Omar Sívori, né le à San Nicolás et mort le dans la même ville, est un footballeur international argentin puis italien (oriundo) qui joue au poste d'avant-centre du milieu des années 1950 à la fin des années 1960, avant de se reconvertir comme entraîneur.

Cet attaquant est particulièrement connu pour sa carrière à la Juventus, entre 1957 et 1965, au cours de laquelle il remporte le Ballon d'or. L'attaquant remporte trois titres en Serie A et devient alors le meilleur buteur étranger de l'histoire du club.

Sívori a pour particularité d'avoir joué pour deux équipes nationales. Avec l'équipe d'Argentine, il remporte la Copa América en 1957, avant de venir jouer en Europe et ne plus être sélectionné. Naturalisé italien en 1961, il est sélectionné en équipe d'Italie pour la Coupe du monde 1962.

Carrière en club Débuts à River Plate D'origine italienne, la famille d'Omar Sívori vient de Lavagna en Ligurie, tout comme le pape argentin François, un lointain cousinFRANÇOIS, UN PAPE PRESQUE ITALIEN — ACTU-MATCH | SAMEDI 16 MARS 2013. Omar naît à San Nicolás de los Arroyos, près de Buenos Aires.

Sívori signe à River Plate, un des plus grands clubs du pays, alors qu'il est encore adolescent.. Il y croise les attaquants Ángel Labruna et Félix Loustau, membres de la célèbre équipe de .

Avec les millonarios, il remporte le championnat d'Argentine en 1955, année qui voit River l'emporter sur le terrain de leurs grands rivaux de Boca Juniors (2-1), puis le championnat 1956.. Il se révèle véritablement aux yeux du grand public sous les commandes de l'entraîneur italo-argentin de River Renato Cesarini.

Sacres à la Juventus Membre du Trio Magico et Ballon d'or thumb|left|Sívori (à gauche) en compagnie de Charles et Boniperti, formant le célèbre « Trio magique ».

Le club piémontais de la Juventus recrute Sívori en 1957 au club argentin du River Plate pour la somme de (équivalent d'une indemnité de dix millions de pesos), un montant record à l'époque. Cette somme permet au club argentin d'agrandir le stade El Monumental avec une nouvelle tribune. À Umberto Agnelli, président de Fiat et de la Juventus Turin, qui l'accueille à Turin en lui disant : , il répond : .. Après son départ, le club de River Plate attend dix-huit ans pour remporter de nouveau le championnat.

L'Argentin arrive alors que le club turinois ne réussit plus à s'imposer à la tête du football italien depuis le début des années 1950, au profit des deux clubs milanais, plus particulièrement de l'AC Milan et le trio suédois d'attaque du « Gre-No-Li ».

À l'occasion de sa présentation devant les supporteurs de la Juve, avant son premier match, Sivori effectue quatre tours du stade en jonglant avec le ballon sans jamais le faire tomber. Il joue son premier match et marque son premier but sous les couleurs de la Vieille Dame le lors d'un succès 3-2 sur l'Hellas Vérone en championnat. Sívori s'impose dès ses débuts au club et lui redonne ses lettres de noblesse. Aux côtés du Gallois John Charles arrivé en même temps que lui et de l'expérimenté Giampiero Boniperti, Sívori forme vite un redoutable trio surnommé le « Trio magique » (ou Trio Boniperti-Charles-Sivori) qui enchaîne les buts et domine en championnat et en coupe d'Italie. Ce Trio Magico permet à la Juve de remporter son dixième scudetto (synonyme d'une étoile sur le maillot) dès la saison 1957-1958, six ans après le dernier succès du club. Pour sa première saison, Sivori inscrit 22 buts en 32 matchs.

Le , il devient le premier buteur bianconero de l'histoire de la Coupe des champions de l'UEFA et d'une compétition européenne depuis la création de l'UEFA. Il marque dès la deuxième minute en -de-finale de la C1 1958-59 contre les Autrichiens du Wiener Sport-Club (victoire 3-1) Coppa dei Campioni 1958/59: Sedicesimi di Finale Andata — Myjuve.it.

En 1959, Sivori retrouve Renato Cesarini, son ex-entraîneur au CA River Plate, qui l'a alors conseillé à la Juventus. L'entraîneur déclare : . L'équipe réalise le doublé coupe-championnat et Sivori est sacré capocannoniere (meilleur buteur) du championnat avec 28 buts en 31 matchs.

La Juventus s'impose comme le meilleur club italien du moment, remportant deux Coupes d'Italie (en 1959 et 1960) et deux nouveaux championnats (en 1960 et 1961). Pour la dernière journée de la saison 1960-61, il humilie l’Inter Milan à lui tout seul en inscrivant un septuplé (9-1). En 1960-61, il inscrit encore 25 buts en 27 rencontres disputées. Naturalisé italien, Sivori intègre l'équipe transalpine à partir du printemps 1961.

Dernières années à Turin Le , Omar Sívori devient le premier italien et premier joueur de Serie A, et donc de la Juve, à être élu Ballon d'or, récompense alors réservée au meilleur joueur d'Europe. Lors de la Coupe des champions 1961-62, Sívori marque le seul but de la première défaite européenne de l'histoire du Real Madrid à domicile, en quart de finale retour (0-1). Les Italiens sont éliminés en match d'appui (1-3) malgré un nouveau but de Sivori.

Durant l'été 1962, Sivori prend part à la Coupe du monde 1962 avec l'équipe d'Italie.

En , Sívori figure sur la première page de couverture du mensuel Hurrà Juventus (vendu 100 lires et entièrement destiné au club), qui fait sa réapparition après plus de 30 ans d'absence.

Sívori quitte le club à la fin de la saison 1964-1965, départ provoqué par des dissensions et des problèmes avec l'entraîneur paraguayen Heriberto Herrera et son système de jeu dit du movimiento Addio Heriberto, profeta del " movimiento " - archiviostorico.corriere.it 1996, très différent de ce que connaît Sívori auparavant. À la suite d'un choc avec le jeune gardien Dino Zoff lui brisant deux côtes, Sivori lui déclare plus tard : .

À son départ en 1965, l'attaquant argentin est le meilleur buteur étranger de l'histoire du club. En , il est rejoint par David Trezeguet en tant que quatrième meilleur buteur de l'histoire de la Vieille Dame.

Fin de carrière à Naples upright|vignette|droite|Sivori (à d.) en 1965 avec Cané et Altafini. Sívori signe au SSC Napoli, de retour en Serie A. Le club napolitain peut compter sur des jeunes comme Dino Zoff et José Altafini. Sivori forme un duo d'attaque avec Altafini de l'équipe qui termine sa première saison à une inattendue troisième place du championnat, égalant la meilleure performance de son histoire, et remporte la coupe des Alpes.

Quatrième l'année suivante, Napoli termine à la seconde place en 1968 derrière le Milan AC. Une blessure au genou l'écarte du terrain et ne lui permet que de jouer dix rencontres lors de ses deux dernières saisons là-bas. En 1968, il écope de six matches de suspension après avoir réagi aux agressions d'ex-coéquipiers de la Juventus et acte de brutalité sur Erminio Favalli. Il met alors un terme à sa carrière, à 34 ans en pleine saison.

Joueur international pour deux nations Un an et demi avec l'Argentine

Oscar Sivori est sélectionné en équipe d'Argentine début 1956. Il dispute sa première rencontre internationale le à Montevideo contre le Pérou (victoire 1-2) lors de la Copa América et marque déjà son premier but en ouvrant le score. Sivori dispute le deuxième match contre le Chili (victoire 2-0) mais pas le troisième succès contre le Paraguay (1-0). Omar joue contre le Brésil et le futur champion uruguayen. Les deux défaites 1-0 empêchent les Argentins de conserver leur titre.

LAlbiceste enchaîne avec le Championnat panaméricain de fin février à mi-, regroupant tous les pays d'Amérique. Sivori prend part aux cinq rencontres. Après le nul face au Pérou (0-0), il inscrit un coup du chapeau après l'heure de jeu, pour renverser le Costa Rica (4-3). Il participe au succès contre le Chili (3-0, un but) avant deux nouvelles égalités contre le Mexique (0-0) puis le Brésil (2-2, but égalisateur), offrant le titre à ce dernier.

Sur la second moitié de l'année 1956, l'Argentine et Sivori prennent part à divers tournois amicaux, parfois joués sur un seul match. En juillet, il entre en seconde période de la victoire contre l'Uruguay lors de la Copa del Atlántico (2-1). Un nouveau nul contre le Brésil, sans Omar lors du second match, sacre de nouveau le rival auriverde. Il dispute aussi la seconde période de la Copa Rosa Chevallier Boutell mi-août remportée au Paraguay (0-1). En décembre, il dispute toute la rencontre de Copa Raúl Colombo face à une équipe de la Ligue métropolitaine de Rio de Janeiro remportée 1-2.

thumb|right|upright|Sívori () avec l'Argentine en 1957.

Sívori forme avec Humberto Maschio, Antonio Angelillo et Oreste Corbatta une ligne d'attaque redoutable surnommée en espagnol Los Ángeles de la Cara Sucia (« Les anges avec les visages sales »). Elle permet à l'Albiceste de remporter la Copa América 1957 organisée par le Pérou, débutant par écraser la Colombie (8-2), sans Omar. Sivori participe ensuite aux succès contre l’Équateur (3-0, un but), l'Uruguay (4-0), le Chili (6-2, Omar ouverture du score), les rivaux brésiliens (3-0) puis la défaite sans conséquence contre le pays hôte (2-1, un but).

À l'été 1957, Sívori décide de partir jouer en Italie, à la suite de quoi il est exclu de l'équipe argentine à 21 ans et après 19 sélections et neuf buts. Le même été, deux compères de Sívori en équipe nationale, Angelillo et Maschio, sont respectivement recrutés par l'Inter Milan et le Bologne FC.

Seconde pige avec l'Italie upright|vignette|droite|Sivori marque un de ses quatre buts contre Israël qualifiant pour la Coupe du monde 1962.

D'origine italienne (oriundo), Sívori est naturalisé italien en 1961. Dès lors, il est sélectionné en équipe d'Italie quelques mois avant la Coupe du monde 1962. Il dispute son premier match pour la sélection transalpine contre l'Irlande du Nord le et marque de nouveau pour son premier match à Bologne en match amical (victoire 3-2).

Lors du tour final du groupe 7 du Tours préliminaires du Mondial 1962, l'Italie bat deux fois Israël et se qualifie. Au retour à Turin, Sivori inscrit un quadruplé (6-0, 10-2 cumulé).

Il est retenu pour disputer la Coupe du monde 1962 organisée au Chili. Après un premier match nul face à l'Allemagne, il ne dispute pas le match perdu face au pays organisateur (0-2)Chile - Italy, 1962 FIFA World Cup Chile, fifa.com. La victoire face à la Suisse au troisième match n'empêche pas l'élimination des Italiens dès le premier tour. C'est son dernier match avec les Azzurri, pour lesquels il totalise huit buts en neuf sélections.

Reconversion comme entraîneur et fin de vie thumb|upright|Omar Sívori recevant une récompense. À la suite de sa retraite sportive en 1969, Sivori devient entraîneur en Argentine, notamment de Rosario Central, Club Atlético River Plate, Estudiantes de La Plata, le Racing Club, Vélez Sarsfield.

De 1972 à 1973, il est sélectionneur de l'équipe nationale argentine en lien avec Miguel IgnomirielloMiguel Ignomiriello encadre seul deux matchs en mai 1973 puis le binôme Sivori-Ignomiriello gère un match en septembre suivant., lors des éliminatoires de la Coupe du monde de 1974.

Il devient par la suite recruteur pour la Juventus en Amérique du Sud, puis en 1993-1994 chroniqueur pour le quotidien de Buenos Aires Clarín.

Omar Sivori meurt dans sa propriété de San Nicolas, sa ville natale, à 69 ans des suites d'une tumeur au pancréas le https://www.dhnet.be/sports/omnisports/ils-nous-ont-quittes-en-cette-annee-2005-51b7c4bde4b0de6db98cee77. Il laisse alors derrière lui sa femme Maria Elena Casas et ses deux enfants : Néstor et Miriam. Humberto, leur troisième enfant, meurt à l'âge de 15 ans en d'une tumeur.

Une tribune du stade Monumental de Buenos Aires occupé par River Plare, construite grâce à l’argent rapporté par son transfert à la Juventus, porte son nom.

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