleine expansion en raison de la demande mondiale en pneus. À la fin du , on commence à découvrir les richesses minières du Congo : le cuivre, l'or, le diamant... Après avoir servi à rembourser les emprunts, la vente du caoutchouc et des produits miniers, facilitée par la toute nouvelle ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville, fait la fortune de Léopold II, qui fait construire de nombreux bâtiments à Bruxelles et Ostende.

Au cours de la période 1885-1908, la population eut à souffrir de cette exploitation forcée, de façon directe ou indirecte. De très nombreuses exactions (meurtres, mutilations, tortures…) sont commises, et la population décroît. Il y a cependant des protestations contre ces traitements , notamment de la part de l’écrivain Mark Twain, du diplomate britannique Roger Casement, dont le rapport de 1904 condamne les pratiques en vigueur au Congo et surtout du journaliste anglais du West Africain mail Edmund Dene Morel. Il y a également les photographies d'une britannique, Alice Seeley Harris. À la suite de ces dénonciations, Léopold II est contraint de laisser sa colonie à l’État belge.

Congo belge (1908-1960)

En 1908, le Parlement belge reprend la tutelle sur le territoire désormais appelé Congo belge. Une colonisation plus « classique » se met en place. Un ministre des Colonies est institué tandis qu'un gouverneur général est installé sur place, à Boma. Un réseau d'établissements sanitaires permet de faire reculer les maladies et la malnutrition. L'enseignement est développé notamment par les missionnaires protestants et catholiques. Mais le pays est mis en exploitation, avec notamment la découverte des ressources minières du Katanga. Le travail forcé, en particulier dans les mines, persiste sous diverses formes jusqu'à la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). S'agissant de l'éducation, comme l'explique un recueil destiné aux fonctionnaires de la colonie, l'objectif consiste à « toucher [...] la personnalité intime de l'indigène, à transformer sa mentalité, à le rallier dans son for intérieur à l'ordre social nouveau ».

Les Congolais s'acculturent à l'Europe par l'intermédiaire des missions qui établissent des écoles et des chapelles à travers le pays, par l'incorporation dans l'armée (la Force publique) ou par le travail de boy (serviteur) pour les Blancs. En travaillant dans les mines, sur les chantiers de chemin de fer ou dans les plantations, ils découvrent le salariat alors que l'économie domestique était principalement fondée sur le troc.