Damblain est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Damblinois.

Géographie Damblain est située à l'extrême-ouest du département, limitrophe de la Haute-Marne. L'autoroute A31 traverse la commune sans offrir d'accès local. L'échangeur de Robécourt est à au nordMaire, Histoire de Damblain, p. 45..

Communes limitrophes

Hydrographie

Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau de Follot, le ruisseau de l'Artembouchet, le ruisseau du Grand Etang de Germainvilliers et le ruisseau de Damblain.

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Damblain.

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Nappe des Grès du Trias Inférieur ». Ce document de planification, dont le territoire comprend le périmètre de la zone de répartition des eaux de la nappe des Grès du trias inférieur (GTI), d'une superficie de , est en cours d'élaboration. L’objectif poursuivi est de stabiliser les niveaux piézométriques de la nappe des GTI et atteindre l'équilibre entre les prélèvements et la capacité de recharge de la nappe. Il doit être cohérent avec les objectifs de qualité définis dans les SDAGE Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le conseil départemental des Vosges.

La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et se situe dans la région climatique « Lorraine, plateau de Langres, Morvan », caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet.

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « St Ouen-lès-Parey_sapc », sur la commune de Saint-Ouen-lès-Parey à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . La température maximale relevée sur cette station est de , atteinte le ; la température minimale est de , atteinte le ..

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur le site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..

Urbanisme Typologie Au , Damblain est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (56,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (42,1 %), forêts (23 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (18,4 %), terres arables (13,8 %), zones urbanisées (2,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communications et transports Voies routières Autoroute A31 : Échangeurs Robécourt, Montigny, Bulgnéville.

Transports

Voies ferroviaires et gares La commune est traversée par la ligne ferroviaire de Merrey à Hymont - Mattaincourt. L'ancienne gare de Damblain, tout comme celle de Merrey, n'est plus desservie par le trafic voyageurs ; la ligne reste principalement utilisée pour le fret.

La gare ferroviaire ouverte au trafic voyageurs la plus proche est la gare de Neufchâteau, permettant de rejoindre les liaisons régionales et nationales.

Transports en commun La desserte du territoire est assurée par le réseau régional de transports en commun Fluo Grand Est. Des lignes d'autocars relient Damblain aux gares environnantes (notamment Neufchâteau et Contrexéville) et permettent également d'effectuer des trajets directs vers Nancy.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Dampbelain (1157) ; Danbelen (1160) ; Ecclesia de Donno Benigno (1164) ; Gerardus de Dombelino (1168) ; Finagium de Dambelino (1178) ; Gilebertus de Danbelein (1180) ; Gerardus de Dambelen (1185) ; Dambelin (1186) ; Wiardus de Domno Benigno (XIIe siècle) ; Gerardus miles de Danbelino, presbiter de Danbilino (1197) ; Dambelen, Dambelem, Dambeloyn (1256) ; Dambellays (1257) ; Dambelein (1259) ; Gilez de Dambelen (1300) ; Dambelain (1311) ; Donnus Belignus (XIVe siècle) ; Dambelains (1436) ; Dambellain (1463) ; Damblain (1563) ; Damblin (1649) ; Damblan (1656)..

Damblain est un hagiotoponyme caché. Le bourg tire son nom de son patron saint Bénigne[cite: 1], de l'expression en bas latin Domnus Benignus[cite: 1] (« saint Bénigne »).. L'église de la commune lui est d'ailleurs dédiée[cite: 2].

Histoire Du XVIe siècle à la Révolution Sous l'Ancien Régime, Damblain constitue, avec l'abbaye de Morimond et le village de Germainvilliers, la limite nord-est du diocèse de Langres. La paroisse dépend alors du doyenné d'Is-en-Bassigny, du gouvernement de Lorraine-et-Barrois et du bailliage de Bourmont. En 1750, la communauté compte 250 feux et environ 700 communiants. La perception des dîmes y est partagée par tiers égaux entre le seigneur du lieu, le curé et l'abbaye de Morimond.

Sur le plan de l'instruction publique, un collège destiné à la jeunesse de Damblain et de Germainvilliers est fondé en 1598 grâce à des dons locaux ; son administration et son rectorat sont par la suite réunis à la charge du curé de la paroisse« État de la communauté rurale de Damblain à la veille de la Révolution française (1889) », sur archives.vosges.fr ; Émile Jolibois, La Haute-Marne ancienne et moderne, 1858, p. 165..

Au , Damblain constitue également un foyer huguenot actif. La localité est le berceau ou le lieu d'établissement de plusieurs artistes protestants de renommée européenne : le graveur et ornementiste Pierre Woeiriot de Bouzey (1532-1599), seigneur du lieu, y finit ses jours, tandis qu'y émerge la dynastie d'orfèvres et médailleurs Briot, dont François Briot (v. 1545-1616), contraint à l'exil à Montbéliard en raison de sa foi, et Nicolas Briot (1579-1646), graveur général des monnaies en France puis en Angleterre.

Pendant la guerre de Trente Ans, Damblain est brûlé par les Suédois vers 1635 et souffre des conséquences des deux sièges de La Mothe (1634 et 1645). Les Pères Récollets, de l'ordre des franciscains, qui demeuraient à La Mothe, se déplacent à Damblain après la destruction complète de la place forte en 1645. Ils s'établissent d'abord au 14, rue des François, avant de bâtir leur couvent chemin des Récollets. Sans revenus propres, ils dépendent de l'abbaye de Morimond. Leur ordre est dissous à la fin de l'année 1792 et le couvent est vendu comme bien national« État de la communauté rurale de Damblain à la veille de la Révolution française (1889) », sur archives.vosges.fr ; voir aussi J. François, « Notice sur la petite industrie de Damblain, de 1889 à 1900 », dans Le Pays lorrain, 1989, p. 59-61..

La seigneurie laïque appartient aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles à la famille Dubois de Riocourt. Nicolas Dubois de Riocourt, officier au service du duc de Lorraine et auteur de la Relation des deux sièges de La Mothe, y meurt dans son château en 1692. Le domaine, qui englobe également Champigneulles, est érigé en baronnie avec prévôté par le duc Léopold en 1720, puis élevé au rang de comté sous le nom de « comté de Riocourt » par Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine, en 1763, en faveur d'Antoine-François Dubois de Riocourt.

Aux et siècles, Damblain constitue l'un des centres importants du Bassigny pour l'art campanaire et donne naissance à de nombreuses familles de maîtres-fondeurs ambulants, dont plus de soixante sont répertoriées.. Ces artisans se déplacent dans toute la France et dans plusieurs pays européens pour couler les cloches directement sur les lieux de commande. Parmi les plus célèbres dynasties damblinoises figure la famille Sabatier., dont Gaspard Sabatier, maître-fondeur et syndic de la communauté entre 1687 et 1691, son fils François Sabatier († 1729) et son petit-fils Alexis Sabatier (1695-1719). Damblain voit également naître ou s'installer d'autres dynasties renommées de saintiers, telles que les Burel, qui fondent en 1735 la grosse cloche Sainte-Bénigne de Damblain, pesant plus de 2 300 livres, ainsi que les Dubois, les Febvre ou encore les Peigney..

Un exemple particulièrement remarquable est celui de **Nicolas Chapelle**, originaire de Damblain, dont la carrière illustre le rayonnement de cet artisanat au-delà du Bassigny. En 1681, il est associé à Jean Gillot, François Moreau et Florentin II Le Guay pour la fonte du grand bourdon de la cathédrale Notre-Dame de Paris, aujourd'hui connu sous le nom d'« Emmanuel ». La première fonte, réalisée le 31 octobre 1681, se révélant trop basse d'environ un demi-ton, les fondeurs sont condamnés par le Parlement de Paris en janvier 1685 à refaire la cloche à leurs frais et à verser 3 000 livres de dommages et intérêts. Le bourdon est finalement refondu en 1685-1686. Le nom de Nicolas Chapelle demeure associé à cette œuvre majeure : l'inscription du bourdon porte notamment les noms de « N. CHAPELLE », « I. GILLOT » et « F. MOREAV ». La Bibliothèque nationale de France conserve en outre une représentation de la première fonte de 1681, réalisée par Nicolas Chapelle. Cette présence d'un fondeur damblinois dans l'histoire du plus célèbre bourdon de France témoigne de l'ampleur du rayonnement des artisans du Bassigny.

En parallèle de l'art campanaire et de la tradition métallurgique issue du secteur de Nogent., la population rurale pratique une petite industrie textile domestique. Durant la saison hivernale, le travail du chanvre et du lin (filage et tissage de toiles) occupe de nombreuses familles., posant les jalons de l'essor de la broderie et de la dentellerie à domicile qui se développera fortement au XIXᵉ siècle sous l'influence des centres vosgiens voisins.

À la Révolution française, lors de la création des départements, la commune devient le chef-lieu d'un canton du district de La Marche de 1790 au (8 pluviôse an IX).

Première Guerre mondiale et présence américaine vignette|Le brigadier-général Charles A. Doyen et son état-major de la de Marines à Damblain.

Lors de la Première Guerre mondiale, le secteur de Damblain, situé dans la zone d'entraînement de Bourmont, joue un rôle important dans la préparation des troupes américaines engagées en France..