vignette|Façade du palais. Le palais des princes-évêques de Liège ou palais épiscopal de Liège, se situe sur la place Saint-Lambert dans le centre de Liège. Le palais actuel, devenu le palais de justice de Liège, a été reconstruit au à l'initiative du cardinal Érard de La Marck, à l'emplacement d'un ancien édifice détruit lors du sac de Charles le Téméraire. Une nouvelle aile néo-gothique, le palais provincial, est construit entre 1849 et 1853.
Introduction thumb|Méridienne du dans la seconde cour. Deux constructions ont précédé l'actuel Palais des princes-évêques qui domine la place Saint-Lambert, centre de la vie commerçante de Liège où s'élevait jadis la cathédrale Saint-Lambert. Un premier palais, intégré dans les fortifications, est édifié vers l'an mille par le prince-évêque Notger ; il disparaît dans un incendie en 1185. Le palais est reconstruit sous Raoul de Zähringen. Ce deuxième édifice, fortement abimé après le sac de 1468 par les Bourguignons, subit le même sort en 1505.
Montant sur le trône épiscopal de Liège en 1505, le prince-évêque Érard de La Marck, trouve un palais en ruine. Il confie la construction d'un tout nouveau Palais au maître d'œuvre Arnold van Mulken en 1526. Le chantier est achevé à la fin du .
La façade principale côté Sud est entièrement refaite après son incendie en 1734 en style Louis XIV-Régence sous la direction de l'architecte bruxellois , fils de François Anneessens.
En 1849, une nouvelle aile occidentale est construite en style néogothique par l'architecte Jean-Charles Delsaux, afin d'accueillir les services du Gouvernement Provincial. Le palais sera utilisé en tant que Kommandantur par l'occupant allemand au cours de la Première et Seconde Guerre mondiale..
Au , le bâtiment est occupé à la fois par les services provinciaux et le Palais de Justice. La grande cour est entourée de galeries aux arcades surhaussées et de galbées, à la fois massives et élégantes, surmontées de chapiteaux richement ornés. La variété de la décoration des colonnes est extraordinaire. La deuxième cour à laquelle on accède par l'intérieur du palais est plus intime. Elle est par ailleurs fermée au public, sauf dans de rares occasions comme les journées du patrimoine par exemple. Elle sert aussi au passage des prévenus, escortés par des policiers, entre les cellules et certains services. Côté nord-ouest, on y trouve une méridienne du .
Les institutions judiciaires de Liège étant dispersées sur une dizaine de sites dans la ville, un vaste projet d'extension du Palais a été adopté. Il concerne plusieurs bâtiments face au côté occidental du Palais afin de maintenir la justice au centre de la cité.
Le palais a été proposé en 2008 pour une inscription au patrimoine mondial et figure sur la « liste indicative » de l’UNESCO dans la catégorie patrimoine culturel..
Un carillon automatique de 18 cloches, situé au-dessus de l'entrée face à la place Saint-Lambert, y sonne tous les quarts d'heure René DELWICK, «Cloches et carillons liégeois (2e partie)», Revue de la Société liégeoise de Musicologie, Numéro 15, juin 1976, (pdf)..
Histoire Des temps romains aux temps romans Les origines du diocèse thumb|Topographie de la Germanie inférieure, chaussées romaines, Situation des Tongres. thumb|upright|Basilique Notre-Dame de Tongres.
La naissance de l'évêché de Tongres Dès le Augusta Treverorum-Trèves, puis Colonia Claudia Ara Agrippinensium-Cologne étaient le siège d'évêché, calqué sur le découpage des districts administratifs des Romains. Les civitates donneront naissance aux diocèses, Quelques évêques missionnaires sont venus dès le évangéliser les régions de la Meuse moyenne. C'est un certain Servatius, ou Servais de Tongres, venu de la lointaine Syrie qui prit contact avec la région dans le dernier quart du .
Or, dans la Germanie inférieure, la Civitas Tungrorum, étendait sa juridiction sur le territoire correspondant à la plus grande partie de la Belgique actuelle mais débordant sur le Grand-Duché de Luxembourg, le Brabant et le Limbourg néerlandais, ainsi que sur une partie de la Rhénanie. C'est sur la chaussée de Tongres à Bavais que les Romains avaient installé leur centre administratif et Servatius édifia une basilique chrétienne à l'emplacement de la collégiale actuelle. Les grandes invasions germaniques du vont tout emporter et une longue période d'incertitude va s'installer jusqu'à la fin du , les évêques Falcon (circa 530) Domitien (535-538) et Monulphe (558-597) sont connus..
Le rôle de Maastricht C'est vraisemblablement vers cette époque que les évêques de Tongres adoptèrent comme seconde résidence l'agglomération de Trajectum ad Mosam (aujourd'hui Maastricht), toute proche, passage obligé sur la Meuse où les Romains avait jeté sur le fleuve un pont de bois. L'évêque Monulphe fit élever une basilique sur le lieu de décès de Servatius dans le quartier latin de Maastricht. L'appellation d'évêques de Tongres subsista néanmoins..
La prophétie de Monulphe La légende voudra que Monulphe visitant son diocèse, découvrant le site des hauteurs de Sainte-Walburge, où Liège va s'élever, montrant les bras divagants de la Meuse au creux de la vallée, prophétise l'avenir de la ville future.. Ce lieu privilégié, un des successeurs de Servatius et de Monulphe, le situera pour de longs siècles dans l'histoire : l'évêque Lambert va succéder à Théodard (662-670), grâce à la protection du roi d'Austrasie, Childéric II, assassiné en 675. Éloigné à Stavelot pendant sept ans, il reviendra pour asseoir le régime d'immunité du diocèse Tongres-Maastricht, qui précipitera son assassinat probablement par un membre du pouvoir royal Dodon qui exerce la charge de domesticus de Pepin de Herstal ou de sa concubine AlpaïdePsautier liégeois dit de Lambert le Bègue, vers 1255-1260. Liège, Bibliothèque de l'Université de Liège, ms. 431 A, f°12, r°...
Les premiers Palais liégeois thumb|upright|Le Martyre de saint Lambert.
La Maison de saint Lambert Le meurtre de saint Lambert se déroule dans un endroit que les sources nomment vicus leudicus. Le site descendait vers le fleuve qui lui offrait une communication facile avec Maastricht, distante d'environ cinq heures de cheval. Lambert y avait construit une série de bâtiments. Sur l'île, Monulphe aurait élevé un petit oratoire voué aux saints Côme et DamienProbablement sous la future collégiale Saint-Paul.. Ce n'est qu'un complexe de quelques bâtiments modestes, qui n'ont pas la prétention de s'appeler palaisL'historien Théodore Gobert parle de premier palais épiscopal, un palatium épiscopal d'un noble mérovingien.. En 718, le successeur immédiat de saint Lambert, l'évêque Hubert encourage le courant de dévotion en ramenant de Maastricht la dépouille de son prédécesseur. La basilique dédiée à la mémoire de saint Lambert devait bientôt devenir la première église du diocèse : la cathédrale. Ce transfert nécessaire pour éviter les difficultés de maintenir la résidence des évêques à Tongres et Maastricht où ils devaient supporter le pouvoir des agents du roi.. Désormais, le nom de Liège va apparaître dans les textes. En 770, Charlemagne s'installe apud sanctum lambertum, in vico Leudico pour célébrer les fêtes de Pâques.. C'est également in vico Leudico et apud sanctum Lambertum qui désignera le lieu de réunion des trois fils de Louis le Pieux en 854..
Le palais épiscopal carolingien de l'évêque Hartgar Dans le courant du un poète irlandais, Sedulius, va décrire un palais épiscopal dont la splendeur offre un étonnant contraste avec la précarité des premières installations de Saint-Lambert.. Sa description du palais de Hartgar précise qu'il est muni d'une tour de près de . Le palais était richement décoré de peintures vives, et dans une chambre supérieure étaient représentées 16 scènes du Nouveau Testament, depuis l'apparition de l'ange à Zacharie jusqu'à la vocation de saint Pierre. Il aurait ensuite été endommagé par un incendie lors des incursions normandes de 881 dans la vallée de la Meuse.. De 884 à 915, de nombreuses donations royales vont compléter le patrimoine des évêques.
Le transfert du Palais sous l'évêque Éracle thumb|La collégiale Saint-Martin vers 1735 (gravure de Remacle Le Loup). Néanmoins sous les temps troubles du royaume de Lotharingie, devenu un duché, dans lequel s'inscrit le diocèse de Liège, que se disputent de puissantes dynasties locales, les derniers Carolingiens Renier au Long-Col et son fils Gislebert de Lotharingie, avec les rois d'Outre-Rhin de la dynastie saxonne, Henri l'oiseleur et Otton , qui ont annexé la Lotharingie depuis 925 et 936. Otton confie la Lotharingie à son frère Brunon et un prévôt de Bonn, le saxon Éracle, est promu au siège épiscopal de Liège en 959. Ce dernier peu sûr du peuple liégeois, fait construire dès 968 sur les hauteurs de Liège une nouvelle forteresse sur le Publémont et une nouvelle collégiale où il sera enterré, Saint-Martin qui va surplomber la courbe du bras intérieur du fleuveActuellement le boulevard de la Sauvenière.. Il va ensuite construire Saint-Laurent qu'il dote d'une crypte consacrée à Sixte II, pape décédé en 258. C'est là qu'il va installer en 965 son palais épiscopal sur les conseils de Brunon : J'ai choisi sur la montagne nommée « publicus montes » un endroit assez agréable, plateau d'où on domine la vallée et où notre siège et cette demeure, dite maison de l'évêque, seraient transférés.. Ce palais épiscopal se serait trouvé selon Anselme, face à la collégiale Saint-Martin, à l'emplacement des Hôtel Orban et l'Hôtel Macar..
Le palais de Notger et de Henri de Leez L'œuvre de Notger La fidélité de Notger aux souverains germaniques lui permettra d'obtenir de ceux-ci les moyens de sa politique qui va coïncider avec le grand effort d'ordre de la dynastie ottonienne. Investi par l'empereur, l'évêque n'est pas seulement le chef d'une vaste circonscription ecclésiastique. Des libéralités impériales, encore rares sous Otton , mais qui se multiplieront par la suite, vont doter l'église de Liège de territoires accumulés dans lesquels l'évêque détient les droits régaliens concédés par les souverains du Saint-Empire romain germanique. De plus, Notger a soin de se faire conférer le privilège de l'immunité, devenant ainsi le seigneur viager dans tous ses domaines temporels mais aussi dans sa ville épiscopale. Notger va subtilement tirer parti de ces deux prérogatives car le renforcement du pouvoir impérial s'identifie au renforcement de son pouvoir personnel sur la cité, le diocèse et la principauté. C'est donc lui qui va décider de l'aménagement de l'espace urbain liégeois, encore visible aujourd'hui. Conscient de l'effet affectif qui entoure le lieu où saint Lambert était tombé sous les coups de ses meurtriers, Notger va ramener le centre de la cité, autrefois sur le Publémont, dans la vallée, à l'endroit exact où ses prédécesseurs avaient installé la cathédrale et ses annexes. Cette cathédrale, il va la rebâtir de fond en comble, beaucoup plus grande et beaucoup plus belle. Elle n'était pas achevée à son décès.…
Notger n'ignore pas non plus que les Carolingiens aspirent à reconquérir les domaines de leurs ancêtres. Il va développer pour répondre à leurs diverses offensives une politique castrale dont la fortification de Liège sera son point fort. Il fortifiera d'abord le Publémont, construira la collégiales Sainte-Croix pour empêcher la mainmise de seigneurs fonciers et en prolongera l'enceinte vers le palais et le quartier de l'île..
Le palais de Notger