Le Grand Curtius est un ensemble muséal situé à Liège en Belgique inauguré en 2009. Il regroupe les collections de plusieurs musées liégeois : le musée Curtius (Musées d'archéologie et d'arts décoratifs), le musée d'art religieux et d'art mosan, le musée d'armes et le musée du verre ainsi que l'ancienne collection d’égyptologie de l'université de Liège.
Il occupe notamment la résidence et le palais Curtius, les hôtels de Hayme de Bomal et Brahy, et la maison Dewilde. Son nom lui vient de Jean De Corte, dit Jean Curtius, industriel liégeois et négociant d'armes du qui construit sa demeure, le palais Curtius au bord de la Meuse à Liège.
Avec plus de de surface d’exposition et plus de pièces, le musée est le plus grand et le plus important musée de la Région wallonne..
Histoire Historique des collections En 1850 fut fondé l'Institut archéologique liégeois (IAL), dont l'un des objectifs était d'ouvrir un musée. Les collections furent successivement présentées dans différents lieux avant d'être exposées dans une aile du palais des Princes-Évêques en 1874. En 1891 naquit le projet de transfert du musée dans la maison Curtius. En 1896, la ville projeta également d'abriter ses collections propres ainsi que celles de l'IAL dans un bâtiment à leur mesure. Le palais Curtius fut acquis par la ville en 1901. Après une longue restauration par l'architecte Joseph Lousberg, il abrita le musée Curtius (appelé initialement Musée archéologique liégeois) qui ouvrit ses portes le .
À l'origine, l'œuvre d'une famille de collectionneurs, Alfred Baar et son fils Armand Baar, la collection de verres fut mise en dépôt au musée Curtius par la veuve d'Armand en 1946. La ville l'acheta en 1952. Dès 1959, cette collection devint une section indépendante, qui fut progressivement enrichie en pièces des , ainsi qu'en cristal du Val-Saint-Lambert.
Le musée d'Armes de la ville de Liège fut créé grâce à la donation initiale du fabricant d'armes Pierre-Joseph Lemille. Lorsqu'il ouvrit ses portes en 1885, la Cité ardente était toujours l'une des plus grandes productrices d'armes portatives au monde. Cette tradition liégeoise de fabrication d'armes perdure d'ailleurs encore au , notamment à la Fabrique nationale d'Armes d'Herstal ou à l'école d'armurerie. Il était abrité dans l'hôtel de Hayme de Bomal. S'il fut créé pour montrer aux professionnels ce qui se fabriquait dans le monde en matière d'armurerie, il eut pour vocation, depuis les années 1960, d'intéresser le grand public.
L'ancien musée d'Art religieux et d'Art mosan, également appelé MARAM, fut fondé en 1891 par la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, et agréé par la ville de Liège dès 1976. Ce musée fut hébergé rue Mère-Dieu jusqu'à la création du Grand Curtius.
Historique du projet de regroupement des collections Si l'idée de regroupement fut maintes fois évoquée, c'est en 1995 que le projet devint plus précis. À ce moment le regroupement des musées décrits est arrêté sous le nom d'EMAHL, pour « Ensemble muséal d’art et d’histoire de Liège ».
De nombreuses polémiques et recours, principalement architecturaux, émailleront sa conception jusqu'en 2005. Le projet prit entre-temps le nom de « Grand Curtius ». L'aménagement se poursuivit ensuite sans heurts jusqu'à la date d'ouverture, en .
Bâtiments vignette| Le musée est logé dans quatre bâtiments historiques, qui forment un grand bloc entre le fleuve et la collégiale Saint-Barthélemy, à la périphérie du centre-ville de Liège. De 2001 à 2009, le complexe a été restauré et agrandi.
Palais Curtius
Le palais Curtius, bâtiment principal, ainsi que l'ensemble du musée doivent leur nom à Jean Curtius, le nom latinisé de Jean de Corte. Curtius était un marchand d'armes et de poudre à canon et gagna beaucoup d'argent pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans. Il construit entre 1597 et 1605 sur le quai de Maestricht, sur le site d'une ancienne maison canonial, une grande maison en briques rouges contrastant avec la pierre de Namur. Le bâtiment est souvent considéré comme l'archétype du style mosan. Après la mort de Curtius, le bâtiment principal, le palais, est acheté par le mont-de-piété. Le reste du complexe, la résidence Curtius est resté une possession de la famille jusqu'en 1734. À partir de 1909, le Palais Curtius abrite l'ancien Musée Curtius avec sa collection archéologique et d'art religieux. À la suite de l'extension du bâtiment, il est actuellement encore utilisé principalement pour des expositions temporaires.
Hôtel de Hayme de Bomal
Une autre partie importante de l'actuel Grand Curtius est l'hôtel de Hayme de Bomal, un typique hôtel particulier français dans le style Louis XVI. La maison date de la seconde moitié du et fut construite sur ordre de Jean-Baptiste de Hayme de Bomal d'après les plans de l'architecte liégeois Barthélemy Digneffe. En 1793, le palais est le siège de la préfecture du département Ourthe. Vers 1800, la propriété est richement décorée dans le style Empire avec beaucoup de miroirs et de feuilles d'or. Napoléon Bonaparte y réside plusieurs fois (son portrait peint et celui de sa femme, un buste sculpté et divers souvenirs sont exposés au musée).
Autres bâtiments et extension vignette|Œuvre de Lawrence Weiner dans le jardin du Grand Curtius. En plus de ces deux palais, il y a un complexe de bâtiments du : l'hôtel Brahy et la maison Dewilde. Les quatre hôtels particuliers ont été considérablement restaurés entre 2001 à 2009. Les bâtiments existants ont été reliés entre eux par une nouvelle construction, où le verre est largement utilisé. Un grand, nouveau volume de construction le long de Féronstrée a été conçu par l'architecte Daniel Dethier dans le style néo-classique, en harmonie avec l'environnement. Entre ces bâtiments se trouvent quelques cours décorées, dont l'une par l'artiste Lawrence WeinerSur les fenêtres entourant la cour est inscrit la phrase suivante : Straight is the gate but water finds its own level. Le Grand Curtius dispose d'un café-restaurant et d'une boutique de musée.
Collections vignette|Bonaparte, Premier consul. Le nouveau musée Grand Curtius regroupe les collections de cinq musées liégeois, cet ensemble muséal est devenu le centre pour les arts appliqués dans l'Euregio Meuse-Rhin.
Le musée possède plus de objets d'importance régionale, nationale et internationale, allant des haches en silex préhistoriques aux éventails du . Seule une partie de la collection, environ 5 %, est exposée en permanence dans le musée ordonné. L'ensemble donne un aperçu de plus de ans de civilisation humaine : trésors archéologiques de l’Égypte ancienne (ancienne collection de l'université de Liège), objets de l'époque romaine, mérovingienne et franque (collection originale des Musées d'Archéologie et d'Arts Décoratifs), sculptures et orfèvrerie mosanes (collection de l'ancien Musée d'Art et d'Art mosan religieux) et un grand nombre de peintures, sculptures, parties d'ouvrage, meubles, tapisseries et objets de l'époque Renaissance et baroque. Le musée possède également une grande collection de verre ancien (issue de l'ancien Musée du Verre) et l'une des plus importantes collections d'armes anciennes dans le monde (de l'ancien Musée des Armes). En 2007, le musée reçut un don important d'horloges françaises, de verrerie et porcelaine de Sèvres du baron et de la baronne Duesberg (appelé collection Duesberg).
Dans le cadre de la redistribution des collections muséales liégeoises à la suite de l'ouverture du nouveau musée des beaux-arts, La Boverie, certaines peintures du Grand Curtius ont récemment déménagé. Ce déménagement comprend des tableaux de Jan Steen et de Jacob Jordaens ainsi que le fameux portrait de Bonaparte, Premier consul, par Ingres. Le Grand Curtius n'a pas pour vocation d'être un musée d'art, les sculptures et peintures exposées illustrent un épisode de l’histoire de Liège ou font partie de chambres d'époque.
S'étendant sur une superficie d'environ mètres carrés, et exposant quelque œuvres, le Grand Curtius présente deux parcours. Le premier est chronologique. Le second est thématique et couvre certains domaines particulièrement bien représentés dans le musée.
Archéologie et histoire Les collections d'archéologie sont riches notamment de pièces néolithiques et paléolithiques, gallo-romaines et mérovingiennes. La plupart proviennent de fouilles menées en province de Liège (Engis, Haccourt, Liège, Roche-aux-faucons, Omal) et à Spy. Elles retracent l'histoire locale de la préhistoire à la fin de l'époque carolingienne.
Ce département est créé en 1896 à la suite de la volonté de la ville de Liège de fusionner sa propre collection archéologique avec la collection d'objets de l'Institut archéologique liégeois. Pièces marquantes de la collection : crâne d'un homme de Néandertal découvert à Engis en 1829 ( av. J.-C.), peigne en os de l'époque néolithique, une table d'offrandes égyptienne (Moyen Empire égyptien ( av. J.-C.), vase-buste gallo-romain (-), un dodécaèdre (), l'arc de Glons (), divers livres et manuscrits médiévaux et un modèle de la cathédrale Saint-Lambert démoli après 1789.
Art religieux et art mosan vignette|Datée de 1970Si la maquette au 1/100 donne une représentation assez fidèle de la cathédrale d'après les données recueillies et compulsées jusqu'en 1970, les nouvelles recherches et les fouilles de 2004 font apparaître de nombreuses divergences ; vide , une maquette de la Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège, ici comme vue du Palais des Prince-évêques, montre les tours de sables en tuffeau.
L'art religieux, issu des collections du musée d'art religieux et d'art mosanIssue elle-même des collections du musée épiscopal et de l'ancien musée Curtius, est plus particulièrement représenté par ses pièces d'art mosan mais, plus globalement, la section présente l'évolution de l'art religieux dans l'ancien diocèse de Liège, suivant les grands courants artistiques du Haut Moyen Âge au début du .
Y sont notamment présentées des sculptures sur bois, des manuscrits, des pièces d'orfèvrerie mosane et liégeoise, des bronzes, des peintures des écoles wallonne, flamande, italienne, allemande et française, des tissus orientaux et des ornements liturgiques du .
Une section du musée est consacrée à saint Lambert : elle regroupe les principaux souvenirs historiques et iconographiques liés au Saint, ainsi qu'une maquette au 1/100 de l'ancienne cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert détruite à partir de 1794 pendant la révolution liégeoise.
Enfin, une salle consacrée à la franc-maçonnerie à Liège termine le parcours, exposant des pièces prêtées par les musées maçonniques et les principales loges de Liège.
Les œuvres majeures de cette collection sont les chapiteaux sculptés de la cathédrale Saint-Lambert (), le Secret d'Apollon ou la Pierre Bourdon (tympan du ), La Vierge de Dom Rupert (bas-relief du ), plusieurs crucifix en bois et Vierge à l'Enfant (), l'Évangéliaire dit de Notger (orfèvrerie du ), l'Évangéliaire d'Arenberg () et le triptyque-reliquaire de la Sainte Croix ().
Art gothique Le Grand Curtius possède une importante collection de sculptures et reliefs gothiques et gothique tardif. Parmi les pièces intéressantes : il convient de noter sont les sculptures romano-gothique du , un saint pape inconnu du début du , une Vierge à l'Enfant grandeur nature de la fin du , un Ioannes in Disco (la tête de Jean-Baptiste dans un plat) de Jan de Steffeswert de 1508 et plusieurs fragments de retables des Pays-Bas méridionaux du .
Aux mains de l'historien et peintre Jules Helbig, le musée acquiert des peintures de primitifs flamands comprenant la Vierge à l'enfant d'un peintre anonyme d'autour de 1475. Une autre œuvre importante de cette période est le dessin d'une vierge à l'enfant dans un intérieur d'église, de la région de Jan van Eyck.
Renaissance liégeoise