Fourons ou les Fourons (, , , ) est une commune à facilités de Belgique située en Région flamande dans la province de Limbourg, dont elle est une exclave entourée par les Pays-Bas et la province de Liège de laquelle elle fut détachée le à la suite de la fixation de la frontière linguistique en Belgique.

Elle dispose du statut de « commune à facilités » pour sa population francophone, comme c'est le cas pour une vingtaine d'autres communes belges..

La commune s'étend sur et compte un peu plus de . Certaines estimations donnent environ 39 % de francophones" Joris Gaens admet qu’entre 30 et 35 % des habitants sont aujourd’hui encore francophones." — (les recensements linguistiques sont interdits en Belgique depuis le ). Le dernier recensement fut effectué en 1947.

Histoire Origines

Tout le long du Moyen Âge et jusqu'à la fin de la Trêve de douze ans en 1661, Mouland, Fouron-le-Comte et Fouron-Saint-Martin faisaient partie du comté de Dalhem avant d'être intégrés aux Provinces-Unies. Fouron-Saint-Pierre était une terre libre d'Empire appartenant à l'ordre Teutonique, et ce jusqu'en 1795 et son intégration par la France révolutionnaire au département de l'Ourthe. Teuven et Rémersdael étaient terre du duché de Limbourg avant d'être aussi intégrés en 1795 au département de l'Ourthe. Pour rappel, le territoire de ce duché n'est pas celui de la province belge actuelle du Limbourg qui elle, excepté une partie des Fourons, faisait partie alors de la Principauté de Liège.

Lors de l'indépendance de la Belgique, le , Fourons faisait partie de la province de Liège. La province de Limbourg de l’époque faisait, quant à elle, entièrement partie du nouveau Royaume.

Mais le Traité des XXIV articles, signé à Londres le , partage le Limbourg, désormais province belge de Limbourg et province néerlandaise de Limbourg.

Passage à la province de Limbourg

Le , les travaux de la commission ont abouti à la loi sur la fixation de la frontière linguistique proposée par le ministre de l'Intérieur, Arthur Gilson, selon laquelle les Fourons seraient officiellement néerlandophone avec facilités linguistiques pour la communauté francophone, mais resterait une partie de la province de Liège (francophone). La même solution a été proposée pour les communes de Mouscron et Comines-Warneton où les municipalités resteraient une partie de la province de Flandre-Occidentale (néerlandophone) mais deviendraient des municipalités francophones avec des facilités linguistiques pour les néerlandophones...

Après un débat acharné au Parlement, cette proposition de loi a été introduit par Paul Gruselin qui voulait transférer Comines-Warneton et Mouscron, deux villes flamandes à majorité francophone, à la province du Hainaut (francophone) et, à titre de compensation, transférer la région des Fourons à la province du Limbourg (néerlandophone)Documents parlementaires, Chambre des représentants de Belgique 1961-1962, nr. 194/7 (PDF) p 25 (FR et NL).

Pour comprendre cette réaction spontanée des socialistes liégeois et mouscronnois, il faut tenir compte du . , puisque les de Mouscron-Comines apportaient un siège de député tandis que les des Fourons étaient loin d'en valoir autant.

Ce passage de Liège au Limbourg a été mal accueilli par de nombreux habitants en raison de la dépendance de la région vis-à-vis de Liège. Les francophones, en particulier, font campagne pour que la région revienne à la province de Liège« Fête de la Jeunesse Jurassienne », conférence de Jean-Louis Xhonneux, secrétaire général de l'Action fouronnaise, Porrentruy, : « Si l'on additionne les abstentions aux votes exprimés en faveur du Limbourg, on obtient la proportion : 64, 5 % pour le régime français avec facilités pour le néerlandais, 35,5 % pour le régime inverse. ». Tout comme à Comines-Warneton et Mouscron où une grande majorité souhaite rester avec la Province de Flandre-OccidentaleDocuments parlementaires, Chambre des représentants de Belgique 1961-1962, nr. 194/7 (PDF) p 5 (FR et NL) ou à tout le moins devenir une nouvelle province francophone avec la ville de Tournai, le Tournaisis, parce qu'ils s'identifient comme des Flamands francisés, ayant partagé une histoire avec les autres régions de l'ancien comté de Flandre et se sentant culturellement plus proches de la Flandre française que la province de HainautDocuments parlementaires, Chambre des représentants de Belgique 1961-1962, nr. 194/7 (PDF) p 23 (FR et NL).

Le rattachement à la province du Limbourg fut effectif le . à la suite de la fixation définitive de la frontière linguistique en Belgique cette même année.

Régions et communautés La première réforme de l’État belge entrée en vigueur le , délimita et créa les différentes communautés, régions administratives et régions linguistiques. Fourons fit alors officiellement partie de la communauté flamande, fut située dans la région flamande et dans la région de langue néerlandaise de Belgique.

Héraldique

Géographie Le territoire se confond avec la vallée du Foron , qui se jette en rive droite de la Meuse à Eijsden (Maastricht, Pays-Bas).

La commune est entourée de communes de la province de Liège (Visé au sud et à l'ouest, Dalhem et Aubel au sud, et Plombières à l'est), sauf au nord où passe la frontière belgo-néerlandaise.

La commune est le point d'entrée du gazoduc Fouron-le-Comte - Blaregnies qui transporte le gaz norvégien de la Mer du Nord d'Est en OuestGas.be, Transport en Belgique, Conduites de transport, consulté le 3 mars 2022.

Sections et Localités La commune comprend les six anciennes communes suivantes, dites « des » Fourons : Fouron-le-Comte ('s-Gravenvoeren) Fouron-Saint-Martin (Sint-Martens-Voeren, Cent-Meate en Platdütsch) Fouron-Saint-Pierre (Sint-Pieters-Voeren, Cent-Pietesch en Platdütsch) Mouland (Moelingen) Rémersdael (Remersdaal, Rebievå en wallon, Remejdel en Platdütsch) Teuven (Tööve en Platdütsch)

# Section Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Fouron-le-Comte ('s-Gravenvoeren) 13,40 1.637 122 73109A 2 Fouron-Saint-Martin (Sint-Martens-Voeren) 12,85 865 67 73109B 3 Teuven 7,29 464 64 73109C 4 Rémersdael (Remersdaal) 8,65 301 35 73109D 5 Fouron-Saint-Pierre (Sint-Pieters-Voeren) 5,11 237 46 73109E 6 Mouland (Moelingen) 3,30 907 275 73109F

Caractéristiques La commune fait partie de la province belge de Limbourg mais en est territorialement séparée par la province du Limbourg néerlandais. C'est en effet une exclave limbourgeoise dans la province de Liège.

Elle est la seule partie de la province du Limbourg flamand se trouvant sur la rive droite de la Meuse, « Outre Meuse ».

Démographie

Source : DGS https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,41994102,01995101,61996102,21997101,91998102,21999101,72000102,12001102,42002102,42003101,72004102,02005100,32006100,92007100,8200899,5200999,9201099,2201198,9201298,4201397,5201497,5201596,5201697,0201797,7201898,4201998,1202098,8202199,22022101,42023103,82024104,32025104,42026104,0

Problèmes linguistiques Historiquement, les habitants parlaient la langue locale, un dialecte limbourgeois connu localement sous le nom de Platdütsch. Ce dialecte, qui est également parlé dans les (Baelen, Plombières et Welkenraedt), a été reconnu en 1990 par la Communauté Française.

La langue administrative en vigueur depuis l'instauration de l'État belge en 1830 fut le français.

Au cours du , les habitants adoptèrent progressivement soit le néerlandais, soit le français.

Bien que le recensement linguistique soit interdit en Belgique depuis le , on peut réaliser une estimation via les élections communales et du CPAS. Le dernier recensement fut le recensement de 1947.

Politique Aux élections communales, la majorité francophone avait coutume de l'emporter, ce qui provoquait des tensions régulières avec le pouvoir provincial néerlandophone de tutelle (la commune dépend de la province de Limbourg depuis le ) et la minorité néerlandophone ; Il avait gagné les élections communales et avait été proposé comme bourgmestre. vignette|Panneau indicateur dont les mentions en néerlandais sont vandalisées.

Lors des élections communales du 8 octobre 2000, c’est le parti flamand qui a gagné d’un siège sur le parti wallon « Retour à Liège » grâce aux voix des Fouronnais de la communauté néerlandaise. Cependant, aux élections pour le Centre public d'action sociale (CPAS/OCMW) de la même année, « Retour à Liège » a conservé la majorité du fait que pour ce vote les Néerlandais ne pouvaient participer alors que, pour les municipales, le droit de vote actif et passif avait été accordé pour la première fois aux citoyens des autres États membres de l’UE habitant dans la commune. Dans le cas des Fourons il s’agissait surtout de Néerlandais qui, en raison de leurs affinités linguistiques ont voté pour le parti flamand. Il a fallu cependant plus de six mois avant que Huub Broers pût devenir le premier bourgmestre flamand des Fourons. Les membres du parti Retour à Liège voulaient faire reconnaître l’invalidité des élections du fait que le Marnixring (association d’activistes flamingants) avait cherché à influencer les élections en distribuant des petits cadeaux aux Néerlandais parmi lesquels un abonnement gratuit au quotidien Het Belang van Limburg. C’est une interview avec Bep Mergelsberg dans le quotidien néerlandais De Limburger qui l’a révélé.

Aux élections communales de 2006 les néerlandophones ont fortifié leur majorité récente avec 60,8 % des voix contre 39,2 % pour les francophones. Ces chiffres semblent montrer que la liste Voerbelangen attire une partie des voix francophones. Le nombre des Néerlandais a aussi augmenté jusque 26 % et les jeunes francophones se cherchent de plus en plus des maisons dans les villages voisins.

En 2006 la représentation des Belges francophones dans les Fourons à un peu plus de 46 % des habitants belges fouronnais (voir tableau ci-dessous, élections du CPAS 2006) et un peu moins de 39 % des habitants en totalité (voir tableau ci-dessous, élections communales 2006).

En 2018, Carles Puigdemont donne son soutien aux francophones des Fourons. Aux élections de 2018 pour la première fois, il n'y a pas de baisse de résultats de la liste francophones qui obtient environ 37% au conseil communal et 47% au conseil du CPAS.

Évolution des résultats des élections communales

+ Évolution des résultats des élections communales dans les Fourons. Année Voerbelangen (VB) % Sièges Retour à Liège % Sièges Électeurs présents Nuls ou blancs197699836,995169963,01102750531982103436,375173961,17102843701988108339,076161058,0892772791988 (CPAS)108038,963152354,9462772791994112942,967139853,20826281011994 (CPAS)114743,644129549,27526281862000160451,258143345,7873130932000 (CPAS)114044,254132851,55525761082006189859,529122638,4463189652006 (CPAS)123349,675116446,90424828520121866631010953752012 (CPAS)118452,95105347,142018183863,110107536,9530241112018 (CPAS)118253,45103346,6423401252024155261,21098438,852536592024 (CPAS)1037 52,95925 47,1 42042 80

Personnalités Personnalités nées aux Fourons Pierre de Schiervel (1783-1866), gouverneur Winand Heynen (1835-1916), homme politique Paul Cerfontaine (1864-1917), biologiste Marcel Kerff (1866-1914), coureur cycliste Jean Ulrici (-1982), homme politique local Joséphine Wolfs (1908-?), résistante pendant la seconde guerre mondiale. Charles Vandenhove (1927-2019), architecte Lucien Spronck (1931-1989), joueur de football Léon Semmeling (1940-2024), joueur de football Jean-Louis Xhonneux (1949), homme politique local Huub Broers (1951), homme politique local Jacky Debougnoux (1954), joueur de football Jan Nyssen (1957), géographe Patrick Aussems (1965), joueur de football

Personnalités liées aux Fourons