Un côtes-du-rhôneLe nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur les rives droite et gauche du Rhône entre Vienne et Avignon.

Son aire de production correspond à une grande partie du vignoble de la vallée du Rhône, car il s'agit d'une appellation régionale. D'autres appellations sont produites sur des parties de son aire : dans la partie septentriole, du nord au sud, huit appellations : côte-rôtie, condrieu, château-grillet, saint-joseph, hermitage, crozes-hermitage, cornas, saint-péray ; dans la partie méridionale, du nord au sud, dix appellations : vinsobres, rasteau, cairanne, gigondas, vacqueyras, beaumes-de-venise, châteauneuf-du-pape, laudun, lirac, tavel et le côtes-du-rhône-villages (sur une grande partie du vignoble méridional, avec de 21 dénominations géographiques) ; auxquelles s'ajoute le muscat de Beaumes-de-Venise, appellation réservée au vin doux naturel, mais qui ne peut pas être réglementairement comprise dans les côtes-du-rhône, même si son aire d'appellation y est incluse.

Histoire Au , la viguerie d'Uzès fut divisée en deux. Il y eut la « viguerie haute » ou Cévennes, et la « viguerie basse » qui prit le nom de la « côte du Rhône ». Les vins de la « côte du Rhône » étaient réputés : une réglementation intervient en 1650 pour protéger leur authenticité de provenance et garantir leur qualitéLes vins de Roquemaure..

Un premier édit royal daté du tenta de donner une identité vinicole à cette petite région. Il fut insuffisant et modifié en 1737 en ces termes :

Cette dénomination fit florès, puisqu'en 1783, un membre de l'Académie de Marseille indiquait que Mémoire sur la culture de l'olivier et la manière d'extraire l'huile des olives, Aix, 1783, ..

Ce nom traversa le siècle puisqu'en 1869, un journal local avait pour titre La Côte du Rhône et qu'en 1890, Frédéric Mistral parle de « Costo dou Rose, renommée pour ses vins ». Ce n'est qu'au que la côte du Rhône devient les côtes du Rhône en s'étendant aux vignobles situés sur la rive gauche du Rhône. La création du « Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône » en 1929, par Pierre Le Roy de Boiseaumarié, fut une étape décisive dans cette extension. Cette notoriété, acquise au fil des siècles, fut validée par les tribunaux de grande instance de Tournon et d'Uzès en 1936. L'appellation d'origine contrôlée (AOC) fut officiellement reconnue par le décret du , publié au JORF du .. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en (reconnaissance en AOP), publié au JORF du ., en , homologué par le décret du publié au JORF du ., en (mourvèdre et syrah passent en cépages principaux ; autorisation du caladoc et du couston), homologué par l'arrêté du publié au JORF du , en , homologué par l'arrêté du 4 novembre 2022 publié au JORF le ., en (rajout de cépages à fin d'adaptation), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ., puis en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..

Vignoble Aire d'appellation vignette|Vue générale des vignobles de Tain-l'Hermitage. vignette|Vignoble des côtes-du-rhône gardoises à La Roque-sur-Cèze. L'aire d'appellation se situe dans la partie française de la vallée du Rhône, à l'aval de Lyon : le vignoble s'étend de Vienne au nord jusqu'à Avignon au sud, mais pas tout à fait en continu. Le vignoble se répartit en deux sous-régions : les côtes du Rhône septentrionales (de Vienne à Livron-sur-Drôme) ; les côtes du Rhône méridionales (de Montélimar et Bourg-Saint-Andéol à Avignon).

Il s'agit d'une appellation régionale, avec en son sein plusieurs autres aires d'appellation (ce qui dessine une hiérarchie) : celle du côtes-du-rhône-villages (dans la partie méridionale), ainsi que celles de qui sont autant d'AOC spécifiques (du nord au sud : côte-rôtie, château-grillet, condrieu, saint-joseph, hermitage, crozes-hermitage, cornas, saint-péray, vinsobres, cairanne, rasteau, gigondas, vacqueyras, muscat de Beaumes-de-Venise, beaumes-de-venise, laudun, châteauneuf-du-pape, lirac et tavel).

Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de , dont pour faire du rouge, pour du rosé et pour du blanc..

L'aire d'appellation couvre un total de , réparties sur six départements différents.

Département de l'Ardèche : Andance, Ardoix, Arras-sur-Rhône, Bourg-Saint-Andéol, Champagne, Charnas, Châteaubourg, Cornas, Félines, Glun, Guilherand-Granges, Lemps, Limony, Mauves, Ozon, Peyraud, Saint-Désirat, Saint-Étienne-de-Valoux, Saint-Jean-de-Muzols, Saint-Julien-en-Saint-Alban, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Saint-Martin-d'Ardèche, Saint-Péray, Sarras, Sécheras, Serrières, Talencieux, Toulaud, Tournon-sur-Rhône et Vion.

vignette|gauche|redresse=0.7|Côtes-du-rhône rouges de La Vinsobraise à Vinsobres. Département de la Drôme : Beaumont-Monteux, Bouchet, Chanos-Curson, Crozes-Hermitage, Érôme, Gervans, Larnage, Livron-sur-Drôme, Mercurol-Veaunes (pour le seul territoire de la commune déléguée de Mercurol), Mérindol-les-Oliviers, Mirabel-aux-Baronnies, Mollans-sur-Ouvèze, Montbrison-sur-Lez, Nyons, Le Pègue, Piégon, Pont-de-l'Isère, La Roche-de-Glun, Rochegude, Rousset-les-Vignes, Saint-Maurice-sur-Eygues, Saint-Pantaléon-les-Vignes, Serves-sur-Rhône, Suze-la-Rousse, Tain-l'Hermitage, Taulignan, Tulette, Venterol et Vinsobres.

vignette|redresse=0.6|Côtes-du-rhône rosé de Rochefort-du-Gard. Département du Gard : Aiguèze, Aramon, Bagnols-sur-Cèze, Carsan, Castillon-du-Gard, Cavillargues, Chusclan, Codolet, Comps, Connaux, Cornillon, Domazan, Estézargues, Fournès, Gaujac, Laudun-l'Ardoise, Laval-Saint-Roman, Lirac, Montfaucon, Montfrin, Orsan, Le Pin, Pont-Saint-Esprit, Pougnadoresse, Pouzilhac, Pujaut, Remoulins, Rochefort-du-Gard, Roquemaure, La Roque-sur-Cèze, Sabran, Saint-Alexandre, Saint-André-d'Olérargues, Saint-Étienne-des-Sorts, Saint-Geniès-de-Comolas, Saint-Gervais, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Saint-Julien-de-Peyrolas, Saint-Laurent-de-Carnols, Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Michel-d'Euzet, Saint-Nazaire, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Paulet-de-Caisson, Saint-Pons-la-Calm, Saint-Victor-la-Coste, Sauveterre, Saze, Tavel, Théziers, Tresques, Valliguières, Vénéjan et Villeneuve-lès-Avignon.

Département de la Loire : Chavanay, Malleval, Saint-Michel-sur-Rhône, Saint-Pierre-de-Bœuf et Vérin.

Département du Rhône : Ampuis, Condrieu, Saint-Cyr-sur-le-Rhône et Tupin-et-Semons.

vignette|redresse=0.7|gauche|Côtes-du-rhône blanc de la Grand Romane, à Gigondas. Département du Vaucluse : Avignon, Beaumes-de-Venise, Bédarrides, Bollène, Buisson, Cairanne, Camaret-sur-Aigues, Caumont-sur-Durance, Châteauneuf-de-Gadagne, Châteauneuf-du-Pape, Courthézon, Faucon, Gigondas, Grillon, Jonquerettes, Jonquières, Lafare, Lagarde-Paréol, Mondragon, Morières-lès-Avignon, Mornas, Orange, Piolenc, Puyméras, Rasteau, Richerenches, Roaix, La Roque-Alric, Sablet, Sainte-Cécile-les-Vignes, Saint-Marcellin-lès-Vaison, Saint-Romain-en-Viennois, Saint-Roman-de-Malegarde, Saint-Saturnin-lès-Avignon, Sarrians, Séguret, Sérignan-du-Comtat, Sorgues, Suzette, Travaillan, Uchaux, Vacqueyras, Vaison-la-Romaine, Valréas, Vedène, Villedieu, Violès et Visan.

Crus des côtes du Rhône Au sein de l'aire d'appellation, plusieurs autres AOC existent, plus restrictives, formant ainsi une hiérarchie : au sommet, ce qu'Inter Rhône (l'interprofession) appelle les 19 « crus des côtes du Rhône ». (20 % du volume produit) ; en dessous, l'appellation côtes-du-rhône-villages avec dénomination géographique (il y en a 21 : 10 % du volume) ; plus bas, le côtes-du-rhône-villages (sans dénomination : 5 %) ; tout en bas, le côtes-du-rhône (65 %)..

+ Appellations de la vallée du Rhône septentrionale Appellation Année de reconnaissance Superficie 2024 Type(s) de vin Cépage(s) côte-rôtie 1940 340 ha vin rouge syrah château-grillet 1936 4 ha vin blanc viognier condrieu 1940 213 ha vin blanc viognier saint-joseph 1956 rouge et blanc syrah et marsanne hermitage 1937 135 ha rouge et blanc syrah et marsanne crozes-hermitage 1937 rouge et blanc syrah et marsanne cornas 1938 163 ha vin rouge syrah saint-péray 1936 122 ha blanc et mousseux marsanne

+ Appellations de la vallée du Rhône méridionale Appellation Année de reconnaissance Superficie 2024 Type(s) de vin Cépage(s) vinsobres 2006 553 ha vin rouge grenache, etc. cairanne 2016 889 ha rouge et blanc grenache, etc. rasteau 1944 (VDN) et 2010 965 ha rouge et VDN (rosé, grenat et blanc) grenache, etc. gigondas 1971 rouge, blanc et rosé grenache, etc. vacqueyras 1990 rouge, blanc et rosé grenache, etc. muscat de Beaumes-de-Venise 1945 280 ha VDN (blanc, rosé et rouge) muscat à petits grains beaumes-de-venise 2005 729 ha vin rouge grenache, etc. laudun 2024 591 ha rouge et blanc grenache et clairette châteauneuf-du-pape 1936 rouge et blanc grenache, etc. lirac 1947 876 ha rouge, blanc et rosé grenache, etc. tavel 1936 770 ha vin rosé grenache, etc.

Enfin, le nom de l'appellation côtes-du-rhône-villages peut être complété par une des 21 dénominations géographiques suivantes, homologué par l'arrêté du publié au JORF du . :

Climatologie

Encépagement Un total de 32 cépages sont autorisés par le cahier des charges pour produire l'appellation. Pour produire les côtes-du-rhône rouges et rosés, les cépages principaux (ensemble ils doivent être d'au moins 70 %) sont le grenache NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris., le mourvèdre N et la syrah N ; ces trois sont complétés avec comme cépages accessoires le bourboulenc B, le brun argenté N (localement dénommé camarèse ou vaccarèse), le caladoc N, le carignan N, le cinsaut N, la clairette B, la clairette rose Rs, la counoise N, le couston N, le grenache blanc B, le grenache gris G, la marsanne B, le marselan N, le muscardin N, le piquepoul blanc B, le piquepoul noir N, la roussanne B, le terret noir N, l'ugni blanc B et le viognier B. La proportion du cépage grenache N doit être d'au moins 30 % de l'encépagement au sud de Montélimar ; celle de l'ensemble des cépages mourvèdre N et syrah N doit être supérieure ou égale à 20 % ; celle de l'ensemble des cépages caladoc N, couston N et marselan N ne peut être supérieure à 10 % ; celle des cépages blancs ne peut être supérieure à 5 % pour les vins rouges et à 20 % pour les vins rosés.

Pour les vins blancs, les cépages principaux sont le bourboulenc B, la clairette B, le grenache blanc B, la marsanne B, la roussanne B et le viognier B ; les cépages accessoires sont la clairette rose Rs, le grenache gris G, le piquepoul blanc B et l'ugni blanc B.

Au titre de l'adaptation du vignoble (notamment aux changements climatiques), de nouveaux cépages sont autorisés depuis 2024 (des , les VIFA), sous conditions et limités à 5 % de l'encépagement. Pour faire du côtes-du-rhône blanc il s'agit du B, du B et du rolle B ; pour faire du rouge et du rosé se rajoute aux premières le N.

Dans la pratique, l'encépagement pour produire du rouge est composé en 2023 de 55 % de grenache noir, de 27 % de syrah, de 7 % de carignan noir, etc. En blanc, de 30 % de viognier, 26 % de grenache blanc et 16 % de roussanne..

Rendements

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de par hectare. Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite du rendement butoir de l'appellation, fixé à .

Vins Volumes La production déclarée en 2024 a été d'un total de (un hectolitre = = de ), dont de côtes-du-rhône rouge, de rosé et de blanc. Les données de production des années récentes, telles que publiées par les Douanes, sont en rouge : Année Superficie (ha) Production (hl) Rendement (hl/ha)2020 432021 422022 432023 382024 33

en rosé :