Eugène Chavette, né Eugène Charlemagne Vachette le à Paris et mort le à Montfermeil, est un journaliste écrivain français.

Biographie Fils unique du restaurateur parisien Joseph Vachette, propriétaire des cafés littéraires les plus achalandés de Paris, le Brébant-Vachette et le café Vachette, il a d’abord dû lutter pour « faire de la littérature », contre la volonté de son père rêvant qui ambitionnait d’en faire un notaire. La réception et la représentation avec succès d’un vaudeville improvisé avec Alexandre Privat d'Anglemont, alors tout également inconnu que lui, a décidé le père Vachette à laisser son fils poursuivre son ambition littéraire, en modifiant son nom sous forme d’anagramme, où le thème alimentaire revient assez souvent..

Entré en tirailleur dans la petite presse frondeuse de son temps, il collabore au Figaro hebdomadaire qui était alors une sorte de moniteur du Boulevard, il publie des chroniques remarquées qui lui valent une précoce notoriété. Parallèlement, il collabore au Tintamarre, où il publie un dictionnaire fantaisiste, qui a alimenté, en son temps, nombre d’almanachs, et surtout, le Procès Pictompin et ses dix-huit audiences, recueillies et mises en ordre par E. Chavette qui passait là par hasard en 1853, qui devait le lancer complètement. Le succès de cette fantaisie littéraire a été tel que Commerson, le directeur du journal où elle avait paru, l’a trouvée si amusante qu’il l’a republiée sous son propre nom, en la démarquant à peine, ce dont Chavette s’est vengé spirituellement en publiant l’édition complète du Procès Pictompin, chez Passard (1865, in-18), assortie de cette préface :

Dans l’Événement, il a publié ses plus joyeuses, ses plus célèbres fantaisies, telles qu’Un ami de trente ans, la Morue de Damoclès, le Rôtisseur dans l’embarras, les Infamies de M. Duflost, le Père d’Adolphe, le Guillotiné par persuasion, et vingt autres inventions extravagantes, mais aussi Le Pendu par conviction, nouvelle parue dans le Figaro, qui a été traduite en quatre langues.. Débauché à prix d'or par le journaliste et banquier Millaud qui, ambitionnant de concurrencer Le Grand Journal et l’Événement de Villemessant, venait de fonder Le Soleil, il a été le brillant rédacteur en chef de cette publication éphémère, à laquelle il a également fourni les Pensées d'un emballeur..

Écrivain humoriste, il présente sur un mode léger et burlesque de petites histoires dont la moralité s'accommode de macabre et de scabreux. Certains de ses romans sont des romans policiers, tels que Le Procès Pictompin, La Bande de la belle Aliette (relation romancée d'un célèbre fait-divers des années 1840), La Chambre du crime, parodie du thème de la chambre close, Aimé de son concierge, voire l’Oncle de Monsieur de Madame.. Alors qu’il dirigeait la rédaction du Soleil, alors annexe du Petit Journal, il avait pressenti, à la lecture de l’Affaire Lerouge d’Émile Gaboriau, passé inaperçu lors de sa parution en feuilleton dans le Pays en 1865, qu’un nouveau genre littéraire est en train de voir le jour. Entré en contact avec Gaboriau, il acquiert le droit de reproduction de son œuvre, qui remporte un immense succès, lors de sa reprise, en 1866, dans le Soleil.. Son gout de la parodie l’amènera à inventer le roman policier humoristique ou « comédie policière »Eugène Chavette, La Chambre du crime, postface et bibliographie par Jean-Luc Buard, nouvelle édition revue et corrigée, Éd. Archives et documents presse et feuilletons (ADPF)/Mi Li Re Mi, 2019, 288 p. . Postface : "Un livre mythique, La Chambre du crime (1874) ou du "roman judiciaire" à la "comédie policière". Avec en annexe un document révélateur : "Le Verrou d'Armand Silvestre ? Ou un mystère en "chambre" close enfin élucidé !" [Autre texte parodique basé sur le mystère de la mort du prince de Condé en 1830 trouvé mort dans une pièce verrouillée de l'intérieur].

Après avoir obtenu des succès considérables dans le genre bouffon dans les dernières années de l’Empire, époque à laquelle il fréquentait assidument le café de Madrid, rue Montmartre, où se réunissent les opposants républicains au régime, sa vogue a commencé à décliner après la guerre franco-allemande de 1870. Il a encore obtenu quelques succès, les journaux sollicitaient sa collaboration, mais l’esprit du temps n’était plus à la bouffonnerie ou à la franche gaieté rabelaisienne..

Retiré dans sa propriété de Montfermeil, dans les dernières années de sa vie, il n’en sortait plus, tous ses anciens amis et camarades l’ayant précédé dans la tombe. La goutte, dont il souffrait depuis de très nombreuses années, a fini par l’emporter. Connu pour sa grande générosité, il a légué sa fortune par disposition testamentaire à ses confrères de la Société des gens de lettres.

Jugements

Œuvres . Allons-y gaiment ! aux petites affiches du Tintamarre : ouvrage dédié aux gens sans place et sans aveu, avec Jean-Louis-Auguste Commerson (1853) . . Défunt Bichet : Le Drame du carrefour / L'Idée de M. de Vivonne (2 volumes) , , . , , , . . (2 volumes, 1874) . , , . . La Chasse à l'Oncle : La dot d'Angèle / Le capitaine la douceur (2 volumes, 1876) . . . Le Roi des limiers (1879) L'Oncle de Monsieur de Madame (1880) , , . Un notaire en fuite : Amoureux par télescope. La Crème des beaux pères, 2 vol., 1881. , , Notre Oscar (1882) . . Le Saucisson à pattes (Fil à beurre / Le Plan de Cardeuc (2 volumes, 1884) , , . Si j'étais riche : L'Héritage mystérieux. Au fond d'une cave (2 volumes, 1886) Lili, Tutu, Bébeth, bouffonnerie parisienne (1886) . La Bande de la belle Alliette, souvenir judiciaire (1882) .

Notes et références

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