(littéralement « voleur rapide »), souvent francisé sous le terme , est un genre éteint de dinosaures théropodes appartenant à la famille des droméosauridés, ayant vécu durant le Crétacé supérieur dans ce qui est aujourd'hui l'Asie, il y a entre 75 et d'années. Deux espèces sont actuellement connues, bien que d'autres aient été attribuées par le passé. L'espèce type, Velociraptor mongoliensis, est connue à partir des fossiles découverts dans la formation de Djadokhta en Mongolie. Une deuxième espèce, Velociraptor osmolskae, a été décrite en 2008 grâce à des fragments crâniens découverts dans la formation de Bayan Mandahu en Chine.

Mesurant environ de long pour une masse corporelle comprise entre , Velociraptor est plus petit que d'autres droméosauridés tels que Deinonychus ou Achillobator. Il partage néanmoins bon nombre de caractéristiques anatomiques avec ceux-ci. C'était un carnivore bipède à plumes doté d'une longue queue et d'une grande griffe en forme de faucille sur chaque patte arrière, qui aurait été utilisée pour attaquer et retenir les proies. Velociraptor se distingue des autres droméosauridés par son crâne long et bas, au museau retroussé.

Velociraptor est l'un des dinosaures les plus connus du grand public en raison de son rôle de premier plan dans les films de la saga Jurassic Park et Jurassic World. En réalité, le Velociraptor est à peu près haut comme une dinde, considérablement plus petit que les reptiles d'environ de haut et de décrits dans les romans et les films (qui sont basés sur des membres du genre apparenté Deinonychus). Parmi les droméosauridés, Velociraptor est particulièrement bien connu des paléontologues, plus d'une douzaine de squelettes fossiles ayant été décrits. Un fossile particulièrement célèbre conserve d'ailleurs un Velociraptor figé dans un combat avec un Protoceratops.

Historique

Le genre Velociraptor et l'espèce Velociraptor mongoliensis sont décrits en 1924 par le paléontologue américain Henry Fairfield Osborn (1857-1935).

Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, ce genre Velociraptor a dix-huit collections référencées de fossiles, du Coniacien au Campanien du Crétacé supérieur, c'est-à-dire datant de . Historique des découvertes Premières descriptions

Le , au cours d'une expédition menée aux Flaming Cliffs, situés dans la formation de Djadokhta dans le désert de Gobi, en Mongolie, pour le compte du musée américain d'histoire naturelle, Peter Kaisen découvre le premier fossile de Velociraptor connu des chercheurs. Il s'agit d'un crâne écrasé mais complet, associé à l'une des griffes du deuxième orteil, catalogué AMNH 6515. En 1924, le président du musée, Henry Fairfield Osborn, désigne le crâne et la griffe, qu'il suppose provenir de la main, comme le spécimen holotype de son nouveau genre, qu'il nomme Velociraptor. Le nom générique est dérivé des mots latins , « rapide », et , « voleur » ou « pilleur », et fait référence au côté coureur et au régime carnivore de l'animal. Osborn nomme l'espèce type V. mongoliensis en référence au pays d'origine de la découverte. Plus tôt cette année-là, Osborn a déjà mentionné de manière informelle l'animal dans un article de presse populaire, sous le nom « Ovoraptor djadochtari » (distinct de Oviraptor du même nom), pour finalement le changer en Velociraptor mongoliensis lors de sa description formelle.

Alors que les équipes nord-américaines ont été exclues de la Mongolie communiste pendant la guerre froide, des expéditions de scientifiques soviétiques et polonais, en collaboration avec des collègues mongols, ont récupéré plusieurs autres spécimens de Velociraptor. Le plus célèbre est Fighting Dinosaurs (catalogué MPC-D 100/25, anciennement IGM, GIN ou GI SPS), découvert par une équipe polono-mongole en 1971. Le fossile préserve un Velociraptor en plein combat contre un Protoceratops.. Il est considéré comme un trésor national de la Mongolie et, en 2000, il a été prêté au musée américain d'histoire naturelle de New York pour une exposition temporaire..

Entre 1988 et 1990, une équipe sino-canadienne découvre des restes de Velociraptor dans le nord de la Chine.. Des scientifiques américains sont retournés en Mongolie en 1990 à l’occasion d’une expédition mongolo-américaine conjointe dans le désert de Gobi, dirigée par le musée américain d'histoire naturelle et par l'académie des sciences de Mongolie, ce qui a permis de découvrir plusieurs squelettes bien conservés... Un de ces spécimens, MPC-D 100/980, a été surnommé « Ichabodcraniosaurus » par l'équipe de Mark Norell parce qu’un spécimen assez complet avait été trouvé sans son crâne, une allusion au personnage d'Ichabod Crane, héros de la nouvelle La Légende de Sleepy Hollow de Washington Irving.. Alors que Norell et Makovicky le considéraient provisoirement comme un spécimen de V. mongoliensis, il a finalement été décrit en 2021 comme une nouvelle espèce sous le nom de Shri devi..

Espèces additionnelles vignette|alt=Croquis montrant la comparaison entre les maxillaires de Velociraptor osmolskae (montré en haut, en gris) et celui de Velociraptor mongoliensis (montré en bas, en beige).|Comparaison de l'os maxillaire de V. osmolskae et de V. mongoliensis. Un os maxillaire et lacrymal, découvert dans la formation de Bayan Mandahu en 1999 par les expéditions sino-belges, s'est avéré appartenir à Velociraptor, mais pas à l'espèce type V. mongoliensis. Pascal Godefroit et ses collègues nomment en 2008 le propriétaire de cet os Velociraptor osmolskae, en hommage à la paléontologue polonaise Halszka Osmólska. Cependant, l'étude de 2013 a noté que si , l'analyse phylogénétique révèle qu'il est plus proche de Linheraptor, ce qui fait de ce dernier un genre paraphylétique. Ainsi, V. osmolskae pourrait ne pas appartenir au genre Velociraptor et nécessite une réévaluation..

Les paléontologues Mark A. Norell et Peter J. Makovicky décrivent en 1997 de nouveaux spécimens remarquablement préservés de V. mongoliensis, à savoir MPC-D 100/985, collecté dans la localité de Tugrik Shireh, et MPC-D 100/986, collecté dans la localité de Chimney Buttes, tous deux découverts en 1993. L'équipe mentionne brièvement un autre spécimen, MPC-D 100/982, qui au moment de cette publication restait non décrit. En 1999, Norell et Makovicky fournissent plus d'informations sur l'anatomie de Velociraptor avec des spécimens supplémentaires. Parmi ceux-ci, MPC-D 100/982 est partiellement décrit et compris, et référencé à V. mongoliensis, principalement sur la base de similitudes crâniennes avec le crâne holotype, bien qu'ils déclarent que des différences seraient présentes entre la région pelvienne de ce spécimen et sur d'autres spécimens de Velociraptor. Ce spécimen relativement bien conservé comprenant le crâne, a été découvert et collecté en 1995 dans la localité de Bayn Dzak (plus précisément dans la sous-localité « Volcano »). Martin Kundrát, dans un résumé de 2004, compare le neurocrâne de MPC-D 100/982 à un autre spécimen de Velociraptor, MPC-D 100/976. Il en conclut que la morphologie globale du premier diffère du second, suggérant qu'ils pourraient représenter des taxons distincts.

vignette|alt=Spécimen fossile d'un vélociraptor.|Spécimen de Velociraptor catalogué MPC-D 100/982, appartenant potentiellement à une nouvelle espèce.

Dans une thèse de maîtrise publiée en 2020, Mark J. Powers décrit en détail MPC-D 100/982, dont il conclut qu'il représenterait une nouvelle et troisième espèce de Velociraptor. Cette espèce, qu'il nomme V. vadarostrum, diffère principalement des autres espèces de Velociraptor par sa morphologie du maxillaire peu profonde. Powers et ses collègues utilisent également en 2020 des analyses morphométriques pour comparer plusieurs maxillaires de droméosauridés et constatent que le maxillaire de MPC-D 100/982 diffère fortement des spécimens référés à Velociraptor. Ils indiquent que ce spécimen, sur la base de ces résultats, représente une espèce différente. En 2021, Powers et son équipe utilisent l'analyse en composantes principales pour séparer les maxillaires des droméosauridés, découvrant notamment que MPC-D 100/982 se situe en dehors de la variabilité intraspécifique de V. mongoliensis, plaidant en faveur d’une espèce distincte. Ils considèrent que V. mongoliensis et cette nouvelle espèce seraient écologiquement séparés en fonction de l'anatomie de leur crâne. L'équipe, dans un autre article publié la même année, renforce de nouveau la séparation au niveau des espèces, notant que des différences supplémentaires peuvent être trouvées dans les membres postérieurs.

Description Aspect général gauche|vignette|alt=Schéma comparant les divers spécimens complet connus de vélociraptors avec un être humain.|Comparaison en taille de divers spécimens de Velociraptor avec un homme de .

Velociraptor est un droméosauridé de taille petite à moyenne, les adultes mesurant entre de long pour environ de haut au niveau des hanches, le tout pour un poids estimé entre ..

Des boutons de piquant proéminents, servant de fixation des plumes « d'aile » et indicateurs directs d'un revêtement de plumes, ont été signalés sur l'ulna d'un seul spécimen de Velociraptor (IGM 100/981), qui représente un animal d'environ de long et de en poids. L'espacement des six boutons conservés suggère que 8 boutons supplémentaires peuvent avoir été présents, donnant un total de de plume qui ont développé de grandes pennes. Cependant, le numéro de spécimen a été corrigé en IGM 100/3503 et son renvoi à Velociraptor peut nécessiter une réévaluation, en attendant une étude plus approfondie. Néanmoins, il existe de solides preuves phylogénétiques d'autres parents de droméosauridés qui indiquent la présence de plumes chez Velociraptor, y compris des droméosauridés tels que Microraptor ou Zhenyuanlong.

Crâne

Le crâne de Velociraptor est plutôt allongé et atteint de long. Il est uniquement courbé vers le haut dans la région du museau, concave sur la surface supérieure et convexe sur la surface inférieure. Le museau, qui occupe environ de toute la longueur du crâne, est particulièrement étroit et principalement formé par les os nasaux, prémaxillaires et maxillaires. Le prémaxillaire est l'os le plus antérieur du crâne, et il est plus long que haut. Alors que son extrémité postérieure rejoint le nasal, le corps principal du prémaxillaire touche le maxillaire. Le maxillaire est de forme presque triangulaire et est le plus grand élément du museau. Sur son centre, ou corps principal, il y a une dépression développant un petit trou de forme ovale à circulaire, appelé fenêtre maxillaire. En face de cette fenêtre se trouvent deux petites ouvertures, appelées fenêtres promaxillaires. Le bord postérieur du maxillaire forme principalement la fenêtre antéorbitaire, l'un des nombreux grands trous du crâne. Le prémaxillaire et le maxillaire ont plusieurs alvéoles dentaires sur leurs surfaces inférieures. Au-dessus du maxillaire et en contact avec le prémaxillaire, il y a l'os nasal. C'est un os étroit et allongé contribuant à la surface supérieure du museau. Ensemble, les os prémaxillaires et nasaux donnent forme à l'ouverture de la narine, qui est relativement grande et circulaire. L'extrémité postérieure de l'os nasal est rejointe par les os frontal et lacrymal..

gauche|vignette|alt=Vue en plusieurs angles d'un crâne de vélociraptor.|Crâne du spécimen catalogué MPC-D 100/25 (« Fighting Dinosaurs »), en vue latéral (A-C), au-dessus (B), en dessous (D-E) et postérieure (E).