Anthony Hopkins (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), né le à Port Talbot (pays de Galles), est un acteur, réalisateur, producteur, scénariste et compositeur britannico-américain.

Figure majeure du cinéma britannique et américain, il est l’un des acteurs les plus prolifiques et les plus reconnus de sa génération.

Après des études théâtrales, il poursuit sa formation à la Royal Academy of Dramatic Art de Londres. Remarqué par Laurence Olivier, il est invité en 1965 à rejoindre le Royal National Theatre. Sa dernière apparition sur scène a lieu en 1989. Parallèlement à son travail théâtral, il apparaît dès les années 1960 au cinéma, et se fait notamment connaître du grand public avec Le Lion en hiver (1968), dans lequel il donne la réplique à Peter O’Toole et Katharine Hepburn, puis avec Hamlet (1969) de Tony Richardson, ainsi que dans Elephant Man (1980), de David Lynch.

La reconnaissance mondiale survient en 1991 lorsqu’il incarne le docteur Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux de Jonathan Demme, face à Jodie Foster. Son interprétation lui vaut l’Oscar du meilleur acteur et donne naissance à l’un des personnages les plus inquiétants de l’histoire du cinéma. Le film est inscrit au National Film Registry pour son importance culturelle, historique et esthétique, tandis que l’American Film Institute classe Hannibal Lecter comme le plus grand méchant du cinéma américain. Il reprend ce rôle dans Hannibal de Ridley Scott (2001) et Dragon rouge (2002). Dans les années 1990, il enchaîne les rôles dans des films portés par des réalisateurs de premier plan et des distributions prestigieuses : Dracula de Francis Ford Coppola (1992), Chaplin aux côtés de Robert Downey Jr. (1992), Les Vestiges du jour (1993) avec Emma Thompson, Légendes d’automne (1994) aux côtés de Brad Pitt, Le Masque de Zorro (1998) avec Antonio Banderas, puis Rencontre avec Joe Black (1998).

Acteur caméléon, Anthony Hopkins est particulièrement reconnu pour ses nombreuses incarnations de figures historiques (Bruno Hauptmann, C. S. Lewis, le docteur John Harvey Kellogg, Richard Nixon, Pablo Picasso, John Quincy Adams, Alfred Hitchcock et le pape Benoît XVI). Plusieurs de ces rôles lui valent des nominations aux Oscars. À la télévision, il s’illustre dès les années 1970 et remporte deux Emmy Awards, pour L’Affaire Lindbergh et pour Le Bunker (1981), où il incarne Adolf Hitler.

En 2011, il entre dans l’univers Marvel en incarnant Odin dans la franchise Thor. Il apparaît également dans Transformers : The Last Knight (2017).

Son interprétation d'Anthony, vieil homme perdant peu à peu la mémoire et le contrôle de sa vie, dans The Father (2020), lui vaut l'Oscar du meilleur acteur et un second BAFTA. Le film est régulièrement cité comme « l'un des meilleurs du siècle ».

Il reçoit de très nombreuses distinctions, parmi lesquelles deux Oscars (6 nominations), quatre BAFTA (12 nominations), deux Emmy Awards, un Critics’ Choice Award et un Laurence Olivier Award. Il est également honoré du Cecil B. DeMille Award et du BAFTA Fellowship pour l’ensemble de son œuvre. Il est nommé commandeur de l'ordre de l'Empire britannique (1987) puis anobli (1993) par la reine Élisabeth II pour ses services rendus aux arts, acquérant sept ans plus tard la nationalité américaine. Également pianiste, il compose et fait paraître plusieurs albums de musique classique ainsi que des valses, enregistrés avec les orchestres symphoniques de Dallas et Birmingham. Il compose les musiques des trois films qu'il réalise. Il s'adonne aussi à la peinture et expose ses œuvres dans des galeries.

Biographie Jeunesse et formation Enfant unique, Philip Anthony Hopkins () est né à Margam, dans la banlieue de Port Talbot au pays de Galles le de Muriel Anne et Richard Arthur Hopkins, boulanger de son état. Élève peu appliqué, atteint de dyslexie , il préfère peindre, dessiner et jouer du piano. Pour lui instiller un peu de discipline, ses parents l'envoient en 1949 à la de Pontypool, où il reste cinq ans avant d'être admis à la de Vale of Glamorgan .

À quinze ans, il rencontre Richard Burton, également né à Neath Port Talbot et dont la sœur vit près de chez Hopkins. Déjà connu, Richard Burton l'encourage à devenir acteur, à la suite de quoi il s'inscrit au de Cardiff, dont il sort diplômé en 1957 . Après deux années de service militaire dans l'artillerie de la British Army, Anthony Hopkins s'installe à Londres et intègre la Royal Academy of Dramatic Art en 1960 .

Carrière Années 1960 et 1970 Hopkins fait ses premiers pas sur scène au de Swansea en 1960 pour la production interne Have a Cigarette. En 1965, après cinq années de répertoire, il est repéré par Laurence Olivier qui l'invite à le rejoindre au Royal National Theatre. Il en devient la doublure et le remplace notamment lorsque Olivier doit subir une appendicectomie pendant la production de The Dance of Death d'August Strindberg en 1967. Dans ses mémoires, Confessions of an Actor, Olivier écrit : . Malgré son succès critique au National, Hopkins est fatigué de répéter les mêmes rôles et se languit d'apparaître au cinéma. Il fait ses débuts à l'écran dans l'adaptation télévisuelle de la pièce La Puce à l'oreille (A Flea in Her Ear) en 1967. L'année suivante il décroche le rôle de Richard Cœur de Lion dans Le Lion en hiver (The Lion in Winter) aux côtés de Peter O'Toole, Katharine Hepburn et Timothy Dalton.

Il continue de monter sur scène jusqu'à la fin des années 1980 : après de nombreuses adaptations des pièces de Shakespeare au théâtre Old Vic ou au , il interprète Lambert Le Roux dans Pravda et Marc Antoine dans Antoine et Cléopâtre face à Judi Dench, et il participe à la pièce Equus à Broadway. Cependant, il s'emploie surtout à se faire un nom à la télévision et au cinéma.

À la télévision britannique, il tient le rôle de Charles Dickens dans (1970), de Georges Danton dans le téléfilm du même nom, ou celui de Pierre Bezukhov dans la mini-série Guerre et Paix (War and Peace, 1972) adaptée du roman de Tolstoï, rôle qui lui vaut un British Academy Television Award du meilleur acteur. Déjà spécialisé dans les biopics, Hopkins interprète le Premier ministre britannique David Lloyd George dans les productions de la BBC Lloyd George et The Edwardians (1973), ainsi que le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin dans le téléfilm Victoire à Entebbé (Victory at Entebbe, 1976) sur ABC. En 1974, il s'installe aux États-Unis où il apparaît dans des téléfilms comme L'Affaire Charles Lindbergh (The Lindbergh Kidnapping Case, 1976) dans le rôle du criminel Bruno Hauptmann, pour lequel il remporte son premier Emmy du meilleur acteur.

Au cinéma, après quelques apparitions dans des films comme Hamlet (1969) ou Les Griffes du lion (Young Winston, 1972) où il interprète également Lloyd George, Hopkins participe à Un pont trop loin (A Bridge Too Far, 1976) de Richard Attenborough. Il y interprète le lieutenant-colonel John Frost aux côtés d'acteurs majeurs du cinéma de l'époque, comme Dirk Bogarde, James Caan, Michael Caine, Sean Connery, Gene Hackman, Laurence Olivier, Robert Redford ou Maximilian Schell. L'année suivante, il tient le rôle principal du thriller fantastique Audrey Rose ainsi que celui du marionnettiste schizophrène dans Magic en 1979 où il retrouve Attenborough pour la troisième fois.

Années 1980 À la télévision, il endosse le rôle controversé d'Adolf Hitler dans le téléfilm de CBS, Le Bunker (The Bunker, 1981) qui retrace les derniers jours du Führer, et pour lequel Hopkins remporte un second Emmy Award. La même année, il obtient le rôle-titre dans l'épisode Othello de la série d'anthologie BBC Television Shakespeare, ainsi que celui de Paul de Tarse dans et de Quasimodo dans The Hunchback of Notre Dame. En 1985, il participe à l'adaptation de la vie du Duce sur HBO, La Chute de Mussolini (Mussolini and I), dans le rôle de son gendre Galeazzo Ciano, artisan de sa chute, qui vaut à Hopkins le CableACE Award du meilleur acteur.

En 1980, Hopkins apparaît dans le film de David Lynch, Elephant Man (The Elephant Man) dans le rôle du Frederick Treves, qui tente d'aider l'« homme-éléphant » interprété par John Hurt. Hopkins partage l'affiche avec Mel Gibson en 1984 dans Le Bounty (The Bounty), où le personnage de Gibson organise une mutinerie contre son supérieur, le lieutenant William Bligh. Laurence Olivier y retrouve son protégé puisqu'il interprète l'amiral Alexander Hood, juré de la cour martiale qui accuse Bligh d'avoir abandonné son navire. En 1986, Hopkins retrouve Anne Bancroft dans l'adaptation des mémoires épistolaires de Helene Hanff, 84 Charing Cross Road où Bancroft remporte le British Academy Film Award de la meilleure actrice.

L'année suivante, en raison de la notoriété respectable qu'il s'est construite, Anthony Hopkins est fait commandeur de l'ordre de l'Empire britannique, ce qui lui donne le droit d'utiliser les lettres post-nominales « CBE » et de porter le ruban de l'ordre pour les cérémonies officielles.

Années 1990 vignette|upright=1|gauche|Isabella Rossellini et Anthony Hopkins à Berlin sur le tournage de L'Innocent (1993).|alt=Tournage à l'aéroport de Tempelhof. Les deux acteurs sont debout et regardent quelque chose hors champ à gauche de l'objectif. En 1991 arrive la consécration. Hopkins interprète le tueur en série cannibale, le Hannibal Lecter, dans la fidèle adaptation cinématographique du roman de Thomas Harris, Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs). Avec un total de seize minutes à l'écran sur un film de deux heures, Hopkins remporte plusieurs récompenses, dont le BAFTA Award et l'Oscar du meilleur acteur, un record pour l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences qui décerne les Oscars..... Le film est un succès public et critique, beaucoup de commentateurs célébrant la qualité de l'adaptation et les interprétations des acteurs. Le film remporte les « cinq Oscars majeurs » au cours de la des Oscars de 1992 – meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario – ce qui n'était pas arrivé depuis 1975. Le film rapporte plus de au box office mondial pour un budget de , avec plus de trois millions d'entrées en France.. À la suite du film, Hopkins devient l'un des acteurs britanniques les plus recherchés du cinéma.

La même année, il participe à la restauration du film Spartacus (1960) de Stanley Kubrick. Il double les scènes coupées de la version de 1967 – la bande son est perdue par la suite – de Laurence Olivier (mort en 1989), et notamment dans une scène en particulier où Crassus (Olivier) tente de séduire son esclave Antoninus, interprété par Tony Curtis, qui double son propre personnage.

En 1992, il travaille pour la première fois avec James Ivory pour Retour à Howards End (Howards End), adapté du roman d'E. M. Forster. Il tourne face à Vanessa Redgrave, Helena Bonham Carter et Emma Thompson, qui remporte l'Oscar de la meilleure actrice en 1993. Il collabore à nouveau avec Ivory et Thompson l'année suivante dans Les Vestiges du jour (The Remains of the Day), adapté de Kazuo Ishiguro. Les deux films se déroulent dans l'Angleterre du début du , et Hopkins y joue alternativement un aristocrate et un majordome, tous deux motivés par la perfection. Pour Les Vestiges du jour, il remporte plusieurs prix et est nommé pour l'Oscar, le Golden Globe et le BAFTA du meilleur acteur. Toujours en 1992, il participe à l'adaptation de Francis Ford Coppola de l'histoire de Bram Stoker, Dracula, où il joue face à Gary Oldman le professeur Van Helsing, rôle qui lui vaut .. Hopkins remplace le prétendant au rôle, Liam Neeson, après son succès aux Oscars. La même année, il apparaît dans le biopic d'Attenborough sur la vie de Charlie Chaplin, Chaplin, avec Robert Downey Jr. dans le rôle-titre.