thumb|Thomas Ruyant remporte la Transat 6.50 en 2009.
La Mini Transat ou Transat 6.50, aussi appelée La Boulangère Mini Transat pour cause de sponsoring, est une course transatlantique en solitaire et sans assistance à bord de voiliers de , créée en 1977 par Bob Salmon et organisée chaque année impaire depuis 1977. La traversée s'effectue en deux étapes, au départ de la France métropolitaine (depuis 1985), avec une escale d'une dizaine de jours aux îles Canaries ou à Madère, avant de rejoindre les Antilles. De 2001 à 2011, le parcours emmenait la flotte jusqu'à Salvador de Bahia, au Brésil. Cette régate constitue l'apogée du parcours de la Classe Mini.
Esprit de la Transat 6.50 Jean-Luc Van Den Heede, deuxième de la Transat 1979 en parlait ainsi : En dehors des tours du monde, je ne connais pas une course aussi extraordinaire. Il y a autant de vainqueurs possibles que de concurrents au départ.
La Mini Transat a été créée pour réagir au gigantisme des courses transatlantiques qui sont organisées depuis les années 1970. Dans l'esprit de Bob Salmon, il s'agissait de renouer avec l'esprit aventureux des premières transatlantiques, telles qu'elles étaient vécues par Éric Tabarly par exemple . Ainsi, les concurrents de la Mini Transat ne disposent que du minimum technique indispensable pour traverser l'Atlantique. Depuis quelques années, GPS et VHF sont autorisés (jusqu'alors, le sextant était encore le seul moyen de navigation autorisé) mais les concurrents ne disposent pas de routage météo par satellite, contrairement à la plupart des autres courses transatlantiques. Les marins n'ont aucun contact avec la terre, ils n'ont pas le droit de demander une assistance au risque d'être disqualifiés. Chaque Mini possède une balise satellite de positionnement et d'appel de détresse en dernier recours. Aussi, les voiliers se doivent d'être insubmersibles. Pour assurer leur sécurité en haute mer, des voiliers appelés « bateaux accompagnateurs » veillent au milieu de la flotte tout au long du parcours. Le règlement en exige 1 pour 12 Minis.
vignette|alt=Voilier bleu et blanc dont on remarque l'avant arrondi, lancé sur l'océan, suivi par deux vedettes. À l'arrière-plan, une ville et ses gratte-ciel.|droite|redresse=1|David Raison, concepteur de Magnum, devenu Teamwork Evolution, termine en vainqueur à Salvador de Bahia la Mini Transat 2011.
Les bateaux utilisés sont allégés au maximum. Deux catégories de bateaux courent en même temps mais sur des classements séparés. D'une part, des prototypes, véritables laboratoires de technique nautique (c'est sur les Minis qu'ont été notamment testées les premières quilles pendulaires), d'autre part les bateaux de série (plus de 10 unités construites à l'identique) qui sont parfois d'anciens prototypes ayant fait leurs preuves. Les marins courant en Classe Mini, surtout en prototype, sont généralement des « as de la bidouille » qui ont conçu, préparé et amélioré tout seuls leur bateau. Inspiré des scows et mis à l'eau en 2010, le proto 747 Magnum dessiné par David Raison, presque aussi large à l'avant qu'à l'arrière, est le premier mini à « bout rond ». Barré par son architecte, il gagne l'édition 2011 de la Mini Transat. Une deuxième version, Maximum, toujours dessinée par David Raison, est mise à l'eau en 2014. Aux mains de Ian Lipinski, Maximum, sous le nom de Griffon.fr, gagne l'édition 2017. Aux mains de François Jambou, sous le nom de Team BFR Marée haute jaune, il gagne l'édition 2019.
Importance et renommée La Classe Mini, très décriée à ses débuts en raison de la prise de risque énorme induite par la si petite taille des bateaux, s'est peu à peu imposée comme un passage quasi obligatoire pour les futurs grands skippers. C'est une véritable école de la course au large et en solitaire, où le skipper doit être polyvalent et autonome pour faire avancer son bateau malgré l'exigence de cette transatlantique. De nombreux grands noms de la voile contemporaine sont passés par la Classe Mini : Loïck Peyron et son frère Bruno Peyron, Jean-Luc Van Den Heede, Marc Thiercelin, Yves Parlier, Anne Liardet, Laurent Bourgnon et son frère Yvan Bourgnon, Isabelle Autissier, Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, Roland Jourdain, Lionel Péan, Marc Guillemot, Thomas Coville, Alex Pella, Catherine Chabaud, Lionel Lemonchois, Jacques Caraës, Patrice Carpentier, Thierry Dubois, Halvard Mabire, Didier Munduteguy, Yannick Bestaven, Tanguy de Lamotte, Adrien Hardy, Thomas Ruyant, Charlie Dalin, et bien d'autres, ont participé à la Mini Transat.
disait Ellen MacArthur.
La Transat reste principalement une course française, avec une minorité de concurrents venus d'autres pays, notamment de Belgique, de Suisse, du Royaume-Uni, d'Italie ou d'Espagne, mais aussi du Portugal, des Pays-Bas, d'Allemagne, d'Irlande, de Croatie, de République tchèque, de Russie, d'Australie et de Chine. Pour des concurrents venus d'Amérique, la difficulté consiste à rejoindre un port français pour le départ en effectuant une première transatlantique sans aucun bateau accompagnateur.
Participants La particularité de cette transat est l'extrême variété des concurrents. Certains sont de futurs grands noms de la voile, d'autres viennent réaliser le rêve de leur vie. La modicité des budgets nécessaires à la Transat permet à tous de traverser l'Atlantique. On y trouve tous les types d'amateurs de la mer. Cependant, l'inflation des qualifications nécessaires pour pouvoir participer à la Mini Transat tend à en écarter depuis quelques années les marins qui ont une vie professionnelle à côté et à privilégier les skippers financés par de gros sponsors. De même, une visibilité médiatique en forte progression, visible dès la Transat 2005 (Corentin Douguet, vainqueur en prototype, a bénéficié notamment d'une page entière dans Le Monde) attire un peu plus les sponsors mais sans nuire à l'esprit de camaraderie et de qui persiste dans cette Transat.
Organisateur et partenaire Après l'édition 2021 organisée par la société Korrigan épaulée par l’association Les Sables d’Olonne Vendée Course au Large, Versace Sailing Management, organisateur de la PURU Transgascogne, prend le relais pour 2023« La classe Mini, toujours entre succès et saturation », sur tipandshaft.com, 23 janvier 2023 (consulté le 12 avril 2023)..
La direction de course a été confiée à Denis Hugues, qui a participé à trois épreuves de la course, en 1987, 1989 et 1991, puis à Romain Bigot, président en 2025.
Différentes éditions Première édition 1977 Vingt-quatre concurrents (dont l’organisateur Bob Salmon) participent en 1977. Les bateaux partent de Penzance, en Cornouailles. Mais la première étape ne compte pas pour le classement de cette première édition : elle n’est qu’un convoyage vers Tenerife (îles Canaries), où a lieu le véritable départ de la course, qui arrive à Antigua (Caraïbes)« Historique », sur minitransat.fr.. Le navigateur français Daniel Gilard remporte l’épreuve à bord de Petit Dauphin, un Serpentaire de série. Cette première édition est marquée par la disparition du concurrent belge Patrick Van God. D'autres marins de renom comme Halvard Mabire, Bruno Peyron et Jean-Luc Van Den Heede participent à cette première transat.
Classement général classe prototypes (19 classés) : Daniel Gilard sur 64 - Petit Dauphin en Kasimierz Jaworski sur 54 - Spanielek en Halvard Mabire sur 35 - Rêve de Mer Tronqué en Jean-Luc Van Den Heede sur 351 - Muscadet, en Antoine Di Meglio sur 37 - Challenger - Tenacité en
Les trois éditions suivantes restent sur ce parcours Penzance-Tenerife-Antigua.
Deuxième édition 1979 Sur les trente-deux concurrents au départ, vingt-sept terminent la course. Trois participants de 1977 récidivent, dont le tenant du titre Daniel Gilard. Après trente jours de mer, l'Américain Norton Smith remporte l'épreuve sur American Express, un prototype plan Wylie équipé de deux ballasts de 280 litres. Cette deuxième édition voit la première participation de François Carpente, Philippe Harlé, Vincent Levy, Didier Munduteguy, Lionel Péan et Loïck Peyron. Sur les cinq voiliers Muscadets conçu par Philippe Harlé en 1963, participants à cette édition, Guy Royant arrive le (en quelque sorte vainqueur de la catégorie série), au classement général. Sur 32 partants, 28 navires sont classés.
Classement général classe prototypes (27 classés) : Norton Smith sur 17 - American Express en , participation Jean-Luc Van Den Heede sur 35 - Gros Plant, participation Daniel Gilard sur 1 - Petit Dauphin, participation Philippe Harlé sur 37 - Gros Plant - Julienas, participation Jacque De Reuck sur 51 - PlantD - Vileda, participation
Troisième édition 1981 Avant même le départ la course est endeuillée, Christian Massicot fait naufrage et perd la vie en se rendant à Penzance, le port de départ. Le mauvais temps des premiers jours, avec notamment la queue du cyclone Irène1981 Atlantic hurricane season., provoque de nombreuses avaries. L'américain Steven Callahan coule alors qu'il vient de quitter les Canaries et dérive pendant 76 jours dans son radeau de survie avant de toucher les Antilles. Finalement le nombre de skippers contraints à l’abandon (16) est supérieur à celui de ceux ayant fini la course (13). Jacques Peignon remporte l’épreuve à bord d’un proto de l'architecte Jean Berret, Vincent Levy se classe second à bord d’un Surprise coupé, Eric Lecotelley complète de podium à bord de son Muscadet. Parmi les 25 navires au départ, 13 sont classés.
Classement général classe prototypes (13 classés) : Jacques Peignon sur 19 - Iles du Ponant en , participation Vincent Levy sur 35 - Surprise - Pineau des Charentes, participation Eric Lecotelley sur 351 - Forclusion, participation Pascal Lauvergnat sur 64 - Agur, participation Pascal Durand sur 451 - Vodka, participation
Quatrième édition 1983 Le maître voilier Stéphane Poughon remporte l'épreuve sur un plan Lucas construit avec une bande de copains au centre nautique de Portsall Kersaint à Ploudalmézeau. Pour la première fois l'épreuve est accessible aux équipages en double qui constituent au total une flotte de 42 bateaux, dont 26 seront classés.
Classement général solitaire classe prototypes (16 classés) : Stéphane Poughon sur Voiles Cudennec en , participation Bernard Abalan sur Bousbir - Plan Lucas, participation Olivier Chapuis sur Supermarché Champion, participation Dominique Vittet sur 37 - Gros Plant - Julienas, participation Frédéric Guérin sur Ski École Buissonnière, participation
Classement général en double classe prototypes (10 classés) : Claude Thelier ( participation) et Jean-Marie Thelier ( participation) sur JCB2 - Plan Bigouin François Monod ( participation) et Maurice Veluzat ( participation) sur V Gautier Eric Savant ( participation) et Régis Tragan ( participation) sur Schliska - Muscadet Mike Ellison ( participation) et Paul Ulyatt ( participation) sur Anderson Adventurers Robert Calvez ( participation) et Hervé Prevost ( participation) sur Fruit Of - Muscadet
Cinquième édition 1985 Bob Salmon passe le relais de l’organisation au journaliste français Jean-Luc Garnier. À partir de 1985, le départ est donné en France. La cinquième édition, qui voit l'apparition d’un classement des bateaux de série, part de Brest et mène à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), avec escale à Tenerife pour les 41 voiliers partants. Yves Parlier remporte l'épreuve sur un prototype qui possède un mât en carbone. Un équipage qui ne se supportait plus a fini par régler le contentieux au couteau. Le navigateur Lalou Roucayrol se classe en solitaire et au général.
Classement général solitaire classe prototypes (23 classés) : Yves Parlier sur 33 - Aquitaine en , participation Frédéric Guérin sur 36 - La Croix - L'événement, participation Sylvain Berthomme sur 38 - Ile d'Albeau - Plan Lucas, participation Olivier Hiver sur Haute Marne X, participation Jean-Yves Yvonnou sur Nosy Be ( au général), participation