An alarc'h (« Le cygne » en breton), est une chanson bretonne, issue du Barzaz Breiz, considérée comme un chant patriotique. Elle est reprise par des chanteurs bretons contemporains (Alan Stivell, Gilles Servat, Tri Yann...). Francis Gourvil a prétendu dans sa thèse sur le Barzaz Breiz que ce chant nationaliste était entièrement de l'invention de vicomte de La Villemarqué ; une thèse elle-même en grande majorité invalidée par les travaux de Donatien Laurent, à la suite des découvertes d'une partie des cahiers de collectage de La Villemarqué. La chanson originale a été collectée vers 1845 auprès d'un sabotier surnommé Brangolo, résidant à Coat Squiriou (commune de Quéménéven). Elle a été fortement retouchée par La Villemarqué pour la faire cadrer avec son hypothèse d'un chant d'origine médiévale.

Présentation Selon La Villemarqué, An alarc'h raconterait le retour d'exil triomphal du duc Jean IV (an aotroù Yann), pour reconquérir son duché, après en avoir été chassé six ans auparavant par ses sujets. Cependant, l'indépendance du duché étant encore plus menacée sans lui qu'avec lui, les seigneurs bretons avaient envoyé une délégation en Angleterre où il avait trouvé refuge pour lui demander qu'il revienne. Il débarque alors à Dinard le pour reconquérir le trône de Bretagne. Le « traître » à la fin de la chanson serait le chevalier breton Bertrand Du Guesclin connétable de France qui, pourtant, n'engagea pas le combat contre le retour du Duc. An Alarc'h c'est le cygne qui, dans la chanson, assiste à la scène depuis le sommet de la tour du château d'ArvorTexte intégral sur bretagnenet.com.

Toutefois, cette hypothèse de Villemarqué est mal fondée : pour donner du poids à cette théorie, le collecteur a "restitué" plusieurs couplets de son invention absents de la version originale. Il semble que la chanson, bien plus récente, fait en réalité référence à un épisode de la chouannerie en Bretagne : possiblement le débarquement des royalistes à Quiberon en juin 1795, ou le retour de Jean François Edme Le Paige de Bar à Concarneau en 1795.

Paroles en gras : éléments réécrits ou inventés par La Villemarqué Paroles Sens des paroles en françaisUn cygne, un cygne d'outre-mer plutôt : "un vol d'oies sauvages", Au sommet de la vieille tour du château d'Armor !

Refrain : Dinn, dinn, daon ! Au combat ! Au combat ! Oh ! Dinn, dinn, daon ! Je vais au combat

Heureuse nouvelle aux Bretons ! Et malédiction rouge aux Français !

Un navire est entré dans le golfe Ses blanches voiles déployées

Monseigneur Jean est de retour Il vient défendre son pays

Nous défendre contre les Français Qui empiètent sur les Bretons

Un cri de joie part Qui fait trembler le rivage

Les montagnes du Laz résonnent La cavale blanche (la mer) hennit et bondit d'allégresse

Les cloches chantent joyeusement Dans toutes les villes, à cent lieues à la ronde

L'été revient, le soleil brille Monseigneur Jean est de retour !

Monseigneur Jean est un bon compagnon Il a le pied vif comme l'œil

Il a sucé le lait d'une Bretonne Un lait plus sain que du vin vieux

Sa lance, quand il la balance, jette de tels éclairs Qu'elle éblouit tous les regards

Son épée, quand il la manie, porte de tels coups Qu'il fend en deux homme et cheval

Frappe toujours ! Tiens bon ! Seigneur duc Frappe dessus ! Courage ! Lave-les (dans leur sang) ! Lave-les !

Quand on hache comme tu haches On n'a de suzerain que Dieu !

Tenons bon, Bretons ! Tenons bon ! Ni merci, ni trêve ! Sang pour sang !

O Notre-Dame de Bretagne ! Viens au secours de ton pays ! Nous fonderons un service, un service commémoratif !

Le foin est mûr : qui fauchera ? Le blé est mûr : qui moissonnera ?

Le foin, le blé, qui les emportera ? Le roi prétend que ce sera lui

Il va venir faucher en Bretagne Avec une faux d'argent

Il va venir faucher nos prairies avec une faux d'argent Et moissonner nos champs avec une faucille d'or

Voudraient-ils savoir, ces Français Si les Bretons sont des manchots ?

Voudrait-il apprendre, le seigneur roi S'il est homme ou Dieu ?le texte original porte ; "Ha plije gant an Aotrou Roue / Dazont daoust-hag-eñ zo Doue?" = "Plait-il à notre futur souverain (de savoir) si Dieu existe?"

Les loups de la Basse-Bretagne grincent des dents En entendant le ban de guerre

En entendant les cris joyeux, ils hurlent À l'odeur de l'ennemi, ils hurlent de joie

On verra bientôt, dans les chemins Le sang couler comme de l'eau

Si bien que deviendra rouge comme la braise le plumage des canards Et des oies blanches qui les passeront à la nage

On verra plus de tronçons de lances éparpillés Qu'il n'y a de rameaux sur la terre, après l'ouragan

Et plus de têtes de morts Qu'il n'y en a dans les ossuaires du pays

Là où les Français tomberont, ils resteront couchés Jusqu'au jour du jugement

Jusqu'au jour où ils seront jugés et châtiés Avec le Traitre qui commande l'attaque

L'égout des arbres sera l'eau bénite Qui arrosera son tombeau ! Dans des versions récentes un couplet a été ajouté : « Enor, enor d'ar gwenn-ha-du ! Ha d'ar C'hallaoued mallozh ruz ! » (Honneur, honneur au « blanc-et-noir » [drapeau breton] ! Et malheur rouge aux Français !)Paroles et commentaires d'An alarc'h, site de Per Kentel. Il a parfois été adapté en « Ha d'an dretourien mallozh ruz ! » (Et malheur rouge aux traîtres !)

Discographie À l'Olympia - Live, Alan Stivell (1972, Fontana, 6399 005) La Blanche Hermine, Gilles Servat (1971, Kelenn / Phonogramme) Tri Yann An Naoned, Tri Yann (1972, Kelenn, 6332 626) Huchal, EV (1996, Déclic Communication, 8416 742)...And Muscadet For All !, Son ar Dan (2019, autoproduit)

Interprétations L’épouse de Polig Monjarret, Zaïg Monjarret, a adapté la chanson en scots ou gallo écossais (Galloway), écossais qui l'ont ainsi chanté par la suite.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale (1213-1532), Ouest-France, Rennes, 1982 Goulven Péron, « Sur deux chansons voyageuses : la Chanson du cidre, le Chant du Cygne », Cahier du Poher, Arthur le Moyne de la Borderie, Histoire de la Bretagne, Paris, 1906 « Bretagne : dans plin (pas) et "An Alarc'h" », L'Escargot Folk , Laurent Bourdelas, Alan Stivell'', Le Mot et le Reste, 2017.

Liens externes

bretagnenet.com, présentation, paroles, partition

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