L'empereur , fondateur mythique du Japon, est considéré comme le descendant de la déité shinto Amaterasu et fils d'Ugayafukiaezu. La maison impériale actuelle du Japon fonde ses droits au trône du chrysanthème sur la descendance directe de Jinmu.

Tradition Selon la tradition décrite dans le Kojiki (Récit des faits anciens, ouvrage considéré comme le tout premier écrit du Japon) et le Nihon shoki, Jinmu est né le , meurt le et fonde l'empire du Japon le Pour des explications supplémentaires à propos de ces dates, se reporter à l'article Datation traditionnelle du Japon.. Comme les autres premiers empereurs du Japon, son existence historique n'est pas attestée et sa vie relève surtout de la mythologie. Jinmu, qui signifie « puissance divine », est un nom posthume, de forme chinoise et d'inspiration bouddhiste, attribué au à Kamu Yamato Iware Hiko no Mikoto lors de la compilation des légendes Yamato dans le Kojiki. D'autres appellations existent, notamment : Kamu Yamato Iware Hiko no Sumera-Mikoto (Nihongi) et Kamu Yamato Iware Hiko Ho Ho Demi Tennō (Nihon ōdai ichiran).

Ascendance Selon la croyance shinto, Jinmu est considéré comme un arrière-arrière-arrière-petit-fils de la déesse du soleil Amaterasu. Celle-ci avait un fils nommé Ame-no-oshihomimi et à travers lui un petit-fils, Ninigi-no-Mikoto. Elle envoie son petit-fils dans l'archipel japonais où il épouse la princesse Konohana-no-Sakuya. L'un de leurs trois enfants est Hikohohodemi no Mikoto, aussi appelé Yamasachihiko, qui épouse la princesse Toyo-tama, fille d'Owatatsumi, dieu de la mer et frère d'Amaterasu. Ils ont un fils nommé Hikonagisa Takeugaya Fukiaezu no Mikoto. L'enfant, abandonné par ses parents à la naissance, est élevé par la jeune sœur de sa mère, la princesse Tamayori-bime. Ils finissent par se marier et ont quatre enfants, dont le dernier devient l'empereur Jinmu.

Migration thumb|L'empereur Jinmu représenté par Tsukioka Yoshitoshi (1839-1892).

Toujours selon le Kojiki et le Nihon shoki (dont les récits diffèrent cependant en de nombreux points), les frères de Jinmu, nés à Takachiho (au sud de Kyūshū, dans l'actuelle préfecture de Miyazaki), émigrent dans l'est pour trouver un meilleur endroit où s'implanter afin de régner sur la région. Itsuse no Mikoto, frère aîné de Jinmu, est le dirigeant initial de la migration, et ils traversent la mer intérieure de Seto avec l'aide du chef tribal local Sao Netsuhiko. Alors qu'ils atteignent Naniwa (l'actuelle Osaka), ils rencontrent une farouche résistance de la part d'un autre chef local, Nagasunehiko (« Homme aux longues jambes ») et Itsuse est tué dans la bataille. Jinmu, considérant qu'ils avaient perdu car ils avaient combattu vers l'est, contre le soleil, décide par conséquent de débarquer à l'est de la péninsule de Kii et de combattre tourné vers l'ouest. Ils atteignent Kumano, et guidés par , se rendent à Yamato, où ils affrontent à nouveau Nagasunehiko et, cette fois, remportent la victoire. Les sources anciennes divergent sur l'origine de ce guidage : selon le Kojiki, c'est Takami-musuhi qui serait apparu en songe à Jinmu pour lui annoncer l'envoi du corbeau, tandis que le Nihon shoki attribue ce rôle à Amaterasu. Le Kogo shūi présente pour sa part Yatagarasu comme l'ancêtre du chef du clan Kamo, et le Shinsen shōjiroku rapporte que c'est Kamo no Taketsunumi no Mikoto lui-même qui aurait pris la forme d'un corbeau géant pour guider l'empereur.

À Kumano, l'armée de Jinmu aurait été frappée d'inconscience par des émanations toxiques émises par des kami hostiles. Takakuraji, ayant reçu un songe oraculaire d'Amaterasu et de Takami-Musuhi ordonnant à Takemikazuchi de venir en aide à Jinmu, aurait alors vu se matérialiser dans son entrepôt l'épée divine de ce dernier, Futsu no Mitama ; en la remettant à Jinmu, l'armée aurait aussitôt repris conscience, permettant à l'empereur de venir à bout des kami hostiles.

Selon une autre légende, un milan d'or se pose sur l'arc de Jinmu, et dardant des rayons de lumière éblouissante sur les ennemis des Amatsukami, perce le brouillard qui s'était appesanti sur le champ de bataille. Jinmu saisit l'occasion pour remporter la victoire. Cette bataille décisive aurait eu lieu le du du calendrier japonais traditionnel, sur le site d'un village nommé Tobi-no-Mura en l'honneur du milan d'or. Cette victoire miraculeuse est représentée dans nombre d'œuvres d'art, notamment des peintures de l'ère Shōwa et des statues de parade de Jinmu. Elle est aussi commémorée par l'Ordre du Milan d'or, qui sous l'Empire récompensait les faits d'armes.

Poursuivant sa progression jusqu'à Uda, Jinmu s'y heurte à deux frères, E Ukashi et Oto Ukashi, qui refusent de se soumettre. Jinmu parvient à faire tuer E Ukashi grâce à l'aide de son cadet Oto Ukashi, qui trahit son frère aîné en le taillant en mille morceaux.

Au Yamato, Nigihayahi no Mikoto, qui clame aussi être un descendant des dieux de Takama-ga-hara, est le protégé de Nagasunehiko, et utilise un arc et des flèches pour démontrer sa légitimité. Cependant, quand Nigihayahi rencontre Jinmu, il accepte sa légitimité, et Jinmu est couronné empereur au palais de Kashihara. Nagasunehiko est quant à lui exécuté sur décret impérial, parce qu'il complote une reprise des hostilités en dépit du fait d'avoir accepté la supériorité des reliques de Jinmu (Sanshu no Jingi, Futsunushi no Tsurugi, l'arc et les flèches de Jinmu...) prouvant sa légitimité de monarque de droit divin, sur celles de Nigihayahi (un arc et des flèches, ainsi que les témoignages oculaires d'êtres descendus sur terre sur Ame no Iwa Bune, une barque voguant dans les airs). Les descendants de Nigihayahi acceptent de servir loyalement, et auraient formés le clan Mononobe, prestigieux dans le Japon archaïque, et qui a plus ou moins subsisté jusqu'à l'époque moderne malgré des revers de fortune.

Le jour de l'an du calendrier luni-solaire japonais est traditionnellement célébré comme le début du règne de l'empereur Jinmu. En 1872, le gouvernement de Meiji proclame que le jour de la fondation du Japon est le du calendrier grégorien. Cette date mythique est commémorée par le jour férié Kigensetsu (« jour de l'ère ») de 1872 à 1948, puis sous celui de Kenkoku kinen no hi (« jour de la fondation nationale ») depuis 1966.

Légende Jinmu aurait reçu d'Amaterasu trois objets extraordinaires : le Yata no Kagami, un miroir magique lui permettant de voir au-delà des mers, le Magatama, un pendentif protecteur ainsi que le Kusanagi-no-tsurugi, un sabre. Ces trois objets sacrés sont, de nos jours encore, vénérés dans trois sanctuaires différents au Japon.

L'empereur et la propagande Shōwa vignette|Cérémonie d'inauguration de la tour du Hakkō ichi'u à Miyazaki, lieu où selon la légende se trouvait le palais mythique de l'empereur Jinmu. Le nom figurant sur la face du monument a été calligraphié par le prince Yasuhito Chichibu.

Selon la légende, Jinmu aurait prononcé cette formule lors de son intronisation au palais de Kashihara, s'interrogeant en ces termes : « Ne serait-il pas bon d'avoir une capitale développée de façon à embrasser les six points cardinaux, et les huit cordes couvertes de façon à former un seul toit ? ». Dès 1928, l'empereur Shōwa devint associé au renouveau du principe du Hakkō ichi'u, les huit coins du monde sous un seul toit. Cette expression avait été employée selon le Nihon shoki par Jinmu pour décrire son destin et devint le fondement de l'expansionnisme du Japon Shōwa Herbert Bix, Hirohito and the Making of Modern Japan, , 2001..

En 1940, le Japon célébra en grande pompe le Kigensetsu, coïncidant avec le 2600 anniversaire de la fondation mythique de la nation John Brownlee, , pp. 136, 180-185..

Sujin .

Arbre généalogique

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Liens internes Année impériale japonaise Kashihara-jingū Ordre du Milan d'or

Liens externes

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