La Gendarmerie royale du Canada ou GRC (, abrégé en RCMP, c'est-à-dire « police royale montée du Canada ») est à la fois police fédérale du Canada et fait fonction de corps de police territoriale dans les trois territoires ainsi que les provinces qui ne disposent pas de leur propre service, soit les sept provinces autres que le Québec (avec la SQ), l'Ontario (avec l'OPP) et Terre-Neuve-et-Labrador (avec le RNC). Les Canadiens francophones la désignent souvent par l'appellation générique de « police montée » et les Canadiens anglophones par ou , en raison de leur uniforme en sergés rouge. Elle est régie principalement par la loi sur la Gendarmerie royale du Canada et elle est dirigée par un commissaire, grade équivalent à celui de directeur général de service de police en Europe, qui relève du ministre de Sécurité publique Canada.

La GRC est le seul corps policier au monde à posséder des capacités d'action et d'application des lois aux niveaux international, national, provincial et municipal, et cela sans être le seul corps policier du pays.. En Ontario, au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador, elle a uniquement à faire appliquer les lois fédérales car ces trois provinces disposent de leur propre corps de police provincial. Ailleurs, elle opère de façon contractuelle pour faire respecter les lois provinciales en plus des lois fédérales. Elle a aussi la responsabilité de faire respecter les actes et décisions des municipalités qui ont conclu avec elle un contrat ; ainsi, la GRC joue le rôle d'un corps municipal de police.

La GRC fut rendue populaire auprès du grand public grâce à son action durant la ruée vers l'or du Klondike au tournant du , au cinéma de Hollywood (avec des films tels que (1939), (1935) et (1933)), et grâce à diverses émissions télé, dont Un tandem de choc / Direction : Sud mettant en vedette Paul Gross.

Rôle et mandats Selon la Loi sur la Gendarmerie royale du Canada, la GRC est la .. Selon son propre site web, la mission de la GRC inclut de maintenir la paix, d'assurer le respect de la loi et d'offrir un service de qualité de concert avec les collectivités qu'elle sert..

Composition et structure vignette|gauche|upright=0.65|Gendarme de la GRC en tenue d'apparat. La Gendarmerie royale du Canada relève du ministère fédéral de Sécurité publique. Elle est dirigée par un commissaire qui a pleine autorité sur tout ce qui se rapporte à la GRC. Au , la GRC emploie plus de dont environ civils sous statut spécifique de la GRC et environ sous statut civil fédéral. Son quartier général est situé à Ottawa. Son et son centre de formation sont situés à Regina, capitale de la province de Saskatchewan.

Dans ses différentes fonctions, elle possède plusieurs mandats d'ordre fédéral : elle est le bureau Interpol au Canada ; elle dispose des sections anti-terroristes diverses et lutte contre le terrorisme ; elle assure la protection du premier ministre du Canada, la protection des ministres et dignitaires canadiens ; elle est le service de protection des hautes personnalités étrangères qui visitent le territoire canadien ; elle gère également les sections d'enquêtes et de renseignements sur le crime organisé ; elle effectue la garde et la protection des ambassades canadiennes à l'étranger ; elle assume la prévention de crimes d'ordre fédéral auprès de la jeunesse canadienne ; elle est compétente en matière de services de police sur les réserves autochtones (amérindiennes) ; elle est la structure qui a en mains le registre canadien des armes à feu situé au Nouveau-Brunswick dans la ville de Miramichi. Elle dispose également de mandats d'ordre contractuel appliqués dans huit provinces (sans police provinciale) et dans les trois territoires.

Dans son mandat contractuel, avec les trois territoires (Territoires du Nord-Ouest, Yukon et Nunavut) et dans les huit provinces (Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve, Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique), elle maintient des postes de police où le personnel de la GRC traite aussi bien des délits et contraventions du code de la route que des enquêtes criminelles et délictuelles. La GRC dispose de centres spécialisés de police scientifique et technique, de lutte aux narcotiques, etc. La GRC entretient à ce niveau des liens étroits avec les polices des grandes municipalités et les services spécialisés des provinces ayant des corps de police.

vignette|Épinglette de la GRC en tenue d'apparat. Une équipe spéciale, nommée le Carrousel de la GRC, parcourt le Canada et offre un spectacle équestre, rappelant les premiers moments de son histoire. Le Carrousel de la GRC donne des représentations dans plusieurs pays, dont les États-Unis et la France.

L'organisation territoriale de la GRC est la division, le mot venant de son passé quasi-militaire de type britannique. Chaque division couvre à peu de chose près les frontières de chaque province ou d'un territoire au sein du Canada. Chacune des 15 divisions de la GRC est dirigée par un commandant, en général un commissaire adjoint, grade équivalent en Europe à un directeur de police et désignée par une lettre de l’alphabet (par exemple la Division C est celle du Québec). L'Ontario, vu son importante population et son territoire, comporte cependant deux divisions : celle pour la capitale nationale (Ottawa) et une autre pour le reste de la province. La quinzième Division est celle nommée Dépôt et chapeaute l'école de formation de Regina (Saskatchewan) et le centre de dressage des chiens policiers de Bowden (Alberta).

Ces divisions sont regroupées en quatre régions : Pacifique, Nord-Ouest, Centre et Atlantique. La GRC est sous la direction d'un commissaire et de huit sous-commissaires, chacun de ces derniers s'occupant d'une des sections suivantes : Région de l'Atlantique (à Halifax (Nouvelle-Écosse)) Région du Centre (à Ottawa) Région du Nord-Ouest (à Regina) Région du Pacifique (à Vancouver) Opérations Service nationaux de police Gestion générale et contrôle Orientation stratégique.

Grades Grade Nombre dans la GRC au . Commissaire 1 Sous-commissaire 6 Commissaire adjoint 26 Surintendant principal 54 Surintendant 179 Inspecteur 339 Sergent-major du corps 1 Sergent-major 10 Sergent-major d'état major 8 Sergents d'état-major 830 Sergents Caporal Gendarmes Gendarme spécial 106 Membres civils Employés de la fonction publique Total

Les grades inférieurs des policiers de la GRC ont pour origine ceux de l'Armée canadienne du qui étaient presque identiques à ceux de l'Armée britannique actuelle. Les grades supérieurs sont plutôt inspirés de l'administration civile et ont augmenté en nombre ou en importance avec le temps à mesure que la force policière augmentait ses effectifs. Par exemple, le grade d'inspecteur était initialement celui d'un officier subalterne mais il est devenu celui d'un officier supérieur.

Les inspecteurs et les superintendants sont nommés par le gouverneur général en conseil (conseil des ministres canadien). Les sous-officiers, les caporaux et les gendarmes forment la grande majorité du personnel dans les postes tenus par la GRC et leur promotion se fait par concours. Les grades sont portés sur la manche de l'uniforme d'apparat mais en épaulette sur celle du veston de travail ou sur la chemise. Les gendarmes spéciaux, auxiliaires ou étudiants portent des insignes distinctifs de ceux des policiers réguliers. En plus des policiers réguliers, on compte des gendarmes spéciaux, des gendarmes auxiliaires, des civils de la GRC et des fonctionnaires fédéraux. Le grade de lance-caporal qui était représenté par un seul chevron n'existe plus depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Membres civils Les employés civils n'ont pas de pouvoirs judiciaires ou administratifs et sont engagés pour leur expertise. On les retrouve notamment dans la :

Police scientifique Toxicologie Chimie Biologie – tests d'ADN Droit

Techniques Empreinte digitale Instrumentation Documentation Contrefaçon Arme à feu Électronique Informatique Communications Télécommunications

Administration Relation publique Ressources humaines Traduction Techniques policières

Direction Commissaire en chef Le titre honorifique de a été créé en 2012 et porté par Élisabeth II, reine du Canada. Le , la GRC annonce que le roi Charles III a accepté à son tour ce titre.

Commissaire La GRC est dirigée par le commissaire, nommé par le gouvernement canadien.

Le , le premier ministre Justin Trudeau annonce la nomination de en tant que commissaire de la GRC. Elle devient officiellement la première femme à occuper ce poste le . Elle est diplômée de l'enseignement supérieur canadien (titulaire d'un décerné par l' Université de l'Alberta) et avait intégré la GRC en 1986.. Elle prend sa retraite le .

L'intérim est alors exercé par le sous-commissaire Michael Duheme. Le , le sous-commissaire est promu officiellement au grade supérieur et devient alors le à diriger la GRC, depuis sa création.

Histoire Fondation

vignette|Agents de la Police montée du Nord-Ouest, Fort Walsh, Sask., 1878 Le , la Police montée du Nord-Ouest () est fondée par sir John A. Macdonald, père de la Confédération canadienne et premier ministre du Canada. Le nom retenu était plus descriptif de son rôle que le nom de North West Mounted Rifles (Fusiliers montés du Nord-Ouest) suggéré originellement et moins susceptible d'attirer l'antagonisme des Amérindiens et du gouvernement américain. La NWMP devait appliquer la loi dans les Territoires du Nord-Ouest (comprenant alors l'Alberta, la Saskatchewan, une bonne partie du Manitoba et le Nunavut), d'établir des relations amicales avec les Premières Nations (Amérindiens) et d'ouvrir les terres à la colonisation.

Sa création et son déploiement étaient rendus nécessaires par les marchands de whisky américains qui empiétaient sur le territoire canadien, causant des problèmes et menant à un massacre dans la région de Cypress Hills. Sur une suggestion d'un de ses ministres, Macdonald ordonna que la force soit vêtue de rouge, très britannique, pour bien les différencier du bleu des troupes américaines. La NWMP fut organisée comme une unité de cavalerie britannique en régiments et maintient encore certaines de ces traditions aujourd'hui.

Commandée par le colonel George Arthur French, la première troupe de la PMNO est partie de Fort Dufferin au Manitoba le en direction de ce qui est aujourd'hui l'Alberta. Elle comprenait 22 officiers, 253 hommes (divisés en constables et sous-constables), 142 bœufs de trait, 93 têtes de bétail, 310 chevaux, 114 carrioles de Rivière Rouge, 73 chariots, 2 gros fusils de 9 livres, 2 mortiers, des moissonneuses, des forges et des cuisines mobiles. Le périple fut consigné dans le journal d'Henri Julien, un artiste envoyé par le Canadian Illustrated News pour immortaliser l'événement The Diary of Henri Julien. L'accent porté à faire respecter les droits des autochtones attira le respect de ces derniers et lors des campagnes de l'armée américaine contre les Sioux en 1876, Sitting Bull et ses hommes se réfugièrent donc dans le sud de la Saskatchewan. James Morrow Walsh, qui était chargé de la région de Wood Mountain pour la PMNO, entra en accord avec Sitting Bull afin de les aider et les deux devinrent de bons amis.

Dans les années 1880, la PMNO se voit confier le mandat d'aider l'armée canadienne à mater la rébellion Métis sur les terres qui sont aujourd'hui la Saskatchewan. La rébellion du Nord-Ouest se termina par la défaite des Métis à la bataille de Batoche, le . Le chef de celle-ci, Louis Riel sera gardé par la PMNO et jugé par un tribunal qui le condamne à la pendaison. Il sera exécuté le .