vignette|Drapeau du Drapeau du Parti de la liberté d'Autriche. Le Parti de la liberté d'Autriche ou Parti libéral autrichienTraduction adoptée par l’encyclopédie Universalis et par l’encyclopédie Larousse. (, FPÖ) est un parti politique autrichien d'extrême droiteRodrigue Akpadji, « Le FPÖ et la question de l’identité nationale en Autriche », Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, 53-1 | 2021, URL : http://journals.openedition.org/allemagne/2739 ; DOI :https://doi.org/10.4000/allemagne.2739 et de droite populiste.. fondé en 1956. Il est présidé depuis 2021 par Herbert Kickl.
Le premier président du parti est Anton Reinthaller, un ancien officier de la SS, qui le dirige de 1956 à 1958. Initialement un parti centriste, le FPÖ a évolué au fil des décennies, notamment sous la direction de Jörg Haider, président du parti de 1986 à 2000, pour adopter une ligne plus radicale et nationaliste.
Après avoir exalté depuis sa fondation l'identité allemande, le FPÖ opère un revirement identitaire dans les années 1990 et tient un discours patriotique autrichien. Le parti est xénophobe et islamophobe. Quoique historiquement anticlérical, il a évolué également sur la question de la religion et mobilise désormais les valeurs chrétiennes qu'il oppose à l'islam.
Le FPÖ a connu plusieurs victoires électorales significatives, devenant en 1999 le deuxième parti le plus populaire d'Autriche avec 26,9 % des voix. Il a été membre de plusieurs coalitions gouvernementales, notamment avec le Parti populaire autrichien (ÖVP), mais a aussi connu des crises internes qui ont conduit à la formation de partis dissidents, comme l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) en 2005.
Le parti adhère en 2007 au groupe Identité, tradition, souveraineté au Parlement européen, disparu la même année. En 2015, il participe à la fondation du groupe au Parlement européen Europe des nations et des libertés, qui devient ensuite Identité et démocratie puis Patriotes pour l'Europe. Il est membre du gouvernement de 1983 et 1986, puis de 2000 à 2006, et enfin de 2017 à 2019.
En 2019, le FPÖ a perdu du terrain suite à « l'affaire d'Ibiza », qui a entraîné la démission de son leader Heinz-Christian Strache. Le parti rebondit aux élections suivantes de 2024, devenant la principale opposition avec 28,85 % des voix obtenues.
Histoire
Origines Le Parti de la liberté est fondé fin 1955 par d'anciens nazis., et était à ses débuts un parti aux visions relativement libérales. Il plonge ses racines dans le mouvement des nationalités du et l'esprit de 1848. Il a ainsi attiré un éventail d'adhérents libéraux anticléricaux inquiets de l'isolement potentiel de l'Autriche catholique par rapport à l'Allemagne nationaliste.
Il est également un héritier de la Fédération des Indépendants, créée après la Seconde Guerre mondiale par d'anciens nazis. Le premier dirigeant du FPÖ (1956-1958) est Anton Reinthaller, ancien général SS et ministre de l'Agriculture. Son successeur (1958-1978), , essaie de rééquilibrer le parti en faisant monter une aile libérale..
En 1980, l'aile européenne du FPÖ prend le contrôle du parti sous la direction de Norbert Steger. En 1983, celui-ci fait entrer le parti dans un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates (SPÖ) du chancelier Fred Sinowatz. À la suite des premières élections législatives de 1986, le FPÖ fait son retour au gouvernement, toujours au côté du SPÖ, dans le premier cabinet de Franz Vranitzky.
Réorientation vers le nationalisme thumb|gauche|redresse|Jörg Haider, le dirigeant du FPÖ qui a réorienté le parti vers l'extrême droite.
À la convention nationale du parti en 1986 à Innsbruck, Jörg Haider, soutenu par les tendances nationales allemande et autrichienne, évince Norbert Steger et prend la direction du FPÖ. Peu de temps après, le chancelier autrichien annonce de nouvelles élections et forme une coalition avec les conservateurs (ÖVP), reléguant le FPÖ dans l'opposition. De 1986 à 2001, Haider va imposer sa marque sur le parti qu'il va positionner de plus en plus vers la droite nationaliste et populiste, n'hésitant pas à relativiser ou à réinterpréter le passé nazi de son pays. En 1989, Haider devient gouverneur de Carinthie avec l'aide des sociaux-démocrates mais il doit démissionner dès 1991, après ses premières déclarations controversées sur le Troisième Reich, lequel aurait été plus efficace que le gouvernement de Vienne dans la politique de l'emploi.
En 1993, le parti résilie son adhésion à l’Internationale libérale sous l'impulsion du très controversé Jörg Haider. L'aile européenne du FPÖ quitte le parti pour fonder le Forum libéral. La même année, le FPÖ résilie son adhésion à l'Internationale libérale, puis, en 1994, une coalition noire-bleue avec l'ÖVP est mise en place dans le Vorarlberg.
Retour au gouvernement En 1999, Haider est réélu gouverneur de Carinthie avec la majorité absolue des suffrages. Aux élections législatives d'octobre 1999, le FPÖ obtient 27 % des suffrages, juste derrière les sociaux-démocrates. Il devance alors de le parti conservateur ÖVP, conduit par le ministre des Affaires étrangères Wolfgang Schüssel. Les tractations pour mener une coalition débouchent sur une coalition inédite entre la FPÖ et l'ÖVP permettant à Wolfgang Schüssel de prendre la chancellerie. Le seul moyen d'obtenir une majorité parlementaire était une union de deux des trois principaux partis politiques autrichiens, mais le SPÖ refusa de s'associer au FPÖ, et l'ÖVP écarta l'idée d'une nouvelle grande-coalition avec les sociaux-démocrates.
thumb|redresse|Susanne Riess-Passer, principale figure du FPÖ à participer au gouvernement de coalition avec l'ÖVP. La mise en place de la coalition noire-bleue provoque des critiques en Europe, où les de l'Union européenne décident de mettre l'Autriche sous « surveillance » afin de vérifier que le pays respecte toujours les droits démocratiques les plus élémentaires. Les dirigeants européens se rendent rapidement compte que leurs critiques sont contreproductives, puisque renforçant le soutien de la population au gouvernement. Dès l'été 2000, il est officiellement constaté que l'Autriche demeure une démocratie et les contacts reprennent d'autant plus facilement que Haider ne fait pas partie du gouvernement et a renoncé à la présidence du parti en pour se consacrer à la Carinthie.
Au sein du gouvernement, plusieurs membres du FPÖ émergent, comme Susanne Riess-Passer, vice-chancelière, et Karl-Heinz Grasser, ministre des Finances âgé de . Ces deux personnalités dont la carrière dépendait de Haider entrent en conflit avec celui-ci à mesure que les résultats des élections locales sont de plus en plus mauvais pour le FPÖ. Haider en rejette la responsabilité sur le gouvernement, mais ses ministres font corps autour du chancelier. Aux élections de novembre 2002, l'ÖVP remporte une victoire historique avec 42 % des suffrages, tandis que le FPÖ s'effondre à 10 % des voix (- ). Bien que perdant sept sièges, la coalition demeure majoritaire, et est reconduite en . Aux élections régionales de , le FPÖ est devancé par les écologistes.
Le parti se trouve donc en grande difficulté quand se profile en 2004 l'élection du gouverneur de Carinthie. Mais contre toute attente, Haider obtient la majorité relative des voix, avec 42,5 % des suffrages. L'ÖVP refusant de se joindre à lui, il trouve un allié inattendu chez les sociaux-démocrates pour retrouver son poste de gouverneur. Aux élections européennes de 2004, le FPÖ n'atteint que 6 % des voix et un seul élu. Le , Haider fait sécession et fonde un nouveau parti, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ). Souhaitant continuer l'alliance avec l'ÖVP du chancelier Wolfgang Schüssel, il laisse le FPÖ aux partisans d'un retour de ce parti dans l'opposition. Ursula Haubner, ministre des Affaires sociales, élue avec 79 % des voix en 2004, démissionne du parti pour rejoindre le BZÖ. Les six ministres FPÖ passent au BZÖ.
L'après-Haider thumb|gauche|redresse|Heinz-Christian Strache, premier dirigeant du FPÖ de l'après-Haider. Lors d'un congrès à Salzbourg en , le FPÖ porte à la présidence Heinz-Christian Strache. Âgé de , Strache, chef du FPÖ de la capitale, Vienne, et considéré comme un représentant de l'aile la plus dure de la droite, a obtenu 90,1 % des voix des 431 délégués présents. Il parle d'Haider comme d'un . Il déclare aussi que et que . Le , le FPÖ lance une campagne intitulée () pour un référendum contre l'Union européenne, contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et contre l'immigration musulmane. L'objectif est d'obtenir pour cette demande populaire, lancée sous le slogan (), la signature de , ce qui obligera le Parlement à en débattre. Selon un sondage, 80 % des Autrichiens sont opposés à l'adhésion de la Turquie.. Contrairement à son prédécesseur, Strache apporte également son soutien à Israël..
Aux élections législatives de 2006, le parti obtient 11,2 % des voix et , soit un meilleur résultat qu'en 2002, avant la scission. Mais la constitution d'une grande coalition droite-gauche, qui aboutit en , le rejette cependant définitivement dans l'opposition. Lors des législatives anticipées de 2008, le FPÖ réalise 18 % tandis que le BZÖ fait 11 %, ce qui fait un total de 29 % pour l'extrême droite autrichienne. En , le BZÖ de Carinthie, refusant l'évolution du parti vers la droite libérale, annonce son départ de l'alliance nationale, fusionne avec le FPÖ local et annonce l'affiliation au FPÖ du nouvel ensemble, Die Freiheitlichen in Kärnten... Pour Strache, le de la politique autrichienne est dès lors réunifié.
Lors de l'élection présidentielle de 2010, la candidate du parti, Barbara Rosenkranz, rassemble 15,24 % des voix. En octobre de la même année, lors des élections municipales à Vienne, le FPÖ obtient un score historique avec 27 % des voix, ce qui prive la gauche de la majorité absolue. Le parti est donc la deuxième force politique à Vienne. Aux élections législatives de septembre 2013, le FPÖ améliore son score de 2008 de en obtenant 20,5 % des voix. En Styrie, il arrive première devant ses deux rivaux politiques, le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) et l'ÖVP..
À la suite des élections régionales de 2015 dans le Burgenland, le parti de gauche SPÖ brise une ligne rouge établie plus tôt lors de la rupture de la dernière coalition au niveau national entre le SPÖ et le FPÖ, en s'alliant dans cet État fédéré avec le FPÖ afin de le diriger..
thumb|upright|Norbert Hofer, candidat à l'élection présidentielle de 2016 et président du FPÖ de 2019 à 2021. Norbert Hofer, candidat du FPÖ, arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle de 2016 avec 35,1 % des suffrages.. Il s'agit du meilleur score réalisé par le parti au niveau fédéral depuis sa fondation.. Les candidats du SPÖ et du ÖVP sont quant à eux éliminés, et Norbert Hofer affronte au second tour le candidat indépendant soutenu par les écologistes, Alexander Van der Bellen, qui l'emporte avec 50,3 % des voix. Mais ce scrutin est ensuite annulé en raison d'irrégularités par la Cour constitutionnelle autrichienne, ce qui conduit à l'organisation d'un nouveau second tour. pour le ., reporté au pour cause d'un problème d'impression des bulletins. Cette fois ci, en ne réalisant que 46,2 %, Norbert Hofer perd largement contre Alexander Van der Bellen.
Durant les années 2020, le FPÖ entretient des liens étroits avec la mouvance identitaire autrichienne.
« Ibizagate »