Le commissaire Jules Maigret est un personnage de fiction, protagoniste et héros de et de Georges Simenon, publiés entre 1931 et 1972.

Physiquement, il s'agit d'un homme imposant, large d’épaules, à l’allure bourrue, parfois inquiétantehttps://www.trussel.com/maig/momamu.htm#French, section "une présence physique"., qui semble prendre son temps pour résoudre une enquête. Amateur de blanquette de veau, aimant la bière, le vin et les alcools (à l'exception du champagne), fumeur de pipe invétéré, il aime humer l’atmosphère, s’imprégner des événements, pour « prendre le train » d’une enquête.

Sa technique d'investigation est fondée sur la compréhension de la personnalité des différents protagonistes d’une affaire et de leurs interactions, tout en se laissant guider par son instinct.

Depuis sa création, le personnage et ses romans ont fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques et télévisuelles dans des pays francophones et non francophones, les dernières adaptations datant de 2026.

Le monde du commissaire Maigret L'univers du commissaire Maigret se situe principalement en France, entre le début des années 1930, décennie du premier roman, et le début des années 1970, décor du dernier récit.

Le commissaire Maigret étant affecté à la police judiciaire de Paris, c'est la capitale française qui sert de cadre à nombre de ses enquêtes. Le 36, quai des Orfèvres (siège de la PJ, à l'époque) est ainsi le point central d'intrigues qui mènent le commissaire aux quatre coins du Paris d’antan. Néanmoins, Georges Simenon use de tous les artifices pour faire sortir Maigret de Paris : vacances, requêtes officielles ou privées, tous les prétextes sont bons pour envoyer Maigret du Nord de la France à la Côte d’Azur, de la Bretagne à l'Alsace, voire dans d'autres pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Suisse).

Le commissaire est un grand amateur de pipe, mais aussi de bonne chère, en général. Les bistrots et brasseries sont un lieu privilégié pour ses enquêtes, où il aime souvent s'imprégner de l'atmosphère ambiante. Il forme un couple très uni avec sa femme.

À l’origine, le commissaire ne devait apparaître que dans une série de . Dans le dernier de ceux-ci, publié en 1934, il est à la retraite et c'est son neveu qui le rappelle pour une enquête. À la demande de l'éditeur Gaston Gallimard, Simenon reprend l’écriture de la série, tout en changeant d'éditeur après la Seconde Guerre mondiale. Cinquante-six autres romans, ainsi que des nouvelles, seront publiés jusqu'en 1972, quand la série s'arrête définitivement avec Maigret et Monsieur Charles.

Les ouvrages mettant en scène le célèbre commissaire ont donné lieu à de multiples adaptations à l'écran, cinéma et télévision, mais aussi en bandes dessinées. Le premier illustrateur de Maigret est Raymond Moritz dont les dessins ont paru dans l'hebdomadaire français Police-Roman..

Biographie vignette|gauche|Maigret (1966), sculpture de Pieter d'Hont à Delfzijl (Pays-Bas). La plupart des informations permettant de mieux connaître le personnage sont regroupées dans Les Mémoires de Maigret, seul récit mettant en scène le commissaire qui ne soit pas de nature policière, publié en 1951. Le récit est écrit à la première personne et évoque Georges Simenon comme l'ami du commissaire ce qui n'est pas sans évoquer une certaine forme de mise en abyme littéraire..

De nombreux autres détails, tels que la jeunesse dans un château, la perte de sa fille, l'influence de la foi catholique, l'évocation des boissons et des plats préférés, sont disséminés dans les autres romans et nouvelles de la sériesite de la chaîne « rue », page sur le commissaire Maigret. mais qui peuvent quelquefois être contredits par certains faits énoncés dans des récits antérieurs, ces incohérences étant liées au grand nombre de récits évoquant Maigret imaginés par l'auteur..

Personnalité La personnalité du commissaire Maigret est inspirée très directementG. Simenon, Un frère aîné de Maigret, Figaro littéraire, Paris, 23 février 1963 Un frère ainé de Maigret. du commissaire Marcel GuillaumeL'Union, Reims, 10 août 2010 Le vrai Maigret était Marnais. et de son successeur le commissaire Georges MassuTélé magazine , , Paris, 2 février 1958 Simenon guide la TV sur les pas du Commissaire Maigret.. Dans le premier roman Pietr-le-Letton, écrit en 1929, Maigret appartient à une brigade de la Sûreté. Face au succès des premiers Maigret qu'il trouve entachés d'erreurs (commissaire de police parisien menant des enquêtes en provinceÀ l'époque dominent deux grandes institutions parfois prises dans une guerre des polices : la préfecture de police de Paris qui est compétente sur le département de la Seine et la Sûreté compétente sur tout le reste de la France., menant ses filatures seul), le directeur de la police judiciaire Xavier Guichard invite Simenon, au début des années 1930, pour une visite au 36, quai des Orfèvres et lui présente le commissaire Guillaume pour mettre en avant la préfecture de police de Paris au détriment de la Sûreté..

Au deuxième chapitre de ce même roman, Simenon offre une description détaillée du commissaireSite du journal Libération, article "Maigret fait la totale", consulté le 16 février 2019 :

Dans leur livre Le roman policier édité chez Payot, les écrivains Boileau-Narcejac, eux-mêmes auteurs de romans policiers, présentent le commissaire Maigret en ces termesLe Roman policier, Paris, Payot, (1964), essai théorique sur le genre policier :

Carrière Jules Maigret naît à Saint-Fiacre le nom de la commune a été créé par l'auteur, dans l’Allier, en 1887 (les années 1884 et 1885 sont également évoquées.), ce qui ne l’empêchera pas de n’avoir que en 1967. En fait, Maigret avait pris sa retraite en 1934, à l'occasion du roman intitulé Maigret et qui aurait dû être le dernier de cette série littéraire..

Dans les romans, il apparaît comme ayant entre et . Quand Simenon crée son personnage, il lui donne entre 40 et et comme il pensait que de toute manière son commissaire devait prendre sa retraite à , on peut estimer que le commissaire à la retraite qui apparaît dans le roman Maigret a un peu plus de https://www.trussel.com/maig/ddchron2.htm.Dans La naissance de Maigret, Simenon indique : (Texte écrit en 1966 pour les Œuvres complètes aux Éditions Rencontre, et repris dans Portrait-souvenir de Balzac et autres textes sur la littérature, Christian Bourgois, 2010).

Sa mère est sans profession et meurt lors de l'accouchement de son deuxième enfant en 1895. Jules a alors huit ans et restera enfant unique. Son père est régisseur du château de Saint-Fiacre (en fait une représentation du château de Paray-le-Frésil dans lequel Simenon fut en 1922- du marquis de Tracy.). À douze ans Jules est envoyé à Nantes, chez la sœur de son père mariée à un boulanger. Le couple est sans enfant. Cinq ans plus tard, en 1904, le père de Jules meurt d'une pleurésie, à l'âge de quarante-quatre ans. Jules reste donc chez sa tante et entreprend à Nantes des études de médecine durant deux. ou trois années..

vignette|Le 36, quai des Orfèvres à Paris, ancien siège de la Police judiciaire de Paris

Sa tante meurt dix ans après son père et malgré la proposition de son oncle de travailler avec lui dans la boulangerie, Jules décide de partir pour Paris.

Il a vingt-deux ans quand son voisin de palier, l'inspecteur Jacquemain, lui propose d'entrer dans la police. Il commence comme agent cycliste puis passe à la surveillance de la voie publique : rues, métro, gares, grands magasins. À ce moment, il aurait pu mettre un nom sur les visages de tous les clochards de ParisMaigret et le Clochard, Presses de la Cité, .. Il est ensuite nommé à la brigade des mœurs, à la brigade mondaine, puis au service des garnis (surveillance des hôtels). En 1912, il se marie avec Louise, une Alsacienne dont la sœur qui vit à Colmar a un fils qui fera une brève carrière dans la police. Toujours en 1912, Maigret entre au commissariat du quartier Saint-Georges, dans le de Paris, comme secrétaire. En avril 1913, lors de sa première enquête, il découvre le 36, quai des Orfèvres.

À trente ans, il est nommé inspecteur à la brigade spéciale par le grand patron de la PJ, Xavier Guichard, ancien ami de son père. Il entre définitivement au quai des Orfèvres où il devient commissaire, puis commissaire divisionnaire chef de la brigade spécialeSite de la chaine « rue », page sur le commissaire Maigret.. Dans la plupart des enquêtes, notamment les premières publiées, les .

À trois ans de la retraite, on lui propose le poste de directeur de la P.J., qu’il refuse. Il prendra sa retraite à Meung-sur-Loire, dans le Loiret.

Nom de famille Plusieurs hypothèses ont été avancées quant au patronyme de Maigret. Une piste évoque le nom de Paul-Maurice Maigret, médecin au service recherches des laboratoires Hoffmann-La Roche et voisin de Georges Simenon, lorsqu'il résidait au 21, place des Vosges ; la sépulture de ce Maigret est visible au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Une autre hypothèse est avancée par Chantal Servais, guide touristique de la ville de Liège, celle de l'existence d'une famille Maigret à Liège comme l'atteste l'indication portée sur le monument commémoratif de l'hôtel de police de la ville qui évoque un certain Arnold Maigret, policer de profession et père d'un enfant prénommé Jules.. Cette guide déclare, en outre, dans un des enregistrements parus en bonus du DVD du film réalisé par Patrice Leconte en 2021 que les deux familles se connaissaient.. Toutefois, selon certains chercheurs, il n'est pas sûr que Simenon ait connu cet Arnold Maigret. Le romancier aurait déclaré qu'il "ne savait même pas qu'il existait un Maigret à Liège"..

Selon un site de généalogie, il s'agit d'un nom rare, correspondant au diminutif de « maigre », désignant de façon péjorative un homme plutôt malingre, à l'inverse de la description du commissaire par son créateur..

Sa méthode de travail Caractéristiques du commissaire Maigret Surnom : le raccommodeur de destinée.Enfants : aucun, il a perdu une fille, très jeuneSignes particuliers : la pipe et le chapeau (melon au début, puis feutre)Âge (dans les romans) : entre 45 et Domicile : 132, boulevard Richard-Lenoir. Paris . (adresse indiquée dans un seul roman !). Il a habité également, un court temps, au 21, place des Vosges dans le Point de ralliement : la Brasserie Dauphine, derrière le Palais de Justice de Paris (lieu fictif)Plat préféré : principalement, la blanquette de veau (préparée par son épouse dans de nombreux romans)Langues : anglais (parlé), allemand (rudiments), breton (compris).

Petit bourgeois d'origine paysanne, le commissaire demeure un homme soucieux du travail bien fait. Il ne s'interroge guère sur les causes du succès de ses enquêtes, qu'il mène en se mêlant à la vie des gens, au cercle des suspects, s'occupant davantage de leur mentalité et même de ce qui leur est arrivé des années auparavant que d'indices matériels.

Dans Les Mémoires de Maigret, il précise ce qu'il recherche pendant ses investigations : Cité par Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, volume 2, ..

Maigret prend des notes dans un petit carnet à dix sous, en papier quadrillé, avec couverture de toile cirée. Celui de l'inspecteur Leroy était un agenda à pages mobiles monté sur acier. L'air paterne, Maigret lut : (Le chien jaune).

Son attitude placide masque un professionnel passionné par son métier, qui ne compte pas ses heures pour accomplir sa tâche, puisqu'il .

Elsa Wouters, se référant aux analyses de Thomas Sebeok et Umberto Eco sur l'abduction chez Sherlock Holmes., rappelle que ce dernier affirme dans Le Signe des quatre : . En revanche, Maigret déclare : « je ne pense jamais » ou « je ne déduis jamais ». Il proclame ainsi, dans Le Chien jaune : . Dans Maigret et monsieur Charles, avec , il insiste : Cité par ..