Dungeons & Dragons est un jeu de rôle américain créé et publié par Dave Arneson et Gary Gygax en 1974 chez Tactical Studies Rules (TSR).

Pour le différencier des éditions ultérieures de Donjons et Dragons, il est aujourd’hui d’usage de l’appeler Original Dungeons & Dragons (OD&D).

Le terme « jeu de rôle » n’y apparaît pas, la couverture portant la mention : « Règles pour campagnes de wargame médiéval fantastiques jouables avec du papier, des crayons et des figurines miniatures ».

Préhistoire vignette|redresse=0.8|Dave Arneson (1947-2009).

En 1967, , membre de la (MMSA) à Minneapolis-Saint Paul, organise un wargame napoléonien où il propose aux joueurs d'incarner des officiers, mais aussi des habitants de la ville fictive de Braunstein Håvard Faanes, « Arneson Campaign Chronology », mystara.us, 2010..

En , un autre membre de la MMSA, Dave Arneson, propose d'adapter le concept à un wargame à figurines médiéval, Chainmail. En effet, une première version de Chainmail vient d'être publiée par Jeff Perren dans le septième numéro de The Domesday Book, le bulletin de la , une association de jeux de batailles médiévales à figurines. Inspirée de règles anonymes publiées antérieurement, cette version de Chainmail y ajoute le Fantasy supplement, qui permet de simuler des batailles fantastiques, et tout particulièrement celles du Seigneur des anneauxChainmail, acaeum.com.. Dave Arneson créé alors « Castle Blackmoor », un château et un village fictif, où les joueurs vont incarner un personnage. Il incorpore ensuite des éléments de la version publiée de Chainmail, éditée par Jeff Perren et Gary Gygax.

En 1972, Dave Arneson et son ami Dave Megarry se rendent à Lake Geneva pour organiser une séance de jeu à laquelle sont conviés Gary Gygax, Rob Kuntz et Terry Kuntz. Cette rencontre encourage Gygax à créer sa propre campagne, qu'il développe autour du « Castle Greyhawk ». C'est la première étape de création du monde de Greyhawk.

Gygax et Arneson avaient déjà collaboré pour la création d'un jeu de simulation de batailles navales sur la guerre civile américaine, Don't give up the ships!. Arneson a d'ailleurs adapté certains mécanismes de ce jeu à sa campagne de Blackmoor, dont la classe d'armure et les points de coup. Tous les deux sont membres de la Castle & Crusades society. Dans son bulletin interne, celle-ci publie une carte d'un monde fictif, plus ou moins fondée sur celle des États-Unis d'Amérique, où peuvent s'affronter des armées qui n'auraient pu se rencontrer dans l'histoire réelle. Le centre de cette carte est le . Arneson et Gygax vont localiser leurs campagnes respectives sur cette carte.

La gamme OD&D vignette|redresse=0.8|Gary Gygax en 2007.

Le de l'édition originale de Donjons et Dragons (D&D) est formé de : Chainmail, un jeu de batailles avec figurines publié en 1971. la boite de jeu, comprenant les trois (little brown books, abrégé lbb), publiée en 1974. les quatre suppléments (I : GreyhawkGary Gygax et Robert J. Kuntz, Supplement I : Greyhawk, 1975, TSR., II : Blackmoor, III : Eldritch Wizardry ; IV : Gods, Demi-Gods & Heroes), publiés en 1975-1976. les sept numéros de la Strategic Review, publiés en 1975-1976. Swords & Spells, adaptation de Chainmail à l'évolution de D&D, publié en 1977. Don't give up the ships! Outdoor Survival

Les ont fait l'objet de six impressions successives, entrainant des modifications mineures. Jusqu'à la cinquième impression (), les Hobbits et les Ents sont toujours présents. Ils sont respectivement renommés en Halfling et Tréant dans la dernière, pour des raisons de trademarkHistorique des publications d'Od&d sur le site The Acaeum..

Publié en 1975 par Gary Gygax et Robert J. Kuntz, avec des illustrations de Greg Bell, Supplement I: Greyhawk puisait son titre dans la campagne maitrisée par Gary Gygax lui-même. Ce document fournit des classes de personnage, des règles et des monstres spécifiques du monde de Greyhawk mais ne donnait aucune indication sur l'historique de l'univers. La même chose est vraie pour le supplément Blackmoor.

L'ensemble de ce corpus est publié en langue anglaise et n'a jamais été publié officiellement en français.

Les successeurs L'édition Holmes n'est déjà plus OD&D mais une nouvelle version destinée à introduire la nouvelle gamme qui va lui succéder. L'édition Holmes est la première édition de la gamme Basic D&D tandis que AD&D sera la version plus complète des règles.

Le psychologue californien fut chargé par Gary Gygax de publier une édition de Dungeons & Dragons qui aurait pour but de faciliter l'accès au jeu et d'introduire AD&D. Publiée sous forme de boite en 1977, cette édition reprenait sous une forme plus synthétique l'essentiel des trois petits livres bruns, à l'exception des règles sur les voyages dans les terres sauvages et des combats aériensJohn Eric Holmes, Dungeons & Dragons, TSR, 1977.. Elle intégrait la classe du voleur, présentée dans le Supplément I : Greyhawk, comme une des classes non optionnelles mais pas les autres classes additionnelles de OD&D, et une partie des monstres et règles nouvelles publiés dans les suppléments.

Le texte fait parfois référence à Advanced Dungeons & Dragons, alors en préparation, mais la compatibilité entre les deux n'est pas parfaite. En outre, l’édition ne permettait de jouer que jusqu'au niveau 3. Il existe une traduction non officielle en français de cette édition , sans nom de traducteur ni d'éditeur.

Le Monsters Manual publié par Advanced Dungeons & Dragons, ne fait théoriquement pas partie de ce corpus, puisqu'il a été publié pour une nouvelle version du jeu. Mais, premier supplément de la nouvelle gamme, il ne pouvait être employé qu'avec D&D lors de sa parutionGary Gygax et Mike Carr, Monster Manual, TSR, 1977..

Spécificités des règles de OD&D Classes et types de personnages Il existe trois classes principales de personnages : les hommes-combattants (fighting-men), les utilisateurs-de-magie (magic-users) et les clercs (clerics)Gary Gygax et Dave Anderson, Dungeons & Dragons, I : Men & Magic, Tactical Studies Rules, 1974.. Les deux premières classes apparaissent déjà dans Chainmail. Le clerc est un ajout de Dave Arneson : afin de donner du fil à retordre à Sir Fang, un vampire qui jouait un rôle important dans sa campagne de Blackmoor, il ajouta cette classe modelée sur Van Helsing et sur le chasseur de vampires typique des films de la Hammer, d'où sa capacité à repousser les morts-vivantsJames Maliszewski, Medic!, Grognardia, 2008..

En 1975, le Supplement I : Greyhawk ajoutait deux classes de personnages, le paladin et le voleur. Le paladin semble puiser son inspiration dans le personnage de Holger Carlson, dans le roman de Poul Anderson, Trois cœurs et trois lionsAardy DeVraque, Literary Sources of D&D.. Une première version du voleur était parue, sous la plume de Gary Gygax, en , dans le fanzine The Great Plains Game Players Newsletter n° 9, d'après une idée de Gary Schweitzer. Les principales attributions du voleur s'y trouvent déjà, y compris l'emploi de pourcentage pour les aptitudes, la possibilité pour les non-humains d'être voleurs. Cependant, seuls l'alignement neutre est alors autorisé (alors qu'ils peuvent également être chaotiques dans Greyhawk), et l'emploi du bouclier est autorisée pour les voleursGary Gygax, The Great Plains Game Players Newsletter n° 9, juin 1974..

La même année, le Supplement II : Blackmoor offre la possibilité de jouer des moines, sous-classe du clerc, et des assassins, sous-classe du voleur, toutes deux réservées aux humainsDave Arneson and Tim Kask, Supplement II : Blackmoor, TSR, 1975.. Avec ses d'aptitudes de combat à mains nues, de capacités d'esquive et de pouvoirs mentaux, le moine est inspiré de la sérié de romans L'ImplacableGary Gygax, David Cook, François Marcela-Froideval, Oriental Adventures, TSR, 1985.. L'assassin est déjà mentionné comme un personnage non-joueur possible dans la boite de baseGary Gygax et Dave Anderson, Dungeons & Dragons, III : The Underworld & Wilderness Adventures, Tactical Studies Rules, 1974.. Son emploi est proposé comme personnage joueur dans Blackmoor .

En 1976, le supplément III : Eldritch Wizardry, rédigé par Gary Gygax et Brian Blume, ajoute le druide. Cette classe, inspirée du druide de l'antiquité, fut initialement proposée par Dennis Sustare, futur auteur de Bunnies & Burrows, puis présentée à Gary Gygax par l'intermédiaire de Tim KaskJames Maliszewski, , juin 2009..

Plusieurs classes sont aussi présentées dans The Strategic Review, revue publiée par TSRNathan Mahney, , 2009. : le rôdeurThe Strategic Review, n° 2, été 1975. (), l'illusionnisteThe Strategic Review, n° 4, hiver 1975. et le bardeThe Strategic Review, n° 6, février 1976..

Dans OD&D il n'y a pas de notion de race. Les non-humains sont présentés comme des types personnages au sein des classes. De plus étant donné que les non-humains n'ont pas le choix de leur classe on est dans un schémas dans lequel les races sont des classes. Les suppléments de OD&D utilisent ensuite le terme de race. Mais comme ce sont des suppléments optionnels la mécanique centrale de OD&D est celles des races en tant que classe. Les races en tant que classe qu'on retrouvera ensuite dans certaines éditions D&D Basic sont donc directement issues de OD&D qui a initié cette mécanique.

Les quatre types de personnages sont humain, nain, elfe et hobbit ! Pour des raisons de copyright, les hobbits vont devenir des halfelins (halflings) à partir de la sixième impressionRobert J. Kuntz, Tolkien in Dungeons & Dragons, The Dragon n° 13, TSR, avril 1978.. Il est visible, dans le texte, que le hobbit est inclus pour que tous les types de personnages héroïques présents dans l'univers de Tolkien soient représentés mais que les auteurs doutent de leur jouabilité, si l’on en croit la mention « si jamais un joueur voulait en être un » (Should any player wish to be one).

Les nains et les hobbits / halfelings ne peuvent être que hommes-combattants. Les elfes sont à la fois hommes-combattants et utilisateurs-de-magie. Les humains peuvent être hommes-combattants, utilisateur-de-magie ou clerc. Les hobbits sont limités au niveau 4, les nains au niveau 6 d'homme-combattant. Les elfes peuvent progresser jusqu’au niveau 4 de fighting-men et 8 de magic-users. Il semble que ces limitations sont prévues pour contrebalancer les avantages raciaux. Les elfes ont la particularité de progresser dans les deux classes en même temps, mais de devoir choisir l’une ou l’autre selon la séance de jeu. Les explications concernant cette dernière règles au sujet des elfes restent floues dans les livres.

Caractéristiques Les caractéristiques (abilities) sont au nombre de six : Force, Intelligence, Sagesse, Constitution, Dextérité et Charisme. Il n’existe pas de score minimal dans une caractéristique pour être membre d’une classe. Les trois premières constituent les prérequis (prime requisite) des trois classes, c’est-à-dire qu’elles confèrent un bonus ou un malus, de -20% à +20% suivant leur score, aux points d’expérience acquis par le personnage. Ainsi, un homme-combattant avec une faible force progressera moins vite qu’un autre avec un meilleur score. Les scores dans chaque caractéristique sont tirés au hasard avec trois dés à six faces, et répartis dans l'ordre de la feuille de personnage.

Dans les , il n'y a pas de score minimum pour faire partie d'une classe ou d'une race dans les règles principales. C'est avec le Paladin publié dans le supplément I: Greyhawk optionnel qu'apparaît l'idée de score minimaux pour être membre d'une classe. Certaines éditions suivantes de D&D imposeront ensuite de telles limitations.

Alignements